- il y a 1 an
Le premier secrétaire du PS, réélu de peu vendredi à la tête de son parti, souhaite le moins de candidatures à gauche pour la prochaine Présidentielle afin de contrer l'extrême droite. Dans un autre temps il se place toujours comme un opposant politique au gouvernement en brandissant la menace de la censure face au dossier des retraites.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 12 juin 2025.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 12 juin 2025.
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00:00RTL Matin
00:02Il est 7h43 sur RTL, tout de suite l'invité d'RTL Matin et Thomas, vous recevez aujourd'hui Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste qui vient d'être réélu.
00:11Bonjour et bienvenue sur RTL, Olivier Faure.
00:13Bonjour Thomas Soto.
00:14Après le drame de nos gens et la mort de cette surveillante de 31 ans poignardée par un élève, la réponse du gouvernement sur les ventes de couteaux mineurs, sur le plan santé mental, est-elle la bonne selon vous ?
00:24Je ne vais pas critiquer le gouvernement qui est dans une situation compliquée, mais la réalité c'est qu'il passe à côté.
00:33Pourquoi ?
00:33Sur les portiques, sur la réduction de vente aux mineurs, la réalité c'est qu'on le voit bien avec ce jeune homme de nos gens qui a pris son couteau de cuisine,
00:41donc je ne vois pas très bien ce qui empêcherait demain, sauf à dire l'accès au tiroir de cuisine pour les mineurs, ça va être compliqué.
00:48Sur les portiques, tout ça a eu lieu à l'extérieur de l'établissement.
00:52En présence des gendarmes ?
00:54En présence des gendarmes, ce qui montre bien que tout ce qui a été imaginé jusqu'ici n'est pas complètement de nature à nous rassurer.
01:02Maintenant, la question, c'est une question de santé mentale effectivement, le problème du plan de Yannick Noder, c'est que c'est un plan sans moyens,
01:08et donc la réalité on la connaît, aujourd'hui vous avez un médecin pour 16 000 élèves, vous avez une infirmière scolaire pour 1500 ou 1800 élèves,
01:18et donc on est sous-doté, et avec une incapacité à saisir ce que sont les difficultés que rencontrent les jeunes,
01:25quand on connaît aussi les statistiques, avec un jeune sur deux qui a eu un problème de santé mentale dans les dernières années,
01:31le taux de...
01:32Mais ça c'est le constat, alors qu'est-ce qu'on fait ? Il faut mettre des moyens, il faut mettre des milliards pour le coup ?
01:37Il faut mettre à la fois des moyens, on va faire une priorité, ça fait longtemps que nous prenons, nous, le fait que la santé mentale des jeunes soit une priorité,
01:46ça suppose aussi de veiller à ce que la société française soit une société moins violente.
01:50La réalité c'est que nous sommes baignés dans un univers qui est un univers de violence.
01:55On parle des jeux, on parle des séries, on parle...
01:58Enfin, quelle est en fait la déshumanisation ?
02:01Elle est en réalité partout, y compris jusqu'aux conflits qui sont ceux du monde aujourd'hui,
02:06avec des images qui nous proviennent du monde entier,
02:09où désormais on a accès à cette idée que finalement la mort, la vie, tout ça n'a pas grande importance.
02:16Donc quand on voit le premier témoignage...
02:18Il s'en prend à ceux qui, dit-il, préfèrent brainwacher, autrement dit,
02:21laver le cerveau sur l'invasion du pays et les derniers faits divers.
02:23Il a l'impression qu'il relativise un peu tout ça.
02:26Il a raison ou il est à côté de la plaque le chef de l'État ?
02:28Il a tort de relativiser parce que quand les faits divers se multiplient...
02:32Déclaration avant le drame de nos gens.
02:33Oui, bien sûr, mais enfin les faits divers sont nombreux.
02:35Il y a 45 homicides par an qui sont liés à des mineurs.
02:39Alors, pour une bonne part liée au narcotrafic,
02:42et c'est l'une des guerres que nous devons mener,
02:45même une guerre mondiale en réalité contre le narcotrafic,
02:48mais il y a aussi tous ces jeunes qui déplombent.
02:51Et donc, quand on a une addition de faits divers, ça devient un fait société.
02:54Le Premier ministre François Bayrou va annoncer d'ici un mois
02:56comment il compte faire les 40 milliards d'économies
02:58qu'il juge nécessaires pour le budget de l'an prochain,
03:00alors que la Banque de France, on en parlait tout à l'heure,
03:02vient de baisser ses prévisions de croissance à 0,6.
