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  • il y a 1 an
Votre rendez-vous 100% direct, décryptage, débats. Pour tout savoir mais aussi tout comprendre de l’actualité. Aux côtés de Valentin Doyen et Marion Russell : les meilleurs experts et tous les acteurs qui font l’info

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00:00On passe à un tout autre sujet, toute autre ambiance.
00:02Tout à fait, retour à l'international avec la nouvelle escalade des tensions entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
00:08Le président des Etats-Unis a donc ordonné hier soir le déploiement de deux sous-marins nucléaires.
00:13Une décision prise après les menaces formulées à demi-mot par Dmitry Medvedev, l'ancien président russe.
00:18Mais il y a deux inconnus quand même à ce stade.
00:20On ne sait pas où seront positionnés ces sous-marins.
00:23Donald Trump n'a pas non plus précisé s'il s'agit de submersibles à propulsion nucléaire
00:29ou s'ils sont porteurs d'ogives atomiques.
00:32Les précisions de Fanny Rogno et Mathilde Couvillier-Flornois.
00:37Donald Trump ne cache pas sa colère.
00:40Les propos de l'ancien président russe Dmitry Medvedev ont accru les tensions entre les deux pays.
00:46Medvedev a dit des choses très graves concernant le nucléaire.
00:50Je me dis qu'il vaut mieux être prudent parce que c'est une menace automatique de sa part et il l'a déjà fait auparavant.
00:56Et j'ai donc envoyé dans la région deux sous-marins nucléaires juste pour m'assurer que ces mots ne sont que des mots et rien de plus que cela.
01:07Une escalade verbale qui s'est transformée en opération de dissuasion pour Donald Trump grâce aux deux sous-marins envoyés près de la Russie.
01:14Dans ces sous-marins à propulsion nucléaire, il y a une catégorie très particulière qui sont les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins
01:21avec des missiles à tête nucléaire qui sont capables de franchir 10 000 kilomètres.
01:28Ils sont donc susceptibles de pouvoir éventuellement frapper le territoire russe.
01:32Depuis le début de semaine, l'ancien président russe enchaîne les pics sur les réseaux sociaux.
01:37Le poste de trop date de jeudi.
01:40Dmitri Medvedev répond alors à Donald Trump qui qualifie de morte les économies russes et indiennes.
01:45Qu'il se souvienne de ses films préférés Walking Dead et du danger que peut représenter la légendaire main morte.
01:53La main morte, une référence à un programme de l'Union soviétique datant de la Seconde Guerre mondiale.
01:59En cas de destruction de la chaîne de commandement russe, le système pouvait déclencher semi-automatiquement l'arsenal nucléaire.
02:05Le président américain exige toujours la fin du conflit russo-ukrainien d'ici le 8 août.
02:11Et on en parle en platteur avec nos invités.
02:13Philippe Gilly, bonjour. Vous êtes directeur adjoint de la rédaction du Figaro, ancien correspondant à Washington.
02:18Claude Blanche-Maison également avec nous, ancien ambassadeur de France à Moscou.
02:22Robin Milcarec, qu'on ne présente plus, journaliste défense BFMTV.
02:26Et Marianne Babich, conseillère en communication franco-ukrainienne.
02:28Et puis à distance, nous sommes avec Bruno Combi, polytechnicien ingénieur en génie nucléaire.
02:33Je me tourne vers vous, Romain. Est-ce qu'on est dans une posture de dissuasion de la part de Donald Trump ?
02:38Ou est-ce qu'on est face à une vraie escalade militaire et peut-être un tournant ?
02:42J'ai un peu du mal à répondre parce que la posture est tellement difficile à comprendre qu'il n'y a pas de réponse évidente.
02:51On est plutôt dans quelque chose que moi je perçois comme une forme de menace.
02:54Sachant que le système qui est invoqué par Medvedev est plutôt un système effectivement issu de la dissuasion.
03:02Donc ce qu'il dit c'est que si on nous attaque, nous on a un moyen de riposter.
03:06Trump prend visiblement ça comme une menace et donc dit « Ah bah, mais du coup moi aussi je peux faire quelque chose ».
03:12Le problème c'est que ce n'est pas très clair.
