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- il y a 2 ans
Aujourd'hui dans "Punchline", Laurence Ferrari et ses invités débattent des grèves mises en place par les syndicats pour obtenir des primes en raison de la surcharge de travail pendant les jeux olympiques.
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00:00 [Générique]
00:07 Et il est 18h, on va commencer par le rappel des titres de l'actualité si vous le voulez bien.
00:11 Après une semaine d'émeute, Emmanuel Macron sera en urgence en Nouvelle-Calédonie ce soir
00:15 pour lancer une mission sur la situation sur place.
00:18 De nombreux touristes coincés sur l'île depuis la fermeture de l'aéroport de Nouméa
00:22 vont pouvoir être rapatriés.
00:24 Un premier vol est arrivé ce matin pour procéder aux évacuations.
00:27 Avant de s'envoler, le président de la République a tenu à rendre hommage aux agents pénitentiaires
00:32 tués il y a une semaine à un quart-ville.
00:34 Emmanuel Macron a rencontré leur famille et présenté ses condoléances aujourd'hui à l'Elysée.
00:38 Il sera remplacé par Gabriel Attal demain pour la cérémonie d'hommage national à Caen.
00:43 Une cruelle désillusion pour l'intersyndicale des surveillants pénitentiaires.
00:47 Les obsèques de Jean-Claude Godin auront lieu ce jeudi à 15h dans la cathédrale de la Major,
00:52 à Marseille bien sûr, un ultime hommage auquel tous les habitants de la ville ont été conviés
00:57 selon l'entourage de l'ancien maire de la cité phocéenne.
00:59 À Marseille, l'émotion est toujours vive au lendemain de la mort de Jean-Claude Godin à l'âge de 84 ans.
01:04 Enfin, 228e jour de détention pour les otages détenus par l'organisation terroriste du Hamas à Gaza.
01:10 Trois de ces otages sont français, ils se nomment Ofer, Orion, Orad.
01:14 Nous pensons à tous ces otages ce soir et à leur famille.
01:16 Nous demandons une fois de plus leur libération immédiate et sans condition.
01:19 Il est 18h01, les quelques secondes.
01:22 Louis de Ragnalella, bonsoir Louis. - Bonsoir Laurence.
01:23 Rachel Kahn, merci d'être avec nous. - Bonsoir Laurence.
01:25 Christophe Couvy, policier, secrétaire de nationalité. - Bonsoir.
01:28 Sabrina Medjeber, bonsoir.
01:29 Alexandre Devecchio, bonsoir. - Bonsoir Laurence.
01:31 On va commencer par un petit clin d'œil quand même,
01:33 parce que c'est vrai que l'actualité elle est tellement sombre et lourde.
01:36 Je me suis dit que j'avais envie de nous octroyer une petite médaille d'or
01:39 avant que nous ne démarrions les Jeux olympiques, celle des grèves.
01:42 Parce que c'est vrai que c'est récurrent, c'est vrai que ça fait tâche d'huile.
01:46 Aujourd'hui c'était les transports franciliens, alors on se dit "ah c'est les parisiens".
01:50 C'est pas que les parisiens, et je vous assure qu'il y a des gens qui étaient très embêtés ce matin.
01:53 Écoutez leur réaction.
01:54 Moi je suis partie deux heures plus tôt que prévu,
01:57 pour être sûre d'être à l'heure et d'en avoir un,
01:59 parce qu'en plus le dé arrête à 9h30, et c'est un train sur cinq.
02:04 Je crois que ça ne vaut même pas le coup d'essayer de se déplacer.
02:08 Pas la maison, je ne peux pas aller travailler.
02:09 Il n'y en a que de RER jusqu'à la gare de Lyon,
02:12 et après le soir pour rentrer à la maison,
02:15 je vais prendre trois ou quatre heures pour rentrer, alors je rentre à la maison.
02:18 On a du mal à trouver du transport,
02:21 à aller travailler en temps et en heure,
02:23 et c'est vraiment compliqué pour nous qui travaillons sur Paris.
02:27 C'est compliqué, oui.
02:28 Ça perturbe la journée.
02:30 En plus je travaille le soir tout à l'heure,
02:34 j'ai peur que je sois en retard.
02:37 Le problème c'est que je suis solidaire de leur mouvement.
02:38 Que voulez-vous ?
02:40 Il y a des gens qui doivent défendre leurs intérêts professionnels,
02:43 et moi je suis un peu dans la mouise,
02:45 mais j'essaie de trouver une solution.
02:47 J'ai encore trois heures devant moi.
02:48 Voilà pour ces réactions.
02:50 Jean-Christophe Kouvi, les policiers, pareil,
02:52 ils étaient dans la panade ce matin quand on se déplaçait.
02:54 Les policiers étaient dans la panade ?
02:56 Après, il y a deux façons de voir les choses.
