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  • il y a 1 an
Libéré en 2005, après 21 ans de détention, Leroy déménage dans l'Est de la France. Il témoignera dans l'émission Faites entrer l'accusé, en 2010, de sa vie criminelle

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📚
Éducation
Transcription
00:00:30Francis Leroy, dans le Périgord, dans les années 80, l'histoire de ce tueur, voleur et violeur a alimenté tous les fantasmes.
00:00:44Parce qu'il sévissait en période de pleine lune.
00:00:48Un loup-garou qui agissait toujours masqué, que ses victimes trouvaient irrationnel, fou.
00:00:54Il prenait en otage des familles entières pour leur voler trois fois rien.
00:00:57Il avait un drôle d'accent et une drôle d'odeur, une odeur de sous-bois.
00:01:02Tout pour alimenter le mythe.
00:01:04On s'est même demandé s'il ne s'inspirait pas d'un roman de Simenon, un maigret, le fou de Bergerac.
00:01:10Quand on l'a arrêté, il s'est dit victime de forces occultes.
00:01:1424 janvier 1984, à L'Aimbrasse, près de Bergerac en Bordogne.
00:01:29Il est 20h45, quand un couple découvre dans les phares de sa voiture le corps d'un homme.
00:01:40À terre.
00:01:43Les gendarmes accourent.
00:01:45Il pleut, il fait noir.
00:01:51Il est 21h, c'est au mois de janvier quand même, c'est en plein hiver.
00:01:55On constate qu'il y a la présence d'un bonnet.
00:01:59Un bonnet sur place, des lunettes par terre.
00:02:02L'homme est décédé.
00:02:04Visiblement, il y a eu des coups, un échange de coups, une bagarre sur place.
00:02:13Il y a eu des chaufferées entre un homme et un deuxième qui n'est pas là.
00:02:19La victime a reçu sept coups de couteau.
00:02:22Pendant que les gendarmes commencent leur travail, un adolescent se précipite vers eux.
00:02:27Il habite la maison d'à côté.
00:02:28Il s'appelle Marc.
00:02:30Cet homme au sol, il le connaît.
00:02:32C'est Jacques Royère.
00:02:33L'ami de sa mère.
00:02:35Et il raconte ce qui s'est passé cet après-midi-là.
00:02:40Il était 5h30, quand sa sœur aînée Gaëlle, 18 ans, est rentrée du lycée.
00:02:47Un homme masqué l'attendait caché dans le garage.
00:02:49Il lui a sauté dessus au moment où elle ouvrait la porte.
00:02:55Elle s'est trouvée de suite face à l'individu qui l'a menacé.
00:02:59Armé, qui l'a menacé.
00:03:00Il avait un foulard sur le visage.
00:03:03Et il lui a demandé de rien dire.
00:03:07Il l'a attaché de suite.
00:03:08Il l'a mise dans une chambre.
00:03:10Il ne l'a pas violenté.
00:03:13Il lui a demandé de décrire la composition de la famille.
00:03:16Qui vivait à cet endroit-là.
00:03:17Qui allait rentrer, à quelle heure.
00:03:22Vers 6h30, la mère et la petite sœur sont rentrées à leur tour.
00:03:27Et l'homme les a braquées, elles aussi.
00:03:33Il voulait les clés de la voiture, la carte bleue, l'argent que la mère avait sur elle, 300 francs, 45 euros.
00:03:41Elle a subi le même sort, a été attachée, baillonnée, la bouche baillonnée pour éviter les cris.
00:03:46Et la petite a dû attacher les pieds et les mains de sa mère.
00:03:50Et puis l'homme a enfermé la petite dans les toilettes.
00:03:57Ensuite c'est Marc, le fils qui est rentré.
00:04:00Il s'est retrouvé comme sa mère et ses sœurs, menacés, ligotés, séquestrés dans un placard.
00:04:06Après ça, l'homme aurait pu quitter la maison avec son petit butin.
00:04:08Non, il est resté.
00:04:11Le téléphone a sonné.
00:04:13Gaël, l'aîné, a dû répondre, sous la menace.
00:04:16La fille aînée devait dire que la maman était partie chez une amie.
00:04:19Mais un de ses coups de fil, c'était un ami de la famille,
00:04:23qui semble-t-il a trouvé la réponse non adaptée, je dirais.
00:04:29Cet ami, c'est Jacques Royer.
00:04:30L'homme convient de retrouver mort.
00:04:33Au téléphone, il n'a pas trouvé la voix de Gaël normale.
00:04:36Alors il est venu voir ce qui se passait.
00:04:39Il frappe et l'agresseur se présente à la porte.
00:04:43Et il lui ouvre.
00:04:45Et le fils nous dira, il entend une poursuite dans l'herbe, dans le jardin.
00:04:51Et puis plus rien.
00:04:52Il attend, il attend un moment.
00:04:53Et une demi-heure après, il avait entendu le de ton et le gyrophares.
00:04:58Il a pu se libérer.
00:04:58Il est venu me dire qu'il y avait une séquestration.
00:05:03Mais la famille est incapable de décrire précisément l'agresseur.
00:05:08C'est un homme grand, maigre, qui voulait une voiture.
00:05:17Grand, maigre, c'est peu.
00:05:20Mais ça parle quand même aux gendarmes.
00:05:21Ça fait des années qu'on leur décrit de la même manière un homme qui agresse les gens de la région.
00:05:26Cet homme, il l'appelle le fou de Bergerac.
00:05:29Il vient donc te frapper encore.
00:05:30Philippe Louiset, vous, à l'époque, vous êtes procureur de Bergerac.
00:05:38Alors ce fou de Bergerac, là, qui semble avoir ressurgi avec la mort de Jacques Royer,
00:05:45vous en avez entendu parler, vous, à l'époque ?
00:05:48Oui.
00:05:49Alors, nous sommes en 1984, effectivement, nous avons une dizaine d'agressions, avec des points semblables.
00:05:56Et donc, à notre connaissance, depuis 1978, la plupart des affaires, c'est à Bergerac ou les environs.
00:06:04Mais nous ne savons absolument pas à l'époque de qui il s'agit.
00:06:08Si c'est lui qui a tué Jacques Royer, est-ce qu'il a déjà tué par le passé ?
00:06:12Alors, pas à notre connaissance.
00:06:14Mais, il est armé.
00:06:17L'arme en question est approvisionnée, puisqu'on a retrouvé une fois une balle dans un jardin, après une agression.
00:06:24Et à l'époque, j'ai considéré que, par conséquent, il était particulièrement dangereux.
00:06:28Le mode opératoire est toujours le même ?
00:06:30Alors, le mode opératoire a beaucoup de points semblables, même s'il y a quelquefois des différences.
00:06:35Mais nous avons à la fois l'aspect de la personne,
00:06:39donc un homme qui est très grand, qui est mince, qui est masqué,
00:06:45qui, le plus souvent, a une espèce de carabine, de fusil,
00:06:49avec une crosse courte, un canon qui est scié.
00:06:54Mais également, il y a le comportement qui attire l'attention des enquêteurs.
00:06:58Là, on est en présence de quelqu'un qui reste sur place, un temps certain,
00:07:02qui discute, qui a un discours, donc parfois incohérent, avec un accent espagnol,
00:07:08un comportement assez aberrant, qui explique pourquoi on l'appelait le fou de Bergerac.
00:07:12Ça fait donc six ans que les policiers et les gendarmes de la région de Bergerac
00:07:22courent après un fou qui séquestre des familles entières
00:07:25pour leur voler des broutilles.
00:07:31Bergerac, au cœur du Périgord, sur les rives de la Dordogne.
00:07:351er décembre 1978.
00:07:47Il est 6h30.
00:07:49Jean-Pierre rentre du lycée.
00:07:54Il ouvre la porte.
00:07:56Un homme armé, un bas sur la tête, se dresse devant lui.
00:08:00A l'époque, Jean-Pierre avait 17 ans.
00:08:02La première surprise, c'est de penser que c'est un copain qui me fait une blague, une sale blague.
00:08:08Et je lui dis, mais arrête, qu'est-ce que c'est cette histoire ?
00:08:10Et rapidement, je prends conscience que ce n'est pas un copain,
00:08:15que c'est quelqu'un qui me menace.
00:08:22Quand vous êtes en joue d'une arme et que vous prenez conscience
00:08:26que quelqu'un peut tirer, qu'une balle peut vous tuer,
00:08:29même en étant jeune, vous prenez très vite conscience que votre vie est en jeu.
00:08:35Jean-Pierre se laisse entraîner dans sa chambre.
00:08:38L'homme lui attache les mains avec du sparadrap.
00:08:43Il m'a posé plein de questions pour savoir si j'étais seul dans la maison,
00:08:48à quelle heure rentraient mes parents.
00:08:50Voilà, on a attendu que mes parents rentrent.
00:08:52Quand ma mère arrive, je suis bien sûr attaché, il me met en joue.
00:09:03J'ouvre la porte, je suis sidérée, sans réaction, sans voix.
00:09:13C'est à ce moment-là que mon fils me dit,
00:09:15« Maman, ce n'est pas une plaisanterie, fais ce qu'il te dit. »
00:09:20Et j'ai obéi.
00:09:25Le père rentre.
00:09:28Et tout le monde se retrouve ligoté et baïonné,
00:09:34enfermé dans une chambre.
00:09:35Il nous parle de l'Espagne, qu'il est en guerre,
00:09:43peut-être qu'il veut faire la révolution.
00:09:47Il nous parle avec un accent espagnol.
00:09:51Il fait comme s'il parlait à d'autres personnes également, dans la maison.
00:09:55Il disait qu'il voulait aller à l'étranger,
00:09:58qu'il voulait une voiture.
00:10:01On était prêts à lui donner les clés.
00:10:03Je ne me rappelle plus trop ce qu'il disait d'autres.
00:10:06On avait l'impression qu'il attendait du monde, d'autres personnes.
00:10:12Il venait de temps en temps voir ce qui se passait.
00:10:17Il nous demandait si ça allait.
00:10:19Déjà, on ne sentait pas une agressivité marquée contre nous.
00:10:26Pendant ce temps, il allait dans le frigidaire,
00:10:29il regardait s'il y avait quelque chose à manger.
00:10:31Il est allé dans la salle à manger pour voir s'il y avait des bouteilles d'apéritif pour boire.
00:10:42Et il a dit qu'est-ce que c'est cette maison ?
00:10:44Il n'y a rien à boire, il n'y a rien à manger.
00:10:46On a entendu à un grand moment, on n'a plus entendu de bruit, donc on se pose des questions.
00:10:56On se dit, tiens, est-ce qu'il est encore là ? Est-ce qu'il est parti ?
00:10:59Et on a entendu, à un moment donné, notre porte d'entrée s'ouvrir et se fermer.
00:11:08Et mon fils me dit, maman, je crois qu'il est parti.
00:11:11Alors je lui dis, ne fais pas de bruit, attends, écoute.
00:11:15Et à ce moment-là, il est plus rapide que moi, il vient vers moi dans mon lit, on se met dos à dos,
00:11:25on se détache les liens que nous avions à nos mains, et je lui dis, va vite, fermez les portes.
00:11:32Jean-Pierre fait le tour de la maison pour vérifier que l'homme est bien parti.
