00:00Comment innover dans le secteur des assurances grâce à la tech ?
00:03C'est ce que nous allons voir aujourd'hui avec la société Agis depuis le Royal Mansoura Paris.
00:21Yves Ganoncia, bonjour.
00:22Bonjour.
00:23Vous êtes le président et fondateur de Agis.
00:25Oui.
00:26Alors, vous avez créé le contrat de confiance chez Darty et vous avez créé d'ailleurs plusieurs contrats de confiance.
00:31Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment vous est venue l'idée de fonder Agis dans le secteur des assurances ?
00:37C'est une opportunité qui m'a été amenée par un ami avec qui j'étais associé, qui était dans l'assurance en Belgique, dans un grand groupe.
00:47Et il avait un produit qui venait d'être lancé en Belgique, qui n'existait pas en France,
00:53qui était les extensions de garantie dans le domaine de l'électroménager.
00:57Donc, quand j'ai eu ça en main, j'ai commencé à analyser les possibilités du marché.
01:03On a fait des études de marché pour les grands fabricants et en même temps, on a été proposer le produit directement à Darty.
01:09Et donc, je me suis assis avec Bernard Darty à l'époque et j'ai rédigé toute la partie du contrat de confiance,
01:16qui est la partie assurance, qui permet de garantir tous les produits jusqu'à 5 ans.
01:21Avec en plus, ce que voulait Bernard Darty, des petits gimmicks supplémentaires qu'on rajoutait et qui permettaient d'avoir un produit plus attractif.
01:30Alors, comment votre parcours en tant qu'entrepreneur a fait évoluer l'émergence dans l'insurtech ?
01:37Alors, quand on a réussi ça, on est devenu une vraie start-up historiquement.
01:44C'est-à-dire qu'on a gagné des dizaines de millions d'euros très rapidement et qu'on a décidé avec mon associé de tout réinvestir dans l'informatique
01:52à une époque où l'informatique coûtait des centaines de millions d'euros.
01:56C'était fou, complètement fou.
01:58L'imprimante coûtait le prix d'une Ferrari.
02:00Ça vous situe le problème.
02:02Donc, les ordinateurs, je n'en parle pas.
02:04Et chaque poste de travail valait des fortunes.
02:07Donc, on a réinvesti en sachant qu'en faisant ça, on prenait une avance stratégique énorme par rapport aux copains qui, eux,
02:15peut-être pourraient nous copier au niveau du produit, mais jamais au niveau de l'investissement énorme qu'on avait fait en matière informatique.
02:22Qu'est-ce qui vous a donné cette confiance qu'il fallait aller par là ?
02:26Simplement une analyse du marché extrêmement simple qui consistait à dire qu'en fin de compte,
02:31le prix des produits électroménagers baissait sans arrêt et qu'il fallait compenser cette baisse permanente en francs constant.
02:39A l'époque, c'était en francs, ce n'était pas en euros.
02:42Il fallait compenser cela par la vente de services.
02:46Que la vente de services, à un moment ou à un autre, allait dépasser.
02:50C'est des coupes qui se croisent et le rapport, le chiffre d'affaires réalisé dans le service serait supérieur en termes de rendement
02:58au chiffre d'affaires réalisé par la vente des produits.
03:01D'où le fait qu'aujourd'hui, on nous propose tout le temps des extensions de garantie.
03:04Exactement.
03:05Dès qu'on entre dans un bain d'artis.
03:06Absolument.
03:07Vous n'avez pas le choix parce que c'est là qu'ils font leur marge.
03:10Ça, merci déjà pour votre honnêteté en tout cas.
03:14Vous êtes d'ailleurs un cabinet de multispécialistes, c'est ce qu'on peut dire en France et à l'international d'ailleurs.
03:20Au-delà d'avoir fait cette création il y a quelques années, est-ce qu'il y a d'autres particuliers ?
03:25Bien sûr, on est très profondément internationaux déjà.
03:29C'est dû beaucoup à ma personnalité parce que l'histoire fait que je parle beaucoup de langues et ça aide.
03:38Je parle aussi beaucoup parce que j'ai beaucoup voyagé et j'ai vécu à l'étranger.
03:43Ce qui se passe, c'est qu'on a été amené à développer nos activités non seulement en France mais également.
03:51Aujourd'hui nous sommes en France, on est aux Etats-Unis, on est en Polynésie française et Nouvelle-Calédonie,
03:57on est également au Maroc et on travaille évidemment en Europe, sur toute l'Europe.
04:04On n'est pas bloqué uniquement, on n'est pas du tout un cabinet strictement hexagonal.
04:11D'autre part, si vous voulez, on a été amené à développer des choses différentes, des risques différents.
04:17On s'est développé, par exemple, le fait qu'on ait créé un marché au départ très fort fait qu'on n'avait plus suffisamment de marché.
04:25On a été amené à aller à Londres et j'ai monté à Londres un pool d'assureurs
04:30qui nous a permis de pouvoir assurer autant de garanties longue durée qu'on n'en avait que de besoin
04:35parce qu'il n'y avait pas suffisamment de marché en France.
