- il y a 2 ans
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00:00Et bienvenue dans les informer, l'émission directe jusqu'à 9h30 avec Renaud Delis.
00:11Bonjour Renaud.
00:12Bonjour Salia.
00:13Et bonjour à nos informés du jour.
00:14Jean-Jérôme Bertollus, éditorialiste politique à France Info Télé.
00:16Bonjour Salia.
00:17Bonjour Jean-Jérôme.
00:18Et à vos côtés, une petite nouvelle, Stéphanie Depierre, bienvenue journaliste politique
00:21à LCP.
00:22Bonjour.
00:23Le gouvernement peut-il suspendre la réforme des retraites ? C'est la question qui se
00:26pose à la veille du discours de politique générale du Premier ministre.
00:29Oui, oui, la déclaration de politique générale de François Bayrou devant l'Assemblée nationale,
00:32c'est pour demain et à la veille de cette échéance capitale, vous le disiez, le Premier
00:35ministre qui cherche toujours à essayer d'échapper à la censure, puisqu'on sait d'ores et déjà
00:39que les Insoumis déposeront une motion de censure qui devrait être débattue 48 heures
00:43plus tard.
00:44Pour essayer d'échapper à cette censure, François Bayrou, depuis déjà plusieurs jours,
00:48négocie, discute, dialogue avec la gauche hors LFI, les écologistes, les communistes
00:53et plus particulièrement les socialistes, lesquels attendent, espèrent un geste significatif
00:58sur la réforme des retraites et même carrément une suspension de toute ou partie de cette
01:02réforme, en tout cas une suspension de ce qui concerne le report de l'âge légal qui
01:06doit progressivement évoluer jusqu'à 64 ans à l'horizon 2027.
01:09Quelle serait la réaction d'autres qui, eux, sont partenaires officiellement de François
01:15Bayrou et même membres du gouvernement actuellement ? Je parle de la droite, quelle serait la réaction
01:19de la droite si jamais François Bayrou décida d'une suspension de cet âge légal lors de
01:25son discours de politique générale demain ?
01:27Voici ce qu'en disait ce matin sur l'antenne de France Info Philippe Gosselin qui est député
01:32droite républicaine de la Manche.
01:34C'est un élément qui nous amènera à nous poser la question effectivement du maintien
01:39ou pas d'une participation au gouvernement.
01:42Il n'est pas question bien évidemment de censurer le premier ministre et le gouvernement.
01:46On ne va pas jouer à ce jeu-là, mais cette réforme apparaît peut-être comme insuffisante.
01:52Ce n'est pas pour la remettre en cause dans ses éléments fondamentaux.
01:56Alors, est-ce qu'en cas de suspension, les ministres LR quitteraient le gouvernement
02:00sans pour autant censurer le gouvernement ? On l'a entendu, c'est la menace qui a été
02:04agitée par la droite.
02:06Laurent Wauquiez a évoqué hier une décision qui serait irresponsable d'ailleurs de suspendre
02:10cette réforme.
02:11Cette réforme d'ailleurs que la droite n'a pas votée à l'époque, il y a 18 mois la droite
02:15s'était refusée à s'engager à voter ce texte qui avait conduit Élisabeth Borne à
02:19déclencher le 49-3.
02:20Ce n'est pas un peu bizarre d'en faire un argument aujourd'hui alors qu'il ne se prononçait
02:25pas pour cette réforme des retraites.
02:28C'est un peu étrange, non seulement tout ce groupe ne se prononçait pas pour cette
02:32réforme des retraites, mais le groupe s'était complètement déchiré sur ce sujet-là parce
02:35que souvenez-vous il y a des députés de LR qui avaient fini par voter la motion de censure
02:40contre Élisabeth Borne.
02:41Donc c'est vrai que c'est un peu baroque de les voir comme ça et quant à l'idée qu'ils
02:45quittent le gouvernement sur ces sujets-là, moi je n'y crois pas une seconde.
02:49Ils étaient avec le gouvernement Barnier revenus en grâce, les Républicains, c'était
02:53un peu Noël.
02:54Là, ils ont un peu perdu du poids, mais ils ont quand même des ministres de poids.
