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  • il y a 2 ans
Retrouvez William Leymergie entouré d’experts, du lundi au vendredi en direct dès 12h30, pour une émission dédiée aux problématiques de notre quotidien.

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Transcription
00:00 [Musique]
00:05 - Bonjour Dominique Covard.
00:06 - Bonjour William.
00:07 - Alors, vous êtes responsable du protocole du Château de Versailles.
00:11 D'abord, expliquez-nous en quoi ça consiste exactement cette fonction plutôt prestigieuse, non ?
00:16 - Oui, c'est une fonction prestigieuse et sympathique dans un lieu et dans un cadre d'exception.
00:21 Cette fonction consiste à accueillir les personnalités du monde entier
00:26 au nom du président du Château de Versailles qui est Christophe Leribaud actuellement
00:31 et d'organiser leur visite, soit je la commande, soit effectivement un conservateur ou un conférencier,
00:37 le cas échéant, peut effectivement guider cette visite.
00:40 - Ce qui est assez surprenant, c'est que vous avez fait ça par hasard.
00:43 Vous n'étiez pas prévu pour faire un travail pareil ?
00:46 - Non, effectivement je n'étais pas prévu.
00:49 La carrière a commencé, je dirais une carrière administrative des plus simples.
00:54 J'ai commencé à travailler dans la sécurité, dans la surveillance au sein des trianaux.
00:58 Et puis un jour, quelques années après mon entrée à Versailles,
01:02 nous avons une visite inopinée qui était la visite du président Ostimo Barack.
01:06 Et personne pour faire la visite à ce moment-là.
01:08 - Non, il n'est pas prévenu ?
01:10 - Il n'est pas prévenu. L'ambassade ne nous a pas prévenu.
01:12 - En principe, si.
01:13 - En principe, on est prévenu, d'ailleurs dans 95% des cas.
01:16 Et là, il s'est avéré qu'à cette époque-là, pas de portable.
01:19 Et il est arrivé probablement peut-être pour des raisons de sécurité.
01:22 - Ah oui, d'accord. Bon, et alors ?
01:24 - Et alors, j'ai fait la visite au pied levé.
01:26 - Comme ça ?
01:27 - Il fallait, il n'y avait personne. Personne pour la conduire.
01:29 Donc on ne pouvait pas laisser un président de cette importance sans visiter Versailles.
01:34 Et je me suis dit, on y va. On tente le coup, il faut le faire.
01:37 - Et pour vous remercier, on vous a nommé chef du protocole.
01:39 - Alors, j'ai eu d'autres visites, effectivement, un peu de ce type, là encore au pied levé.
01:43 Et puis on s'est dit, bon, il y a peut-être un petit potentiel.
01:47 On va effectivement l'inviter à créer cette...
01:51 - Ça n'existait pas ? - Ça n'existait pas, non.
01:53 - Alors attention, parce que chacune des visites, des hautes personnalités,
01:56 comme un président, est organisée.
01:59 Mais pour certains, c'est compliqué. Mais pour d'autres, c'est très compliqué.
02:04 Imaginez par exemple Kadhafi.
02:07 - Oui. Nous sommes entièrement d'accord, c'est très compliqué,
02:11 parce qu'il y a des raisons de sécurité évidentes à cette époque.
02:15 Et il a fallu l'organiser au préalable, effectivement, avec l'ambassade de Libye,
02:20 ce que nous avons fait. - Et l'Elysée, toujours.
02:22 - Et l'Elysée, le ministère des Affaires étrangères,
02:24 enfin, tout le monde était présent pour que ça se passe au mieux.
02:27 Et ça s'est plutôt bien passé.
02:29 - Oui, mais il est un peu fantasque, le...
02:33 - Ah, le personnage était un peu fantasque, oui.
02:36 Et sa sécurité l'était aussi, puisqu'il nous avait demandé
02:39 si on pouvait d'ailleurs chasser dans le parc de Versailles.
02:41 Si on pouvait organiser une chasse.
02:42 - Il arrive, il voit le parc, il fait "tiens, est-ce que je pourrais tirer le faisan ?"
02:45 Non. - Non, pas vraiment.
02:47 - Le parc n'est pas mis à tente. - Les régénérations ont régénéré,
02:50 ont replanté nos buis, donc on n'imaginait pas un lâcher de perderie
02:53 ou de faisan dans le parc. Non, c'est totalement impossible.
02:56 - Alors, il y a aussi des célébrités, grandes célébrités mondiales,
03:02 qui demandent à visiter. Seulement, voilà, il faut accepter.
03:05 Alors, sur quels critères vous acceptez qu'un, je ne sais pas,
03:07 un célèbre chanteur américain ou qu'une actrice ait sa visite privée ?
03:13 - Alors, je dirais qu'effectivement, toute personnalité peut demander
03:17 une visite privée au château de Versailles.
03:19 Maintenant, si elle n'a aucun problème lié à la justice,
03:23 aucune image qui risque de nuire à Versailles,
03:27 aucun problème pour recevoir cette personnalité.
03:29 - Elle paye, n'oubliez pas. - Alors, vous avez raison de l'évoquer.
03:32 Ce sont des visites payantes. On ne peut pas se permettre de laisser rentrer...
03:37 - Elle est très chère, du coup ? Très très chère ?
03:39 - Non, il y a une différente tarification en fonction de ce que,
03:42 non pas réellement du parcours, mais du temps qui est consacré lors de cette visite.
03:46 Mais c'est tarifé, c'est réglementé.
