00:00Les opposants à Vladimir Poutine vivant encore en Russie se voient contraints à la censure pour éviter d'encourir des peines de prison pour eux.
00:07Cette autocensure est le prix à payer pour maintenir l'ardeur d'une opposition fragile qui peine à se faire entendre.
00:13Récemment, un fossé s'est creusé entre les opposants en exil et ceux toujours sur le territoire russe.
00:19Boris Nadezhdin, qui a tenté de se présenter aux élections avec un projet contre le régime, souligne qu'il n'a pas d'animosité envers ceux qui se trouvent à l'étranger,
00:28mais reconnaît leur différence d'opinion.
00:30Si vous êtes en Russie et que votre famille y est également, il est difficile d'avoir une vision positive des attaques ciblant le territoire russe.
00:37Observe-t-il, en parallèle, il constate qu'après un certain temps passé en Europe,
00:42certains opposants semblent plus devenus des acteurs politiques européens que russes.
00:46L'influence de Haig, vice-président du parti libéral Yabloko, est classée comme un agent de l'étranger,
00:51ce qui l'empêche de se présenter aux élections, bien qu'il soit menacé de poursuites et que la situation soit délicate.
00:57Il reste convaincu que l'engagement politique doit se faire en interagissant directement avec la population.
01:03Il regrette que certains exilés donnent l'impression que la lutte politique ne peut s'exercer qu'en dehors de la Russie, ce qu'ils jugent manifestement faux.
01:11Les opposants qui choisissent de continuer le combat en restant en Russie savent qu'ils prennent des risques importants.
01:17Ils doivent opérer avec prudence et se censurer afin d'éliter les prisons.
01:21Selon Boris Nadezhdin, peu de gens soutenaient Alexei Navalny, même à son apogée.
01:26Il est essentiel de ne pas trop surestimer l'influence des sectes qui sont partis même de ceux qui persistent sur place.
01:33Il estime qu'environ 15 à 20% des Russes sont en désaccord avec les politiques de Poutine.
01:38Une proportion significative pour un régime autoritaire mais qui reste minoritaire malgré les entraves qu'ils subissent.
01:45Les opposants en Russie estiment que les déclarations provenant de l'exil ne parviennent plus à toucher les citoyens à l'intérieur.
01:52Cette pensée était également partagée par Alexei Navalny qui, après son empoisonnement en 2020,
01:58avait pris la décision de retourner en Russie conscient des risques d'emprisonnement.
02:02Dans le but de poser sur l'avenir de son pays.