- il y a 2 ans
En cette journée mondiale des océans, zoom sur l'état de notre planète. Cette semaine, une étude mettant à jour les données du Giec a dressé un nouveau constat alarmant : le climat change plus rapidement que jamais. Le secrétaire général de l'ONU a appelé à un sursaut pour éviter le "chaos climatique". L'océanologue et climatologue Marina Lévy nous éclaire sur le rôle central joué par les océans pour la vie sur terre, et sur les moyens de les préserver.
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00:00On se place maintenant à l'invité d'Au coeur de l'info, en cette journée mondiale des océans.
00:05Retour ce soir sur l'état de notre planète, alors que cette semaine, une étude mettant à jour les données du GIEC,
00:11le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, a dressé un nouveau constat alarmant.
00:16Le climat change plus rapidement que jamais, le réchauffement s'accroît désormais à un rythme de 0,26 degrés par décennie,
00:24un record dans les relevés.
00:26La planète a aussi battu des records de température pour le douzième mois d'affilée, avec des conséquences évidemment dramatiques,
00:31en Inde, au Pakistan, ou encore plus récemment au Brésil.
00:34Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé ce mercredi à un sursaut pour éviter, je cite, le chaos climatique.
00:41On en parle avec notre invité donc ce soir, Marina Lévy, océanologue, climatologue, professeure à la Sorbonne,
00:47et directrice de recherche au CNRS.
00:49Bonsoir, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation ce soir sur France 24.
00:53Un mot tout d'abord de cette dernière étude sur le changement climatique, qui met donc à jour, si je comprends bien, le dernier rapport du GIEC,
01:00qui lui, date de 2021.
01:02Auparavant, on était donc sur un rythme de plus 0,18 degrés par décennie, observé donc entre 1970 et 2010.
01:10Là, on est à 0,26.
01:13Ça peut paraître peu, c'est pourtant dramatique.
01:16Oui, ça paraît peu, effectivement, ces chiffres, quand on les regarde comme ça.
01:20Et malgré tout, si on les met bout à bout, ce que ça fait, c'est que l'océan s'est réchauffé d'à peu près 1 degré en surface ces dernières, 40 dernières années.
01:30Donc qu'est-ce que ça veut dire 1 degré ?
01:321 degré en surface, il faut voir que l'océan, c'est 70% de la surface de notre planète,
01:37et que ces 1 degré, en fait, ils réchauffent une couche d'océan qui va de 20 mètres jusqu'à 100 mètres de profondeur, à peu près.
01:45Malgré ça, on sent quand même le réchauffement qui pénètre jusqu'à 1000 mètres de fond, mais avec évidemment une moindre intensité.
01:52Donc c'est 1 degré, c'est en surface.
01:54Et ce que ça veut dire, c'est que l'océan, en fait, ça représente une énorme quantité de chaleur.
01:59Et cette quantité de chaleur, c'est cette quantité de chaleur qu'il y a en moins dans le système climatique.
02:03Donc c'est une bonne nouvelle, c'est que l'océan nous a protégé des pires effets du réchauffement climatique
02:09en absorbant cette quantité de chaleur excédentaire qui est liée aux activités humaines.
02:14Et c'est pour ça qu'il s'est réchauffé.
02:16Donc ça, c'est la première chose, c'est cet effet bénéfique.
02:19On bénéficie du fait qu'il y a un océan.
02:22Alors la conséquence, c'est que l'océan se réchauffe, évidemment.
02:25Alors on va revenir effectivement sur les conséquences de ce réchauffement climatique sur les océans dans le détail.
02:29Mais tout d'abord, plus généralement sur le réchauffement climatique et l'objectif, on s'en rappelle, de l'accord de Paris
02:35de limiter cette hausse du réchauffement à 1,5 degré par rapport à l'air pré-industriel.
02:40Est-ce qu'on peut encore y arriver ?
02:42Alors disons que ce qu'il faut voir, c'est qu'effectivement, on avait prévu un certain nombre de scénarios
02:48d'émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
02:50Donc des scénarios plutôt optimistes qui permettaient de limiter le réchauffement à 1,5 degré
02:55et des scénarios très pessimistes où on ne pouvait atteindre des réchauffements de 5, 6 degrés.