03:48 - Oui, et M. Havard est à l'entrée, il dit "Au guichet, hop, hop, hop, hop".
03:51 - Voilà. - Il faut payer le ticket.
03:53 - Vous avez payé, vous rentrez.
03:54 - Mais il ne faut pas qu'il y ait de public, donc du coup, c'est à certaines horaires.
03:57 - Vous avez raison. En règle générale, c'est soit le jour de fermeture, un lundi,
04:01 ou à la fermeture du site, c'est-à-dire le soir, soit à 17h30 ou à 18h30,
04:07 soit horaires d'hiver, horaires d'été.
04:08 - Et parmi toutes les rencontres que vous avez pu faire au cours de ces nombreuses années,
04:11 quel est le visiteur ou la visiteuse qui vous a le plus marqué ?
04:15 - Il y en a eu beaucoup. Il y en a eu beaucoup, mais je vais vous dire que ce sont les yeux de Michel Morgan.
04:21 C'est aussi la conversation avec Mme Simone Veil qui a été incroyable.
04:27 C'est le regard de Léonard-Eddy Caprio qui regarde le plafond de la Galerie des Glaces en plein admiration,
04:33 qui fait corps avec le lieu. C'est tout ce qu'il reste.
04:35 - Et lui, Caprio, il ne s'est pas mis à quatre pattes pour regarder le plafond ?
04:38 - Pas à quatre pattes, mais il s'allonge. Il s'allonge. C'est un moment assez inouï.
04:42 - Il se met par terre, il s'allonge pour le regarder.
04:44 - Oui, c'est un moment assez inouï parce qu'il arrive seul dans la Galerie des Glaces,
04:48 et je ne m'y attends pas, il s'allonge dans la Galerie des Glaces,
04:53 un moment qui a duré très peu de temps, et il regarde le, non pas le ciel, mais le plafond de Lebrun.
04:59 Et là, c'est extraordinaire. C'est un moment assez unique pour lui et pour nous.
05:03 - Il a raison. - Il a raison. Il a raison.
05:05 - Alors, il y a votre lieu qui plonge, évidemment, dans un certain nombre d'anecdotes.
05:10 On croise des rois, des empereurs, etc., etc.
05:14 Quelle est la personnalité de l'histoire du monde, de l'histoire de France en particulier ?
05:18 Vous auriez aimé croiser, vous, en tant que chef du protocole ? Franchement.
05:23 - Plusieurs personnes, là encore, mais Louis XVI. Louis XVI, mais pas en tant que roi.
05:27 J'aurais aimé croiser Louis XVI, le passionné des sciences, le passionné de géographie,
05:32 et n'oublions pas que Louis XVI... - Mais c'est un horloger, aussi.
05:36 - Alors, il est passionné par la mécanique de précision. L'horlogerie, certes, mais la mécanique de précision,
05:40 et par les voyages. Une des dernières paroles, peut-être apocryphe, mais avez-vous des nouvelles de la Pérouse ?
05:46 Voyez, il sait qu'il est condamné. - Oui, le navigateur.
05:49 - Le navigateur, oui. Et donc, c'est un homme passionnant, oui. J'aurais aimé le rencontrer.
05:53 - Pour terminer, vous avez un endroit, par exemple, nous, si on doit visiter Versailles,
05:56 on va aller dans l'endroit que le chef du protocole connaît bien. On va commencer par ça.
06:01 C'est quoi ? Une salle, un tableau, un endroit secret. Il y a plein d'endroits secrets.
06:05 - Alors, il y a des endroits secrets, des endroits discrets, et un des endroits discrets qui est très, très beau,
06:11 puisqu'il a été restauré il y a quelques années, mais c'est une petite pièce exceptionnelle,
06:14 qui est le cabinet de la cassette. Ancienne salle de bain du roi Louis XV, et cabinet de la cassette,
06:20 qu'est-ce que la cassette ? C'est un endroit où le roi Louis XVI rangeait son argent personnel.
06:24 Et les boiseries sont exceptionnelles. - Oui, mais vous savez, les rois,
06:28 quand ils avaient un petit couloir pour aller rejoindre une maîtresse, une courtisane,
06:34 c'est ça qui nous intéresse, M. Havard. - Le roi va rejoindre la favorite.
06:39 Quand je parle du roi, c'est Louis XV. Louis XVI est totalement fidèle à Marantonnet.
06:43 - Oui, mais lui, c'est l'exemple du beau gosse. - Alors, Louis XV, il a plusieurs passages pour rejoindre,
06:49 soit dans un premier temps, Madame de Pompadour, qui a été probablement l'amour de sa vie,
06:53 ou la dernière qu'il a pu rencontrer et aimer, Madame Dubarry. - Madame Dubarry, bien sûr.
06:59 - Des appartements qui ont été restaurés et que je vous invite à découvrir.
07:01 - Merci beaucoup. Bon, je vous laisse partir parce que vous avez du boulot aujourd'hui.
07:05 - Oui, on vient de voir. - Il y a 200 chefs d'État, plus Emmanuel Macron, ça fait du monde.
07:11 - Ça fait du monde. - Allez, travaillez bien, bonne chance, merci de votre visite.
07:14 - Merci beaucoup. - Je rappelle que ça s'appelle... - Versailles Intime.
07:18 - Ça s'appelle Versailles Intime. Et c'est publié chez qui, ça ? Chez Grasset, dites-donc.
07:21 - Grasset, dites-donc, c'est bien. Merci beaucoup. - Merci.
07:24 - Allez, c'est l'heure maintenant du...
07:25 du ****.
07:26 [Musique]

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