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  • il y a 2 ans

Aujourd'hui dans "Punchline", Anthony Favalli et ses invités débattent de la fusillade à Grenoble.
Retrouvez "Punchline" sur : http://www.europe1.fr/emissions/punchline

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Transcription
00:00Punchline sur Europe 1 et sur CNews avec Louis Dragnel, Eliott Maman, Noemi Alyoua et Gilles Miaeli pour décrypter toute l'actualité.
00:07Encore un règlement de compte dans l'agglomération de Grenoble. Cette guerre des gangs qui n'en finit plus.
00:12Au moins huit fusillades en à peine un mois, dix-sept depuis le début de l'année, du jamais vu selon le procureur de la République Eric Vaillant.
00:19Ce sont des fusillades tous les deux-trois jours, dit-il. Une explosion de violence liée bien sûr au trafic de stupéfiants.
00:26Dernier événement en date, le dernier événement s'est déroulé à Echirol la nuit dernière. Toutes les explications avec Solène Boulan.
00:35Dans la nuit de mercredi à jeudi, des coups de feu ont été entendus à venue des états généraux à Echirol, en banlieue de Grenoble.
00:42Un véhicule de police a croisé un autre véhicule quittant précipitamment les lieux.
00:47Le conducteur a alors abandonné le véhicule qui présentait des impacts de balles sur le pare-brise et la lunette arrière.
00:54Des traces de son ont été retrouvées à l'intérieur. Un blessé par balle a été conduit à l'hôpital.
00:59Depuis le début de l'année, deux kilogrammes de cocaïne et 12,5 kilogrammes de résine de cannabis ont été saisis sur le territoire grenoblois par la police.
01:08C'est complètement dérisoire sur ce qui rentre sur l'agglomération chaque mois. On parle en tonnes.
01:14La lutte contre la délinquance organisée, ça prend du temps.
01:17C'est une lutte qui se compose d'une première partie par les effectifs de police, qui quadrille le terrain, qui interpelle, qui renseigne,
01:26et par la suite, par l'investigation, ce qui amènera au final une réponse pénale.
01:31Outre des effectifs supplémentaires, les syndicats policiers du département demandent un changement de la législation sur les stupéfiants.
01:38Aujourd'hui, elle est trop lourde, elle est trop complexe, trop fastidieuse.
01:42Quand on parle de démanteler un réseau de stups, ça ne se parle pas en heures, ça ne se parle pas en lourdes, ça ne se parle ni en semaines d'ailleurs.
01:50Bien souvent, c'est en mois que ça se parle.
01:52Je ne sais pas si vous vous rendez compte, monopoliser des collègues sur des mois, avec le taf qu'il y a à faire à Grenoble, je pense qu'on peut seulement attendre des renforts.
02:00Au total, depuis le début de l'année, 72 personnes ont été interpellées sur le territoire grenoblois.
02:07Naomi Alioa, comment on met fin à cette spirale infernale ? On a des points de deal à Grenoble qui rapportent jusqu'à 35 000 euros par jour.
02:13Oui, bien sûr, peut-être déjà par des décisions politiques, par un peu de courage.
02:17Or, on sait que Grenoble, ça a bien été expliqué dans le sujet, c'est aujourd'hui l'une des villes les plus dangereuses de France,
02:24avec régulièrement des violences urbaines, des fusillades, des vols, des homicides.
02:29Et pourtant, on a un maire écologiste qui, lui, considère qu'aujourd'hui, l'urgence, c'est de légaliser le cannabis,
02:37c'est d'investir dans des cours dans lesquels on enseigne comment est-ce qu'il faut appréhender le genre au regard de notre époque.
02:46Il considère qu'il y a d'autres sujets plus importants, il ne met pas la sécurité au cœur de son action politique,
02:50et c'est peut-être par là qu'il faut déjà commencer pour combattre cette violence qui fait souffrir, encore une fois, souvent les plus défavorisés
02:58qui vivent dans ces quartiers, qui sont au cœur de la violence urbaine.
03:03Justement, c'est important ce que vous dites sur la responsabilité des maires, puisque la maire d'Échirol s'était exprimée en début de semaine
03:10sur les fusillades qui ont lieu dans l'agglomération de Grenoble.
03:14Une maire PCF, Parti communiste français, qui expliquait que la responsabilité, en tout cas de la sécurité,
03:19incombait d'abord à l'État avant d'incomber aux municipalités. Louis Dragnel.
03:24Oui, venant du Parti communiste, c'est assez peu surprenant d'un point de vue philosophique.
03:29C'est-à-dire que le Parti communiste attend énormément politiquement de l'État.
03:32Et ça, c'est intrinsèque à l'idéologie du Parti communiste.
03:37Mais après, une fois qu'on a dit ça, la réalité de la vie et des choses, c'est que les maires ont quand même des compétences,
03:42ont un budget, peuvent faire des choix politiques, installer ou pas des caméras de vidéoprotection,
03:46se doter d'une police municipale, l'armer ou non, recruter plus de policiers municipaux.
03:53Il y a un certain nombre de leviers dont disposent les maires.
03:55Mais moi, ce que je constate, je suis d'accord avec vous, avec une toute petite nuance par rapport à ce que vous disiez tout à l'heure,
04:00c'est que globalement, ce sont les grenoblois qui ont élu Éric Piolle, le maire de Grenoble.
04:05Et on se rend compte, en fait, que c'est tout le paradoxe parfois qu'on peut avoir