00:11:36Il a bu de l'alcool, il avait des bouteilles qui étaient sorties, il y avait des verres,
00:11:46il a volé un briquet qui était dans le salon, je crois qu'il a volé quelques bijoux, une montre aussi.
00:11:54Il y a eu un peu de vol, oui.
00:11:58Prise en otage pendant six heures, la famille peut enfin respirer et appeler la police.
00:12:06On croit qu'il est en fuite, qu'on connaissait les problèmes espagnols avec le TA,
00:12:16on fait un lien avec ça, on cherche une voiture pour s'enfuir, un peu d'argent, peut-être un refuge,
00:12:22on croit à son histoire.
00:12:25La police aussi y croit.
00:12:27Elle interpelle quelques Espagnols et des Portugais qui vivent à Bergerac.
00:12:31Sans résultat, l'affaire finit par être classée sans suite.
00:12:36Mais deux ans plus tard, fin 80, une autre famille est attaquée à Bergerac,
00:12:41puis une autre cinq mois plus tard.
00:12:44Toujours selon le même scénario.
00:12:47Toutes les victimes racontent qu'elles ont été agressées par un homme masqué et armé.
00:12:52Un homme grand, qui parle avec un accent espagnol et qui dégage une odeur bizarre.
00:12:58Une odeur de sous-bois ou de campagne.
00:13:01On connaît des gens qui commettent des agressions,
00:13:05soit pour violer, soit pour voler, mais lui, c'était des petits vols qu'il commettait à chaque fois.
00:13:12Il séquestrait les personnes et au lieu de s'enfuir immédiatement,
00:13:15parce qu'il y a un danger dès que les gens sont là,
00:13:18non, il restait le plus longtemps possible, quasiment jusqu'à ce que toute la famille vienne.
00:13:22Il réclamait par exemple un véhicule pour partir,
00:13:25et puis ensuite il partait en laissant le véhicule.
00:13:26Donc c'était quand même un personnage qui avait une attitude un peu incohérente, il faut le dire,
00:13:31et qui était relevé à chaque fois dans toutes les agressions pour lesquelles nous avions des plaintes.
00:13:38À Bergerac, de drôles d'histoires commencent à courir.
00:13:42Il y avait une rumeur qui disait qu'un homme, avec le visage masqué par une cagoule, avec une arme,
00:13:53attendait les femmes en particulier à la tombée de la nuit devant leur maison,
00:13:58et puis il se passait des tas de choses ensuite, mais on ne savait pas trop quoi exactement.
00:14:02Et la police ne tenait pas à ce qu'on en parle pour ne pas affoler la population.
00:14:06Alors vous savez comment ça se passe dans ces cas-là.
00:14:09La rumeur, avec tous les fantasmes qu'elle peut véhiculer, finalement, est bien pire que les faits eux-mêmes.
00:14:20Monsieur le procureur, en octobre 82,
00:14:24une nouvelle agression a lieu à Bergerac.
00:14:28Vous pouvez nous raconter qu'est-ce qui se passe cette fois-là ?
00:14:30Les services de police m'informent qu'une femme a été violée dans des conditions vraiment très particulières.
00:14:37Nous sommes vers 7h du matin, donc également à Bergerac.
00:14:41Son mari vient juste de sortir.
00:14:43Elle est encore au lit.
00:14:45Sa fille, qui a une douzaine d'années dans la chambre d'à côté,
00:14:48elle entend du bruit.
00:14:50Elle se lève.
00:14:51Elle va dans la chambre d'à côté.
00:14:53Elle se retrouve nez à nez avec un homme qui est masqué, qui est très grand,
00:14:57et qui, rapidement, va lui mettre un couteau, une baïonnette, je ne me souviens plus,
00:15:03en tout cas quelque chose de pointu sur la gorge.
00:15:07Il l'amène dans sa chambre et là, il va la violer.
00:15:11Il va ensuite la ramener dans la chambre de sa fille.
00:15:16Il la ligote et il lui dit,
00:15:20vous comptez jusqu'à 200 et au bout de 200, la fille pourra vous détacher.
00:15:26Surtout, vous gardez le silence, vous ne dites rien,
00:15:31car sinon, je m'en prends à la petite.
00:15:33Est-ce que c'est la première fois qu'il viole, si c'est le fou de Bergerac ?
00:15:38Parce qu'il a eu d'autres femmes sous sa coupe, à sa merci.
00:15:42Il n'y a jamais touché.
00:15:43Alors, à ce moment-là, c'est la première fois que je suis informé d'un fait de viol qui est caractérisé.
00:15:48Et alors, l'élément extrêmement surprenant, c'est qu'au mois d'octobre, d'après, donc l'année d'après,
00:15:56la fille de cette femme, qui lui avait déjà dit,
00:16:01tu sais, maman, le jour où on arrêtera le type qui t'a fait ça,
00:16:07j'aurai quelque chose à te dire.
00:16:09Avant même qu'on ait arrêté l'auteur,
00:16:11malheureusement, on n'avait pas pu le trouver encore,
00:16:15elle va, au cours d'une réunion familiale, dire,
00:16:18tu sais, maman, cet homme, un an avant, il est venu.
00:16:25C'était un samedi matin, les parents étaient partis travailler,
00:16:29et cette gamine est encore au lit.
00:16:34Il y a un homme qui rentre, masqué,
00:16:37il va la violer dans un bois,
00:16:38et il va la ramener,
00:16:42parce que c'est vraiment des choses étonnantes,
00:16:45et il va la menacer,
00:16:47en lui disant, si tu parles,
00:16:49je tuerai tes parents.
00:16:51Et elle s'est tue pendant ces longs mois,
00:16:54jusqu'au viol de sa propre mère.
00:16:55Elle s'est tue, jusqu'au viol de sa mère,
00:16:56et même encore, elle se borne à lui dire,
00:16:58tu sais, maman, si on l'arrête,
00:17:00le jour où on l'arrêtera,
00:17:01là, j'aurai quelque chose à te dire.
00:17:03De 1978 à 1982,
00:17:12l'homme à la cagoule, le fou,
00:17:14a donc frappé cinq fois.
00:17:16Trois fois pour voler,
00:17:17deux fois pour violer.
00:17:19En octobre 1982,
00:17:21nouvelle agression dans une maison de Bergerac.
00:17:23Cette fois-là, il est mis en fuite par un père de famille.
00:17:26Il réapparaît moins d'un an plus tard,
00:17:28en août 1983.
00:17:2926 août 1983, 21 heures.
00:17:35La famille Bauduin dîne tranquillement dehors.
00:17:43Tout à coup, un homme masqué bondit dans le jardin.
00:17:47Il est venu immédiatement me braquer en criant,
00:17:51plus un geste, la maison est serrée.
00:17:52C'était une espèce de grand escogriffe
00:17:57qui était masquée avec un masque de vieillard
00:18:02et avec...
00:18:04Il avait un poncho sur lui
00:18:05qui cachait plus ou moins une carabine.
00:18:09L'homme oblige Alix à ligoter son mari
00:18:11et son beau-frère.
00:18:13Puis il pousse tout le monde dans une chambre.
00:18:15Toujours la même histoire.
00:18:19On a demandé où était la clé de la voiture.
00:18:20On lui a dit.
00:18:22Puis il a commencé à me faire raconter
00:18:24toute une histoire abracadabrante,
00:18:27comme quoi il arrivait d'Espagne,
00:18:30mais qu'il allait repartir.
00:18:32Donc il fallait que je répète sans cesse
00:18:34tout ce qu'il me disait.
00:18:38Il était un peu incohérent.
00:18:41C'était en fait une forme de domination.
00:18:46Il était le maître.
00:18:47Voilà.
00:18:47C'était sa façon d'être le maître chez lui,
00:18:50enfin, de nous avoir à sa botte en quelque sorte.
00:18:58Il jouissait de la façon
00:19:01dont il pouvait nous avoir à sa merci.
00:19:03Et d'autre part,
00:19:05il était comme un pauvre type
00:19:08qui était prêt finalement à écouter
00:19:11une femme qui lui parlait
00:19:13sans l'agresser.
00:19:17Car Alix, qui n'est pas baïonnée,
00:19:19tente de discuter,
00:19:20de le calmer.
00:19:22Elle a peur pour ses trois enfants en bas âge
00:19:23qui dorment à côté.
00:19:25Je faisais tout pour garder ce dialogue.
00:19:30En fait, je ne voulais pas le laisser agir.
00:19:31Je voulais absolument l'occuper
00:19:33en me disant,
00:19:34bon, il ne faut pas que je laisse le temps mort
00:19:35parce que s'il y a un temps mort,
00:19:38il va se passer quelque chose.
00:19:39Ce n'est pas possible
00:19:39parce que je le sentais quand même nerveux.
00:19:45L'homme sait que le reste de la famille
00:19:47ne va pas tarder.
00:19:49Vers 22 heures,
00:19:50les beaux-parents d'Alix
00:19:51et l'un de ses beaux-frères débarquent.
00:19:55Je ne vous dis pas l'état de nerf
00:19:57dans lequel j'étais
00:19:58parce que je me suis demandé vraiment,
00:20:00là, c'est la fin,
00:20:04il va se passer quelque chose.
00:20:06Quoi ?
00:20:06Je ne sais pas,
00:20:07mais il va se passer quelque chose.
00:20:11J'entends ma belle-mère
00:20:13qui rentre dans la maison,
00:20:16qui s'étonne de ne pas voir
00:20:18de la lumière allumée
00:20:19puisqu'il avait éteint
00:20:20toutes les lumières.
00:20:21On se demande,
00:20:22mais qu'est-ce qui se passe ?
00:20:23Ce n'est pas possible.
00:20:24Ils ne sont tout de même pas partis
00:20:25au cinéma
00:20:26ou quelque chose comme ça.
00:20:28Et c'est à ce moment-là
00:20:30qu'on a entendu appeler
00:20:32dans le couloir.
00:20:34J'ai appelé ma belle-mère
00:20:35en disant,
00:20:35écoutez,
00:20:36surtout,
00:20:37ne faites rien,
00:20:39ne dites rien,
00:20:40il y a quelqu'un
00:20:41qui est là
00:20:42et qui va me tuer
00:20:44et qui va tuer les enfants
00:20:45si vous faites quoi que ce soit.
00:20:47Quelqu'un
00:20:48avec un masque
00:20:49et une arme.
00:20:51Elle a hurlé.
00:20:53Elle a vraiment hurlé.
00:20:55Ce qui a fait
00:20:55que mon beau-père
00:20:56est arrivé
00:20:57en l'entendant comme ça.
00:20:58Elle m'a dit,
00:20:58qu'est-ce qui se passe ?
00:21:00Et mon père,
00:21:01qui avait fait trois guerres,
00:21:02a un coup d'œil extraordinaire.
00:21:04Il voit l'arme
00:21:05et en un quart d'instant,
00:21:07il se rend compte
00:21:08que c'est une arme
00:21:08à un coup.
00:21:09Je me suis dit,
00:21:10il faut absolument
00:21:10que le fusil soit déchargé.
00:21:16Je me suis précipité
00:21:17sur le gars,
00:21:18j'ai pris le fusil,
00:21:19le coup est parti.
00:21:23Dieu merci,
00:21:24l'arme a été légèrement déviée.
00:21:26L'agresseur,
00:21:27le coup,
00:21:28sinon,
00:21:28serait parti directement
00:21:29sur le cœur
00:21:30de mon père.
00:21:31La balle
00:21:32m'a traversé le bras.