02:57Il y a Bruno Retailleau qui est ministre de l'Intérieur, il y a Annie Genevard qui
02:59est ministre de l'Agriculture.
03:00À mon avis, s'il y a des divergences d'analyse et s'il y a un clash, ce ne sera pas sur
03:06le budget.
03:07Je pense qu'ils n'iront pas jusque-là, mais peut-être plutôt sur des sujets régaliens
03:09ensuite.
03:10Ceux qui ont un rôle déterminant aujourd'hui, ce sont les socialistes, les écologistes
03:12et aussi le Parti communiste qui sont en négociation permanente avec le ministre de l'Économie
03:17pour faire suspendre cette réforme.
03:21Ce rôle déterminant du Parti socialiste qui mène les négociations, c'est tout nouveau.
03:25Jean-Jérôme ?
03:26C'est effectivement clairement tout nouveau.
03:29C'est à la fois, on va dire, un retour au premier plan du Parti socialiste sur la scène
03:34politique, une espèce de retour en grâce aussi d'Olivier Faure, qui a été un petit
03:40peu en dessous du niveau de la mer depuis 2017.
03:42Il y a eu beaucoup de mal quand même à à la fois tenir ses troupes et ramener le Parti
03:48socialiste à un étiage au niveau, par exemple, du groupe parlementaire, un étiage qui compte
03:53un peu avec 66 députés.
03:55D'ailleurs, c'est très intéressant quand on dit qu'il y a effectivement une offensive
03:59de la droite très claire depuis hier entre Bruno Retailleau, Gérard Larcher.
04:03D'ailleurs, le Premier ministre va à la fois rencontrer aujourd'hui Olivier Faure,
04:08mais en fin de journée, il va rencontrer aussi Gérard Larcher et Yael Brown-Pivet,
04:12la présidente de l'Assemblée nationale.
04:14Mais on voit bien qu'à travers cette offensive de la droite, à chaque fois, la gauche dit
04:19mais nous, combien on pèse face aux 47 députés de la droite, on pèse 120 députés.
04:24Alors juste une petite nuance, l'EPS a un rôle décisif, mais les verts ont aussi un
04:29rôle décisif.
04:30Et hier, Marine Tendelier a été quand même extrêmement véhémente.
04:35Oui, il y a des petits pas, mais il faut 7 milliards, mais il faut quand même la réforme
04:39des retraites.
04:40J'ai l'impression que ce qu'elle voulait d'abord, c'était voter la censure.
04:45Bon, après, elle a essayé de suivre le mouvement, c'est compliqué.
04:47Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, chacun des partis politiques a un rôle central.
04:52On vient de le dire, moi je suis un peu plus nuancé que vous sur le fait que LR ne pourrait
04:56pas mettre sa menace à exécution.
04:58Certes, Bruno Retailleau est très content d'être au gouvernement, certes, il est propulsé
05:03dans les sondages.
05:04Mais avec quels arguments aussi, Jean-Jérôme ? Parce que quand on dit dès le départ,
05:07de toute manière, on ne votera pas la censure, pardon, mais ils ne font pas peur.
05:10Oui, non mais je veux dire, on peut effectivement, moi ça me semble la menace d'aujourd'hui,
05:15parce que c'est ce matin, effectivement, il y avait M. Gosselin sur France Info, il
05:19y avait Mme Pécresse sur Inter, tous répètent la même chose, quittons le gouvernement.
05:24Ça serait difficile, effectivement, aux 7 ministres LR de rester après un tel camouflet
05:33pour la droite.
05:34Donc vraiment, François Bayrou, qui, Simone Veil le rappelait, dit avoir été touché
05:39par la grâce de Dieu, le doigt de Dieu, pour réussir en politique, et bien là, effectivement,
05:45il va devoir emprunter un chemin compliqué.
05:48Je crois que dans la configuration actuelle de l'Assemblée où il n'y a pas de majorité,
05:51il y a un élément essentiel dont il faut tenir compte si on veut peser sur les négociations.
05:56C'est ce qu'avait fait Marine Le Pen avec Michel Barnier et c'est ce que font aujourd'hui
06:00les socialistes et Olivier Faure avec François Bayrou.