04:09quand on regarde un peu ces réalités politiques depuis Paris.
04:14Et je m'inclus dans cette réalité.
04:17C'est que, que ce soit à Nantes, que ce soit à Lyon, que ce soit à Grenoble,
04:20à chaque fois, ce sont des gens qui ont été élus démocratiquement par les habitants.
04:24Et donc, vous avez une ville, en fait, à chaque fois, qui est coupée en deux,
04:27avec des habitants qui n'en peuvent plus et d'autres.
04:30Souvent, c'est un électorat, pardon, très communautariste,
04:34qui ne voit absolument pas ce qui gêne dans les centres-villes,
04:37les questions de sécurité, les questions de délinquance,
04:40parce que globalement, il trouve satisfaction à travers d'autres leviers,
04:43le tissu associatif, les aides sociales.
04:47Et la difficulté, c'est que selon l'endroit, la population dont vous êtes issus,
04:52et c'est pour ça que moi, ce que je trouve dangereux,
04:55c'est qu'on assiste vraiment à une partition de la population,
04:57selon le milieu social, l'origine parfois même migratoire.
05:02Parfois, c'est très clinique.
05:04Parfois, il y a des quartiers où il y a ceux qui s'originèrent du Sénégal,
05:07les Marocains d'un côté, les Algériens de l'autre.
05:09Et bien, selon cette origine-là, vous êtes gênés ou pas par l'action politique du maire.
05:15Et c'est ça qui est le plus problématique,
05:17parce que ça veut dire qu'il n'y a plus de projet commun.
05:19Une solution qui a été proposée, en tout cas une action,
05:22qui est menée par le procureur de la République, Éric Vaillant,
05:25dont il a parlé dans le quotidien Le Parisien,
05:27aujourd'hui en France, cette semaine, pour déstabiliser les dealers.
05:30Et c'est une première en France, une collaboration
05:32avec la Caisse d'allocations familiales.
05:34L'argent gagné illégalement par les délinquants
05:36est directement réintroduit dans les revenus,
05:38permettant de calculer justement le montant de ces allocations perçues.
05:41Et il explique que grâce à ce dispositif,
05:44alors ça ne fait pas tout bien évidemment,
05:45mais que 55 trafiquants ont vu leur allocation diminuer ou supprimer.
05:49Est-ce que c'est une piste intéressante ou pas, Eliott Mamann ?
05:50Alors d'abord, une chose, souligner que le procureur de la République de Grenoble,
05:54M. Vaillant, est régulièrement victime d'attaques d'Éric Piolle,
05:56qui précisément lui reproche ses volontés parfois très affirmées
05:59sur la thématique sécuritaire.
06:01Donc il faut en effet aussi remettre en contexte les dimensions très politiques
06:05et parfois idéologiques qui peuvent entraver
06:07ce qui pourrait être une demande de sécurité exprimée par certains habitants.
06:11S'agissant de cette mesure-là, je suis très partagé,
06:14parce que je suis entièrement d'accord,
06:16il est important de frapper au portefeuille des trafiquants de drogue.
06:19Il faut absolument trouver une manière de retirer cette main financière exceptionnelle
06:26qu'est le trafic de drogue, mais dans le même temps,
06:28considérer que l'argent que ce trafic génère
06:31peut être pris en compte pour le calcul des impôts,
06:34c'est en un sens légitimer ce même trafic.
06:37Donc c'est pour ça que je serais presque plus favorable
06:39à une sanction en aval.
06:41C'est-à-dire qu'on sait que vous avez tel bénéfice
06:44et on va, du fait de ces bénéfices liés au trafic de drogue,
06:47vous octroyer une amende particulièrement onéreuse.
06:50En revanche, estimer que cela doit être pris en compte
06:53dans le calcul de l'imposition, je suis un peu partagé,
06:57vu qu'en un sens, cela revient à officialiser le trafic de drogue
07:00comme un moyen de revenu légitime.
07:02Donc c'est pour ça que je trouve que la décision s'exprime
07:06dans une intention qui est tout à fait louable.
07:08Je ne sais pas si c'est le mécanisme le plus adéquat,
07:10le plus approprié au vu de la situation.
07:13Noémie Allioua, le mot de la fin sur le sujet.
07:14En même temps, on peut considérer que les dealers n'auraient pas forcément...
07:17C'est pas une nécessité pour eux d'avoir la CAF.
07:20On peut considérer que la CAF peut être plus intéressante
07:24pour d'autres personnes.
07:26J'ai quelques mots, quelques secondes,
07:28peut-être pour réagir à ce que disait Louis de Ragnolch.
07:30Je trouve ça extrêmement intéressant,
07:31parce que c'est vrai qu'on voit qu'un certain nombre de villes
07:33qui sont gangrénées par l'insécurité
07:35votent pour la gauche, je pense à la ville de Sarcelles
07:41et l'agglomération qui a voté pour la France insoumise,
07:45et donc qui votent pour des partis
07:46qui ne mettent pas au cœur de leur politique
07:48la question de la sécurité.
07:50Et je pense que de plus en plus, finalement,
07:52le vote aujourd'hui est un vote qui est plus identitaire que social.
07:55On vote vraiment pour des questions de communauté, d'identité,
07:59pour des questions de symboles,
08:01plus que pour la question de savoir
08:03qu'est-ce que le politique qui va arriver dans ma vie,
08:06dans mon territoire, va pouvoir m'apporter
08:08sur les questions sociales et économiques.

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