00:21:35Mais je n'ai rien senti,
00:21:36je ne le savais pas en fait.
00:21:38Alors j'ai continué
00:21:39à me bagarrer avec le type.
00:21:40Une fois le coup parti,
00:21:42je n'avais plus peur du fusil.
00:21:43Alors j'y étais coup de poing.
00:21:45Et à ce moment-là,
00:21:48il est complètement déstabilisé.
00:21:50Il a même d'ailleurs,
00:21:51pratiquement,
00:21:52mon père a presque réussi
00:21:53à le démasquer
00:21:54et il commence à fuir.
00:21:56Mon mari,
00:21:56tout baïonné
00:21:57et ligoté qu'il était,
00:21:59a bondi du lit
00:22:00et s'est retrouvé
00:22:02à sautiller dans le couloir.
00:22:04Je me fais détacher
00:22:06mes liens
00:22:06et je cours vers lui
00:22:07pour essayer de le rattraper
00:22:08dans la forêt
00:22:09en hurlant.
00:22:12Et si j'avais pu le rattraper,
00:22:13franchement,
00:22:13je l'aurais fait.
00:22:15Je l'ai coursé
00:22:15jusqu'en haut du bois.
00:22:20Les gendarmes
00:22:21en sont certains.
00:22:22L'homme
00:22:22qui a agressé
00:22:23la famille Bauduin
00:22:24n'est autre que l'homme
00:22:25à la cagoule,
00:22:26le fou de Bergerac.
00:22:27Le mode opératoire
00:22:28est quasiment le même
00:22:29que celui des autres agressions.
00:22:31À un détail près.
00:22:32Cette fois-ci,
00:22:33l'homme s'est déguisé
00:22:34avec un masque de vieillard
00:22:36et il a laissé
00:22:37quelques indices
00:22:37qui pourront peut-être
00:22:39faire avancer l'enquête.
00:22:43On voit qu'il est quand même déterminé.
00:22:45L'arme était chargée.
00:22:46On ne sait pas avant
00:22:47si elle était chargée.
00:22:48C'était peut-être
00:22:48juste un simple leurre.
00:22:50Cette fois-ci,
00:22:50elle est réellement chargée.
00:22:51Là,
00:22:52l'inquiétude monte.
00:22:54Cette arme,
00:22:55c'est une 22 long rifle.
00:22:57L'agresseur l'a perdue
00:22:58en se battant
00:22:59avec l'amiral Bauduin.
00:23:00C'était une arme
00:23:04qui avait été transformée.
00:23:07Le canon avait été scié
00:23:09en partie,
00:23:10ainsi que la crosse.
00:23:11Au lieu d'avoir
00:23:12une bretelle normale,
00:23:14elle avait une simple ficelle
00:23:17pour la tenir.
00:23:19Sur cette carabine,
00:23:21les gendarmes
00:23:21cherchent des empreintes.
00:23:23Seulement,
00:23:23comme individu,
00:23:25on nous avait signalé
00:23:26qu'il portait des gants,
00:23:27donc on n'a pu rien trouver.
00:23:30L'arme n'est enregistrée nulle part.
00:23:35Quant à l'enquête de voisinage,
00:23:37elle est aussi très décevante.
00:23:42On trouve des gens
00:23:43qui nous disent
00:23:44qu'il y avait une voiture beige,
00:23:45une voiture rouge.
00:23:46On s'attache
00:23:47à ces moindres détails.
00:23:49Et là,
00:23:49quand on a un premier renseignement,
00:23:50on essaie de trouver
00:23:51un autre témoin
00:23:52qui peut confirmer
00:23:53ce renseignement
00:23:54pour avancer petit à petit.
00:23:55Mais honnêtement,
00:23:56nous n'avons pratiquement rien.
00:24:00Et les victimes,
00:24:01pour une fois,
00:24:02elles ont peut-être
00:24:02plus de choses à dire
00:24:03sur l'homme à la cagoule.
00:24:07Il nous a paru
00:24:08vraiment immense,
00:24:12assez trapu quand même,
00:24:14assez costaud.
00:24:15Il a été châtain,
00:24:16même noir,
00:24:18de cheveux,
00:24:20et bouclé dans le cou.
00:24:22Il avait des grandes pattes
00:24:24et il avait le type
00:24:26du pays,
00:24:28le type tout à fait
00:24:30périgourde.
00:24:31L'amiral Bauduin
00:24:32a pu apercevoir
00:24:33son visage
00:24:34derrière le masque.
00:24:36Du fond de son lit
00:24:36d'hôpital,
00:24:38il aide les gendarmes
00:24:39à dessiner
00:24:39son portrait robot.
00:24:41La presse régionale
00:24:42le diffuse
00:24:43dès le lendemain.
00:24:45Et donc,
00:24:46brutalement,
00:24:47cette histoire
00:24:47a fait irruption
00:24:48dans la presse
00:24:49et sur le terrain
00:24:52des conversations
00:24:54en ville.
00:24:58Les gendarmes
00:24:59reçoivent
00:24:59des dizaines
00:25:01d'appels.
00:25:04La population
00:25:05a cherché
00:25:06à nous aider
00:25:07en signalant
00:25:08toute personne
00:25:08qui pouvait correspondre
00:25:10physiquement,
00:25:11qui avait une attitude bizarre.
00:25:13Je ne dirais pas
00:25:14qu'on va dénoncer
00:25:14son voisin,
00:25:15mais pas loin.
00:25:17Plusieurs personnes
00:25:18sont interpellées.
00:25:19Parmi elles,
00:25:20Jean-François Schneider.
00:25:21Sa ressemblance
00:25:22avec le portrait robot
00:25:23est si troublante
00:25:24que les gendarmes
00:25:25l'embarquent
00:25:26sans ménagement
00:25:27sous les yeux
00:25:28de sa femme.
00:25:29C'est Starkey et Hutch.
00:25:31Voilà,
00:25:31ils ont empoigné
00:25:32mon mari,
00:25:32ils l'ont foutu
00:25:33dans la voiture
00:25:34et puis voilà.
00:25:37Jean-François Schneider
00:25:38est interrogé
00:25:39pendant plusieurs heures.
00:25:40C'est le suspect
00:25:41numéro un.
00:25:43Il a une rougeur
00:25:44sur la joue.
00:25:46Les gendarmes
00:25:46en sont certains,
00:25:47c'est la trace
00:25:48du coup de poing
00:25:49que l'amiral
00:25:50lui a donné
00:25:50la nuit de l'agression.
00:25:52Un médecin
00:25:52doit venir
00:25:53le confirmer.
00:25:56À trois mètres,
00:25:57il dit
00:25:57mais ça c'est pas
00:25:58un coup de poing,
00:25:58il leur a dit
00:25:59au gendarme.
00:26:00Vous me faites
00:26:00déranger pour ça ?
00:26:02Ou bien que ça
00:26:02c'est pas un coup de poing,
00:26:04c'est des boutons.
00:26:08Et le suspect
00:26:09est relâché.
00:26:10Quatre mois plus tard,
00:26:15l'homme à la cagoule
00:26:16remet ça.
00:26:19Marie-Ange,
00:26:21en décembre 1983,
00:26:23quatre mois
00:26:23après l'agression
00:26:25commise
00:26:26chez les Bauduins
00:26:27et un mois
00:26:28avant la mort
00:26:28de chaque royaire,
00:26:29vous êtes
00:26:29à votre tour
00:26:31agressée.
00:26:32Vous pouvez nous raconter
00:26:33qu'est-ce qui s'est passé ?
00:26:35J'ai été réveillée
00:26:37par une voix
00:26:40qui me disait
00:26:40nous sommes deux,
00:26:42nous sommes des évadés
00:26:43de la centrale d'Ais,
00:26:45nous voulons
00:26:46de l'argent,
00:26:48des papiers
00:26:49et les clés
00:26:49de la voiture.
00:26:50Là-dessus,
00:26:51il me dit
00:26:51surtout
00:26:53ne bouge pas,
00:26:55attache ton mari,
00:26:56il m'a lancé des cordes,
00:26:58j'ai attaché mon mari,
00:26:59il dit
00:27:00si ton mari
00:27:00ne bouge pas,
00:27:02ne t'inquiète pas,
00:27:02on ne te fera pas de mal.
00:27:03Après,
00:27:06il m'a fait lever,
00:27:07il m'a attaché
00:27:08les mains derrière le dos
00:27:09et je sentais
00:27:12quelque chose
00:27:12dans mon dos.
00:27:15Il s'est toujours
00:27:16tenu derrière moi,
00:27:17je n'ai jamais vu
00:27:17son visage.
00:27:19Il m'a fait sortir
00:27:21de la chambre
00:27:22et là,
00:27:22il m'a demandé
00:27:23un papier
00:27:23et un stylo.
00:27:25Il me détache
00:27:26et il me dit
00:27:27écrit
00:27:28vive les vacances,
00:27:30vive la liberté,
00:27:31vive les voyages.
00:27:31Vous faites quelle tête
00:27:34à ce moment-là ?
00:27:34Je me dis
00:27:35qu'il n'est pas bien.
00:27:37Je me dis
00:27:38que j'ai affaire
00:27:39à quelqu'un
00:27:39qui n'est pas bien.
00:27:41Donc,
00:27:41vous le faites ?
00:27:42Je le fais,
00:27:42tout simplement,
00:27:43je ne me pose pas de questions,
00:27:44je fais tout ce qu'il me dit.
00:27:46Et après,
00:27:47il m'a dit
00:27:47maintenant,
00:27:48donne-moi
00:27:48de l'argent,
00:27:50les clés de la voiture,
00:27:51les papiers.
00:27:53Alors,
00:27:54mon mari avait
00:27:56une sacoche
00:27:56qu'il avait mis
00:27:58sous le siège
00:27:58de la voiture
00:27:59et effectivement,
00:28:01il y avait une somme
00:28:02à l'époque
00:28:033 000 francs.
00:28:05Donc,
00:28:06je lui dis
00:28:07la sacoche
00:28:07est dans la voiture
00:28:08donc on prend les clés
00:28:09et il m'amène
00:28:10à la voiture.
00:28:11Et à ce moment-là,
00:28:12j'ai vu la lumière
00:28:13de la salle de bain
00:28:14s'allumer
00:28:14et je me suis dit
00:28:15mon mari s'est levé.
00:28:17Et j'ai eu peur.
00:28:18Donc,
00:28:18j'ai couru dans la maison,
00:28:21j'ai retrouvé mon mari.
00:28:22On a poussé l'armoire
00:28:23devant la porte
00:28:23pour bloquer
00:28:25l'accès
00:28:25de la chambre.
00:28:26Donc,
00:28:28on a attendu peut-être
00:28:29demi-heure,
00:28:29trois quarts d'heure
00:28:30et puis quand rien n'a bougé
00:28:31on a dit
00:28:32il faut bien faire quelque chose
00:28:33et mon mari,
00:28:34pieds nus,
00:28:35a couru chez mes parents
00:28:36qui habitaient pas très loin
00:28:37et la police est arrivée.
00:28:41Ils m'ont demandé,
00:28:41ils m'ont posé
00:28:42quelques questions
00:28:42et puis
00:28:43quand j'ai commencé
00:28:44à raconter mon histoire
00:28:45j'ai bien eu le sentiment
00:28:47qu'ils ne me croyaient pas
00:28:49ou qu'ils étaient
00:28:50un peu perplexes
00:28:51sur ce qui m'était arrivé.
