Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 ans

Visitez notre site :
http://www.france24.com

Rejoignez nous sur Facebook
https://www.facebook.com/FRANCE24

Suivez nous sur Twitter
https://twitter.com/France24_fr#

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00L'actualité politique en France d'abord. A neuf jours du premier tour des législatives, le Nouveau Front Populaire a chiffré son programme 125 milliards d'euros sur la période 2024-2025.
00:13L'Alliance des Gauches propose d'abroger dès cet été la réforme des retraites, de taxer les superprofits, de rétablir l'impôt sur la fortune.
00:21Une lance du SMIC est également envisagée. Il serait porté à 1600 euros contre près de 1400 actuellement.
00:27Je vous propose d'écouter Alexandre Rousy, le sénateur PS membre de ce Nouveau Front Populaire. Il détaillait dans les grandes lignes les mesures phares.
00:36D'abord les deux abrogations. L'abrogation de la réforme des retraites et l'abrogation de la réforme de l'assurance chômage qui marque ce quinquennat du saut de l'injustice.
00:47Ensuite avec évidemment sur le pouvoir d'achat un engagement total du Nouveau Front Populaire avec l'augmentation du SMIC, Eva l'a dit, à hauteur de 1600 euros, une augmentation de 14%.
01:01Nous augmenterons les aides pour le logement de 10%. Le chiffrage de ces mesures c'est 25 milliards d'euros sur l'année 2024.
01:11Voilà donc pour cet extrait de la conférence de presse donnée tout à l'heure par le Nouveau Front Populaire.
01:15On accueille notre invité, c'est vous Jean Garrigue. Bonjour à vous, vous êtes historien spécialiste de la politique française.
01:20Merci de nous accorder quelques minutes sur France 24.
01:23Jean Garrigue, un mot d'abord de ce programme économique chiffré, je le rappelle, à 125 milliards et soutenu par des économistes de renom.
01:31C'est un gage de viabilité de ce programme ?
01:35Je suppose que vous m'avez posé une question.
01:39Est-ce que tout va bien ? La connexion est bien établie.
01:41Je disais, Jean Garrigue, ce programme du Nouveau Front Populaire estimé à 125 milliards d'euros pour la période 2024-2025
01:49est soutenu par des économistes de renom, Thomas Piketty ou Julia Cagès.
01:54Est-ce que ça c'est gage de viabilité de ce programme ?
01:58Écoutez, le programme commun de la gauche en 1981, le Sandy Proposition de François Mitterrand, s'appuyait sur la compétence, l'expertise d'innombrables économistes aussi à l'époque.
02:12Ça n'avait pas empêché qu'au bout d'un an et demi à peu près, on soit obligé d'y renoncer, faute de résultats.
02:19Le chômage avait beaucoup augmenté, l'inflation aussi.
02:23Les capitaux avaient fui et on s'était retrouvé dans une politique de rigueur que Jacques Delors, à l'époque, lui aussi grand économiste, avait validé et enterriné.
02:36Alors, je ne suis pas sûr que le fait d'avoir une pléiade d'économistes qui soutiennent ce projet soit une validation absolue.
02:47On peut imaginer que c'est plutôt un gage de crédibilité, mais vous avez tout autant d'économistes qui vont vous dire, et il y en a beaucoup me semble-t-il,
02:57que ce programme apparaît un tout petit peu utopique et en tout cas qu'il ferait beaucoup de mal à la croissance française, à l'investissement et au badland des Français.
03:09Donc voilà, moi je me contente d'observer les choses et en historien de dire que les solutions qui sont proposées,
03:19qui, comment dire ça, rappellent ce qu'étaient les solutions à la fois du Front populaire de 1936 mais aussi de 1981,
03:28les solutions-là, c'est ce qu'on appelle la relance par la consommation, mode de relance keynésienne, ces solutions-là n'ont pas toujours été couronnées de succès.
03:39Voilà en tout cas pour votre réaction au sujet de ce programme. Je voudrais aussi vous interroger sur cette lutte d'influence qui se joue au sein de cette nouvelle Alliance des Gauches,
03:48au sein de ce nouveau Front populaire. Est-ce que ça menace l'unité de ce Front qui a pu, je le rappelle, être mis sur pied en un temps record en quatre jours seulement ?
03:58Il est évident que cette unité a surpris beaucoup de gens dans la mesure où depuis six mois, voire même depuis 2022, les partenaires de la NUPES ne cessaient de se combattre,