06:02Il faut évidemment entretenir le suspens sur son attitude au moment du vote d'une
06:06motion de censure.
06:07Là, les socialistes l'ont très bien compris.
06:08Marine Le Pen l'a très bien fait pendant plusieurs jours, elle a fait chanter en quelque
06:12sorte Michel Barnier avant de le faire chuter.
06:14D'ailleurs, ça souligne, me semble-t-il, par contraste, l'erreur qu'elle a commise
06:17à ce moment-là.
06:18Aujourd'hui, les socialistes, effectivement, cherchent un moyen de ne pas censurer François
06:21Bayrou, pour être clair, et peut-être aussi les écologistes et les communistes, et c'est
06:25une façon, effectivement, de montrer à la fois à leurs électeurs qui peuvent obtenir
06:28des choses, s'ils obtiennent quelque chose, bien sûr.
06:30Tout ça est évidemment suspendu, c'est le cas de le dire, à la décision du gouvernement.
06:35Et le problème de la droite, c'est qu'elle a effectivement un pistolet à bouchon dès
06:39lors qu'elle dit, au départ, de toute façon, on ne censurera pas.
06:42Quant à la participation au gouvernement, elle peut effectivement être mise en cause,
06:46ça serait probablement assez délicat de la part de LR de convaincre l'ensemble de ses
06:50ministres de quitter le gouvernement, à commencer par Bruno Retailleau avec le rôle éminent
06:54qu'il a au ministère de l'Intérieur, c'est même probablement un nouveau risque de division
06:59interne à LR, à la droite, c'est une coutume depuis déjà quelques années, d'introduire
07:04ce sujet-là.
07:05Peut-être, on le verra.
07:06Mais de toute façon, l'essentiel pour François Bayron, on l'a bien compris, c'est d'essayer
07:10de surmonter l'obstacle d'une censure éventuelle, ce qui explique en tout cas cet état d'esprit
07:15d'ouverture à l'endroit de la gauche et des socialistes en particulier.
07:18Évidemment, l'enjeu principal derrière, une fois cet obstacle politique peut-être
07:22surmonté, ça va être les conséquences financières et économiques d'une éventuelle
07:26mesure de suspension de toute ou partie de la réforme des retraites et en particulier
07:30de la GELEGA.
07:31Justement, sur les conséquences d'une suspension de la réforme des retraites, effectivement,
07:34la droite dit, et Laurent Wauquiez en particulier, ce serait sauter dans le vide sans parachute.
07:39Réellement, ça ressemblerait à ça ?
07:41D'un mot très vite, en fait, il y a deux menaces, et suivant qu'on est à droite ou
07:46à gauche, on n'évalue pas le poids de ces menaces de manière identique.
07:52Pour la droite, la suspension des réformes des retraites, la conséquence, c'est un chaos
07:57financier.
07:58C'est une crise.
07:59Philippe Dessertines, qui est un économiste, dans l'opinion, décrit vraiment un paysage
08:05apocalyptique où même le gouvernement pourrait suspendre l'épargne des Français pour faire
08:10face à une envolée de la dette.
08:11A gauche, bien sûr, et sans doute à Matignon, la réflexion est différente.
08:19C'est simplement de se dire, s'il y a une censure, il n'y a pas de budget.
08:23Et donc là, ça sera une vraie crise, et une crise politique doublée d'une crise financière.
08:28Donc oui, il y a quand même, aujourd'hui, même au sein de la majorité, majorité avec
08:34laquelle François Bayrou discute toujours, c'est vraiment une nouvelle méthode, il discute
08:39vraiment avec tout le monde de façon très dente, même au sein de la majorité, certains
08:43se disent, oui, effectivement, une suspension vaut bien une non-censure.
08:49Voilà, c'est l'arbitrage que va devoir faire François Bayrou demain lors de son discours
08:53de politique générale.
08:549h15, on fait une pause et on continue la discussion juste après le Fil-info de Maureen Swiniard.
08:58Un incendie dans le Pas-de-Calais a fait trois morts la nuit dernière à Vingles, au nord
09:03de Lens.
09:04Deux garçons de 11 et 12 ans ont tout de même pu être pris en charge par les secours.