00:28:52Ils n'ont pas allusion
00:28:53à ce moment-là
00:28:54au fameux fou de Bergerac
00:28:56dont ils connaissent l'existence.
00:28:57Non mais pas du tout
00:28:57parce qu'ils ne savaient pas
00:28:58d'abord que c'était lui
00:28:59et moi non plus
00:29:00et je ne l'ai appris
00:29:01que plus tard.
00:29:02Vous n'en aviez jamais
00:29:03entendu parler de cet homme-là ?
00:29:05Jamais.
00:29:11Un mois après l'agression
00:29:12de Marie-Ange et de son mari
00:29:14le 24 janvier 1984
00:29:15l'homme à la cagoule
00:29:17tue Jacques Royère.
00:29:19A ce stade
00:29:19c'est sa neuvième agression connue.
00:29:22A son actif déjà
00:29:22un meurtre,
00:29:24deux viols,
00:29:25un blessé
00:29:25et de nombreuses familles traumatisées.
00:29:28Depuis six ans,
00:29:29cet homme mystérieux
00:29:30qui parle avec un accent espagnol
00:29:31qui porte un poncho imperméable
00:29:33qui dégage une odeur
00:29:34de sous-bois
00:29:35échappe aux gendarmes
00:29:37comme aux policiers.
00:29:38A Bergerac,
00:29:39la mort de Jacques Royère
00:29:40fait maintenant grand bruit.
00:29:44Le lendemain du meurtre,
00:29:46la presse régionale raconte
00:29:47le calvaire
00:29:48de la famille séquestrée.
00:29:50L'homme à la cagoule
00:29:51devient le tueur
00:29:52de Bergerac.
00:29:57Quand il y a eu le meurtre,
00:29:58bien sûr,
00:29:59tout le monde était complètement
00:30:00saisi
00:30:01et ne savait plus trop
00:30:04quoi faire.
00:30:05Il y avait véritablement
00:30:06une psychose importante
00:30:07en ville
00:30:08et dès la tombée de la nuit,
00:30:10tout le monde
00:30:10frôlait les murs,
00:30:12rentrait chez lui.
00:30:12c'était très, très, très particulier.
00:30:19Les maisons étaient barricadées,
00:30:21les gens ne sortaient plus.
00:30:22Moi-même,
00:30:23je vais vous dire,
00:30:23quand je rentrais de tournée,
00:30:24qu'il faisait nuit,
00:30:25si mon mari n'était pas rentré,
00:30:26je ne sortais pas de la voiture.
00:30:27Les gens s'arment.
00:30:29À l'époque,
00:30:29les armuriers témoignent
00:30:31qu'ils voient
00:30:32leur chiffre d'affaires
00:30:33en vente d'armes
00:30:34augmenter.
00:30:37Moi qui suis infirmière
00:30:38qui allais au domicile
00:30:39des patients,
00:30:40quand j'arrivais
00:30:41à 18h ou 19h
00:30:42qu'ils faisaient nuit,
00:30:44on m'ouvrait avec une arme.
00:30:45Et quand ils voyaient
00:30:46que c'était l'infirmière,
00:30:47c'est vous.
00:30:49Au point que nous,
00:30:50à la radio,
00:30:51nous avons lancé des appels
00:30:52en disant aux gens,
00:30:53attention,
00:30:54nous savons que vous avez
00:30:55acheté des armes,
00:30:56mais attention,
00:30:57derrière la porte,
00:30:57il y a peut-être
00:30:58votre voisin
00:30:59ou votre fils.
00:31:00La tension était telle
00:31:01qu'on craignait
00:31:02qu'il y ait effectivement
00:31:03des dérapages.
00:31:05La pression est forte
00:31:06pour les gendarmes.
00:31:07Ils viennent par dizaines
00:31:09participer aux battus.
00:31:10Ils cherchent le couteau,
00:31:11ils cherchent l'arme.
00:31:15La première chose
00:31:16qui a été faite,
00:31:17c'est le chien de piste.
00:31:20Puisque nous avions
00:31:20le bonnet de l'auteur,
00:31:23donc il y avait son odeur.
00:31:24Un chien de piste
00:31:25a été mis en route,
00:31:25mais la difficulté,
00:31:27c'est qu'il n'avait plus.
00:31:30Tout était détrempé,
00:31:32donc c'est très difficile
00:31:32pour un chien.
00:31:33Le chien ne trouve rien.
00:31:37En revanche,
00:31:37sous un arbre,
00:31:38près de la maison,
00:31:40les gendarmes font
00:31:41une trouvaille,
00:31:42un seau en plastique.
00:31:46Il avait dû s'asseoir dessus.
00:31:48D'ailleurs,
00:31:48on voyait les traces
00:31:49de pas,
00:31:50piétinement,
00:31:51sur place.
00:31:53Donc il avait quand même
00:31:53observé ce qui faisait
00:31:56penser que,
00:31:57pour les autres affaires,
00:31:57aussi,
00:31:58il observait les maisons
00:31:59et les va-et-vient
00:32:01avant de s'introduire
00:32:02quelque part.
00:32:04L'homme qui guette
00:32:05et qui n'hésite pas
00:32:06à tuer
00:32:07quand on lui résiste.
00:32:10Cet coup de couteau,
00:32:11c'est pas un hasard,
00:32:12c'est pas le fait
00:32:13d'un accident.
00:32:14Il était poursuivi,
00:32:15oui,
00:32:15il a voulu se débarrasser
00:32:16de la personne
00:32:18qui allait l'empêcher
00:32:18de s'enfuir
00:32:19et qui allait peut-être
00:32:20permettre de l'identifier.
00:32:22Donc il sait,
00:32:23c'est un acte de défense,
00:32:24mais agressif quand même
00:32:25puisqu'il a tué.
00:32:28Mais comme toutes
00:32:28les autres victimes,
00:32:30la famille est incapable
00:32:31de décrire précisément
00:32:33l'agresseur.
00:32:34Comme les autres,
00:32:35elle dit qu'il était grand,
00:32:36maigre
00:32:36et qu'il sentait le sous-bois.
00:32:41Seul l'aîné,
00:32:42Gaël,
00:32:43a remarqué un détail.
00:32:46L'homme,
00:32:47semble-t-il,
00:32:47avait une espèce
00:32:48de petit handicap
00:32:48à une main,
00:32:49mais sans plus,
00:32:50il n'y avait pas
00:32:51d'éléments complémentaires
00:32:52par rapport à tout
00:32:53ce que nous avions
00:32:53recueilli auparavant.
00:32:55L'enquête est toujours
00:32:56au point mort.
00:32:57Quand elle rebondit
00:32:58sur l'idée d'un journaliste,
00:33:00« Et si l'homme
00:33:01à la cagoule
00:33:02se prenait pour
00:33:03le fou de Bergerac ? »
00:33:04Le roman de Simonon
00:33:05que la télévision
00:33:06a adapté
00:33:07il y a quelques années.
00:33:08Une personne
00:33:08tous les 10 mètres,
00:33:10au coup de ciflet,
00:33:11on démarre la battue
00:33:12dans ce sens.
00:33:13Le gendarme,
00:33:14vous le suivez,
00:33:15à la mort.
00:33:16Ce maigret a été tourné
00:33:17à Bergerac même,
00:33:19avec des figurants
00:33:19du coin.
00:33:21C'était en octobre 78,
00:33:23un mois
00:33:24avant la première agression.
00:33:26On s'est dit,
00:33:33dans le fond,
00:33:33est-ce que ça n'a pas
00:33:34donné des idées
00:33:34à un détraqué
00:33:37qui s'est dit,
00:33:37tiens,
00:33:37je vais un peu...
00:33:39Ce n'est pas
00:33:40les mêmes scénarios,
00:33:41mais il y a
00:33:43certains points
00:33:43de ressemblance.
00:33:46Les gendarmes
00:33:47prennent la piste
00:33:48très au sérieux.
00:33:50À l'époque,
00:33:51leur chef assume.
00:33:52On dit ici
00:33:56que vous auriez
00:33:57comme livre de chevet
00:33:58le livre de Simeon
00:34:00le fou de Bergerac,
00:34:01c'est vrai ?
00:34:02On en parle là.
00:34:04Je ne suis pas le seul,
00:34:05je pense.
00:34:06Il n'y a pas si longtemps
00:34:07que je suis à Bergerac,
00:34:08je ne suis pas en chez moi aussi
00:34:09parce que par cœur,
00:34:10j'étais pur.
00:34:11Pour savoir justement
00:34:12si par cas,
00:34:14nous ne sommes pas
00:34:16sur un maniaque
00:34:16qui aurait lu le livre.
00:34:19Les gendarmes
00:34:22s'intéressent plus précisément
00:34:23à un homme
00:34:24qui était le chauffeur
00:34:25de l'équipe de tournage.
00:34:27D'ailleurs,
00:34:27la rumeur le désigne.
00:34:29Il est chauffeur de taxi
00:34:30et le soir du crime,
00:34:31plusieurs voisins
00:34:32ont vu sa voiture
00:34:33rôder tout près
00:34:34de la maison
00:34:35où a eu lieu
00:34:36la séquestration.
00:34:38À l'époque,
00:34:39il n'y avait pas
00:34:39autant de chauffeurs
00:34:40de taxi que maintenant
00:34:41et donc le seul professionnel
00:34:43de la région Bergeracouade
00:34:46c'est M. Pierre Bétu.
00:34:47Malheureusement pour lui,
00:34:49il est grand,
00:34:50assez maigre.
00:34:53Grand, maigre,
00:34:54ça colle avec le portrait robot.
00:34:58Les gendarmes le placent
00:34:59en garde à vue.
00:35:02Mais pas pour longtemps.
00:35:05Car Pierre Bétu reconnaît
00:35:06qu'il est bien passé
00:35:07à l'imbrasse
00:35:08ce soir-là.
00:35:11Il allait chez des amis.
00:35:14Son alibi tient.
00:35:17Manquer Pierre Bétu
00:35:18n'est pas le fou
00:35:19de Bergeracouade.
00:35:20Ce qui n'empêche pas
00:35:21la rumeur de courir.
00:35:24Tenace.
00:35:29Pierre Bétu nous racontait
00:35:30à l'époque
00:35:31que tous les jours,
00:35:32il s'exhibait spécialement
00:35:35en ville
00:35:35pour montrer
00:35:36qu'il n'était pas
00:35:37sous les verrous,
00:35:38qu'il était bien libre.
00:35:39Mais la rumeur continuait.
00:35:40La première chaîne
00:35:43vient même
00:35:44l'interviewer
00:35:45à Bergerac.
00:35:48Ce samedi,
00:35:49au moment où
00:35:49la rumeur publique
00:35:50est partie,
00:35:51il y a un gars bien défini
00:35:52dont je ne veux pas
00:35:53vous dire le nom
00:35:53parce qu'il m'a dit
00:35:55carrément,
00:35:55grand,
00:35:56j'ai beaucoup d'estime
00:35:56pour toi,
00:35:57mais Royer était
00:35:59mon ami intime
00:36:00et si vraiment
00:36:01c'est vrai que tu y es
00:36:01pour quelque chose,
00:36:02prends mon flingue
00:36:03et je te descends.
00:36:03De toute façon,
00:36:06il fallait un coupable
00:36:07à tout prix.