03:05On est parti de 0,9, on est maintenant à 0,6.
03:07François Bayrou était très clair, il dit
03:08nous allons demander un effort à tous les Français.
03:10Si la copie ne vous convient pas, Olivier Faure,
03:12est-ce que vous censurez le gouvernement ?
03:14Bien sûr, la censure, elle est toujours possible.
03:17Moi, j'avais dit que nous pouvions passer un pacte de non-censure
03:20avec le gouvernement à une condition,
03:22c'est qu'il n'y ait plus jamais l'usage du 49-3,
03:24ce qui oblige à des compromis.
03:26Si on ne passe plus en force,
03:27on est obligé de trouver des majorités de projets
03:29et qu'on respecte l'idée d'un changement de cap.
03:33Ce pacte n'existe pas ?
03:34Ce pacte n'existe pas.
03:35Donc s'il y a 49-3, il y aura censure ?
03:37Ce sera aussi simple que ça ?
03:38Ce sera effectivement aussi simple que ça,
03:41mais ça suppose que dans l'intervalle,
03:43le Premier ministre accepte l'idée
03:45qu'il n'a pas de majorité absolue.
03:47Nous n'en avons pas.
03:47Il n'en a pas.
03:48Ça suppose qu'à un moment,
03:49on fasse des efforts pour trouver des compromis
03:52qui ne satisferont jamais personne à 100%.
03:55Et on aura l'élection présidentielle de 2027
03:57pour remettre les compteurs
03:58et aller plus loin les uns ou les autres.
04:00Mais dans l'intervalle,
04:01ce qu'il faut, c'est répondre
04:03à ce que les Français nous ont demandé.
04:04Que nous ont-ils dit ?
04:05Ils nous ont dit,
04:06vous n'aurez la majorité,
04:07ni les uns, ni les autres.
04:08Donc ça suppose maintenant
04:09qu'il y ait une forme,
04:10non pas d'entente,
04:11mais de compromis,
04:12qui sont des compromis provisoires,
04:14mais qui permettent d'avancer.
04:15On ne peut pas accepter l'idée
04:16d'un immobilisme
04:17pendant les prochaines années.
04:18Le pays a besoin d'être gouverné.
04:20S'attaquer à certaines niches fiscales,
04:22c'est une bonne idée ou pas ?
04:22Amélie de Manchalin disait ici même avant-hier
04:24qu'on ne touchera pas au CESU,
04:26un chèque emploi-service,
04:27pour les gardes d'enfants,
04:28ni pour les nounous,
04:29ni pour l'accompagnement des personnes âgées.
04:31En revanche, pour tout le reste,
04:32c'est ouvert.
04:32Vous êtes d'accord avec ça ?
04:33Oui, bien sûr.
04:35Vous êtes d'accord là-dessus ?
04:36Je suis d'accord pour que ça attaque
04:37aux niches fiscales,
04:38qui sont en fait,
04:39c'est 200 milliards par an,
04:40les niches fiscales.
04:41Alors, je ne suis pas sûr
04:42que les niches fiscales,
04:43celle dont elle parle,
04:45c'est une niche qui est une niche coûteuse,
04:47donc effectivement,
04:48elle rapporte,
04:49mais il y a aussi,
04:50aujourd'hui au Sénat,
04:52en février,
04:53nous avons voté à l'Assemblée
04:54une proposition de loi
04:56qui permet de fixer
04:57un impôt plancher
04:58pour les gens
04:59qui ont une fortune
05:00supérieure à 100 millions d'euros,
05:02et qui serait donc,
05:03que le barème,
05:05c'est 2% de ce patrimoine,
05:07de cette grande fortune,
05:09chaque année,
05:10qui doit être imposée.
05:11Et quand les impôts
05:13qu'ils payent
05:14n'atteignent pas ces 2%,
05:15eh bien,
05:16on prélève la différence.
05:18Et donc,
05:19cet impôt,
05:20il est aujourd'hui en débat au Sénat.
05:21C'est une taxe
05:22qu'on a appelée
05:22la taxe Zuckmann,
05:24et qui,
05:24aujourd'hui,
05:25rapporterait entre 15 et 25 milliards.
05:27Je ne comprends pas
05:28pourquoi le gouvernement
05:29s'y oppose.
05:30Des sous,
05:31on en cherche partout,
05:31on en a besoin
05:32pour financer les retraites,
05:33alors que le conclave
05:34doit s'achever
05:34dans une semaine.
