00:00Dans un fragile retour au calme, les voitures commencent à réinvestir les routes.
00:08Et même s'il faut encore souvent slalomer entre les débris, l'accès à l'hôpital principal de Nouméa est désormais possible.
00:19On a quand même moins de blessés, moins de plaies par balles, mais reste que l'accès à l'hôpital est encore difficile.
00:26Et on commence à voir arriver en fait les blessés qu'on n'a pas pu prendre en charge tout de suite parce qu'ils n'ont pas eu accès à la route pour rejoindre l'hôpital.
00:36Donc on est encore pas mal submergé de patients en fait.
00:43Un poste médical avancé a même été installé à l'hôpital Gaston Bourré.
00:48Mais au-delà des soins d'urgence, ce sont les patients sous traitement qui peuvent enfin respirer.
00:55Au centre de dialyse de Coutillot, Sonia attend son tour.
01:00Un grand soulagement, ils ont compris qu'il faut laisser passer les ambulances.
01:05En Nouvelle-Calédonie, 700 personnes dialysées sont en attente de soins.
01:10Tous les centres n'ont pas encore pu rouvrir, il a donc fallu réduire le temps de traitement des patients.
01:16À l'heure actuelle, nos patients, on arrive à les dialyser entre 2h30 et 3h deux fois par semaine.
01:22Donc il y a une réelle diminution de la durée des traitements, ce qui permet à nos patients de survivre.
01:29Mais ça a quand même des conséquences sur leur santé, c'est-à-dire que c'est beaucoup moins bien pour leur santé de faire aussi peu de dialyse que de faire une dialyse normale 4h-3f par semaine.
01:40Attention à la poisson.
01:46On ne dialyse pas comme on doit dialyser, les 5h.
01:51Après, je suis rassuré, ça faisait plus de 4-5 jours déjà que je n'étais plus pas dialysé.
01:58Ici, l'effet des émeutes a été violent.
02:02Deux personnes sont décédées faute d'accès à leurs soins.
02:06Le médecin est toujours sans nouvelles de plusieurs autres de ses patients.
02:10Et sans réassort de médicaments, le bilan pourrait encore s'alourdir.
02:14Je pense qu'on a une réserve pour quelques jours et ensuite il faudra être réapprovisionné.
02:19Le premier convoi tant attendu est lui arrivé à Connay, au nord de l'île.
02:25Un avion militaire chargé de médicaments et de denrées alimentaires.
02:30On a pris une palette de lait en poudre.
02:36Et on a pris une palette d'oeufs à 160 kilos d'oeufs.
02:39Et le reste, c'est du fret médical.
02:46Pour approvisionner autant le centre hospitalier que les pharmacies libérales du nord.
02:55Et donc, on a ce premier chargement, il y en a d'autres qui sont programmés.
03:01En attendant que les routes soient à nouveau dégagées et qu'on puisse à nouveau circuler et ravitailler le nord.
03:09Un approvisionnement compliqué également dans les petites îles de l'archipel.
03:15Honnêtement, c'est un peu tous les médicaments qui viennent à manquer.
03:18Que ce soit dans les traitements chroniques pour les patients.
03:22Aujourd'hui, on est particulièrement embêté par la situation des anticoagulants.
03:27Pour tout ce qui est traitement de la douleur, on vient à déconditionner certains traitements pour que tout le monde soit servi.
03:34Une solution temporaire est insuffisante.
03:37Anne-Marie, greffée du rein, doit son salut à la générosité d'une autre patiente.
03:42En relation avec les médecins de Nouméa aussi, on a substitué d'autres médicaments de mon traitement.
03:53Et la solidarité marche très bien puisque une dame de Marais m'a vraiment généreusement, vraiment gentiment donné trois jours de traitement de son stock à elle.
04:07Même si la situation reste calme, un retour à la normale n'est pas attendu avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.