00:36:07La tension était telle
00:36:08qu'il fallait à tout prix
00:36:10trouver un coupable
00:36:11pour exorciser
00:36:12la peur
00:36:13de cette ville.
00:36:16Et tandis que
00:36:17les gendarmes
00:36:18ont sur leur bureau
00:36:19le livre de Simonon,
00:36:20les policiers,
00:36:21eux,
00:36:21vont se saisir
00:36:22de leur calendrier.
00:36:24C'est une idée
00:36:24qui leur vient
00:36:25le soir du meurtre
00:36:25de Jacques Royer.
00:36:26C'est une idée
00:36:26a priori
00:36:27surgrenue
00:36:28mais finalement
00:36:29pas si bête.
00:36:33Au point
00:36:35où on en est,
00:36:37alors que ça fait
00:36:37six ans
00:36:38que l'homme
00:36:38à la cagoule
00:36:38se joue de tout le monde,
00:36:40autant explorer
00:36:41toutes les pistes.
00:36:45On se dit
00:36:45mais qu'est-ce
00:36:46qui pourrait
00:36:46nous faire avancer ?
00:36:48Et vous avez remarqué
00:36:48quand même
00:36:49que cette agression
00:36:50se passait non pas
00:36:51en période de pleine lune
00:36:52mais quasiment.
00:36:53Et en voiture,
00:36:54on s'est dit
00:36:54qu'il faudrait
00:36:54qu'on vérifie quand même
00:36:55s'il n'y a pas
00:36:56une relation
00:36:56avec la pleine lune.
00:36:57Pourquoi pas ?
00:37:00Et les policiers
00:37:01se penchent
00:37:02sur leur vieux calendrier.
00:37:03Chaque fois,
00:37:08on a coché
00:37:09en regardant
00:37:09en disant
00:37:10voyons
00:37:10est-ce que ça correspond
00:37:11à l'agression
00:37:12à telle époque ?
00:37:13La pleine lune
00:37:14a lieu quand ?
00:37:15Et on a fait
00:37:15comme ça
00:37:15toutes les affaires.
00:37:17Ça collait un peu,
00:37:18c'était pas en pleine lune
00:37:19exactement
00:37:19mais à l'approche
00:37:20de la pleine lune.
00:37:24À l'heure du café,
00:37:26les policiers
00:37:26en parlent
00:37:27à leurs collègues
00:37:27des renseignements généraux.
00:37:29Et c'est là
00:37:33où un collègue
00:37:34des RG
00:37:35tout de suite
00:37:36immédiatement
00:37:36dit
00:37:36mais pleine lune
00:37:37mais moi j'ai
00:37:38quelque chose
00:37:38peut-être
00:37:39qui va vous orienter.
00:37:40Et il nous dit
00:37:41la chose suivante.
00:37:42Ma femme
00:37:42il y a quelque temps
00:37:43est allée faire du cheval
00:37:44dans une ferme
00:37:45du côté de Bordeil.
00:37:47En arrivant sur place
00:37:48elle a dit aux amis
00:37:50mais l'homme
00:37:51qui s'occupe
00:37:51de la ferme
00:37:52mais je le connais
00:37:53c'est mon viseur
00:37:54et les amis
00:37:55lui ont dit
00:37:55mais attention
00:37:56soyez discrets
00:37:57parce que cet homme-là
00:37:58il a tué
00:37:59il y a quelqu'un
00:38:00à Sainte
00:38:00il y a quelques années
00:38:01depuis
00:38:02il s'est totalement
00:38:03réinséré
00:38:03mais à l'époque
00:38:05on l'appelait
00:38:06l'assassin
00:38:06de la pleine lune.
00:38:08Les policiers
00:38:09plongent
00:38:10dans leurs archives
00:38:10et tombent
00:38:12sur ces coupures
00:38:13de presse
00:38:13de 1962.
00:38:16Ils y découvrent
00:38:17l'assassin
00:38:18de la pleine lune
00:38:19un certain
00:38:20Francis
00:38:21le roi.
00:38:23Alors Dominique Rizet
00:38:24qu'est-ce que vous pouvez
00:38:25nous dire
00:38:26sur ce Francis
00:38:27le roi
00:38:28tueur
00:38:29de la pleine lune ?
00:38:30Les policiers
00:38:31vont découvrir
00:38:31Christophe
00:38:32première chose
00:38:33les circonstances
00:38:34dans lesquelles
00:38:34il a tué
00:38:35le 29 juin 1961
00:38:38une nuit
00:38:39de pleine lune
00:38:40une jeune femme
00:38:42il est entré
00:38:42à son domicile
00:38:43elle habite à Sainte
00:38:44en Charente-Maritime
00:38:45cette femme
00:38:45elle s'appelle
00:38:46Christiane
00:38:46et on va la retrouver
00:38:48le lendemain
00:38:49on retrouve son corps
00:38:49dénudé
00:38:50elle a été
00:38:51violentée
00:38:52et l'être anglais
00:38:54on retrouve
00:38:55sur son corps
00:38:56des traces
00:38:56de griffure
00:38:57des traces
00:38:57d'ongles
00:38:58laissées
00:38:58des traces
00:38:59des ongles
00:39:00laissées par son agresseur
00:39:01et des traces
00:39:02aussi de morsure
00:39:04alors ça
00:39:05c'est une chose
00:39:06on sait aussi
00:39:06que le 11 février
00:39:071962
00:39:08quelques mois plus tard
00:39:10toujours à Sainte
00:39:11il s'est introduit
00:39:12au domicile
00:39:13d'une femme
00:39:13de 59 ans
00:39:14le roi voit
00:39:15l'intransistor
00:39:16et disparaît
00:39:17et puis un mois plus tard
00:39:1924 mars 1962
00:39:20toujours dans la même ville
00:39:22il rentre
00:39:23chez une mère de famille
00:39:24qui dort
00:39:244h du matin
00:39:25tout ça c'est toujours
00:39:26dans les périodes
00:39:27de la pleine lune
00:39:28un peu avant
00:39:28un peu après
00:39:29elle dort
00:39:30et elle retrouve
00:39:32le roi
00:39:32debout
00:39:33à côté d'elle
00:39:34qui lui a mis un couteau
00:39:35sous la gorge
00:39:35qui lui demande de l'argent
00:39:36elle lui montre le tiroir
00:39:37de la commode
00:39:38il y va
00:39:38il ouvre le tiroir
00:39:39pour prendre de l'argent
00:39:40elle se met à hurler
00:39:41le roi s'enfuit
00:39:43et alors là
00:39:44il va laisser derrière lui
00:39:45une pluie d'indices
00:39:46c'est le cas de le dire
00:39:46il a des confettis
00:39:48dans ses poches
00:39:48des confettis rouges
00:39:49qu'on va retrouver
00:39:50dans la chambre
00:39:50dans l'escalier
00:39:51un peu partout
00:39:52et ça ça va parler
00:39:53aux policiers
00:39:54parce que les policiers
00:39:54savent que des confettis
00:39:55on en a balancé pas mal
00:39:58la veille
00:39:58c'était le bal
00:39:59de l'école d'agriculture
00:40:00qui est juste à côté
00:40:01qu'est-ce que font les flics
00:40:03ils vont perquisitionner
00:40:04à l'école d'agriculture
00:40:05ils ouvrent les casiers
00:40:06des élèves
00:40:07et dans le casier
00:40:07d'un élève
00:40:08de deuxième année
00:40:09c'est Francis Leroy
00:40:10on retrouve un transistor
00:40:12Philips
00:40:12c'est celui qui a été volé
00:40:14chez cette femme
00:40:15de 59 ans
00:40:15donc on a le voleur
00:40:17et on a l'assassin
00:40:18de Christian
00:40:19dans son entourage
00:40:20personne n'arrive à le croire
00:40:22personne n'arrive à imaginer
00:40:24que ce garçon
00:40:24ait pu faire un truc pareil
00:40:26il a été condamné pour ça ?
00:40:27il a été condamné
00:40:27alors d'abord il a avoué
00:40:28il s'est rétracté
00:40:29et malgré ses rétractations
00:40:31en 64
00:40:32il est condamné
00:40:32à 20 ans de prison
00:40:33il sort en 73
00:40:35en conditionnel
00:40:36alors pour revenir
00:40:37au meurtre
00:40:37de Jacques Royer
00:40:38pourquoi cette piste
00:40:41la piste de Francis Leroy
00:40:42tient mieux
00:40:43que celle du chauffeur
00:40:44de taxi ?