03:13On ne sait pas, on l'a vu dans le sujet, de quel type de submersible on est en train de parler.
03:17On ne sait pas exactement où il veut en venir parce que la limite qu'il pourrait définir en disant « Attention, là vous êtes en train d'aller trop loin »,
03:24elle n'est pas très claire.
03:25Des conseillers de Poutine, des gens haut placés en Russie qui menacent de frappes nucléaires en permanence depuis des années, on connaît.
03:35Alors pourquoi cette fois ça a généré une réaction particulière ?
03:39Donc moi j'ai un peu du mal à comprendre.
03:41Je pense qu'il est en train d'essayer de faire comprendre qu'il veut faire quelque chose.
03:47Sauf que là ce n'est pas très concret.
03:49Alors qu'il y a deux choses qu'il pourrait faire qui auraient des vrais effets, c'est les sanctions.
03:54Alors il l'a un peu évoqué, il y a en ce moment des discussions qui étaient en cours au Sénat pour avoir des sanctions notamment fortes sur l'Inde.
04:00Les sénateurs qui soutiennent l'Ukraine parlaient d'aller jusqu'à 500% de taxes douanières.
04:06Sauf que finalement ça n'a pas été tranché, ça n'a pas été voté.
04:09Trump ne se l'est pas réapproprié.
04:11Et donc là les sénateurs vont partir en vacances sans avoir voté ce texte qui va attendre au moins un mois.
04:15Bon ben voilà, il y avait des choses concrètes à faire, ça n'a pas été saisi.
04:20Bruno Combi, je me tourne vers vous, vous êtes ingénieur en génie nucléaire.
04:23Alors on l'a dit à plusieurs reprises, on ne sait pas de quoi parle Donald Trump lorsqu'il parle de ses sous-marins nucléaires.
04:30Est-ce que vous pouvez nous expliquer la différence qu'il y a entre les sous-marins à propulsion nucléaire,
04:33qui peuvent donc envoyer des missiles simples, et les sous-marins capables d'envoyer des missiles nucléaires ?
04:39Est-ce que vous pouvez nous expliquer à nous et aux téléspectateurs la nuance qu'il y a ?
04:43Oui bien sûr, donc on distingue les sous-marins nucléaires lanceurs d'engin, les SNLE, et les sous-marins nucléaires d'attaque.
04:52Donc les deux sont à propulsion nucléaire dans le cas de la marine américaine.
04:56Donc le moteur qui entraîne l'hélice, qui pousse le sous-marin, c'est un réacteur nucléaire.
05:03La différence, c'est que les SNLE, sous-marins nucléaires lanceurs d'engin,
05:08eux sont principalement équipés de 16 gros tubes lance-missiles destinés à lancer les missiles nucléaires,
05:15qu'on appelle stratégiques parce qu'ils sont extrêmement puissants.
05:18Chaque SNLE porte l'équivalent de 1000 fois la puissance destructive d'Hiroshima sur ses 16 missiles.
05:27Et les Américains en ont 14, les Russes 14 également, et la France 4.
05:33Donc ces SNLE, c'est la dissuasion, c'est le cœur de la dissuasion,
05:37qui a pour but donc de, au cas où on attaquerait, pouvoir répondre et détruire l'ennemi,
05:43ce qui dissuade l'ennemi de vous attaquer.
05:45C'est le principe de la dissuasion.
05:47Les SNA, sous-marins nucléaires d'attaque, c'est différent.
05:51Ils n'ont pas ces gros missiles stratégiques.
05:54Ils ont simplement des tubes lance-torpilles, un réacteur nucléaire pour la propulsion,
05:58et ils lancent, dans le cas de l'armée américaine, des missiles Tomahawk,
06:02qui peuvent avoir des têtes explosives soit nucléaires, soit classiques, selon ce qu'on veut faire avec.
06:09Et donc voilà la différence entre un SNLE.
06:11Le but, c'est de détruire l'armée ou les villes adverses,
06:15et les SNA qui ont plutôt pour but de lancer des missiles plus petits,
06:21et qui ont, c'est plus comme un requin, si vous voulez, c'est un sous-marin d'attaque,
06:25comme son nom l'indique, le SNA.
