- il y a 1 an
À Berlin, Zaho de Sagazan raconte son lien particulier avec l'Allemagne, les pâtisseries de Noël de Lübeck et le döner kebab.
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00:00Elle a dansé pieds nus en ouverture du Festival de Cannes en 2024.
00:07Elle a chanté lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Paris,
00:11remporté tous les prix de musique importants en France.
00:13Elle tourne à travers l'Europe, les Etats-Unis, le Canada.
00:17A 25 ans seulement, Zao de Sagazan navigue déjà parmi les étoiles.
00:22Retour sur Terre.
00:23Zao est né en 1999 à Saint-Nazaire dans l'ouest de la France,
00:27une ville portuaire industrielle, très marquée par la Seconde Guerre mondiale.
00:32Un père artiste plasticien et une mère institutrice,
00:35Zao a une enfance très heureuse avec ses quatre sœurs.
00:38Mais elle est hypersensible et pleure beaucoup, vraiment beaucoup.
00:42Adolescente, elle trouve dans la musique son moyen d'expression.
00:46Elle commence à partager sur les réseaux sociaux des vidéos d'elle sur son piano.
00:50Là, c'est une révélation.
00:52Zao s'aperçoit qu'en chantant,
00:54elle est capable de faire ressentir ses émotions aux autres.
00:56Et des émotions, elle en a à revendre.
01:00Elle sort son premier album en 2023 sur son propre label.
01:04Mêlant musique électronique et chansons françaises,
01:06l'album est un énorme succès.
01:08Notamment avec son tube La Symphonie des éclairs,
01:11que ses fans entonnent par milliers à ses concerts.
01:14Depuis, Zao de Sagazan remplit des salles toujours plus grandes.
01:17Notamment en Allemagne, où sa reprise de
01:19« 990 Luftballons » de Néna,
01:21en allemand, s'il vous plaît, charme les publics.
01:23Une façon de dénoncer l'absurdité de la guerre,
01:28mais aussi de chanter son amour pour son pays préféré, l'Allemagne.
01:35Au début, j'aimais l'Allemagne parce que ma mère aimait l'Allemagne.
01:37Et parce que quand ma mère aime quelque chose,
01:39j'étais du genre à aimer ce que ma mère aimait.
01:41Donc ça, c'était vers mes 10 ans.
01:43J'ai commencé à faire de l'allemand.
01:44J'ai pas aimé l'allemand parce que j'ai détesté la langue au collège.
01:47Donc je trouvais ça chiant.
01:50Jusqu'au jour où je m'en vais en Allemagne.
01:53Premier road trip avec mes amis à 17 ans.
01:56Et là, je vais à Berlin.
01:58Et je tombe complètement amoureuse de Berlin.
02:00Je découvre la musique électronique.
02:02Je découvre les clubs.
02:03Je découvre aussi la vie de jour.
02:06Je découvre Berlin.
02:07Et je tombe complètement amoureuse de Berlin.
02:09On essaye d'aller au Berghain.
02:11Bon, évidemment, je me fais complètement rejeter.
02:13J'ai une tête de bébé.
02:15Bon, voilà.
02:15Mais deux de mes copines y rentrent.
02:17Moi, je n'y rentre pas.
02:19Donc avec une de mes copines, on se dit, c'est pas grave.
02:21Il nous reste deux jours.
02:22On va faire la teuf.
02:23On va dans un autre club.
02:25On danse pendant six heures non-stop.
02:27Et je m'appelle vraiment de me dire une seule chose.
02:30C'est de me dire, mais attends, cette musique, c'est extraordinaire.
02:33Il manque un seul truc.
02:34Une putain de voix et des putains de paroles.
02:36Et je sors de ce club en mode, je vais le faire.
02:39Ça n'a pas été fait.
02:40Je ne sais pas.
02:41En tout cas, je ne l'ai pas entendu.
02:42Ça a évidemment été déjà fait.
02:43Mais à ce moment-là, j'ai l'impression de révolutionner le monde.
02:47Parce que je me dis, mais il faut cette musique électronique qui est géniale,
02:50qui est entêtante, qui rentre dans mon corps petit à petit, etc.
02:53Et c'est là où vraiment, dans ce club-là, qu'à naître vraiment en moi,
02:58cette envie de faire des concerts où on peut y trouver en même temps un piano-voix
03:01typique, inspiré par Barbara.
03:05Et une chanson et de la vraie techno pendant 20 minutes à la fin.
03:10Je découvre très vite Kraftwerk, grâce à ma soeur jumelle qui me dit,
03:13si tu aimes bien la musique allemande, il faut écouter Kraftwerk.
03:16Là, je tombe des nus.
03:19Je me dis, mais ce groupe a été fait pour que ça me plaise.