00:40:45pour un détail
00:40:46mais qui a une importance
00:40:47capitale
00:40:48le meurtre
00:40:49de Christian
00:40:50cette femme
00:40:51qu'on retrouve
00:40:51couverte de griffure
00:40:52les enquêteurs
00:40:54vont observer
00:40:54que du côté droit
00:40:56pour l'agresseur
00:40:57ce qui correspond
00:40:57à son côté droit
00:40:58à lui
00:40:58il y a simplement
00:40:594 traces d'ongles
00:41:01comme s'il manquait
00:41:02un doigt
00:41:02à l'agresseur
00:41:03quand on arrête
00:41:04Francis Leroy
00:41:05on découvre
00:41:06qu'il lui manque
00:41:07deux phalanges
00:41:09à l'auriculaire droit
00:41:10et dans l'affaire
00:41:11de monsieur Royer
00:41:12on se souvient
00:41:13que la nuit
00:41:14Gaël
00:41:14la jeune fille
00:41:16qui a été attaquée
00:41:16dit
00:41:17à propos de son agresseur
00:41:18il avait
00:41:19une main droite
00:41:20handicapée
00:41:21et cette main droite
00:41:22handicapée
00:41:22ça correspond à la main
00:41:23de Francis Leroy
00:41:24mais de toute façon
00:41:25les policiers
00:41:25pour l'instant
00:41:26ne vont pas l'arrêter
00:41:27ils vont juste le surveiller
00:41:28en janvier 1984
00:41:32Francis Leroy
00:41:33a refait sa vie
00:41:34il a 43 ans
00:41:36il habite
00:41:36cette petite maison
00:41:37de Périgueux
00:41:38avec une jeune femme
00:41:39qu'il a connue
00:41:40à la ferme équestre
00:41:41où il travaille
00:41:42cette ferme
00:41:44c'est celle
00:41:45de ses parents
00:41:45elle est située
00:41:46à Bourdeille
00:41:47un village au nord
00:41:48de Périgueux
00:41:49discrètement
00:41:50les policiers
00:41:52interrogent
00:41:52le voisinage
00:41:53et là
00:41:57ça nous a un peu
00:41:58retenus
00:41:59parce qu'on nous a dit
00:41:59mais pas de problème
00:42:00cet homme s'est réinséré
00:42:02il a une vie
00:42:02tout à fait normale
00:42:03il s'est même impliqué
00:42:04dans le
00:42:05dans le Périgord
00:42:06vert
00:42:07il y avait un bon
00:42:08nombre d'associations
00:42:09où il était
00:42:10il était actif
00:42:12et il était même
00:42:13moteur
00:42:13des réunions
00:42:16pour promouvoir
00:42:18le Périgord vert
00:42:19Francis Leroy
00:42:20a même participé
00:42:21il y a quelques mois
00:42:22à un reportage
00:42:23de FR3 Limoges
00:42:25nous avons
00:42:28constitué
00:42:29en Périgord vert
00:42:30une association
00:42:31qui s'appelle
00:42:32donc
00:42:32Accueil en Périgord vert
00:42:33et qui permet
00:42:35l'accueil
00:42:35toute l'année
00:42:36je le précise
00:42:37en milieu rural
00:42:39on avait vraiment
00:42:40l'impression
00:42:41qu'il avait tiré
00:42:42complètement un trait
00:42:42sur son passé
00:42:43et qu'il ne cherchait
00:42:45à aller que de l'avant
00:42:46et voir tout ce qui
00:42:47pouvait se faire
00:42:47encore dans le coin
00:42:48les policiers
00:42:52sont perplexes
00:42:55tout ce qu'ils apprennent
00:42:56sur Francis Leroy
00:42:57montre qu'il aurait
00:42:58réussi
00:42:59sa réinsertion
00:43:00pourquoi cet homme
00:43:05qui semblait avoir
00:43:06une vie tout à fait
00:43:06normale à Périgord
00:43:07et qui travaillait
00:43:08à Bordeil
00:43:09au nord de Périgord
00:43:10à 30 km
00:43:11commettrait des agressions
00:43:13à 50 km
00:43:14au sud
00:43:14de Périgord
00:43:15c'est quand même
00:43:16un peu illogique
00:43:17et puis
00:43:20même si Francis Leroy
00:43:21est grand
00:43:22et maigre
00:43:23il ne ressemble
00:43:24pas vraiment
00:43:25au portrait robot
00:43:25dans le doute
00:43:27les policiers
00:43:27planquent quand même
00:43:28devant chez lui
00:43:29et le photographient
00:43:32il montre
00:43:35cette photo
00:43:36à l'amiral Bauduin
00:43:37la seule victime
00:43:38qui ait pu
00:43:38entrevoir
00:43:39l'agresseur
00:43:40l'amiral
00:43:42a bien
00:43:44bien tilté
00:43:46je dirais
00:43:46il n'identifie
00:43:48il n'identifie pas
00:43:49formellement
00:43:50mais il dit
00:43:51ça pourrait bien
00:43:51être ça
00:43:52alors pour en avoir
00:43:55le coeur net
00:43:56le 30 janvier
00:43:57six jours
00:43:58après le meurtre
00:43:58de Jacques Royer
00:43:59les policiers
00:44:00décident d'interpeller
00:44:01le roi
00:44:02chez lui
00:44:03nous sommes restés
00:44:08toute la journée
00:44:09à tour de rôle
00:44:10à surveiller
00:44:11et en fin de journée
00:44:13du 30 janvier
00:44:16fin de journée
00:44:17peut-être vers
00:44:1821h
00:44:1922h
00:44:19une voiture
00:44:21est arrivée
00:44:22c'est Francis Leroy
00:44:26et sa compagne
00:44:27dès qu'il sort
00:44:30de sa voiture
00:44:31les policiers
00:44:33l'interpellent
00:44:35à ce moment là
00:44:36il a été
00:44:37très calme
00:44:38il n'a pas contesté
00:44:40d'une manière
00:44:40ou d'une autre
00:44:41notre démarche
00:44:42de faire des vérifications
00:44:44nous concernant
00:44:44il a été
00:44:46très réservé
00:44:48Francis Leroy
00:44:51se laisse fouiller
00:44:52et dans sa sacoche
00:44:55nous avons découvert
00:44:58une carte bleue
00:44:59qui n'était pas
00:45:00son nom
00:45:00qui n'était pas
00:45:01au nom
00:45:01de son ami
00:45:02de l'époque
00:45:03et qui était
00:45:04bien sûr
00:45:05au nom
00:45:06d'une personne
00:45:06qui avait été
00:45:07l'objet
00:45:07d'une agression
00:45:08dans la série
00:45:09pour laquelle
00:45:10nous inquiétions
00:45:10cette carte bleue
00:45:13appartient à la famille
00:45:14qui a été séquestrée
00:45:16six jours plus tôt
00:45:17juste avant
00:45:18la mort
00:45:19de Jacques Royer
00:45:20on a vu une preuve
00:45:21c'est évident
00:45:22c'est une pièce
00:45:22à conviction
00:45:23la pièce
00:45:24à conviction
00:45:24était là
00:45:25les policiers
00:45:28embarquent
00:45:28Francis Leroy
00:45:29et sa compagne
00:45:29au commissariat
00:45:30et les placent
00:45:32tous les deux
00:45:32en garde à vue
00:45:33malgré
00:45:34la carte de crédit
00:45:36qui a été reçue
00:45:37non
00:45:37il n'est pas l'auteur
00:45:38il n'est pas concerné
00:45:39pour l'affaire
00:45:40et on a beau lui dire
00:45:42mais quand même
00:45:42il y a des éléments
00:45:43non
00:45:44il nie
00:45:44dans le bureau d'à côté
00:45:46sa compagne
00:45:46est beaucoup plus bavarde
00:45:48surtout
00:45:51quand les policiers
00:45:52mettent la main
00:45:53sur son calendrier
00:45:55et la date du 24
00:46:00c'était la date importante
00:46:02puisque c'était
00:46:02je vous rappelle
00:46:03la date du meurtre
00:46:04de Royer
00:46:05l'agression de l'enseignante
00:46:06il y a marqué
00:46:07absent
00:46:07et elle-même
00:46:08nous a confirmé
00:46:08par procès normal
00:46:09qu'effectivement
00:46:10ce soir-là
00:46:11il était absent
00:46:11il avait
00:46:11prétexté
00:46:13un rendez-vous
00:46:13quelque part
00:46:14mais malgré
00:46:14ces éléments
00:46:15il ne voulait toujours
00:46:16pas reconnaître
00:46:16qu'il était
00:46:17l'auteur de ses faits
00:46:18le lendemain
00:46:23les policiers
00:46:24amènent Francis Leroy
00:46:25à la ferme équestre
00:46:26de Bourdeille
00:46:27pour une perquisition
00:46:29le gendarme
00:46:30Ernest Magui
00:46:30c'est du voyage
00:46:31c'est la première fois
00:46:33qu'il le voit
00:46:33je me suis dit
00:46:36mais c'est pas possible
00:46:36que cet homme-là
00:46:37ait pu commettre
00:46:39des faits comme ça
00:46:39à la limite
00:46:42si on n'avait pas
00:46:43j'aurais dit
00:46:45c'est quelqu'un
00:46:46c'est quelqu'un d'autre
00:46:47il était d'un calme
00:46:50extraordinaire
00:46:52la perquisition commence
00:46:55le roi n'emmène pas large
00:46:57mais il ne craque pas
00:46:58quand le gendarme
00:46:59fait une découverte
00:47:00imparable
00:47:02je vois un lit
00:47:05un lit de coin
00:47:07l'idée me prend
00:47:08de soulever
00:47:09ce sourire
00:47:09et qu'est-ce que je vois
00:47:11un morceau de crosse
00:47:13coupé
00:47:14alors là
00:47:16il s'est effondré
00:47:16et il a dit
00:47:17c'est à partir de ce moment-là
00:47:19qu'il a vraiment parlé
00:47:20et qu'il a été
00:47:21disons libéré
00:47:22le roi passe à table
00:47:25il avoue
00:47:26les séquestrations
00:47:27les deux viols
00:47:29l'interrogatoire
00:47:30se prolonge
00:47:31toute la nuit
00:47:31et là
00:47:32enfin
00:47:33il raconte
00:47:34cette dernière agression
00:47:35celle
00:47:37où il a tué
00:47:39et là
00:47:41il m'a tout raconté
00:47:41comment il avait mangé à midi
00:47:43avec ses parents
00:47:45comment il était ensuite
00:47:46parti en voiture
00:47:46dans sa renoucisse verte
00:47:48comment il s'est arrêté
00:47:49à Bergerac
00:47:50pour faire ce qu'il m'a dit
00:47:51à l'époque
00:47:52faire une maison
00:47:52c'était son truc ça
00:47:54faire une maison
00:47:54et puis il s'est promené
00:47:56en sortant de Bergerac
00:47:57vers l'embrasse
00:47:58et là il a repéré une maison
00:47:59il s'est assis sur un seau
00:48:01le fameux seau
00:48:02qui avait été retrouvé
00:48:03à côté de la maison
00:48:04il a observé la maison
00:48:05le roi avoue qu'il a séquestré
00:48:08toute la famille
00:48:09Gaël d'abord
00:48:11puis la mère
00:48:11la petite
00:48:12et le fils
00:48:13il raconte qu'il allait partir
00:48:15quand un homme a sonné à la porte
00:48:16Jacques Royère
00:48:18alors il s'est enfui
00:48:19mais Jacques Royère
00:48:20lui a couru après
00:48:21quand il raconte
00:48:2326 ans plus tard
00:48:24Francis le roi
00:48:25n'a pas oublié
00:48:26cette course poursuite tragique
00:48:28je me suis retrouvé
00:48:29né à né avec lui
00:48:31près d'un lotissement
00:48:32et là
00:48:34il m'a affronté
00:48:36et j'ai porté des coups de couteau mortels
00:48:40dont un qui était mortel
00:48:41et quand je me dégage
00:48:46nous sommes face à face
00:48:49et il est vivant
00:48:50il est debout
00:48:52il est vivant
00:48:52et je ne sais pas
00:48:54qu'il est blessé mortellement
00:48:56et il m'a dit
00:48:57qu'est-ce que vous avez fait
00:49:01et ensuite je pars en courant
