00:00Europe 1 Soir, 19h21, Jacques Serret.
00:04Et dans ce studio Yves Tréard du Figaro, Jules Torres du JDD.
00:09Messieurs, vous avez entendu cette interview, nous sommes à une semaine du premier tour
00:14et la campagne est percutée par cette actualité dramatique.
00:17Une enfant de 12 ans victime d'un viol samedi dernier à Courbevoie
00:21par trois adolescents âgés de 12 à 13 ans.
00:24Une agression antisémite et irresponsable politique
00:28est visée par les critiques dans ce contexte.
00:31Écoutez le président du CRIF, Yonatan Harfi.
00:33La France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon lui-même ont fait le choix depuis le 7 octobre
00:37de mettre la question de Gaza au cœur de toute leur prise de position politique,
00:41au cœur de leur campagne électorale, comme s'il s'agissait d'un thème de mobilisation français.
00:46Et bien c'est quelque chose qui se paie très concrètement
00:49parce qu'on a vu que ça a attisé l'haine dans notre pays,
00:52que ça a alimenté les raccourcis,
00:54qu'on a désigné les juifs comme des cibles légitimes, y compris en France,
00:59comme si les juifs étaient responsables de ce qui se pouvait passer à 4000 kilomètres d'ici.
01:03C'est quelque chose d'indécent et ils ont pourtant choisi de le faire
01:07par clientélisme et par vision communautariste de la société.
01:10Yves Tréhard du Figaro, est-ce qu'aujourd'hui l'alliance des gauches est affaiblie par Jean-Luc Mélenchon ?
01:16Si j'en crois les sondages, non. Je suis désolé de vous le dire,
01:19mais les sondages montrent qu'ils flirtent avec les 30% en intention de vote.
01:2327% chez vous, 28% ou 29% chez d'autres, notamment l'IFOP et également chez Odoxa.
01:34Je suis désolé, mais si c'était le cas, ils seraient beaucoup plus bas que cela.
01:39Il y en a un, en revanche, qui est visé, je vais vous dire, c'est le président de la République.
01:43Non pas pour l'antisémitisme qu'il pourrait proférer, il en est très très loin,
01:49mais pour la faiblesse de sa réponse régalienne et contre l'insécurité depuis qu'il est président de la République.
01:57Il est là le sujet, il est là malheureusement le sujet,
02:00parce que la campagne odieuse, ignoble, effectivement, que mène de façon subreptice M. Mélenchon,
02:10avec des relents qui sont des relents tout à fait détestables,
02:15certes, mais au-delà de l'antisémitisme, il y a la responsabilité du pouvoir exécutif sortant
02:22de ne pas avoir réussi à répondre.
02:25Et puis il y a une deuxième chose, si vous me permettez, sur l'antisémitisme.
02:29Il y a un truc que je vois là, c'est que quand vous voyez M. Klarsfeld,
02:33quand vous voyez M. Finkelkraut, qui aujourd'hui disent
02:38« Je pourrais voter en cas d'opposition de LFI, je pourrais voter Rennes »,
02:47vous dites que là, c'est le cas de beaucoup de juifs qui disent
02:51« mais on se sent plus protégé, donc on va à celui qui fait la promesse de protection la plus sérieuse ».
02:58Avant de vous donner la parole, Jules Torres, je voulais juste démontrer,
03:02montrer tous ces rassemblements qu'il y a partout en France à la suite de ce drame.
03:06Un exemple, à Toulouse, où 200 personnes se sont réunies dans le centre-ville aujourd'hui,
03:10écoutez le reportage de Charles Huelier.
03:12N'ayez pas peur de porter votre kippa, le message des organisateurs ici devant la foule et devant Pierre.
03:18Ce qu'il s'est passé à Courbevoie a une signification particulière pour ce père de famille.
03:23J'ai une petite fille qui a 7 ans à l'école.
03:25On lui a dit « je ne savais pas que tu étais juive, est-ce que quelqu'un a un couteau ? »
03:28Ça veut dire tout simplement « si j'ai un couteau, je t'égorge ».
03:30Depuis le 7 octobre, on a vu un complet basculement.
03:33Contexte incandescent ici.
03:34Conséquence, les représentants locaux de la France Insoumise n'ont pas été invités à ce rassemblement.
03:40Ils sont « persona non grata », explique Franck Touboul, président du CRIF de Toulouse.
03:45Jean-Luc Mélenchon nous a mis une cible sur le dos.
03:47Donc, ils ne peuvent pas venir pleurer sur l'agression de cette jeune fille,
03:51alors qu'à mes yeux, ils en portent une part de responsabilité.
03:54Cette ignominie, elle s'inscrit dans l'augmentation exponentielle des actes antisémites en France.
03:58Et je crains que, par contagion, cela continue.
04:01Le spectre d'une contagion qui, ici, même à 700 kilomètres de courbe-voie,
04:05fait peur dans cette ville qui abrite la cinquième plus grande communauté juive du pays.
04:10Toulouse, Charles Lhuillier, Europain.
04:12Jules Torres, du JDD.
04:13Vous l'entendez, la France Insoumise « persona non grata » dans ces rassemblements.
04:17Est-ce que ça égratigne le Parti Socialiste ou pas ?
04:21Bien sûr, parce que le Parti Socialiste a décidé de se compromettre.
04:24Mais ce que je trouve intéressant, c'est qu'elle n'est pas exclue depuis une journée,
04:28la France Insoumise, de ses manifestations, de ses mobilisations.
04:31La France Insoumise, elle s'est exclue elle-même le 12 novembre dernier.
04:35En allant pas à la manifestation pour la République et contre l'antisémitisme
04:39à l'initiative des présidents des deux chambres, Gérard Larcher et Yael Bournepivier.
04:43Pourquoi ils avaient refusé d'aller dans cette manifestation ?
04:46Parce qu'il y avait la présence du Rassemblement National.
04:48Et donc, elle a laissé infuser, dans les esprits faibles,
04:53qu'on pouvait aujourd'hui, en France, être antisémite.
04:56Et ça crée des conséquences dramatiques.
04:58Benjamin Haddad l'a rappelé, cette affaire de la jeune fille adolescente de 12 ans,
05:03elle n'est pas du tout anodine.
05:05Il faut, à mon avis, que l'enquête suive son cours.
05:08Mais je pense qu'il y a des conséquences qui sont terribles,
05:10parce qu'à 12 ans, normalement, on n'est pas antisémite.
05:14Et donc, ça veut dire qu'il y a des ressorts qui sont très profonds là-dedans,
05:17qui sont des ressorts de la banalisation de la violence,
05:19qui sont des ressorts de la pornographie,
05:21et qui sont évidemment des ressorts de l'antisémitisme.
05:24Jules Thorez, du JDD, Yves Thréard, du Figaro,
05:26on vous retrouve dans un instant.
05:27On marque une courte page de publicité,
05:29avant de parler de la majorité du camp présidentiel,
05:33où chacun commence un peu à se tirer dans les jambes.
05:35À tout de suite !
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