02:59Il semble qu'aujourd'hui, on s'oriente vers une situation plus ou moins intermédiaire.
03:05C'est-à-dire que ce ne sont ni les scénarios les meilleurs qui vont arriver, ni les pires.
03:09Et qu'on est dans cet entre-deux.
03:11Mais dans cet entre-deux qui reste quand même néanmoins assez large.
03:14C'est-à-dire qu'un réchauffement de 2 degrés ou un réchauffement de 3, 4 degrés,
03:18ça va quand même avoir des conséquences qui vont être très différentes.
03:21Et donc la question aujourd'hui, c'est de savoir si on va arriver à minimiser le réchauffement.
03:26Même si on ne tient pas les accords de Paris exactement au degré près.
03:30Année après année, je l'évoquais, le secrétaire général de l'ONU ne cesse de tirer la sonnette d'alarme
03:35avec à chaque fois des mots sans cesse plus forts.
03:39Cette fois-ci, c'était il y a 3 jours, il a dit nous avons besoin de trouver une sortie sur l'autoroute
03:44qui nous mène à l'enfer climatique.
03:46Et pourtant le déclic ne se fait pas au niveau mondial.
03:50Comment est-ce que vous expliquez cette incapacité, un véritable sursaut collectif qui change la donne ?
03:56Mais c'est difficile de comprendre un petit peu ce qui se passe dans le climat
04:00et ce qui se passe en particulier dans l'océan, encore plus dans l'océan quand on n'est pas scientifique.
04:04Donc je pense qu'il faut vraiment expliquer, il y a cette nécessité d'expliquer ce qui se passe.
04:09Par exemple, ce que je peux vous proposer, c'est de vous présenter mon parcours personnel
04:14et comment moi je suis arrivée à ce déclic, personnellement.
04:17Donc moi j'ai commencé à travailler sur les sciences du climat il y a à peu près 30 ans.
04:21Et c'était au moment du premier rapport du GIEC.
04:24Donc à ce moment-là, le réchauffement de l'océan, il n'était pas détectable encore.
04:30Il était déjà là, mais on n'arrivait pas à le détecter du bruit.
04:33On n'avait pas des mesures suffisamment précises.
04:35Il y avait une variabilité trop forte pour en être certain.
04:38Mais malgré ça, on était déjà certain qu'il était enclenché et que ça allait s'aggraver.
04:44Et moi, dans ce contexte-là, j'ai décidé de ne pas travailler sur le changement climatique.
04:49J'ai décidé de travailler sur comprendre comment l'océan fonctionnait.
04:53Et je me suis intéressée à un phénomène qui est très important pour l'océan,
04:58qui a lieu en Méditerranée, mais qui a aussi lieu en Atlantique ou dans l'océan Austral,
05:02et qui est vraiment le mécanisme de base de l'océan,
05:05qui est qu'en hiver, les eaux de surface de l'océan vont se mélanger jusqu'au fond.
05:09Donc il va y avoir un brassage énorme de quantité d'eau jusqu'à 3 km de profondeur
05:14qui vont enrichir la surface de l'océan en engrais, si vous voulez.
05:19Et ce mélange hivernal permet à la vie d'émerger dans l'océan.
05:23Avec le réchauffement qu'on a aujourd'hui, le mélange devient de plus en plus difficile.
05:27Et en fait, ce que ça fait, c'est que la vie est plus difficile dans l'océan.
05:31Donc on assiste à une progressive désertification des océans du fait de ce petit réchauffement.
05:39Ce petit réchauffement, il empêche aussi les eaux de s'oxygéner,
05:43et il empêche aussi l'océan de nous protéger d'une deuxième façon
05:46que d'augmenter la quantité de chaleur qu'il prend, en prenant du dioxyde de carbone.
05:52Justement, vous désignez les océans comme des pompes, véritables pompes à carbone.
05:57Comment est-ce que ça fonctionne concrètement ?
05:59Nous émettons du fait de nos activités industrielles du CO2 dans l'atmosphère,
06:04et c'est ce CO2 qui contribue à l'effet de serre.