00:49:04mais je le quitte
00:49:05il est debout
00:49:06je ne voulais pas sa mort
00:49:09mais j'en étais l'auteur
00:49:12et pour moi
00:49:14c'était quelque chose
00:49:15que je refusais d'admettre
00:49:17pour lui
00:49:18c'est une dispute
00:49:20il a voulu se partir
00:49:22et j'ai pas eu lui dire
00:49:24mais sept coups de couteau
00:49:25ont été donnés à Royer
00:49:26sept coups de couteau
00:49:27c'est pas un seul
00:49:28c'est sept
00:49:28il n'a jamais voulu en démordre
00:49:29non
00:49:30il n'a pas voulu tuer Royer
00:49:32après
00:49:34le roi s'est enfui
00:49:36en voiture
00:49:37j'ai erré
00:49:39j'ai tourné
00:49:41pendant des heures et des heures
00:49:43je suis parti au hasard
00:49:45je suis passé par d'autres villages
00:49:47par d'autres villes
00:49:48je ne suis pas rentré directement
00:49:49non non
00:49:50j'ai fait tout un périple
00:49:51après
00:49:54c'est l'épuisement
00:49:57le vide
00:49:58voilà
00:49:59c'est suivi
00:50:01d'un besoin
00:50:02irrépressible de dormir
00:50:04et de dormir longtemps
00:50:07quand je me réveille
00:50:12je refuse la réalité
00:50:14et j'essaie de reprendre
00:50:16le maximum d'activité
00:50:17pour ne pas réfléchir
00:50:18pour ne pas m'interroger
00:50:20dès le lendemain
00:50:23de son arrestation
00:50:25Francis Leroy
00:50:26est présenté
00:50:26au juge d'instruction
00:50:27à Bergerac
00:50:29la rumeur
00:50:30a fait le tour de la ville
00:50:31des centaines de personnes
00:50:33l'attendent
00:50:33sur le parvis du tribunal
00:50:35à ce moment là
00:50:41j'ai qu'une idée
00:50:42vraiment
00:50:42c'est de monter
00:50:43le plus vite possible
00:50:44les marches
00:50:45il faut le dire
00:50:46c'est la réalité
00:50:46de vouloir s'arracher
00:50:48à cette foule
00:50:49et d'être ailleurs
00:50:51il a monté les marches
00:50:54en courant
00:50:55pliée en deux
00:50:56cachée sous la veste
00:50:58que lui avait prêté
00:50:59un policier
00:50:59et j'ai entendu
00:51:01un papy
00:51:02au milieu
00:51:03des injures
00:51:03dire en patois
00:51:04c'est un loup-garou
00:51:07et c'était le moyen âge
00:51:08il ne manquait
00:51:09que l'échafaud
00:51:10Monsieur le procureur
00:51:21Francis Leroy
00:51:21a été arrêté
00:51:23vous le voyez donc
00:51:25à quoi il ressemble
00:51:26alors c'est un homme
00:51:28qui
00:51:28si vous voulez
00:51:29au départ
00:51:30je me suis dit
00:51:30on va me présenter
00:51:31quelqu'un
00:51:31qui se présente
00:51:32comme un peu délirant
00:51:34un fou quoi
00:51:36un fou quoi
00:51:36un excité
00:51:37moi même
00:51:38je n'étais pas très tranquille
00:51:39même s'il y a une escorte
00:51:40de police
00:51:41de gendarmerie
00:51:42on ne sait pas trop
00:51:44comment ça va se passer
00:51:44et en réalité
00:51:46je tombe sur quelqu'un
00:51:47de grand
00:51:48qui a une certaine allure
00:51:50qui s'exprime très bien
00:51:53et étonnamment calme
00:51:55alors
00:51:56puisqu'il est coopératif
00:51:57comment est-ce qu'il
00:51:58justifie ces actes
00:51:59alors c'est très intéressant
00:52:01si vous voulez
00:52:02dans un premier temps
00:52:03il ne donne pas d'explication
00:52:07moi si vous voulez
00:52:08on vient de le présenter
00:52:09les enquêteurs
00:52:10l'ont longuement entendu
00:52:11et lui-même dit
00:52:13bon il reconnaît
00:52:15il donne un luxe
00:52:15de précision
00:52:17mais sur le pourquoi
00:52:19de ce comportement
00:52:20il n'y a pas grand chose
00:52:23si vous voulez
00:52:24c'est par la suite
00:52:24qu'il va faire état
00:52:27d'envoûtement
00:52:28mais ça ce sont
00:52:29ses explications
00:52:30une fois qu'il est incarcéré
00:52:31d'envoûtement
00:52:32oui
00:52:33bien sûr
00:52:34c'est-à-dire qu'il ne serait
00:52:35pas maître de ce qu'il fait
00:52:36exactement
00:52:36il serait victime
00:52:38de forces occultes
00:52:39si vous voulez
00:52:40et qui à ce moment-là
00:52:42le priverait
00:52:43de tout libre arbitre
00:52:44au fond
00:52:44vous croyez
00:52:45que vous avez affaire
00:52:45à un fou
00:52:46ou à un manipulateur
00:52:48c'est quelqu'un
00:52:49qui depuis son enfance
00:52:51croit
00:52:53à l'ésotérisme
00:52:56si vous voulez
00:52:56lui-même a été
00:52:57soigné à un moment
00:52:59par un guérisseur
00:53:00sa famille
00:53:00alors qu'il avait
00:53:01des problèmes de santé
00:53:02l'a orienté
00:53:02vers un guérisseur
00:53:03mais également
00:53:04c'est quelqu'un
00:53:05qui a
00:53:05un certain nombre
00:53:08de croyances
00:53:09à des forces occultes
00:53:10où il est attiré
00:53:13par tout ce qui est
00:53:13paranormal
00:53:14parapsychologique
00:53:15dès l'arrestation
00:53:19de le roi
00:53:20les journalistes
00:53:21se précipitent
00:53:22à la ferme équestre
00:53:23et rencontrent
00:53:24sa mère
00:53:25qui refuse
00:53:26de le croire coupable
00:53:27non
00:53:29c'est pas possible
00:53:30il ne joue pas
00:53:31du couteau
00:53:32c'est un garçon
00:53:32comme par exemple
00:53:34des fois
00:53:36il y a des personnes
00:53:36qui discuteront
00:53:37ils n'aiment pas
00:53:38qu'on discute
00:53:38c'est un garçon
00:53:39qui est très tolérant
00:53:40qui est
00:53:41vous allez dire
00:53:44je l'encense
00:53:44bien sûr
00:53:45on va encore dire
00:53:45comme une fois
00:53:46on a dit
00:53:46c'est sa mère
00:53:47elle l'encense
00:53:47c'est la vérité
00:53:48moi je vous le jure
00:53:49je l'ai la vérité
00:53:50elle avait investi
00:53:52toutes ses espérances
00:53:54sur moi
00:53:54pour cela
00:53:55elle ne pouvait pas
00:53:57admettre que je
00:53:57sois différent
00:53:58de ce qu'elle
00:53:59imaginait
00:54:00ça elle était
00:54:01toute grève d'or
00:54:02c'était devenu
00:54:03anormale
00:54:04cette réaction
00:54:04elle était furieuse
00:54:05Francis
00:54:06c'était une louve
00:54:09il ne fallait pas
00:54:11toucher à Francis
00:54:12une louve
00:54:14depuis toujours
00:54:16Francis est né
00:54:17le jour de Noël
00:54:17le 24 décembre
00:54:181940
00:54:19à l'époque
00:54:21son père
00:54:22était prisonnier
00:54:22en Allemagne
00:54:23le bébé
00:54:25a grandi avec sa mère
00:54:26à Lens
00:54:26dans l'Aisne
00:54:27il y avait aussi
00:54:29le grand-père
00:54:29et la grand-mère
00:54:30qui s'occupait
00:54:31du bébé
00:54:31alors c'était
00:54:32l'enfant roi
00:54:33elle habitait
00:54:35à côté de l'école
00:54:36à une centaine
00:54:37de mètres
00:54:37de son école
00:54:38quand Francis
00:54:39le roi
00:54:39avait besoin
00:54:40d'aller aux toilettes
00:54:41il n'avait pas
00:54:41le droit
00:54:42d'aller aux toilettes
00:54:43de l'école
00:54:43il fallait que
00:54:44l'instituteur
00:54:44ou l'institutrice
00:54:45l'amène
00:54:46dans le jardin
00:54:47de sa maman
00:54:48chez sa maman
00:54:49Francis a déjà
00:54:515 ans
00:54:51quand son père
00:54:52rentre de captivité
00:54:53et sa mère
00:54:54laisse peu de place
00:54:55à ce papa
00:54:56qui débarque
00:54:56dans sa vie
00:54:57le gosse
00:55:00c'était la possession
00:55:01de la maman
00:55:02et des grands-parents
00:55:03le papa
00:55:04n'avait rien
00:55:05pas accès à lui
00:55:06même pas pour lui faire
00:55:08un câlin
00:55:09ou une réprimande
00:55:1010 ans plus tard
00:55:12les Leroy
00:55:13reprennent une ferme
00:55:15en Dordogne
00:55:15Francis lui
00:55:17poursuit ses études
00:55:18médiocres
00:55:19à Périgueux
00:55:19vers 15 ans
00:55:21il commence à faire
00:55:22l'école buissonnière
00:55:23à errer dans les rues
00:55:25et à voler
00:55:26ma mère ne me posait
00:55:27pas de questions
00:55:28sur ce que je faisais
00:55:30ni ce qui se passait
00:55:33je lui disais
00:55:34voilà il faut
00:55:35un billet d'absence
00:55:36pour leur donner
00:55:37et quand est-ce que
00:55:39tu rentres
00:55:40je rentre tel jour
00:55:41quelquefois
00:55:42lorsque les absences
00:55:43ont été prolongées
00:55:44plus longuement
00:55:45de plusieurs jours
00:55:46j'ai eu
00:55:47un certificat médical
00:55:49à 22 ans
00:55:51Francis Leroy
00:55:52quitte les jupes
00:55:53de sa mère
00:55:53pour le lycée agricole
00:55:54de Sainte
00:55:55quelques mois plus tard
00:55:56il tue
00:55:57une première fois
00:55:58une jeune femme
00:55:59la justice
00:56:01le reconnait coupable
00:56:02et le condamne
00:56:03à 20 ans de prison
00:56:04mais déjà
00:56:05sa mère n'y croit pas
00:56:06sa mère
00:56:08était dans le déni
00:56:09total
00:56:10il avait été
00:56:10jugé aux assises
00:56:12mais c'était
00:56:12une erreur judiciaire
00:56:13donc ça
00:56:14ça le renforçait
00:56:15sûrement
00:56:15dans son sentiment
00:56:16d'impunité
00:56:17de toute puissance
00:56:18oui
00:56:18je ne pouvais pas
00:56:20lui dire
00:56:20que j'étais coupable
00:56:21que j'étais face à elle
00:56:22après
00:56:22j'étais encore
00:56:24dans une situation
00:56:25
00:56:26c'était impossible
00:56:28de me faire entendre
00:56:30en quelque sorte
00:56:30en 73
00:56:35Francis le roi
00:56:36sort de prison
00:56:37il a 33 ans
00:56:38il rejoint ses parents
00:56:40à la ferme de Bourdail
00:56:41avec son père
00:56:42il organise
00:56:43des randonnées
00:56:44à cheval
00:56:44on sent très vite
00:56:48qu'il y a
00:56:50une friction
00:56:51entre le père
00:56:52et le fils
00:56:53et une difficulté
00:56:54de prise de pouvoir
00:56:56qui est perceptible
00:56:58et les relations
00:57:00avec sa mère
00:57:01sont toujours
00:57:02aussi difficiles
00:57:03madame le roi
00:57:04continuait
00:57:05à couver
00:57:06Francis
00:57:07comme si
00:57:07c'était
00:57:08un bébé
00:57:10de 15 mois
00:57:11j'allais dire
00:57:12il ne fallait pas
00:57:13qu'il dépasse les heures
00:57:14il fallait
00:57:14dès qu'il était absent
00:57:16ou en retard
00:57:18mais où il est
00:57:19mais qu'est-ce qu'il fait
00:57:20il avait 40 ans
00:57:22jamais un sou en poche
00:57:24jamais une possibilité
00:57:25de faire quelque chose
00:57:26sans
00:57:27sans avoir