04:12de s'invectiver et surtout de montrer que sur bien des points, ils n'étaient absolument pas d'accord, que ça soit sur l'Ukraine, sur Gaza, sur la politique énergétique, sur les retraites, etc.
04:23Donc on peut quand même se poser des questions sur la capacité de pérennisation de cette unité. Cette unité qui fonctionne aujourd'hui parce que la mythologie du Front populaire,
04:36le barrage au Rassemblement national mobilise de manière efficace chacun des camps et parce qu'il s'agit là de préserver l'influence parlementaire, c'est-à-dire des sièges de députés,
04:48pour les partenaires de cette coalition. Maintenant vous dire que c'est une coalition durable, ça voudrait dire qu'on considère que ces gauches-là sont les mêmes et là je pense que beaucoup de gens ont des doutes.
05:00Et quant à la majorité, Gabriel Attal mène campagne pour le camp présidentiel mais il semble tout de même mettre des distances avec le Président de la République.
05:07Édouard Philippe a clairement dit que c'était Macron qui a tué la majorité. Ce camp-là, lui, il est en train de se fissurer, voire même sur le point d'imploser ?
05:16Oui, il est en train de se fissurer mais de toute manière il correspond à des électeurs et finalement à des idées qui sont relativement les mêmes.
05:25C'est assez paradoxal parce que vous avez d'un côté un camp qui va se présenter unis aux élections, c'est le nouveau Front populaire, avec des gens qui ne partagent pas du tout les mêmes idées.
05:37Alors que le camp macroniste, sur l'essentiel, partage les mêmes idées mais aujourd'hui se divise tout simplement par rapport à ce qu'a été cette dissolution d'Emmanuel Macron,
05:49par rapport à la personnalité, à la manière d'exercer le pouvoir d'Emmanuel Macron parce qu'il a mis dans l'embarras tout son parti, tout son camp, son Premier ministre,
06:01Edouard Philippe qui était le candidat présumé à la succession. Vous voyez, il y a là quelque chose qui se cristallise autour du rôle d'Emmanuel Macron,
06:12un petit peu comme à gauche, autour du rôle de Jean-Luc Mélenchon.
06:16Est-ce que ça profite au Rassemblement national qui se stabilise et qui reste en tête selon les derniers sondages ?
06:22Ça ne peut que profiter au Rassemblement national parce que d'un côté, un sondage récent vient de montrer qu'une majorité de Français étaient plus inquiets
06:32par le programme du nouveau Front populaire que par celui du Rassemblement national.
06:38Et en plus, en se divisant, la majorité présidentielle donne évidemment des arguments au Rassemblement national qui dit
06:47« Mais regardez, voilà des gens qui ne sont même pas d'accord entre eux au pouvoir alors que nous, on ne nous a jamais essayé, on pourrait être une alternance. »
06:57Les intentions de vote, Jean Garrigue, 64% des sondés envisagent d'aller voter.
07:03Le nombre de procurations a explosé, il y a deux jours à plus de 700 000.
07:07Est-ce que ça, ça laisse présager une forte participation le 30 juin prochain pour le premier tour ?
07:13Et est-ce que c'est inédit pour des législatives ?
07:15Vous avez tout à fait raison et à n'en pas douter. Il va y avoir une surmobilisation.
07:20C'est l'effet bénéfique, il faut le reconnaître. Dès Emmanuel Macron, on peut lui reprocher suffisamment de choses.
07:26Mais cet appel au peuple, finalement, cette respiration démocratique qu'il a souhaitée, c'est un succès de ce côté-là.
07:33Il va y avoir une forte mobilisation. À qui va-t-elle profiter ?
07:37Ça, c'est encore très compliqué de le dire.
07:39Il semblerait que le Rassemblement national ait plus ou moins fait le plein au moment des élections européennes.
07:46On sait qu'une bonne partie des électeurs macronistes de 2022 et encore plus de 2017
07:52se sont abstenus au moment des élections européennes.
07:55Il y a de l'autre côté une très forte mobilisation de la gauche autour de cette idée du nouveau Front populaire.
08:03Donc, il y a incontestablement des choses qui vont bouger d'ici le jour de l'élection.
08:09Et la bonne nouvelle, ce sera que le choix qui sera fait, ça sera un choix qui émanera véritablement d'une majorité de Français.
08:18Merci beaucoup, Jean Garrigue. Merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions sur France 24.

Recommandations