09:09Quel avenir pour la réforme des retraites ? Le parti socialiste demande la suspension
09:12du texte et agite toujours la menace de la censure.
09:15De son côté, Laurent Wauquiez, le chef de file des députés Les Républicains, estime
09:19que suspendre le texte sans financement serait irresponsable.
09:24François Bayrou donnera sa position lors de son discours de politique générale.
09:27Ce sera à l'Assemblée demain.
09:29La CGT craint la suppression de 600 à 700 emplois.
09:32Le syndicat appelle les marins de Marseille à la grève contre une concurrence étrangère
09:36qu'ils jugent déloyale.
09:37Elle s'annonce très suivie, cette grève, chez les deux compagnies françaises, Corsica,
09:42l'Inea et la Méridionale.
09:44Aucun bateau ne fera la liaison entre Marseille, la Corse et le Maghreb, et cela jusqu'à mercredi.
09:49Et puis, Volodymyr Zelensky propose un échange de prisonniers.
09:52Le président ukrainien se dit prêt à remettre des soldats nord-coréens qui ont combattu
09:56en Ukraine contre des prisonniers ukrainiens qui se trouvaient en Russie.
10:00Deux soldats nord-coréens ont été capturés ce week-end dans la région de Koursk.
10:13Et les informés continuent avec Renaud Delis, avec Jean-Jérôme Berthelus aussi éditorialiste
10:19politique à France Info Télé et Stéphanie Depierre, journaliste politique à LCP.
10:23On se disait que, avant le Fil Info, François Bayrou allait devoir trancher demain, céder
10:28à la suspension de la réforme des retraites pour sauver son gouvernement, échapper à
10:31une motion de censure.
10:32Cette décision-là, il ne peut pas la prendre sans l'accord du président de la République,
10:37Emmanuel Macron, qui lui, tient à cette réforme des retraites.
10:39Oui, il tient à cette réforme des retraites, mais son entourage, ce week-end, n'a cessé
10:43de dire que c'était François Bayrou qui décidait, etc.
10:46Donc, on sent qu'il y a un peu une porte ouverte.
10:48Et puis, Emmanuel Macron sait aussi que, si François Bayrou échoue, le fusible suivant...
10:53On dit souvent que le Premier ministre, c'est le fusible.
10:54Mais là, si le fusible échoue, c'est Emmanuel Macron qui sera dans le viseur.
10:58On a beaucoup vu ces derniers mois le Rassemblement national et la France insoumise, surtout,
11:03dire qu'il fallait qu'Emmanuel Macron démissionne, etc., qu'il ne pourrait pas finir son quinquennat.
11:08Donc, si François Bayrou échoue, c'est lui qui sera dans le viseur.
11:11Alors, peut-être a-t-il intérêt, quand même, à donner un peu de l'Est à son Premier ministre.
11:15Renaud, sur les conséquences d'une suspension de la réforme des retraites,
11:19est-ce qu'il faut s'attendre à l'apocalypse, comme le dit la droite ?
11:22En tout cas, pour ce qu'il dit Emmanuel Macron, ce qui se dit du côté de l'Elysée,
11:25c'est que ce n'est finalement pas un marqueur identitaire, on peut le dire,
11:28du macronisme et du chef de l'État.
11:30Et d'ailleurs, on rappelle que, dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle,
11:34entre les deux tours de la présidentielle, Emmanuel Macron avait déjà reculé de 65 à 64 ans.
11:38Avant le premier tour, sa campagne, sa promesse, c'était 65 ans, le report de l'âge légal.
11:42Et puis finalement, au détour d'un déplacement de campagne houleux
11:45entre les deux tours de la présidentielle, il avait dit, finalement, 64.
11:48Donc là, finalement, si c'était 62 et demi, puisqu'on en est aujourd'hui à 62 et 62 ans et demi,
11:53avec le recul progressif des trimestres, ça pourrait peut-être convenir à un certain temps.
11:57Rappelons qu'il y a évidemment l'objectif de rouvrir des négociations,
12:00de remettre les partenaires sociaux dans la boucle.
