00:00Je me trouve en Belgique. Depuis 2022, on assiste ici à une décriminalisation du travail du sexe.
00:05Désormais, les prostituées ont accès à des droits sociaux et pourront même signer des contrats de travail avec des employeurs.
00:10Un système unique en son genre.
00:11Mais cette maison derrière moi, qui paraît tout à fait normale, est en fait un salon de massage qui propose des services sexuels.
00:16Depuis des années, ces lieux étaient tolérés, mais pas légalement autorisés.
00:20Alors qu'est-ce que ça veut dire pour les personnes directement concernées ?
00:22C'est ce qu'on va voir dans Witness.
00:31Pour moi, ça ne sera jamais un travail comme un autre.
00:35Ça doit être un travail qui nous offre les mêmes droits qu'un autre.
00:40Les souhaits exprimés par la majorité des personnes prostituées par ailleurs, c'est des sortières de la prostitution.
00:45Et donc cette loi, le statut salarié, ne va répondre en aucune mesure à ces souhaits-là.
00:51À une heure à l'est de Bruxelles, on peut trouver des rendez-vous hôtels, des bars et d'autres établissements qui proposent des services sexuels.
00:58Je me rends dans un salon de massage tenu par un couple, Chris et Alexandra.
01:02En Belgique, proposer ou acheter des services sexuels est autorisé depuis longtemps,
01:06mais ce genre de lieu opérait jusqu'ici dans un flou juridique, avec des travailleuses du sexe au noir, ou employées comme coiffeuses ou masseuses.
01:12Alexandra, ancienne étudiante de l'université de Bruxelles, est une d'entre elles.
01:17Je pense que le tabou est plus brisé qu'il l'était il y a 30 ou 40 ans.
01:22Je suis 100% sûre de ça.
01:24La manière de travailler ne va pas changer.
01:27C'est bien que nous sachions comment ça se fait,
01:31mais je pense qu'il y a des choses qui ne sont pas les mêmes.
01:35Je pense qu'il y a des choses qui ne sont pas les mêmes.
01:38Je pense qu'il y a des choses qui ne sont pas les mêmes.
01:42C'est bien que nous sachions comment ça se fait,
01:48parce qu'il y avait toujours la question de savoir si nous faisions le bon boulot ou non.
02:12Nous n'avons absolument aucun problème avec ça.
02:14Tout est en ligne ici.
02:17Comme dans les lois qui sont en train d'arriver,
02:20les femmes doivent choisir qui les employer.
02:23C'est une question de droit.
02:26C'est une question de droit.
02:29C'est une question de droit.
02:32C'est une question de droit.
02:35C'est une question de droit.
02:38C'est une question de droit.
02:41C'est une question de droit.
02:44C'est une question de droit.
02:47C'est une question de droit.
02:50C'est une question de droit.
02:53C'est une question de droit.
02:56C'est une question de droit.
02:59C'est une question de droit.
03:02C'est une question de droit.
03:05C'est une question de droit.
03:35Pour moi, ce ne sera jamais un travail comme un autre.
03:38Ça doit être un travail qui nous offre les mêmes droits qu'un autre.
03:41Par contre, un travail comme un autre, bien sûr que non.
03:44Il ne faut pas oublier que notre boulot, ça reste du sexe.
03:47Non, ce n'est pas un boulot comme un autre.
03:50Quand j'ai lu ce que disaient les femmes,
03:53je me suis dit que c'était un boulot comme un autre.
03:56Je me suis dit que c'était un boulot comme un autre.
03:59Je me suis dit que c'était un boulot comme un autre.
04:02Quand j'ai lu ce que disait la nouvelle loi,
04:05j'ai pas eu l'impression qu'il y avait eu de changement.
04:08Parce que personnellement, j'ai eu une expérience assez privilégiée
04:11où j'avais le droit de refuser des clients,
04:14le droit de refuser des pratiques,
04:17le droit de mettre fin à un rapport sexuel en cours,
04:20le fait d'exercer de la manière dont je souhaitais exercer.
04:23Ma petite expérience dans les bars,
04:26j'en ai fait trois ou quatre,
04:29avait toujours été très positive.
04:32Mon premier regard a été à quoi va servir cette loi ?
04:35La pensée qui est venue derrière, c'est de me dire
04:38que si ça doit être légiféré, c'est qu'elle n'est pas appliquée partout.
04:41Visiblement, certaines sont contraintes
04:44d'accepter des clients qu'elles ne veulent pas accepter.
04:47Pour ces personnes-là, c'est super important
04:50que cette loi soit passée.