06:06Et l'océan en récupère un quart, et il y en a un quart qui part dans les forêts, dans la biosphère terrestre.
06:11Alors comment est-ce qu'il le récupère ?
06:13En fait, le gaz simplement se dissout dans les eaux froides,
06:15et ces eaux froides vont plonger du fait de ce phénomène de convection,
06:19et ça va arriver au fond de l'océan.
06:21Et la machine s'enraye du coup sous l'effet du réchauffement des océans ?
06:25Et la machine s'enraye du fait du réchauffement des océans,
06:28et donc ce mécanisme devient de moins en moins efficace.
06:31Et conséquence, l'état de l'océan se dégrade.
06:33De la surface aux abysses, a alerté il y a trois jours l'UNESCO,
06:37de son côté, dans un autre rapport.
06:39Concrètement, très concrètement, ça se traduit par quoi ?
06:42Alors très concrètement, là on a parlé des températures sur Terre,
06:46maintenant parlons des températures dans l'eau.
06:48Dans l'eau, un degré de plus, c'est un changement pour les habitats des poissons, par exemple.
06:54Les poissons vivent en général pas complètement près de la surface,
06:58plutôt dans des profondeurs intermédiaires,
07:00et ils ont l'habitude de vivre dans des endroits où la température de l'eau
07:03reste à peu près constante ou peu variable au cours de l'année.
07:06Donc pour eux, un degré de température en plus,
07:09ils ne vont pas être capables de s'y adapter,
07:11donc ce qu'il se passe, c'est qu'on va assister à une énorme migration,
07:15et c'est ce qui commence à se passer,
07:17une énorme migration des poissons vers les pôles
07:20où les températures sont plus clémentes et ça correspond mieux à leur métabolisme.
07:25Il y a également un autre phénomène,
07:27et ça c'est assez intéressant parce que ça nous donne une idée
07:29de ce qui peut se passer avec des températures encore plus élevées,
07:32c'est les vagues de chaleur marine,
07:34dont on a parlé l'été dernier et l'été d'avant,
07:36qui sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus intenses.
07:40Et durant ces vagues de chaleur marine, c'est un petit peu comme des canicules sur Terre.
07:44On a des augmentations de température de l'ordre de 4-5 degrés
07:47pendant quelques semaines dans l'océan.
07:50Et là, on a pu vraiment constater comment les écosystèmes réagissaient
07:55à ces augmentations subites et très fortes de température,
07:58et là en Méditerranée, par exemple en 2022,
08:01on a eu jusqu'à 90% de mortalité de certaines espèces.
08:05Alors justement, concernant la mortalité des poissons,
08:08vous vouliez revisionner une archive que vous avez donc vous-même sélectionnée,
08:11elle date de l'an dernier, ça se passe au Texas,
08:15où des milliers de poissons sont retrouvés morts.
08:18Voilà, on voit cette image derrière vous,
08:21assez choquante, on peut le dire.
08:23Pourquoi avoir choisi cette archive ?
08:26Qu'est-ce que ça nous dit, cette image ?
08:28Moi, j'aime beaucoup cette image parce qu'elle est très marquante,
08:32et surtout, elle permet de voir,
08:34parce que les poissons sont montrés à la surface, ils sont sur la plage.
08:37Du jour au lendemain, il y a des milliers de poissons
08:39qui sont débarqués morts sur les plages du Texas,
08:41et on ne savait pas pourquoi.
08:43Et en général, les mortalités qui se passent à l'intérieur de l'océan,
08:46on ne les voit pas.
08:47Et là, d'un seul coup, ça a été mis au grand jour.
08:50Et qu'est-ce qui s'est passé dans ce cas particulier ?
08:52C'est effectivement les conséquences d'une vague de chaleur marine,
08:55dont je vous ai parlé,
08:56mais qui s'est ajoutée à un événement de pollution.
08:59Donc il y a eu des pollutions agricoles qui sont arrivées dans l'eau.
09:02Ces pollutions créent des efflorescences d'algues toxiques,
09:05on en a par exemple en Bretagne,
09:08et elles créent également une déplétion d'oxygène.
09:11Donc il y a de moins en moins d'oxygène dans l'eau
09:14du fait de ces apports par la pollution.
