00:00 Je m'appelle Adèle et j'ai 21 ans.
00:01 Il y a un an, la décision a été prise d'intégrer les femmes.
00:05 C'était en discussion depuis plusieurs années.
00:06 C'est le premier peloton de femmes qui existe.
00:09 Et aussi la première fois qu'une femme peut être officière.
00:13 Donc ça aussi, c'est un grand tournant.
00:15 Il était temps pour vous ?
00:18 Il était temps pour nous de marcher.
00:20 Je pense que ça va pouvoir aussi permettre aux autres compagnies
00:23 de se lancer et d'intégrer à leur tour des femmes dans leurs compagnies.
00:27 Tout ce peloton a été créé, il n'existe encore nulle part ailleurs.
00:30 Et donc on a créé un nouveau peloton qu'on a appelé "Les Volontaires".
00:34 Pour se différencier aussi des infirmières et des vivandières
00:37 ou des cantinières qui ont toujours des rôles et des fonctions
00:41 et qu'on puisse marcher comme les hommes soldats puissent marcher également.
00:45 Juste marcher et suivre les ordres des officiers
00:48 mais pas avoir une fonction et travailler pour la compagnie.
00:50 C'est vraiment quelque chose dont ils n'avaient pas envie ici.
00:53 On apprend quand même que certains hommes ne défilent pas, ne marchent pas.
00:57 On fait le choix parce que vous étiez présentes.
00:59 Qu'est-ce que vous avez envie de répondre à ça ?
01:01 C'est leur choix. Je trouve ça dommage pour eux
01:04 parce qu'ils ne nous voient pas spécialement quand ils sont à l'autre bout de la compagnie.
01:07 C'est leur choix et peut-être qu'ils changeraient avec le temps.
01:11 Et peut-être que s'ils ont des filles ou des petites filles,
01:14 ils comprendront aussi la fierté que c'est de pouvoir les voir marcher un jour.
01:17 Donc j'espère que leur avis pourra changer.
01:20 Ça ne me tracasse pas et je ne le prends pas à cœur pour autant.
01:25 J'étais tout à fait con.
01:27 Quand j'ai fait partie du cours d'office, j'étais parmi les plus récalcitrants.
01:31 Mais après, je change un peu d'avis
01:34 parce que du temps de mes parents,
01:38 quand on disait « on ne peut pas marcher », on acceptait.
01:42 Moi, j'ai encore fait pareil avec mes enfants.
01:44 Mais maintenant, je reconnais que les filles jouent au football avec les garçons
01:48 alors que c'est devenu impossible de dire aux garçons « toi tu marches »
01:52 et à la fille « tu ne marches pas ».
01:54 Alors je crois qu'il faut évoluer.
01:57 - Babette Gendrin, c'est la première fois que les femmes défilent ici à la Sainte-Rolande.
02:01 Est-ce que selon vous, les femmes servent uniquement à repasser les pantalons
02:05 ou elles ont leur place dans ce défilé ?
02:07 - Bien sûr que non et bien sûr que oui, elles ont grandement leur place dans ce défilé.
02:12 Il était temps, enfin !
02:13 Alors c'est vrai qu'il y a déjà des marges de l'entresemblémeuse.
02:16 Je pense notamment à la Madeleine où la présence des femmes en uniforme
02:19 est déjà là depuis de nombreuses années.
02:21 Mais à la Sainte-Rolande, c'est un sujet qui a fait couler énormément d'encre.
02:25 Et franchement, je tiens à féliciter justement tout le collectif Femmes en Marche qui a permis ça.
02:30 - On apprend que des hommes n'ont pas souhaité défiler suite à la présence des dames.
02:35 Qu'est-ce que vous avez envie de répondre à ces hommes ?
02:38 - Que c'est malheureux parce qu'à un moment donné, encore une fois,
02:41 on n'est pas dans une reconstitution.
02:42 Il s'agit ici d'une procession.
02:44 C'est du folklore. On est en 2024.
02:47 Alors qu'est-ce que ça peut faire ?
02:49 Encore une fois, c'est juste un moment aussi de rassemblement.
02:52 Le folklore, il est justement là.
02:53 Ça fédère.
02:54 C'est des liens qu'on a entre tous, avec nos voisins, avec tous.
02:57 Et donc, il était grandement temps que les femmes puissent intégrer les rangs.
03:01 - Merci beaucoup.
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