02:58 Il y a des gens qui sont excédés,
03:00 parce qu'il y a le droit de grève.
03:02 Oui, il y a un droit de grève en France,
03:04 et heureusement des fois pour certaines choses.
03:06 Et de l'autre côté, c'est qui est comptable du droit de grève ?
03:08 Pourquoi est-ce qu'on en arrive là ?
03:10 Moi je suis syndicaliste, je fais du syndicat,
03:12 - je sais ce que c'est. - Vous n'avez pas le droit de grève ?
03:13 Non, on n'en a pas, mais n'empêche que l'autre jour,
03:15 on avait dit qu'on allait faire un mouvement policier,
03:19 et bizarrement, trois jours après, même pas,
03:21 les décrets tombaient et tout ce qu'on avait demandé tombe.
03:23 Donc comme quoi, on est toujours dans un rapport de force.
03:25 C'est terrible d'en arriver là.
03:27 - Vous vous rendez bien compte que ça fait toutes les corporations,
03:29 RATB, Aéroports,
03:31 - Est-ce qu'on a demandé à la direction de la SNCF - Consulat Réunion, Médecins, Poli...
03:33 pourquoi la grève était là ?
03:35 - Je sens que ça vous dérondez. - Je vous en prie, stop, sauf sur ce sujet.
03:39 Il y a un rassemblement avec la SUJ,
03:41 et on sera là pour les supporter aussi,
03:43 parce qu'on fait partie de la même confédération,
03:45 et qu'eux aussi, la SUJ, la Sûreté Ferroviaire,
03:47 ils ont des soucis de conditions de travail.
03:49 Et je suis désolé, encore une fois, si on ne met pas le projecteur dessus,
03:51 - La SUJ, c'est la sécurité dans les transports. - Dans les transports.
03:53 Et si on ne met pas le projecteur dessus, c'est aussi in fine,
03:55 les citoyens français, qui à la fin,
03:57 auront un service public dégradé.
03:59 - D'accord, d'accord, mais on est quand même des champions,
04:01 en la moitié. - Et moi, c'est le seul sujet sur lequel...
04:03 - Je suis pas d'accord avec vous, Jean-Christophe,
04:05 il en fallait bien un, c'est le seul.
04:07 - Voilà, exactement, c'est celui-ci.
04:09 Moi, honnêtement, je trouve que c'est surtout la médaille d'or du cynisme absolu.
04:12 Parce qu'en fait, il y a beaucoup de gens
04:14 qui profitent des Jeux Olympiques,
04:16 puisque l'État est complètement dos au mur,
04:18 et n'a pas d'autre choix que de céder à toutes les demandes,
04:21 pour justement faire grève.
04:23 Je trouve qu'il y a des gens qui font grève simplement
04:25 parce qu'on leur demande de faire leur travail.
04:27 Alors je sais que je vais choquer tout le monde,
04:29 mais vous imaginez, si 100% des Français
04:31 qui travaillent au mois de juillet demandent une prime
04:33 parce qu'ils travaillent au mois de juillet,
04:35 parce qu'il y a les Jeux Olympiques,
04:37 on n'en sort plus, réellement.
04:39 - C'est extraordinaire.
04:41 - Avec 100% de prix.
04:43 - On va mériter une prime avec les embouteillages.
04:45 - Franchement, il y a des métiers pour lesquels
04:47 oui, ça va être beaucoup plus compliqué, ça va être difficile,
04:49 et c'est une surcharge de travail.
04:51 Mais tous ceux qui travaillent en juillet,
04:53 JO ou pas JO, de toute façon, il faut travailler.
04:55 - Un citoyen énervé, l'OTAG.
04:57 - Mais non, mais regardez, je ne vais pas me plaindre,
04:59 je déteste me plaindre, mais nous aussi,
05:01 notre quotidien va complètement changer.
05:03 Je ne me viendrais pas à l'esprit d'aller demander une prime
05:05 ou des aménagements parce que je travaille
05:07 pour les Jeux Olympiques et que tout va changer.
05:09 - Allez, encore un petit mot en avant.
05:11 - La vie de beaucoup de Français va changer et c'est comme ça.
05:13 - C'est vrai que...
05:15 Pourquoi changer une méthode
05:17 qui marche ?
05:19 - Pourquoi changer une équipe qui gagne ?
05:21 - C'est ça. C'est-à-dire que là, il y a eu
05:23 grève, notamment sur
05:25 la fin de carrière,
05:27 finalement, il y a eu un accord, donc là, maintenant,
05:29 effectivement, une espèce de
05:31 pression avec les JO dedans.
05:33 Mais en tant qu'usagers, on est
05:35 véritablement usés et usagés aussi,
05:37 fatigués. Par ailleurs,
05:39 les prix des tickets,
05:41 des tickets de métro et de RER
05:43 vont augmenter de manière
05:45 complètement exponentielle.