04:53Face au débat, Manon a un message à transmettre
04:56face à la prostitution, que ce soit les soutiens ou les opposants à la réforme.
04:59Il serait peut-être temps d'arrêter
05:02de se poser la question du choix.
05:05Est-ce que je l'ai choisi ? Est-ce que je ne l'ai pas choisi ?
05:08Est-ce que la vie m'a poussée ? Est-ce qu'il y avait une influence extérieure ?
05:11Les travailleurs du sexe ont tellement de profils différents
05:14qu'on ne peut pas répondre à cette question dans l'absolu.
05:17Le seul pont commun qui nous lie toutes et tous, c'est le droit.
05:20Que ce soit les abolitionnistes ou les alliés,
05:23il est peut-être temps de se pencher sur la question des droits
05:26et de nous aider à en gagner.
05:53C'est très inquiétant.
05:56Elle va favoriser les proxénètes,
05:59les trafiquants, les femmes qui ont un sexe.
06:02Cette loi, c'est un peu le même.
06:05Elle est un peu le même que la loi de l'hébergement.
06:08La loi n'a rien à voir avec la prostitution.
06:11Elle n'a rien à voir avec la prostitution.
06:14Elle n'a rien à voir avec les droits des femmes.
06:17C'est un peu la même chose que la loi de l'hébergement.
06:20Les proxénètes, les trafiquants qui existent déjà en Belgique et qui bénéficient déjà
06:27par ailleurs d'une énorme impunité, on n'entend qu'une chose depuis que ces lois
06:31ont été votées, c'est que la prostitution c'est normal, la prostitution c'est une
06:37industrie comme une autre, c'est un travail comme un autre, et bien il faut se demander
06:41quel effet ça va avoir sur l'ensemble de la société, sur tout l'ensemble des femmes
06:47de la société déjà, il y a une survivante de la prostitution qui dit qu'à partir du
06:51moment où la prostitution est normale, et bien toutes les femmes sont prostituables
06:55en fait, parce que les femmes constituent la marchandise dans le système de la prostitution,
07:00et puis après, évidemment, quel effet ça va avoir sur les plus jeunes générations,
07:06on sait que la prostitution des mineurs explose en Belgique, comme partout en Europe, on sait
07:11que la prostitution étudiante aussi est en train d'augmenter, et donc ces lois pour
07:17nous ça va avoir l'effet de renforcer cette augmentation en termes des personnes prostituées.
07:47Les lois de Karine sont en cours de développement.
07:49Elle est une entreprise très encadrée avec des caméras de surveillance, un poste de police intégré,
07:53des boutons d'alarme dans les chambres et un contrôle biométrique systématique de
07:55l'identité des locataires.
07:56Mais si son business s'est régulé depuis longtemps, la nouvelle loi lui permet de décriminaliser
08:02son activité, et pour Karine, l'encadrement du secteur reste la solution la plus réaliste.
08:17Le secteur du sexe, c'est un secteur qui est en train d'évoluer, et il y a beaucoup
08:23de choses qui sont en train d'arriver, par exemple, les mafiosos vont travailler là-dedans,
08:29et je pense que c'est une situation beaucoup pire pour les travailleurs sexuels.
08:34Maintenant, c'est ouvert, il y a la régulation, c'est vérifié, il y a beaucoup de contrôles,
08:41tout est contrôlé, donc je pense que c'est l'une des meilleures façons de travailler avec
08:46les sexuels.
08:47Mais ce qu'ils font à l'intérieur, ce n'est pas notre business.
08:50Nous vérifierons les régulations et tout, et avoir un contrat avec eux, les employer,
08:57pour moi, c'est trop dans leur espace personnel, parce que le sexe est quelque chose de très
09:03personnel, je pense, et je ne me sentirais pas à l'aise avec ça.
09:07Et l'autre raison aussi, c'est que je pense que les travailleurs sexuels ont un esprit
09:12libre, ils ont un esprit plus indépendant, et ils veulent décider quand ils travaillent,
09:17ils veulent aussi décider où ils vont, s'ils sentent que le business est mieux
09:21dans un autre pays, ils vivent et travaillent là-dedans.
09:23S'ils font beaucoup d'argent, ils prennent des vacances et ils s'amusent de leur argent,
09:27et puis quand l'argent est là, ils reviennent.
09:30Donc je pense que c'est difficile de mettre ça dans un contrat, ou de mettre ça dans
09:34un moyen de travailler, en bons termes.
09:42Selon les experts, il faudra attendre plusieurs années avant de pouvoir en estimer les effets
09:46sur les conditions de vie des travailleuses du sexe, comme sur la traite et le proxénétisme.
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