04:38Notre premier contrat historique, très important, qui était avec à l'époque le groupe BHV Nouvelle Galerie,
04:45je l'ai signé à New York directement avec le patron de AIG.
04:49D'accord ? Voilà, à peu près, ça vous situe la réalité du caractère international de ce qu'on fait.
04:56Et une autre spécificité ?
04:58Oui, tout à fait. Nous sommes, historiquement, on est aussi assureurs de foncières.
05:04On couvre un certain nombre de foncières familiales,
05:07ce qui nous a amené à travailler de plus en plus dans le domaine de l'immobilier,
05:12que ce soit de l'immobilier commercial, de l'immobilier industriel ou de l'immobilier d'habitation.
05:18Et à partir de là, on a pensé qu'il était possible de proposer à toutes les professions de l'immobilier
05:25la possibilité de souscrire leurs besoins d'assurance, enfin de couvrir tous leurs besoins d'assurance,
05:32au travers d'un site internet où ils pourraient directement souscrire les produits d'assurance dont ils ont besoin,
05:38c'est-à-dire la couverture des immeubles, les multi-risques d'habitation et les propriétaires non occupants,
05:45mais également la garantie des loyers impayés, etc. La liste est longue dans ce domaine-là.
05:51Et on a tout informatisé, tout mis en place de manière à permettre à ces professionnels d'avoir,
05:57pour eux, la fonction assurance devient extrêmement simplifiée.
06:04Quels sont vos objectifs pour les cinq prochaines années ?
06:08Aujourd'hui, on est dans un contexte différent. En 2010, j'ai été amené à céder une partie de l'entreprise,
06:18notamment des risques importants qui étaient plus spécialement les commissaires-priseurs.
06:25On a assuré tous les commissaires-priseurs de Paris.
06:29Et parallèlement à ça, ça a intéressé beaucoup les courtiers, donc ça a été cédé.
06:34J'ai conservé les activités internationales, parce que c'est ce qui me motive.
06:38Et parallèlement à ça, j'ai développé un site dont la base s'appelait à l'origine Visa Schengen Assurance,
06:47qui couvrait tous les gens qui rentraient en zone Schengen et qui ont l'obligation d'avoir un visa.
06:52Ils doivent être assurés et couverts en frais médicaux.
06:55Donc ça, je l'ai créé au moment de la création de la zone Schengen.
07:00Et en 2016, on a recommencé complètement à relancer ça sous une forme différente qui s'appelle Mondial Care,
07:10et qui est un programme qui couvre tous les types de mobilité.
07:16Donc l'assurance voyage internationale, l'assurance des étudiants, les missions pour les entreprises,
07:23les garanties des expatriés, les gens qui reviennent d'expatriation, etc.
07:28On couvre également tous les programmes, notamment reliés à des phénomènes religieux,
07:36comme le rapatriement de corps dans les pays d'origine.
07:39On a un programme connexe à celui-ci qui couvre tous les pèlerinages.
07:45C'est très vaste.
07:48Et on a été suivi par les assureurs d'une façon tout à fait extraordinaire.
07:52D'une part parce qu'ils savent que nous savons travailler en 15 langues.
07:57Je pense qu'on est les seuls sur le marché français à être capables de travailler en 15 langues.
08:01Nous avons également autre chose, c'est que nous pouvons assurer des gens d'où qu'ils viennent et où qu'ils aillent.
08:08Alors qu'usuellement en Europe, on assure essentiellement des résidents européens.
08:13Nous, on a complètement ouvert le marché.
08:17Donc ça, c'est notre spécificité.
08:20En ouvrant le marché, on a ouvert un réseau de partenaires.
08:25Et on a des partenaires qui peuvent être...
08:28On en a en Polynésie, bien sûr, puisqu'on a des bureaux.
08:31Mais on en a aux États-Unis, où on est aussi installé.
08:34Mais on en a aussi en Amérique du Sud, au Brésil.
08:38On en a également, si vous voulez, en Asie, en Corée, au Japon.
08:45Difficile de vous souhaiter quelque chose de plus grand en 2025 ou dans les cinq prochaines années.
08:50Non, on essaye de travailler et de faire pour le mieux dans ce qu'on fait.
08:56D'une part, parce qu'on est à 100% dans un développement digital.
09:01D'accord.
09:02Et on ne pourrait pas le faire sans le développement digital.
09:06Et sans avoir intégré complètement dans notre démarche l'intelligence artificielle.
09:11D'accord. Donc plus de technologies et d'innovations.
09:14Et à 100% dans la technologie.
09:16D'accord.
09:17Écoutez, c'est tout ce que je vous souhaite.
09:18Merci pour cet échange. Bravo pour le parcours.
09:20Je vous en prie. Merci.
09:22Et je vous remercie également.
09:23Je vous dis à très bientôt pour une prochaine émission sur Forbes.fr.