06:27Le sous-marin nucléaire lanceur d'engins, il a une seule mission,
06:30c'est de lancer ses missiles si on lui demande.
06:32Et donc il participe à la dissuasion pour protéger une puissance nucléaire,
06:37ce qu'on appelle les États dotés, et il y en a neuf aujourd'hui,
06:41mais sur les neuf, tous n'ont pas des SNLE.
06:43Il y a les États-Unis, bien sûr, les Russes, la France, la Grande-Bretagne, la Chine,
06:50et puis l'Inde qui commence, c'est la Corée qui annonce qu'elle voudrait construire les SNLE,
06:54mais enfin ils n'en sont pas encore là.
06:55Il y a une question sur le type de sous-marins qui est déployé,
06:59mais aussi sur leur positionnement.
07:01Alors, interrogé à ce sujet, Donald Trump s'est exprimé à la télévision américaine,
07:05et il a laissé entendre que c'était assez proche de la Russie,
07:08sans donner vraiment de détails, écoutez le président américain.
07:12Medvedev a dit des choses très graves concernant le nucléaire.
07:16Et vous savez, quand vous mentionnez le nucléaire, mon sang ne fait qu'un tour,
07:20et je me dis qu'il vaut mieux être prudent,
07:22parce que c'est une menace automatique de sa part, et il l'a déjà fait auparavant.
07:27Donc nous serons toujours préparés,
07:29et j'ai donc envoyé dans la région deux sous-marins nucléaires,
07:32juste pour m'assurer que ces mots ne sont que des mots, et rien de plus que cela.
07:37Ils sont près de la Russie, je présume ?
07:39Oui, ils sont près de la Russie.
07:41Philippe Gélier, je me tourne vers vous, vous êtes ancien correspondant à Washington.
07:46Là, on vient d'entendre Donald Trump,
07:48il joue encore l'imprévisibilité et la théorie du fou.
07:51Nixon avait fait la même chose en 68 pour mettre fin à la guerre du Vietnam.
07:56C'est quoi la théorie du fou ?
07:57Est-ce qu'on est en plein dedans, avec Donald Trump ?
07:59Non, à mon sens, non.
08:00On est en deçà, parce que précisément, on n'est pas dans une escalade nucléaire,
08:05pas du tout, je pense.
08:06On est dans ce que les stratèges appellent un dialogue nucléaire.
08:10Le flou, d'ailleurs, fait partie de la dissuasion,
08:13qui est l'objet de ce dialogue nucléaire.
08:17Je pense qu'on est aussi dans une sorte de dialogue politique,
08:20bizarrement, entre Trump et Poutine.
08:24On a deux dirigeants qui veulent renouer des relations entre eux,
08:30mais aucun ne veut le faire en position d'infériorité,
08:34et aucun n'accepte les pressions de l'autre.
08:36Poutine refuse l'ultimatum de Trump,
08:39et Trump, de son côté, n'accepte pas les menaces nucléaires
08:45formulées par, en l'occurrence, le troll nucléaire de Poutine,
08:51qui est Medvedev.
08:53Mais on n'est pas dans la théorie du fou.
08:54La théorie du fou, il aurait fallu qu'on soit dans des menaces formulées,
08:58dans un changement du niveau d'alerte nucléaire,
09:01ce qui était le cas de Nixon à l'époque.
09:04Donc, il avait bougé des B-52, etc.
09:07Là, on n'est pas dans ce cas-là.
09:09Je pense qu'on est vraiment dans un rapport de force entre deux présidents
09:13qui veulent renouer leur dialogue direct,
09:17mais qui cherchent chacun à prendre l'ascendant sur l'autre,
09:20et refusent les pressions de l'adversaire.
09:24Claude Blanche-Maison, vous avez été ambassadeur de France en Russie en 2000,
09:28au début de l'ère Poutine, en tout cas au moment où il arrivait au pouvoir.
09:32Alors, justement, sur cette possibilité de renouer le contact entre Trump et Poutine,
09:36comment il se positionne ?
09:37Medvedev, quel rôle il a aussi dans ce duo-là ?
09:41Vladimir Poutine n'a pas commenté.
09:43On a du mal à imaginer qu'il n'était pas au courant de ce message ?