12:01Ce qui est intéressant, je trouve, dans le moment qu'on vit,
12:03c'est qu'effectivement, il y a une situation politique extrêmement instable,
12:07on le voit depuis la dissolution, et on le voit sur le plan économique, financier,
12:12mais aussi international.
12:13On est à quelques jours, rappelons-le, du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche,
12:16avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer.
12:19On est dans un moment où chaque partie politique et chaque partie prenante
12:23invoque un esprit de responsabilité,
12:25et lui-même n'est pas forcément à la hauteur de cet esprit de responsabilité.
12:28Alors, si les socialistes, aujourd'hui, sont rentrés dans un processus de négociation,
12:31c'est justement au nom de ce sens des responsabilités,
12:34par rapport notamment aux insoumis qui, eux, veulent tout conflictualiser
12:36jusqu'à attiser une forme de chaos politique dans le pays
12:39et réclamer la destitution du Président ou sa démission.
12:42Si LR, aujourd'hui, et Laurent Wauquiez, se dressent contre une éventuelle suspension,
12:47c'est au nom de cet esprit de responsabilité, évidemment,
12:49parce que les conséquences financières, à les en croire,
12:51seraient absolument terribles et immédiates.
12:54Et il faut se souvenir qu'à l'époque, si jamais, il y a 18 mois,
12:58ce n'est pas vieux 18 mois, ce n'est pas l'après-histoire,
12:59Elisabeth Borne et les macronistes suppliaient LR de s'engager à voter cette réforme,
13:04c'était au nom du même esprit de responsabilité.
13:07Dont la droite n'a pas fait preuve à l'époque,
13:08et c'est justement parce que la majorité de l'époque
13:11n'avait pas la certitude que la réforme passe,
13:13que finalement, Elisabeth Borne s'était convaincue de déclencher le 49-3.
13:17Donc je trouve qu'au regard des enjeux de la période,
13:20c'est vrai qu'on mesure depuis la dissolution,
13:23qui elle-même n'était pas une décision peut-être très responsable,
13:26d'ailleurs le chef de l'État lui-même a un peu esquissé
13:28une forme de mea culpa le 31 décembre.
13:30Moi, ce qu'on peut dire, c'est qu'effectivement,
13:31ça n'a pas semé une grande clarification.
13:33Il y a une espèce de concours d'irresponsables.
13:35Est-ce que finalement de tout cela émergera
13:36une forme de compromis entre gens responsables ?
13:38C'est à voir.
13:39Ce qu'il faut dire quand même, c'est qu'il y a du risque.
13:41Il y a du risque du côté de la gauche,
13:42quand le parti socialiste et ses écolos
13:43décident de négocier avec le gouvernement.
13:45Si à la fin, ils n'ont rien,
13:47ils vont donner raison à la France insoumise,
13:49qui dit depuis le départ,
13:50ça ne sert à rien de négocier avec eux.
13:52Oui, pire que ça même.
13:53La France insoumise qui passe son temps
13:55à insulter quotidiennement les responsables de la gauche,
14:00les accusants de servitude,
14:01les accusants seulement de négocier
14:03le poids de leur chaîne.
14:05Ça, c'est pour Manuel Bompard
14:06à l'égard effectivement des socialistes.
14:09Donc oui, en fait, ce qui est intéressant,
14:11oui, tout le monde a un pied
14:13en irresponsabilité, en responsabilité.
14:15Et puis tout le monde a un pied,
14:16on va dire, dans une recomposition politique drastique.
14:20Évidemment, on l'a suffisamment dit,
14:23si le pari est réussi du côté d'Olivier Faure,
14:26mais aussi des écolos et des communistes,
14:28dans ce cas-là, le nouveau Front populaire,
14:30ce sera cette gauche.
14:32Cette gauche prête au compromis,
14:34et plus la France insoumise.
14:36Effectivement, s'il y a suspension de la réforme
14:39et que, eh bien, Laurent Wauquiez bataille,
14:43il peut y avoir un éclatement de LR,
14:45parce que clairement,
14:46on voit bien la compétition extrême
14:48entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez.
14:51Mais au sein même de la majorité,
14:53il y a ceux comme Gérard Darmanin,
14:55Thomas Cazenave, l'ancien ministre des Comptes publics,
14:58qui disent pas touche à la réforme des retraites.
