00:00 * Le 18/20 France Info, Jean-François Ackilly *
00:05 - Bonsoir à vous Edwige Diaz. - Bonsoir.
00:07 - Pourquoi vous êtes-vous abstenue hier lors pour le vote à l'Assemblée Nationale sur l'accord bilatéral de sécurité conclu par la France avec l'Ukraine ?
00:15 - Eh bien j'invite tous vos auditeurs à visionner l'intervention de Marine Le Pen à la tribune qui a été très claire.
00:22 Oui, un soutien à l'Ukraine, mais non à une guerre avec la Russie.
00:28 - Et je voudrais déjà exprimer... - Je sais que la guerre est en cours, hein.
00:31 - Bien sûr, bien sûr. - Ça s'appelle un principe de la réalité.
00:34 - Mais le problème c'est que, en fait, si l'on en croit les déclarations d'Emmanuel Macron, qui sont quand même très inquiétantes,
00:40 en tout cas qui légitimement inquiètent les Français quand il dit que rien n'est exclu,
00:44 et quand on écoute les déclarations du Premier ministre qui dit qu'il ne faut pas mettre de limites,
00:50 eh bien je trouve que ce sont des propos qui ne nous dirigent pas vers la désescalade.
00:55 - Il a dit autre chose, Gabriel Attal, il a dit s'abstenir c'est fuir alors que nous sommes à un moment de bascule du conflit,
01:00 il n'a pas tort que pour vous dire soutenir l'Ukraine, du coup votre position est incompréhensible.
01:05 - Non, pas du tout, mais par contre ce qui est très compréhensible, c'est que malheureusement,
01:11 Gabriel Attal et Emmanuel Macron instrumentalisent le drame ukrainien à des fins politiciennes et même électoralistes.
01:19 Voter contre cet accord, ça n'est pas abandonner l'Ukraine et ça n'est pas se soumettre à la Russie.
01:25 - Vous êtes d'accord qu'il y a une guerre en cours avec une des difficultés pour le président Zelensky quand même ?
01:29 - Oui, et malheureusement, mais en fait ce n'est pas passé pas en allant vers l'escalade qu'on va régler le problème.
01:34 Vous savez, personne, absolument personne n'a remis en cause le soutien de la France à l'Ukraine.
01:41 Nous leur avons fourni des équipements, du carburant, des moyens financiers...
01:45 - Vous êtes pour les 3 milliards qui arrivent ? Vous êtes pour ? Vous êtes "oui, on y va, on verse 3 milliards d'aide" ?
01:49 - Le problème, c'est que c'est très flou encore. Et moi j'entends sur ma circonscription, vous savez, je suis élue en Gironde.
01:54 Ce week-end, j'étais encore sur David Grenier et des Français me disent "mais on nous dit que pour nous, il n'y a plus d'argent,
02:00 on nous dit qu'il va falloir faire des économies à hauteur de 10 milliards d'euros cette année et peut-être 12 ou 20 milliards d'euros l'année prochaine
02:09 et on donne encore de l'argent à l'Ukraine".
02:11 Et en fait, ce qu'il y avait derrière cette proposition...
02:15 - Vous n'oubliez pas qu'il y a une urgence ? Vous entendez les propos, le discours anti-occident de Vladimir Poutine, les insultes de Denis Limitri de Medvedev ?
02:22 - Mais bien sûr qu'il est inquiétant. Mais attendez, ce qui était en question hier, c'était "est-ce que oui ou non, nous voulons mettre en jeu la vie de nos soldats ?
02:30 Est-ce que oui ou non, nous voulons que l'Ukraine adhère à l'Union Européenne et à l'OTAN ?"
02:35 A ces questions, la réponse du Rassemblement National, c'est "non".
02:39 - Ça, ce n'est pas dans l'accord bilatéral de sécurité, tout ça.
02:42 - Juste pour un point très important, c'est que si on votait en faveur de la déclaration du Premier ministre hier,
02:51 ça veut dire que pendant 10 ans, il n'y avait plus de débat sur ces questions.
02:54 Or, ces questions sont particulièrement importantes et nous, au Rassemblement National, nous considérons qu'il faut qu'elles fassent l'objet d'un débat au Parlement.
03:01 Voilà, donc je le répète, oui au soutien à l'Ukraine et d'ailleurs au Rassemblement National, nous avons matérialisé notre soutien.
03:07 Je rappelle que Louis Alliot, maire de Perpignan, et Steve Briouat, maire de Nimbomont, ont affrété des bus et se sont rendus en Ukraine et ont accueilli des réfugiés.
03:17 - Le Premier ministre estime qu'une victoire russe serait un cataclysme pour le pouvoir d'achat.
03:21 Ça devrait vous parler, ça vous, qui opposez en permanence la guerre et le pouvoir d'achat des Français ?
03:26 - Le problème, c'est que M. Attal, il a un collègue qui s'appelle Bruno Le Maire et qui avait dit que son objectif, c'était de mettre l'économie russe à genoux.
03:35 Or, on se rend bien compte que s'il y a bien une économie qui est à genoux, c'est celle de la France.
03:40 Un rapport de la Cour des comptes vient de faire une critique très sévère de la gestion des finances publiques.
03:45 Donc je voudrais que M. Attal se concentre d'abord sur les questions de pouvoir d'achat des Français
03:51 et qu'il arrête d'agiter le chiffon rouge à trois mois des élections européennes où tout le monde sait que la liste macroniste est à la peine.