09:46Moi, je partage tout ce qui vient d'être dit sur la situation,
09:48sur le décryptage de la situation actuelle.
09:51Maintenant, la question qui se pose, en effet,
09:53et vous l'avez suggéré tout à l'heure,
09:55c'est pourquoi est-ce que cette fois-ci,
09:58le président des États-Unis d'Amérique,
09:59le président du pays le plus puissant du monde,
10:01prend au sérieux ce que déclare Medvedev ?
10:04Medvedev, tous les mois, déclare des choses épouvantables.
10:08Il a déjà promis de détruire Paris, Londres, Berlin, avec des armes nucléaires.
10:13Et les présidents français, premiers ministres allemands,
10:19n'ont pas pris la peine de répondre à ces menaces.
10:21On les traite par le mépris.
10:23Et c'est d'ailleurs, en général, ce qu'elles méritent.
10:26Mais là, Trump a saisi l'occasion pour faire un signalement,
10:31en effet, qui participe du dialogue dissuasif en matière nucléaire,
10:36en disant, attention, moi j'ai des sous-marins dans la zone, etc.
10:40Alors, il a été plus loin.
10:41On sait bien que les Américains ont des sous-marins dans la zone.
10:43Il y en a tout le temps.
10:44Il y en a partout, y compris sous la calotte glaciaire.
10:47Et ça, ça veut dire tout près des côtes russes,
10:49parce que la façade russe vis-à-vis de l'océan Arctique est considérable,
10:55puisque ça fait 11 fuseaux horaires, pratiquement.
10:57Donc, il a saisi cette occasion-là.
11:00Pourquoi ?
11:01Eh bien, je me demande si ça n'est pas, dans le fond, pour faire une diversion,
11:08parce que dans quelques jours, son ultimatum vient à l'échéance,
11:12et qu'il ne se passera peut-être pas grand-chose,
11:14s'il le conserve dans les termes actuels.
11:16Dans les termes actuels, si je vais coller 100% de droits de douane à la Russie,
11:20la Russie s'en moque puisqu'elle n'exporte plus rien aux États-Unis,
11:23l'Inde, les opérateurs privés ont commencé à diversifier,
11:28à revenir à leurs fournisseurs précédents,
11:31qui étaient des fournisseurs des pays du Golfe,
11:33et donc à acheter beaucoup moins de pétrole en Russie.
11:36Reste le cas difficile de la Chine,
11:39mais la Chine est en négociation sur la question douanière.
11:43C'est un des pays avec lesquels les Américains n'ont pas pu conclure le sujet douanier,
11:48donc on est en pleine négociation.
11:49Et les Chinois ont les moyens de se défendre pour beaucoup de raisons,
11:51et notamment parce qu'ils expliquent que si on leur colle des droits de douane trop élevés,
11:56eh bien ils mettront un embargo sur les terres rares,
11:57et que par conséquent, une partie de la high-tech américaine ne pourra plus fonctionner.
12:03Ça, cette négociation-là va continuer.
12:05Alors là-dessus, M. Whitcock, l'envoyé spécial de Trump,
12:09va arriver au Kremlin mercredi probablement, mardi ou mercredi prochain,
12:14et effectivement, ça va être intéressant de voir s'il a quelque chose à proposer à Trump,
12:18et s'il a quelque chose à proposer à Poutine, pardon,
12:22et quelle sera la demande de Poutine ?
12:24Parce que Poutine le reçoit d'un homme d'affaires important qui a fait fortune,
12:29qui ressemble un peu à Trump,
12:30et par conséquent, bien sûr, Poutine est fasciné par ce genre de personnage,
12:34donc ils auront une discussion un petit peu d'égal à égal.
12:38Il est probable que Poutine dira, mais cette échéance de la fin de la semaine,
12:44ce n'est pas sérieux, il faut la reporter,
12:46il faut la reporter de quelques jours ou de quelques semaines,
12:49sinon ça va être le désordre le plus complet.
12:52On va justement aller voir.
12:53Et effectivement, il est possible qu'il réitère la demande de Trump,
12:58nous voulons voir une trêve, un cessez-le-feu de quelques semaines.
13:02Merci d'avoir regardé cette vidéo !

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