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  • il y a 1 an
Christiane Taubira, la réalisatrice Ava DuVernay, l'actrice Gena Rowlands... La comédienne Aïssa Maïga raconte pourquoi ces 3 personnalités ont marqué sa vie.
Transcription
00:00Imaginez qu'on est en l'an 2000 et puis dans l'hémicycle retentit une voix de femme
00:09qu'on connaît peu à l'époque, une voix qui se bat pour faire reconnaître l'esclavage
00:16et la traite négrière comme crime contre l'humanité.
00:19Nous allons décrire le crime, l'œuvre d'oubli, le silence et dire les raisons de
00:26donner nom et statut à cette abomination.
00:29C'est qui les personnes qui vous inspirent ?
00:31Cette voix, c'était celle de Christiane Taubira.
00:34Je ne peux pas l'oublier parce qu'elle était unique et elle sortait complètement
00:40du lot.
00:41C'était la voix d'une femme puissante et d'une femme portée par son combat pour
00:46la justice et la reconnaissance de ces crimes contre l'humanité.
00:50Et au départ, elle a été conspuée en tant que députée dans l'hémicycle, mais Christiane
00:57Taubira est quelqu'un d'absolument exceptionnel.
01:00C'est une femme qui fait l'histoire avec un grand H de notre vivant et elle a remporté
01:06ce combat en 2001.
01:07La France a reconnu l'esclavage et la traite négrière comme crime contre l'humanité.
01:12Et comme c'est une part importante de l'histoire française, pour moi, ça avait énormément
01:20de sens de sentir que dans mon pays, il y avait cette reconnaissance-là pour cette tragédie-là.
01:28Comment ça va ? Quelle beauté ! Quelle reine ! Merci !
01:33Ava Duvernay, c'est quelqu'un qui m'inspire énormément.
01:36C'est une autodidacte, c'est quelqu'un qui a commencé le cinéma quand elle avait
01:3932 ans à peu près.
01:40Elle raconte des films et des séries qui sont vraiment puissants, comme par exemple
01:45« When they see us », qui s'appelle en français « Dans leurs regards », sur
01:49une erreur judiciaire terrible qui concerne cinq Noirs américains qui étaient jeunes
01:54à l'époque des faits.
01:55Je l'ai rencontrée pour le tournage de « Regards Noirs » à Los Angeles.
01:59C'est une exploration de la question de la diversité, d'altérité, de la représentation
02:03des minorités sur les écrans.
02:05J'avais envoyé un mail à Ava Duvernay et je m'attendais à devoir envoyer des messages
02:11à tout son entourage.
02:13Et elle m'a répondu dans l'heure, en me disant qu'elle connaissait mon combat.
02:20Parce qu'en fait, elle était à Cannes en 2018, elle était membre du jury.
02:25Quand, avec les autres actrices avec lesquelles j'ai co-écrit « Noir n'est pas mon métier »,
02:30on était sur les marches.
02:31Et donc, elle connaissait cet engagement-là et donc elle a dit « Mais oui, bien sûr,
02:36tout de suite, parce que pour moi, c'est évident de te soutenir dans ce combat.
02:40» Ça, ça a été… Franchement, j'ai pleuré.
02:45Ava Duvernay, c'est vraiment quelqu'un qui est connu pour vous donner de la force.
02:51C'est-à-dire qu'elle a une telle aura et une telle volonté de réussite collective
02:58que ça vous porte.
02:59Gina Rolands, ça a été une inspiration majeure.
03:03Elle m'a fait comprendre que la personne qui raconte, ce n'était pas forcément le
03:10réalisateur et pas forcément le ou la scénariste.
03:14Que l'acteur ou l'actrice n'est pas qu'un interprète, il est aussi un auteur.
03:19Il y a une espèce de dimension supérieure dans son jeu qui emporte tout et qui crée.
03:24Et on sent bien que c'est la caméra qui la suit parce que c'est elle qui est en
03:27train d'écrire en fait, en jouant.
03:29C'est vraiment un truc de ouf.
03:31J'ai joué dans une série de court-métrages qui ont été présentés ensemble, qui forment
03:35un film qui s'appelle Paris, je t'aime.
03:37Gina Rolands jouait dans un des courts-métrages et Paris, je t'aime a été sélectionnée
03:43pour aller à Cannes.
03:45Et un ami me dit « Tu l'as rencontrée, Gina, ça y est ? »
03:47Je dis « Mais non, mais pas du tout, je n'ai pas rencontré Gina Rolands. »
03:50Il me dit « Mais elle a adoré ton court-métrage, enfin le court-métrage dans lequel tu as joué. »
03:54Je dis « Ah ouais ? Gina Rolands, mais c'est comme si on m'avait dit… »
03:58Enfin, je n'avais même pas d'équivalent, quoi.
03:59Il me dit « Mais viens, attends, je te la présente, etc. »
04:02On va à sa table et là, elle me voit et elle me dit des mots hyper élogieux.
04:12Je n'ai même pas pu lui dire « Bonjour » tellement j'étais choquée.
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