09:17Et la vague de chaleur va amplifier cette perte d'oxygène,
09:20parce que l'oxygène se dissout moins dans les eaux chaudes,
09:23et donc l'écosystème n'a pas du tout supporté
09:27les deux pressions, à la fois la pollution et le réchauffement,
09:31en même temps,
09:32et ça conduit à une mortalité abrupte et phénoménale.
09:37Catastrophe donc écologique, environnementale, on le voit.
09:41Catastrophe aussi économique, sur les captures de pêches,
09:45pour être plus terre à terre ?
09:48Oui, effectivement, il va falloir que les pêcheries s'adaptent
09:53à ces changements, déjà je vous ai dit, de poissons.
09:56Les poissons qui migrent, les pêcheurs ne vont plus récolter,
10:00pêcher les mêmes poissons.
10:02On voit par exemple en ce moment au Sénégal,
10:05une pêche très fréquente au Sénégal,
10:08c'est la sardinelle qui sert pour un plat sénégalais typique,
10:13et cette sardinelle est de moins en moins fréquente au Sénégal.
10:16Les pêcheurs sénégalais ont de plus en plus de mal à la pêcher.
10:19On la retrouve en revanche de plus en plus près des côtes du Maroc,
10:24parce qu'elle a commencé à migrer vers le nord.
10:27On la retrouve moins aussi au Sénégal à cause de pêches illégales
10:31qui véritablement pillent les océans pour ses nombreuses ressources également.
10:37Le réchauffement des océans, de la mer en général,
10:41c'est également, on le sait, à l'origine d'événements climatiques extrêmes ?
10:46Oui, effectivement, plus les eaux sont chaudes, plus on va avoir des cyclones.
10:50Plus les eaux sont chaudes également, plus le niveau de la mer va augmenter.
10:54Vous savez que l'augmentation du niveau de la mer est liée à deux choses.
10:57Tout d'abord la fonte des glaces qui apporte une quantité d'eau supplémentaire dans l'océan.
11:02Et puis simplement le fait qu'elle se réchauffe, elle se dilate.
11:05Et donc ça compte à peu près moitié-moitié.
11:08Donc l'augmentation du niveau de la mer conjuguée à plus de tempêtes,
11:12ça fait plus d'inondations sur les côtes, plus de surcôtes et effectivement plus de catastrophes.
11:18Et avec la disparition aussi programmée de certains territoires,
11:21notamment certaines îles du Pacifique,
11:24certaines communautés sont d'autant plus déstabilisées.
11:28Disons que l'océan a un rôle central dans leur organisation.
11:33Oui, tout à fait. Je peux vous donner l'exemple des pêcheuses de coquillages au Sénégal,
11:39qui sont une communauté de femmes qui pêchent des coquillages depuis des milliers d'années,
11:44enfin un millier d'années, donc c'est vraiment ancré dans leur culture.
11:47Et ça leur offre une autonomie financière et un rôle social
11:52qu'elles sont en train de perdre parce qu'il y a de moins en moins de coquillages.
11:56Donc cette cueillette de coquillages tend à disparaître malheureusement.
12:00Est-ce qu'on peut faire machine arrière ? Est-ce que les choses sont réversibles ?
12:04Alors les choses... Le changement climatique n'est pas réversible.
12:08Ça c'est une chose qui est claire.
12:10Par contre, la surexploitation des ressources, ça ce sont des choses qui sont réversibles.
12:16On sait que la mise en place d'aires marines protégées fonctionne.
12:20Ça permet vraiment aux écosystèmes de se régénérer.
12:23Mais ça c'est vrai dans un climat constant.
12:26On ne sait pas encore ce qui va se passer au niveau des écosystèmes
12:30et de ces aires marines dans un climat variable.
12:33Mais néanmoins, on sait que c'est absolument nécessaire de les conserver
12:37parce que dans un climat variable et dans un climat plus chaud,
12:40les écosystèmes vont être bien plus fragilisés.
12:42Et donc c'est absolument nécessaire de garder et de renforcer au maximum
12:47la protection dans ces oasis de vie.
12:49Et parallèlement, évidemment, il faut aussi lutter contre la pollution,
12:52notamment des plastiques.