15:01Et puis, il y a toute une autre partie,
15:02effectivement, et non des moindres,
15:04qui disent, oui, il faut recomposer
15:06pour arriver à une non-censure.
15:09Donc, on voit bien que là,
15:10c'est un moment historique,
15:13un petit peu, du point de vue politique,
15:15pour recomposer cette assemblée décomposée.
15:19Pour ça, il faudra attendre le discours
15:21de politique générale du Premier ministre,
15:24qui aura lieu demain après-midi.
15:25On sera tous attentifs
15:27à ce qu'il va ressortir.
15:29Un autre sujet aujourd'hui,
15:30le narcotrafic, qui est devenu une priorité
15:33pour le ministère de l'Intérieur, Renaud.
15:34Et oui, pour le ministre de l'Intérieur,
15:35Bruno Retailleau, qui se rend en déplacement
15:37aujourd'hui au Havre,
15:38sur ce dossier, justement,
15:39de la lutte contre le narcotrafic.
15:41C'est aussi une priorité, d'ailleurs,
15:42pour son collègue de la Place Vendôme,
15:44le garde des Sceaux, Gérald Darmanin.
15:45Le Tandem avance main dans la main
15:48sur ce dossier qui est au sommet de la pile
15:51des priorités gouvernementales.
15:52Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin,
15:53qui a d'ailleurs annoncé hier
15:55qu'il souhaite que les 100 plus gros
15:57narcotrafiquants soient isolés
15:59dans une prison de haute sécurité,
16:01et ceci dès l'été, d'ici l'été prochain.
16:04Alors, dans quel but ?
16:05Est-ce que cette mesure rassemblée
16:08dans la même prison,
16:09dans le même établissement pénitentiaire,
16:11les plus gros narcotrafiquants
16:12seraient efficaces pour lutter,
16:14justement, contre ces trafics
16:15qui perdurent souvent
16:16alors que ces individus sont emprisonnés ?
16:19Voici ce qu'en disait ce matin
16:20sur l'antenne de France Info,
16:21Fabrice Rizoli.
16:22Fabrice Rizoli est spécialiste
16:23du crime organisé et cofondateur
16:25de l'association Crime Alt.
16:27Si l'idée est de créer
16:28des endroits particuliers
16:30ou des détenus particulièrement dangereux
16:33dans leur capacité à transmettre
16:35des ordres sur le territoire,
16:36d'ailleurs, c'est des ordres d'assassinat,
16:38c'est des ordres pour continuer le trafic,
16:39ou c'est des ordres pour blanchir
16:41dans l'économie légale.
16:42Là, je dis oui,
16:44parce que c'est quelque chose,
16:45par exemple, qui existe en Italie.
16:46De la même manière qu'il faudra
16:48créer des endroits particuliers
16:50pour nos coopérateurs de justice,
16:52parce qu'eux doivent être protégés
16:54et ne doivent pas être menacés,
16:56y compris par une petite main
16:57qui peut être payée
16:58par le fameux caïd
16:59qui, lui, fait encore ce qu'il veut
17:00avec son téléphone portable.
17:02Alors, protéger aussi
17:03les coopérateurs de justice,
17:04c'est-à-dire les repentis
17:06ou les ex-complices,
17:07en tout cas ceux qui ont
17:07des informations à communiquer,
17:09et puis, effectivement,
17:10isoler les plus gros narco-trophiquants
17:12pour les empêcher de continuer
17:14à sévir depuis même
17:15leur lieu de détention.
17:16Et puis, il y a une autre proposition
17:17qui se fait jour,
17:18qui est, effectivement, envisagée,
17:20c'est la création d'un parquet national
17:22qui prenne en charge le traitement
17:24de cette grande criminalité,
17:25ce qui était, d'ailleurs,
17:26aussi une revendication
17:29de Reniets, procureur général
17:30près de la Cour de cassation
17:31qui s'était exprimé sur France Info
17:32il y a quelques jours.
17:33Est-ce que le gouvernement
17:35va mettre les moyens ?
17:37Est-ce que l'État sera à la hauteur
17:38de cet enjeu ?