05:35Le MEDEF l'a dit avant-hier,
05:37il ne veut pas toucher
05:38à l'âge de départ
05:39à 64 ans.
05:40Vous y croyez à ce conclave
05:42ou là encore,
05:43ça ne sert à rien ?
05:45J'aurais aimé
05:47que ce conclave
05:48ne soit pas
05:49enfermé
05:50dans les préconisations
05:51du Premier ministre,
05:52qui lui-même a tué
05:53le principe du conclave
05:54en expliquant
05:55que...
05:56Les convictions du MEDEF
05:57sont des convictions propres,
05:58ce n'est pas une surprise
05:59que le MEDEF
06:00ne veuille pas toucher
06:00à l'âge légal.
06:01Non,
06:01ce n'est pas une surprise.
06:02En revanche,
06:02ce qui était une surprise,
06:03c'est que le Premier ministre
06:04lui-même dise
06:04qu'il ne toucherait pas
06:05à l'âge légal.
06:06À partir de ce moment-là,
06:07les dits sont pipés.
06:09Et la réalité,
06:09c'est qu'elle est-elle ?
06:10C'est qu'on nous dit,
06:11mais regardez,
06:12aujourd'hui,
06:13quand la France produit
06:14100 euros
06:15de richesses nouvelles,
06:16on en prélève 14
06:18pour nos retraites.
06:19Mais quand vous faites
06:20l'exercice,
06:20demandez à vos voisins,
06:22à vos amis,
06:23à vos parents,
06:24qu'êtes-vous prêt
06:25à faire pour les retraites ?
06:26Moi,
06:26quand je pose la question
06:27aux gens en leur disant
06:28quand on crée 100 euros
06:29de richesses,
06:29est-ce que vous êtes prêt
06:30à mettre 14 euros
06:31pour vos parents,
06:32pour vos grands-parents ?
06:33La réponse est oui.
06:34Est-ce que vous êtes prêt
06:34à mettre 14,50 euros ?
06:35La réponse est encore oui.
06:37La réalité,
06:37c'est que ce sont des choix
06:38de société qu'il faut réaliser
06:40et que nous avons
06:41d'autres moyens
06:42que ceux qui sont
06:43aujourd'hui proposés.
06:44C'est un débat
06:45qui mérite d'être...
06:46Et qui arrive au Parlement,
06:47c'est qu'on ne touche pas
06:48à l'âge légal à 64 ans.
06:50Vous dites,
06:51là, pour le coup,
06:52on va censurer
06:52ou vous dites,
06:53non,
06:53on va rester un peu
06:54la béquille du gouvernement
06:55au nom de la stabilité ?
06:56Est-ce que la stabilité
06:57est plus importante
06:57que les convictions ?
06:58Non.
06:59La stabilité,
07:00en fait,
07:01elle est possible,
07:02y compris avec des changements
07:03de gouvernement.
07:04Moi,
07:04ce que je souhaite,
07:05c'est...
07:05Enfin,
07:05je ne sais pas
07:06ce que donnera
07:06la conclave in fine.
07:07Je ne sais pas.
07:08Je sais aussi que...
07:09On va en avoir une idée.
07:10Chacun montre les muscles.
07:11Oui,
07:11on sait aussi que
07:12c'est dans le money time
07:13que tout se négocie
07:14et que donc,
07:15il y a encore
07:16la possibilité éventuelle
07:17d'avancer.
07:18Moi,
07:18ce que je dis au MEDEF,
07:19c'est qu'il faut quand même
07:20qu'il entende
07:21ce que les Français
07:21ont à dire.
07:23En fait,
07:23on ne peut pas considérer
07:24et mépriser
07:25à ce point-là
07:26à la fois
07:27ceux qui ont manifesté
07:28mais aussi
07:28ceux qui ont voté
07:29aux Européennes,
07:30ceux qui ont voté
07:30aux Législatives
07:31et faire aujourd'hui,
07:32y compris,
07:33fi de ce qu'est le Parlement.
07:34Il y a une semaine,
07:35il y a eu une résolution
07:36qui a été proposée
07:37par le groupe GDR
07:38qui demandait
07:39le retour à 62 ans.
07:40Cette résolution
07:41a été votée
07:41très largement
07:42et les députés
07:43du Bloc central
07:43ne se sont même pas
07:44mobilisés.
07:45C'est un sujet de censure
07:46ou pas ?
07:47Tout est sujet de censure.
07:48Tout est sujet de censure.
07:49Olivier Faure,
07:50l'eurodéputé...