12:54On sait qu'il y a beaucoup d'initiatives, d'innovations technologiques aussi à ce sujet.
12:58Mais ça paraît peu par rapport à l'énormité du nettoyage qu'il faut entamer.
13:06Oui, tout à fait.
13:07Alors le nettoyage, c'est difficile à envisager
13:09parce que déjà on connaît mal la répartition du plastique dans l'océan.
13:13On connaît mal les apports de plastique par le...
13:16Donc les plastiques arrivent essentiellement par les rivières.
13:19Ils se déversent dans l'océan.
13:21Mais on n'arrive pas... Il y a des microplastiques, des macroplastiques.
13:25On ne sait pas très bien comment ils sont distribués.
13:27C'est comme ce que je vous disais.
13:29Il y a une grande quantité de plastique qui disparaît.
13:31On ne sait pas où ils sont.
13:33Et par contre, ce qu'on sait, c'est qu'ils sont porteurs de pathogènes
13:36qui sont mauvais pour la santé
13:39et qu'ils sont ingérés effectivement par les poissons qu'on va nous-mêmes ingérer.
13:44On en sait chaque jour un peu plus, Marina Lévy, sur les océans,
13:48de manière générale, grâce notamment à des scientifiques comme vous.
13:51Cette connaissance sans cesse plus approfondie nous oblige ?
13:57Oui, on nous oblige...
13:59Le fait qu'on connaît aussi les conséquences de l'activité humaine
14:02justement sur les océans ?
14:05Oui, on a une obligation d'agir, de trouver des solutions
14:09pour contrer ces effets néfastes.
14:12Ces solutions existent.
14:14La science est en train d'y réfléchir, d'essayer de les trouver.
14:18La première solution, on en a un petit peu parlé à demi-mot,
14:21c'est d'agir sur le climat.
14:23On sait à quel point gagner un demi-degré de réchauffement,
14:27ça permettra de sauver un nombre important d'espèces de la disparition.
14:32La deuxième solution, on en a également parlé,
14:35c'est de limiter au maximum les pollutions.
14:37On est un petit peu contraints de faire ça.
14:40Lutter contre la pêche illégale, ça fait partie des choses
14:43que nous devons faire.
14:46La façon de pêcher aussi est importante.
14:49Il y a une sélectivité dans les engins de pêche à mettre en place,
14:53certains qui sont plus dommageables aux écosystèmes que d'autres.
14:57Et puis, il y a ce qu'on appelle les solutions fondées sur la nature.
15:01Vous savez qu'on a dégradé presque 40% des écosystèmes littoraux,
15:06les mangroves, les marais salants, les herbiers marins,
15:10et que ces écosystèmes littoraux jouent un rôle important,
15:13d'abord parce qu'ils piègent du carbone,
15:15mais surtout parce qu'ils nous protègent des tempêtes,
15:17des surcôtes, des inondations.
15:19Une chose importante à faire, c'est d'essayer de restaurer au maximum
15:23ces écosystèmes qui peuvent nous protéger
15:25et qui sont également des endroits, des nurseries pour les poissons,
15:29qui sont également très importants pour la biodiversité.
15:33Et puis, comme je vous l'ai dit, on doit également mettre en place
15:38ces aires marines protégées le plus possible,
15:41en respectant les endroits qui sont...
15:45Tous les endroits de l'océan ne sont pas équivalents,
15:48donc il y a des endroits où ça sera beaucoup plus efficace que d'autres,
15:50et c'est important de suivre ça.
15:52Rapidement, pour conclure, en tant qu'océanologue,
15:55vous restez optimiste ?
15:57Ah, ça, c'est une question difficile.
16:00Je reste optimiste, oui, parce qu'il y a des solutions.
16:03Je pense que s'il n'y en avait pas, je ne serais pas optimiste.
16:06Merci beaucoup, Marina Levy, d'avoir répondu à nos questions ce soir
16:09au cœur de l'Info.
16:11C'est la fin de cet entretien à retrouver sur notre site Internet
16:14et nos réseaux sociaux.
16:15Restez avec nous sur France 24, prochain point complet
16:17sur l'actualité internationale dans quelques minutes.