03:22Et à partir de ce moment-là, je découvre vraiment toute la musique électronique.
03:26Donc, très portée sur l'Allemagne.
03:29Je découvre Cannes, je découvre même plein d'autres trucs.
03:34Je découvre...
03:34Mais tout ce qui est allemand commence à me plaire beaucoup.
03:37J'aime cette froideur et en même temps cette chaleur,
03:39cette ambivalence que je trouve en Allemagne.
03:43J'adore la langue.
03:44Je commence à me dire que là, moi qui ai appris 10 ans l'allemand et qu'il n'y en a eu rien à faire,
03:48tout d'un coup, je me dis, mais en fait, elle est hyper musicale, cette langue.
03:52Et je l'associe directement à la musique électronique.
03:55Donc, dès que je fais de la musique électronique en studio avec mes copains,
03:57je me dis, mais attends, il faut chanter en allemand, ce n'est pas possible.
04:00Au final, je finis par chanter en français quand même,
04:01parce que je ne sais pas écrire en allemand.
04:03Un autre souvenir de vos séjours en Allemagne ?
04:07J'ai deux vrais souvenirs, c'est Lubeck et Berlin.
04:09Lubeck, je me souviens de ne pas du tout aimer la pâtisserie allemande.
04:13La pâtisserie avec plein de trucs d'amande dedans, comment on appelle ça ?
04:16Très, très Noël.
04:17On me dit, c'est extraordinaire, mais je me dis, mais c'est dégueulasse.
04:22Mais je vais me rapprocher du culinaire allemand
04:25quand je vais découvrir quelque chose qui n'est pas très culinaire,
04:29mais en même temps, je trouve ça merveilleuse,
04:31le kebab allemand.
04:33Et là, moi, j'étais, donc j'étais,
04:35je mangeais comme tout étudiant pas mal de kebab en France.
04:39Une fois que je suis allée en Allemagne,
04:40je n'ai plus jamais mangé de kebab français,
04:42tellement je me suis dit, mais possible, c'est une horreur.
04:45Et je pense qu'on a mangé 18 kebab en 7 jours,
04:49parce que c'est les donneurs,
04:54les berlines donneurs, on appelle ça.
04:56Je crois que c'est surtout Berlin plutôt qu'Allemands,
04:59mais il y a énormément de crudités.
05:02Il y a beaucoup plus de choses, quoi.
05:03Nous, on est mini-trucs, que de la viande dégueulasse.
05:06Eux, ils nous sortent un bouquet de crudités.
05:10Bref, donc entre ça, suppulents.
05:12Voilà mon grand souvenir culinaire allemand.
05:15Et sinon, j'ai le souvenir du Ritter Sport.
05:20J'ai le souvenir, quand j'ai ça, c'était en cours d'allemand,
05:22parce que ma prof d'allemand était fan d'allemand,
05:25mais alors de toute la culture allemande.
05:27Elle nous a écouté toute la musique allemande.
05:28Moi, je découvre à ce moment-là Tokyo Hotel.
05:30Elle me dit, c'est génial avec ça.
05:32Et entre autres, elle nous fait,
05:33dès qu'on a une bonne réponse,
05:34elle nous donne un chocolat.
05:36Donc évidemment, c'est là où je vais commencer à participer.
05:39Sinon, je ne me voyais pas un père avant.
05:41Et je me rappelle très bien de juste l'ouverture
05:43que j'ai trouvée fantastique du Ritter Sport.
05:46C'est tout.
05:47Je ne sais même plus si c'était bon ou pas,
05:48mais je me rappelle de trouver l'ouverture,
05:50d'avoir qu'une envie, c'était d'ouvrir ce Ritter Sport.
05:53À propos d'objets allemands,
05:55à quoi pourrait bien servir cet objet typiquement allemand ?
06:00Il ne faut pas mettre le doigt dessus, mais...
06:09À quoi ça sert ?
06:12Une épine.
06:18Bah ouais, on dirait, on peut poser un citron, un oeuf.
06:21Un oeuf, c'est pour casser...
06:22Elle va faire juste un petit trou dans l'oeuf.
06:25Très bien, ok.
06:26J'ai vu ça.
06:29Un pic-œuf.
06:30Allez, un petit jeu autour des expressions imagées.
06:34Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ?
06:37Tu as n'est pas...
06:39Je pense...
06:43Euh...
06:44Attends.
06:46Tu n'as pas...
06:47Ah, est-ce que ça veut dire
06:48que tu n'as pas toutes les...
06:49Toutes les cases, quoi ?
06:52Tu n'as pas toutes tes...
06:53Oui, c'est ça ?
06:55Ça m'est saucisse.
06:58Ça m'est saucisse.
07:01J'ai envie de dire ça m'est égal, mais...