03:56 - Le Président va s'exprimer demain soir sur le sujet de l'Ukraine dans les deux de 20h de TF1 et de France 2.
04:01 Il est dans son rôle quand même d'interpeller les nations sur les périls qui nous guettent. C'est à la frontière de l'Europe, c'est dans l'Europe.
04:06 - Oui, c'est tout à fait normal que le Président de la République rende compte de ses intentions en matière de guerre aux Français.
04:12 D'ailleurs, on aurait aimé qu'il le fasse beaucoup plus tôt parce que les Français apprennent ses déclarations dans la presse.
04:18 Mais on voudrait aussi que le Président de la République se fasse preuve de transparence parce qu'il dit qu'il souhaite aider davantage militairement l'Ukraine.
04:25 Sauf que je rappelle juste que nous avons un vrai problème d'industrialisation de notre pays avec une incapacité de s'auto-fournir en matière d'armes.
04:35 Et nous avons un vrai problème en matière de stocks. Et d'ailleurs, la loi de programmation militaire qui a été votée il y a quelques mois
04:41 et pour laquelle le Rassemblement National a voté, visait précisément à accorder davantage de moyens à notre armée parce que nous étions précisément en retard.
04:48 Edwidge Diaz, vous évoquez les européennes. Pourquoi est-ce que Jordan Bardella va sécher le premier débat sur la question qui sera organisé demain soir sur Public Sénat ?
04:57 Et c'est Thierry Mariani qui va le remplacer. Pourquoi ce choix ?
05:01 Ce sont nos adversaires qui font mine de regretter l'absence de Jordan Bardella.
05:07 Vous savez, Jordan Bardella est un excellent débatteur. Il a d'ores et déjà accepté de très nombreux débats.
05:13 Mais par contre, il ne cesse de déplorer le refus de débattre, notamment de M. Darmanin et de M. Dupont-Moretti.
05:19 Après, je rappelle à tout le monde que...
05:21 Mais c'est un débat entre les candidats aux élections européennes.
05:23 Précisément. Et donc précisément, Thierry Mariani est candidat aux élections européennes.
05:27 Russophile avait réussi.
05:29 Je rappelle juste en fait que les élections européennes, ce sont une liste de 81 candidats.
05:34 Et le Rassemblement National a fait le choix d'envoyer Thierry Mariani, qui je le rappelle, n'est pas n'importe quel eurodéputé sortant.
05:41 Oui, il est russophile, il le dit.
05:42 Il est ancien député et il est ancien ministre de Nicolas Sarkozy.
05:45 Donc c'est quelqu'un qui a toute sa place dans ces débats.
05:48 Et vous savez, on restera au-dessus de toutes ces petites polémiques de politique politicienne.
05:53 Non mais ça, ce sont nos adversaires qui disent "Jordan Bardella refuse de débattre".
05:57 Ne vous inquiétez pas, il y aura beaucoup de débats organisés sur toutes les chaînes.
06:00 Mais sur Thierry Mariani, russophile avéré, il ne s'en est jamais caché.
06:02 Il avait également présidé, quand il était député, le groupe d'amitié France-Azerbaïdjan.
06:07 Il n'est pas neutre.
06:08 Oui, mais ce groupe existe toujours aujourd'hui, tout comme le groupe avec la Russie.
06:11 Il était juste député et il a été président d'un groupe.
06:14 Aujourd'hui, tous les députés sont présidents ou vice-présidents de groupes.
06:17 Moi, je ne pense pas qu'il faille essayer de faire pousser les cornes du diable à notre collègue,
06:22 le Thierry Mariani, qui est un excellent député européen sortant,
06:25 excellent ancien député et excellent ancien ministre.
06:28 Pour Jordan Bardella, c'est l'ivresse des cimes, 10 points d'avance dans les sondages d'intention de vote.
06:32 Donc du coup, il refuse le débat, il préfère enjamber les difficultés ?
06:35 Non, mais il n'y a aucune difficulté pour le Rassemblement national.
06:38 Et sur l'ivresse des sondages que vous indiquez, vous savez, nous nous sommes très pragmatiques
06:44 et nous savons qu'aucune élection n'est gagnée d'avance.
06:47 C'est pour ça que je me permets de rappeler que le 9 juin, c'est l'opportunité pour les Français
06:52 de mettre un terme à la folie d'Emmanuel Macron et surtout à son sans limite.
06:57 Parce qu'avec Emmanuel Macron, c'est sans limite pour la dette, sans limite pour l'immigration, sans limite pour l'insécurité.
07:01 Donc il faut l'arrêter dans trois mois, le 9 juin prochain.
07:04 Oui, c'est dans trois mois et espérons que votre candidat débatte entre temps,
07:08 que nous sachions ce qu'il a à dire quand même.
07:10 Parce que pour l'instant, c'est la politique de la chaise vide.
07:13 Non, ce n'est pas vrai. C'est de la mauvaise foi que de dire ça.
07:15 Jordan Bardella fera beaucoup de débats, il était encore hier sur une chaîne concurrente
07:19 et je vous garantis que tous les cadres et tous les élus du Rassemblement national
07:22 sont quotidiennement sur le terrain pour faire gagner nos idées.
07:24 Merci à vous Edwige Dias. Je rappelle à un député RN de la Gironde
07:27 et vice-président du Rassemblement national d'avoir répondu à nos questions ici même sur France Info.