17:39Et puis, pourquoi est-ce qu'aujourd'hui,
17:41le gouvernement dans son ensemble,
17:42Bruno Retailleau, Place Beauvau,
17:44Gérald Darmanin, Place Vendôme,
17:46mettent l'accent à ce point
17:48sur ce dossier ?
17:48Stéphanie Lepierre ?
17:49Déjà parce que Bruno Retailleau
17:51fait du retour à l'ordre
17:53un des marqueurs de sa place
17:56au ministère de l'Intérieur.
17:57Et puis, parce qu'on l'a vu
17:59ces derniers mois, à l'automne,
18:00il y a eu de multiples règlements
18:01de comptes qui ont marqué les Français.
18:03On voit aussi que le trafic de drogue,
18:05ce n'est plus les grandes agglomérations,
18:07les villes, mais c'est aussi parfois
18:08des petites villes, des petits villages.
18:10Et ça, ça choque la population.
18:12Et du coup, Bruno Retailleau
18:13veut en faire un marqueur.
18:14Et c'est pour ça qu'il avait,
18:15on le rappelle, lancé,
18:17comme Renaud Delis l'expliquait,
18:20un plan contre le narcotrafic
18:21au mois de novembre qui,
18:22avec la chute du gouvernement,
18:23n'a pas pu être mis en œuvre.
18:25Il veut reprendre une proposition de loi
18:27faite par les sénateurs.
18:28Et il estime que c'est une des priorités
18:31avec l'immigration de sa place à Beauvau.
18:33Gérald Darmanin en rajoute aussi
18:35sur la question du narcotrafic.
18:36Oui, tout le monde en rajoute un peu
18:38parce que la classe politique
18:40a mis beaucoup de temps,
18:41sans doute trop de temps,
18:42pour prendre conscience du fléau
18:44du narcotrafic.
18:46Au cours des dix dernières années,
18:48les narcotrafiquants ont pu
18:50faire prospérer leur patrimoine,
18:52leur richesse, acheter des élus,
18:54acheter des fonctionnaires.
18:55C'est tout à fait nouveau en France,
18:57y compris des fonctionnaires
18:58des douanes dans les ports.
19:00Et c'est pour ça notamment
19:01qu'il y a cette rencontre au Havre.
19:04Donc c'est sans doute
19:05une salutaire prise de conscience.
19:06En tout cas, c'est ce que disent
19:07les spécialistes.
19:08On n'a trop attendu en France.
19:09C'est un rapport sénatorial
19:10qui expliquait la route
19:12vers la mexicanisation de la France
19:15en termes de narcotrafic.
19:16Voilà.
19:18Et deuxièmement, au Havre,
19:20aujourd'hui, on va avoir
19:22à la mairie, lors du déjeuner,
19:24l'homme politique préféré des Français,
19:26Édouard Philippe,
19:27et le ministre préféré des Français,
19:29Bruno Retailleau.
19:30Donc on voit bien qu'il y a
19:32une espèce de...
19:32Il y a de la politique, quoi.
19:33Voilà. Il y a un petit côté politique.
19:35Et puis, comme on le disait,
19:38je ne sais pas, responsable ou irresponsable,
19:39en tout cas, tout le monde
19:40a en tête 2027.
19:41Et donc, il peut y avoir
19:42des discussions fructueuses
19:43entre le patron d'Horizon
19:45et l'ex-patron de la droite
19:48républicaine au Sénat.
19:50Renaud, il sourit.
19:50C'est possible, oui.
19:52Il est possible que ce soit aussi
19:53au menu, peut-être au dessert
19:54de ce repas.
19:55La politique est jamais loin.
19:57Et puis d'ici là,
19:58je pense que si aujourd'hui,
19:59le gouvernement, en tout cas,
20:00affiche l'objectif de mettre
20:01le paquet sur ce sujet,
20:02c'est qu'effectivement,
20:02comme le disait Jean-Jean Berthelus,
20:04il a été un peu en dessous de la pile
20:05pendant... On a mis du temps
20:07à prendre conscience.
20:07C'est pas d'ailleurs un aveuglement
20:09ou une faillite volontaire,
20:11en quelque sorte,
20:12des gouvernements précédents.