07:03C'est ça ?
07:05Ah, trop drôle.
07:06Ça m'est saucisse, ça m'est égal.
07:08Un choc culturel que vous avez vécu en Allemagne ?
07:12Ce qui m'a choquée en Allemagne, quand je suis allée en Allemagne, c'est que j'ai pris conscience à quel point, là où je suis née, était influencée par l'Allemagne.
07:21Saint-Nazaire, alors, on pourrait vous voir le mauvais côté, parce que c'est influencé par la guerre, mais je n'avais pas trop conscience.
07:28Je n'ai jamais vu l'Allemagne comme ce qui a fait que ma ville a été détruite.
07:33Mais du coup, j'ai une ville très industrielle et extrêmement bétonnée, en même temps vue sur mer, avec cette grande basse marine allemande, etc.
07:39Et j'ai toujours adoré.
07:43Moi, j'ai toujours trouvé la Saint-Nazaire très, très belle, là où tout le monde me dit que c'est une ville morte, terriblement froide, etc.
07:49Moi, j'aimais ce côté très ferraille, indus, avec des grues partout.
07:54Et je me rappelle d'arriver à Berlin et de me dire, mais en fait, c'est un peu pareil.
07:58Tu vois bien...
07:59Ce n'est pas du tout un truc comme Paris, où tout est uniforme.
08:03Ce n'est pas du tout uniforme à Berlin.
08:05C'est hyper disparate.
08:06C'est hyper...
08:07Chaque rue est différente.
08:08Tu as des tags partout.
08:10Tu as un truc où c'est hyper bétonné, mais ils ont mis de l'herbeau dessus.
08:14Puis après, tout est différent.
08:16Et je me disais, mais j'adore !
08:17Et la langue allemande ?
08:19C'était difficile d'apprendre l'allemand ?
08:22Moi, je ne pense pas que ce soit une langue très, très, très difficile.
08:26Parce que je pense qu'à l'inverse, c'est une langue assez logique.
08:29Et moi, qui ai un esprit plutôt logique, j'aime bien.
08:33J'adore le fait qu'on puisse créer des mots avec plein de mots.
08:36Je mets trois mots dans un seul mot et ça en fait un nouvel, un nouvel mot.
08:41J'adore.
08:44Moi, il y a un mot que je trouve...
08:46Alors déjà, qu'on peut placer partout et que je trouve hyper beau, c'est Genau.
08:50J'adore Genau.
08:52Je trouve que c'est le même mot, mais je trouve la prononciation hyper belle.
08:55J'aime beaucoup ce Au quand on retourne en Allemagne.
08:58C'est même comment c'est écrit.
08:59Et en plus, tu peux le placer partout.
09:02Il y en a...
09:03J'adore ce mot.
09:07Non, le pire, dans l'allemand, c'est le datif, le tableau, là.
09:13Je ne l'aurai jamais.
09:15J'aurais beau apprendre tout ce que tu veux, je ne l'aurai jamais.
09:18Il y a des trucs qui sont venus très facilement.
09:19Quand on m'a dit...
09:20Je me rappelle quand on m'a expliqué le verbe à la fin.
09:22Il y avait plein de trucs où...
09:25Je ne sais plus.
09:26Je crois que c'est ma mère qui essayait toujours de...
09:29Parce que ma mère est vraiment fan de la langue allemande,
09:32et de Berlin, et de l'Allemagne en général.
09:35Donc elle a toujours essayé de me donner son amour pour l'Allemagne.
09:40Et en plus, elle est prof.
09:42Donc elle a ce côté très pédagogue,
09:45et donc un peu menteuse des fois, tu vois.
09:48Mais typiquement, elle me disait...
09:49Je ne comprends pas pourquoi ils mettent le verbe à la fin.
09:51Ça n'a aucun sens.
09:51Ça me disait...
09:53Tu vois, Zao, nous, on met le verbe au début.
09:55Eux, ils mettent le verbe à la fin,
09:56ça nous oblige à écouter jusqu'au bout.
09:58Parce que tant qu'on n'écoute pas la fin de la phrase,
09:59on ne peut pas la comprendre.
10:00Et je me suis dit...
10:02C'est génial !
10:03C'est incroyable !
10:05Et bien le fait qu'elle m'expliquait ça,
10:07comme si c'était une raison philosophique, tu vois.
10:09Et ça se trouve celle-là, je ne sais pas,
10:10mais je trouve que c'est fantastique.
10:21Merci.
10:22Merci.
10:23Merci.
10:24Merci.
10:25Merci.
10:26Merci.
10:27Merci.
10:28Merci.
10:29Merci.
10:30Merci.
10:31Merci.
10:32Merci.
10:33Merci.
10:34Merci.
10:35Merci.