05:47 Et malheureusement, nous, en tant qu'usagers, on ne peut pas faire grève.
05:49 - Et là, ce qu'on entend, les réactions
05:51 à Sabrina, c'est des gens qui travaillent,
05:53 pas des gens qui ont une voiture, ils n'ont pas
05:55 de moyens de faire une voiture. - Ils n'ont pas le droit de faire grève, pour la plupart de nos
05:57 petites pensées, quand même, pour tous ceux qui n'ont pas le droit de faire grève
05:59 - Sabrina Medjber - parce que sinon,
06:01 ils sont virés. - Même sans attendre le prix,
06:03 aujourd'hui, ces personnes qui travaillent,
06:05 eh bien, ils payent un titre de transport.
06:07 Le titre de transport, un pass Navigo,
06:09 c'est 110 euros par mois.
06:11 - Alors Valérie Becquerest, de la région, c'est 86.
06:13 - Oui, c'est 86. - 86 euros.
06:15 Autant pour moi. Le ticket de métro,
06:17 il est à 2,10 euros, donc le calcul
06:19 est très vite fait. Le transport, aujourd'hui, coûte cher.
06:21 Et alors, malgré, effectivement,
06:23 l'affaissement des représentations
06:25 collectives et, effectivement, ce...
06:27 comment dire, cette dynamique piégeuse
06:29 qui consiste à capter le moment
06:31 où ils sont sûrs d'être
06:33 garantis, finalement, d'un retour sur investissement
06:35 en faisant grève et en capitalisant
06:37 sur l'incapacité du gouvernement
06:39 à faire autrement que de les rétribuer.
06:41 - C'est des... Ils sont obligés de céder, là.
06:43 - C'est très piégeux et les premières personnes,
06:45 encore une fois, qui sont dans cette nasse,
06:47 sont les gens qui n'ont pas les moyens de faire
06:49 autrement et qui peuvent, du coup, malheureusement
06:51 prendre des jours de congé sans solde
06:53 parce qu'ils ne peuvent pas se rendre au travail,
06:55 sachant que c'est un préavis qui est déposé,
06:57 on ne sait pas jusqu'à quand ça va se terminer.
06:59 Donc, tout ça, encore une fois, c'est la
07:01 sampiternelle retournelle des syndicats
07:03 qui savent très bien le moment choisi
07:05 pour, encore une fois,
07:07 prendre piège, non pas le gouvernement,
07:09 mais aussi les Français qui souffrent
07:11 de toutes ces affres.
07:13 - Un dernier mot là-dessus et après on va parler de la nouvelle qualité.
07:15 - Je suis toujours partagé parce qu'effectivement,
07:17 la grève, c'est un rapport de force et
07:19 là, le rapport de force est en leur faveur,
07:21 mais il ne faut pas que ça se transforme non plus en chantage.
07:23 Je suis attaché aux services publics,
07:25 y compris celui du rail
07:27 ou de la RATP,
07:29 mais je me dis qu'à force,
07:31 il donne envie d'être libéralisé.
07:33 Moi, je suis contre la libéralisation
07:35 parce qu'il y a des trains
07:37 qui doivent être desservis par l'État
07:39 si c'est que le profit.
07:41 Il y a une question de cohésion territoriale,
07:43 mais ça peut donner envie à un gouvernement
07:45 libéral de les privatiser
07:47 en se disant de toute manière
07:49 qu'on ne s'en sort pas.
07:51 Je pense que les syndicats
07:53 doivent être responsables aussi, à force de trop en demander.
07:55 Ils vont finir par faire
07:57 le malheur
07:59 de ceux qui sont censés défendre,
08:01 notamment et de tous les Français, parce qu'on aimerait avoir
08:03 un service public de qualité.
08:05 - Responsable et fraternel.
08:07 - Et combien ils vont
08:09 toucher au comité olympique, chacun, tous ?
08:11 Parce que là, ils ne travaillent pas à blanc.
08:13 Excusez-moi, ils vont traîner des bouts, des milliards d'euros.
08:15 - Personne ne va rien toucher, Jean-Christophe.
08:17 - Avant, au comité olympique, les mecs ne sont pas payés.
08:19 - Il y a des gens qui vont travailler, qui ne feront rien.
08:21 - Ça pose quand même un problème aussi.
08:23 Parce qu'encore une fois, il y a des négociations.
08:25 Et quand les négociations sont mal menées,
08:27 et quand on a des dérages qui ne veulent rien comprendre
08:29 parce qu'il y a des idéologies politiques,
08:31 à un moment donné, qu'est-ce qui vous reste ? Votre droit.
08:33 Et votre droit, c'est de faire la grève.
08:35 Et effectivement, ça dérange les gens. On le sait.
08:37 Mais malheureusement, si en amont, on y avait un vrai dialogue social,
08:39 un peu comme les pays du Nord, ou même en Allemagne,
08:41 eh bien, je suis désolé,