20:13C'est que la lutte
20:15contre les petits trafiquants,
20:18les points de deal,
20:19les opérations placenets,
20:20les choses comme ça,
20:21qu'on a vues ces dernières années,
20:22c'est, entre guillemets,
20:24moins compliqué ou plus facile,
20:25j'allais dire,
20:26toute proportion gardée,
20:27bien sûr,
20:28que, effectivement,
20:29d'empêcher de nuire
20:29les plus gros narcotrafiquants.
20:31Et on s'est aperçu, quand même,
20:33de la façon dont ils contrôlaient
20:35peu ou prou
20:36certaines prisons.
20:37C'est-à-dire qu'ils agissaient
20:39même depuis leur lieu d'étention,
20:40qu'ils avaient recours à des portables
20:42pour continuer d'organiser
20:43des opérations,
20:44des règlements de comptes.
20:46Et ça, c'est beaucoup plus difficile,
20:47effectivement, à démonter.
20:50Et les pouvoirs publics,
20:52au sens large,
20:52n'ont probablement pas pris
20:55la mesure de l'ampleur
20:56de ces narcotrafics
20:57qui continuent depuis la prison,
20:59voilà, ces dernières années.
21:00Ce qui explique la proposition
21:01de Gérald Darmanin,
21:02qui est, en fait,
21:03qui est pragmatique, d'abord.
21:04C'est-à-dire que,
21:04je ne sais pas si ça fonctionne ou pas,
21:05mais il n'empêche que ce sont
21:08des modes opératoires
21:10qui sont expérimentés
21:12ou mis en œuvre,
21:13depuis déjà, d'ailleurs, longtemps,
21:14dans certains pays étrangers.
21:15À commencer par l'Italie,
21:17qui doit lutter contre ce phénomène
21:19de très longue date.
21:20Il y a aussi un statut du repenti en Italie,
21:22qui est beaucoup plus précis,
21:23beaucoup plus important,
21:25beaucoup plus solide
21:27que celui qui existe aujourd'hui en France
21:28et qui peut aussi nous inspirer.
21:30Donc, je pense que c'est d'abord
21:31par pragmatisme,
21:32même s'il y a évidemment aussi
21:33une dimension politique,
21:35mais que le gouvernement
21:36se tourne vers ce sujet
21:37qui a quand même été assez longtemps
21:38ignoré par la plupart
21:40de nos gouvernants.
21:41Et là, tous les élus de la France
21:44attendent de savoir
21:45quelle prison va être choisie.
21:47Et où ?
21:48Parce qu'on en manque quand même des prisons.
21:50On manque de prisons,
21:50on manque de places de prison.
21:52On a oublié de parler
21:52de surpopulation carcérale.
21:54C'est ce que Gérald Darmanin a dit hier,
21:55qu'il voulait effectivement vider une,
21:57vider une prison existante
21:58pour y regrouper
21:59une centaine de narcotrafiquants.
22:00En l'occurrence,
22:01le ministre de la Justice a dit
22:03qu'il avait deux noms de prison en tête.
22:05Et bien, on attend de savoir laquelle.
22:07Merci à tous les trois.
22:08Stéphanie Depierre, journaliste politique à LCP.
22:11LCP, ce soir,
22:12pas de l'indicé politique,
22:13mais un débat.
22:14Oui, un grand débat sur l'agriculture.
22:16Vous le savez, c'est les élections
22:17dans les chambres d'agriculture.
22:18Et bien, ce soir, on a les quatre leaders
22:19des principaux syndicats en plateau
22:22qui vont pouvoir expliquer
22:23les enjeux de ces élections.
22:25Alors que vous le savez,
22:26François Bayrou reçoit les syndicats ce matin.
22:28Tout à fait.
22:28Merci à vous,
22:29Jean-Jérôme Bertolus,
22:30éditorialiste politique à France Info Télé.
22:32C'est à 19h.
22:32À 19h, le débat ce soir.
22:34Merci à vous, Renaud.
22:35Merci, Célia.
22:35Les informés du soir,
22:36c'est à partir de 20h
22:37avec Aurélie Herdemont et Jean-Rémi Baudot.