07:50Tout est sujet de compromis aussi.
07:52Moi,
07:52ce que je veux dire là,
07:53c'est que la main,
07:54elle n'est jamais...
07:55Enfin,
07:55il ne s'agit pas de dire
07:57que nous allons être
07:58pavloviens
07:58et que nous allons
07:59systématiquement déclencher
08:01la censure,
08:01etc.
08:02Simplement,
08:02ça suppose qu'il y a
08:03en face de nous
08:04un pouvoir qui négocie.
08:05Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
08:06Il nous reste une minute
08:07pour parler de l'eurodéputé
08:08insoumise Rima Hassan
08:09qui est au centre de rétention
08:10qui a même été à l'isolement
08:11semble-t-il
08:11en attente de son expulsion
08:12d'Israël
08:13après que son bateau
08:14qui menait une opération
08:15de communication humanitaire
08:16pour Gaza
08:16a été intercepté
08:17par l'armée israélienne.
08:18Est-ce qu'elle est une victime ?
08:19Est-ce que vous la soutenez
08:20Rima Hassan ?
08:21Mais,
08:22moi je crois que le sujet
08:23ce n'est pas Rima Hassan.
08:24En fait,
08:24vous connaissez le proverbe chinois
08:26qui dit
08:26quand le sage montre la lune
08:28l'idiot
08:29ou le fou
08:30montre le doigt.
08:31Je crains qu'aujourd'hui
08:32plutôt que de regarder
08:33ce qui se passe à Gaza
08:34on nous parle de Rima Hassan
08:36et pour moi
08:36ce n'est pas le sujet.
08:37Rima Hassan
08:37est à la fois
08:39une députée européenne
08:40elle est palestinienne d'origine
08:42et elle se bat
08:43pour cette cause
08:44depuis très longtemps
08:45et je crois que personne
08:47ne peut contester
08:47sa sincérité.
08:49Maintenant
08:49Est-ce que la mise en scène
08:50de toute cette aventure
08:51vous pose problème
08:52ou est-ce que vous dites
08:52finalement
08:52c'est un moyen
08:53de parler du sujet ?
08:54C'est un moyen
08:55de parler du sujet.
08:56On peut contester
08:57on peut dire
08:58que c'est instrumentalisé
08:59tout ça est certainement vrai
09:00mais la réalité
09:01c'est qu'aujourd'hui
09:02il faut réaliser
09:03sur ce qui se passe à Gaza
09:04et je vois qu'il y a maintenant
09:05une marche pour Gaza
09:06qui passe par l'Egypte
09:07qui va être
09:08de la même façon
09:09interdite
09:11et qui pose problème
09:12parce qu'aujourd'hui
09:13tous les témoignages
09:14de tous les humanitaires
09:15de tous les médecins
09:16de tous les pédopsychiatres
09:17qui arrivent etc
09:18sont tous consternants
09:19quand on voit
09:20en fait
09:20y compris
09:21on parle des morts
09:22mais quand on parle aussi
09:22des amputés
09:23quand on parle de tous ces enfants
09:24qui ont vécu la guerre
09:26de cette manière-là
09:26qui sont dans une enclave
09:27qui ne peuvent pas en sortir
09:28qui sont dans une situation impossible
09:30mais il y a une alerte à donner
09:32et évidemment
09:32il faut le faire par tout moyen
09:34et donc
09:34je considère que
09:36rien n'est de trop
09:37pour parler de Gaza aujourd'hui.
09:38Dernière question rapidement
09:39à propos de LFI
09:40quand il est venu ici
09:41il y a quelques jours
09:41celui qui était encore
09:42votre rival
09:42pour prendre la tête du PS
09:43Nicolas Maillard-Rossignol
09:44a été on ne peut plus clair
09:45il n'y aura aucun accord électoral
09:47ni au municipal
09:48ni à la présidentielle
09:49avec LFI
09:50est-ce que vous êtes aussi
09:51affirmatif
09:52et aussi définitif ?
09:53Mais ça n'était pas un débat
09:55en fait
09:55la réalité c'est que
09:57nous n'irons pas
09:57derrière Jean-Luc Mélenchon
09:58à l'élection présidentielle
09:59et tout le monde le sait
10:00et il n'y aura pas
10:00d'accord national
10:01au municipal
10:01avec les insoumis
10:02ni à la présidentielle
10:03ni à la présidentielle
10:05Merci beaucoup à vous
10:06Olivier Faure d'être venu sur RTL
10:07Merci à mes Tipeurs