00:57:28l'autorisation
00:57:29de papa et maman
00:57:31et quand Francis
00:57:33présente une femme
00:57:34à sa mère
00:57:35c'est la guerre
00:57:37il n'y avait rien
00:57:38qui allait
00:57:39c'est à dire
00:57:39ça passait
00:57:42par
00:57:43la tenue vestimentaire
00:57:44c'était
00:57:45elle fume
00:57:46elle boit
00:57:47elle parle
00:57:48elle
00:57:48dans la mesure
00:57:51où elle était
00:57:51trop près de son fils
00:57:53elle détournait
00:57:54son fils d'elle
00:57:55et c'était
00:57:55quelque chose
00:57:56qu'elle ne pouvait pas supporter
00:57:57c'est vrai
00:57:58d'une certaine façon
00:57:59elle m'empêchait de vivre
00:58:00c'était la réalité
00:58:00mais pour elle
00:58:01c'était pour que je puisse
00:58:03mieux vivre
00:58:03frustré
00:58:06étouffé
00:58:07castré
00:58:08Francis Leroy
00:58:09tente de fuir la réalité
00:58:11dans l'occultisme
00:58:12et le paranormal
00:58:13qu'on est
00:58:14qu'on est
00:58:14sur une espèce
00:58:15de melting pot
00:58:16qui mélange
00:58:17à la fois
00:58:17le vaudou
00:58:20la chouette
00:58:21on parle pas
00:58:22d'extraterrestres
00:58:22mais on y serait presque
00:58:24j'étais persuadé
00:58:25que les forces occultes
00:58:26existaient
00:58:27qu'elles avaient
00:58:28une possibilité
00:58:30d'action
00:58:30et qu'elles agissaient
00:58:32dans le monde
00:58:33qui existait
00:58:34pour Leroy
00:58:36ce sont ses forces
00:58:37occultes
00:58:38qui l'ont poussé
00:58:39à agir
00:58:39mais pour les psychiatres
00:58:41c'est un leurre
00:58:44d'ailleurs
00:58:46une maîtresse
00:58:47de Leroy
00:58:47dévoile au policier
00:58:49un autre visage
00:58:50celui d'un homme
00:58:51violent
00:58:51qui ne supporte pas
00:58:52qu'on le quitte
00:58:53capable de la harceler
00:58:55ou de dormir
00:58:55toute la nuit
00:58:56devant sa porte
00:58:58il avait fait
00:59:02avec elle
00:59:02des photopornographies
00:59:04après qu'elle se soit mariée
00:59:06il la faisait chanter
00:59:08dont il y avait toujours
00:59:10ce sentiment
00:59:11d'emprise
00:59:12chez lui
00:59:12d'emprise narcissique
00:59:15de possession
00:59:16on ne peut pas me quitter
00:59:18voilà
00:59:19il faut rester
00:59:22sous ma domination
00:59:23Francis Leroy
00:59:26passe à l'acte
00:59:27parce que le chef
00:59:28c'est lui
00:59:30on voit bien
00:59:31que le mobile
00:59:32c'est la prise de possession
00:59:33prise de possession
00:59:34prise de possession
00:59:34sur les gens
00:59:35qu'il faut
00:59:37attacher
00:59:38sur les familles
00:59:39avoir toute la famille
00:59:41qui va pouvoir
00:59:41véritablement
00:59:43être sous son pouvoir
00:59:45prise de possession
00:59:46des corps
00:59:46et aussi
00:59:47c'est tous les
00:59:48les viols
00:59:48qui sont commis
00:59:49pour les psychiatres
00:59:52Francis Leroy
00:59:53est un narcissique
00:59:54ou un sadique
00:59:55avec une dimension
00:59:56perverse
00:59:57parce qu'il y a
00:59:59quand même
00:59:59toute une
01:00:00toute une jouissance
01:00:02véritablement
01:00:03une jouissance
01:00:04à prendre possession
01:00:06de l'autre
01:00:07à entrer dans l'intimité
01:00:08à imposer son pouvoir
01:00:11à imposer ses désirs
01:00:13Pourtant
01:00:15certains experts
01:00:17lui accordent
01:00:17une circonstance
01:00:18atténuante
01:00:19la lune
01:00:20sur une dizaine
01:00:22d'agressions
01:00:22qu'il avait
01:00:23perpétrées
01:00:24il y en avait
01:00:25je pense
01:00:26à peu près
01:00:27les deux tiers
01:00:27qui étaient en phase
01:00:29descendante
01:00:30de la lune
01:00:30dont une partie
01:00:32importante
01:00:32dans les deux
01:00:33ou trois jours
01:00:34qui suivaient
01:00:35la pleine lune
01:00:35et donc
01:00:36déjà
01:00:37ce fait en lui-même
01:00:38était assez curieux
01:00:39évidemment
01:00:40on aurait pu imaginer
01:00:41qu'il les ait commis
01:00:42exprès
01:00:43à ces périodes-là
01:00:44bon
01:00:44mais enfin
01:00:44ça méritait
01:00:46peut-être
01:00:46une vérification
01:00:47scientifique
01:00:48pour savoir
01:00:49s'il ne pouvait pas
01:00:51y avoir
01:00:51une influence
01:00:52particulière
01:00:54entre sa criminalité
01:00:56et les cycles lunaires
01:00:57Curieusement
01:00:59le juge d'instruction
01:01:01accepte cette idée
01:01:02à Bergerac
01:01:04comme en 64 à Sainte
01:01:06Francis Leroy
01:01:07devient
01:01:08l'assassin
01:01:09de la pleine lune
01:01:10alors Dominique Rizet
01:01:15qu'est-ce que c'est
01:01:16que cette expertise
01:01:18sur les effets
01:01:19de la pleine lune
01:01:20le roi est un loup-garou
01:01:21alors
01:01:22les loups-garou
01:01:22Christophe
01:01:23c'est dans les films
01:01:24sauf que quand même
01:01:25quand même
01:01:26il est un peu bizarre
01:01:27Francis Leroy
01:01:28et pour en avoir
01:01:29le cœur net
01:01:29les psychiatres
01:01:30vont procéder
01:01:31chez lui
01:01:31à la mesure
01:01:32de deux hormones
01:01:33la mélatonine
01:01:34et l'ACTH
01:01:36qui sont des hormones
01:01:37qui participent
01:01:38à la régulation
01:01:39de notre horloge
01:01:39interne
01:01:40et de notre stress
01:01:41ils vont faire réaliser
01:01:42sur lui
01:01:43des prises de sang
01:01:44à des heures différentes
01:01:45lune ascendante
01:01:46pleine lune
01:01:47lune descendante
01:01:48trois fois
01:01:48et qu'est-ce qu'il ressort
01:01:50de ses expertises
01:01:50et bien
01:01:51ils observent
01:01:52chez lui
01:01:52des taux
01:01:53anormalement élevés
01:01:54qui sont deux à quatre fois
01:01:56supérieurs à la normale
01:01:57alors ça pourrait dire
01:01:59que le roi est soumis
01:02:00à l'influence
01:02:01de la lune
01:02:02qu'il est beaucoup
01:02:03plus irritable
01:02:04beaucoup plus agressif
01:02:05en période de pleine lune
01:02:06ou lune ascendante
01:02:07ou lune descendante
01:02:08dans cette période là
01:02:09donc la lune
01:02:09par le biais
01:02:10des hormones
01:02:11le pousserait
01:02:12à passer à l'acte
01:02:14mais ça apporte
01:02:15quelque chose
01:02:15à l'enquête
01:02:16ça scientifiquement
01:02:17ça tient
01:02:17non parce que
01:02:18Christophe
01:02:18ça n'a aucune valeur
01:02:19scientifique
01:02:20pour plusieurs raisons
01:02:21d'abord parce qu'il aurait
01:02:22fallu qu'on mesure
01:02:23son taux d'hormones
01:02:24dans une période
01:02:25en dehors de la pleine lune
01:02:26on a oublié de le faire
01:02:27on ne l'a pas fait
01:02:28il faudrait aussi
01:02:29tenir compte
01:02:30sans doute
01:02:30du fait qu'il est en prison
01:02:31que ça ajoute à son stress
01:02:33et pour savoir
01:02:34si effectivement
01:02:35la prison ajoute à son stress
01:02:36il aurait fallu
01:02:37faire des études comparatives
01:02:39sur d'autres prisonniers
01:02:40tout ça n'a pas été fait
01:02:41de toute façon
01:02:41les experts eux-mêmes
01:02:42sont hyper prudents
01:02:44dans leurs conclusions
01:02:44et à ma connaissance
01:02:46c'est la première
01:02:47et la dernière fois
01:02:47qu'un juge
01:02:48demandera ce type d'analyse
01:02:55le juge d'instruction
01:02:56ne se laisse pas convaincre
01:02:58par la thèse
01:02:58de l'influence
01:02:59de la lune
01:03:00et après 5 ans
01:03:01d'instruction
01:03:02il renvoie
01:03:03le tueur de la pleine lune
01:03:04devant les assises
01:03:05de Dordogne
01:03:06à Périgueux
01:03:07le 19 juin 89
01:03:1025 ans
01:03:11après sa première
01:03:12condamnation
01:03:12Francis Leroy
01:03:14retrouve
01:03:14le box des accusés
01:03:16
01:03:17plus de poncho
01:03:18à l'odeur de sous-bois
01:03:19c'est blazer marine
01:03:21sur chemise blanche
01:03:22il avait un physique
01:03:23véritablement
01:03:24oui d'agent commercial
01:03:25ou de secrétaire
01:03:27ou de fonctionnaire
01:03:28même on pourrait dire
01:03:29de professeur
01:03:30un physique
01:03:31tout à fait
01:03:32pas inquiétant du tout
01:03:34il pourrait en imposer
01:03:37parce qu'il a une stature
01:03:38physique
01:03:39qui est quand même
01:03:40assez massive
01:03:42dans la réalité
01:03:44on le sent
01:03:45très abattu
01:03:46c'est la honte
01:03:49là il va
01:03:51falloir
01:03:51s'expliquer
01:03:53sans être certain
01:03:56de
01:03:56pouvoir
01:03:59donner
01:03:59la bonne explication
01:04:00la bonne explication
01:04:03et si c'était
01:04:04la lune
01:04:05la défense
01:04:08et certains psychiatres
01:04:09y croient
01:04:10l'homme pensait
01:04:14que
01:04:14bon
01:04:15la pleine lune
01:04:15n'avait pu avoir
01:04:16une influence
01:04:17un autre disait
01:04:17exactement le contraire
01:04:19que ça ne pouvait avoir
01:04:20aucune influence
01:04:21et ce qui était amusant
01:04:22c'est que dans la salle
01:04:23autour de nous
01:04:23certaines des victimes
01:04:24disaient
01:04:24enfin
01:04:25on sait très bien
01:04:26l'une disait
01:04:27moi je suis sage-femme
01:04:28on sait très bien
01:04:28qu'en période de pleine lune
01:04:29il y a beaucoup plus
01:04:31d'accouchement
01:04:31un autre disait
01:04:32nous les pompiers
01:04:33on intervient beaucoup plus
01:04:34en période de pleine lune
01:04:35etc etc
01:04:36et donc
01:04:38les victimes
01:04:38elles-mêmes
01:04:39ne croyaient pas
01:04:40ce spécialiste
01:04:41disons que la lune
01:04:42n'avait absolument
01:04:42qu'une importance
01:04:43l'influence
01:04:44de la lune
01:04:45elle est
01:04:46dans notre
01:04:47acception
01:04:48d'avocat
01:04:49peut-être
01:04:50ce qui remplace
01:04:51la notion
01:04:51de force du mal
01:04:52invoquée par Francis
01:04:54et on se dit
01:04:55qu'il serait
01:04:56ma foi
01:04:56intéressant
01:04:57d'interpeller
01:04:58sur
01:04:59cette question-là
01:05:01la défense
01:05:02fait comparaître
01:05:03un professeur
01:05:04biologiste
01:05:05spécialiste
01:05:05de la lune
01:05:06et du paranormal
01:05:07Rémi Chauvin
01:05:09le scientifique
01:05:10est très attendu
01:05:11il peut faire
01:05:12basculer le procès
01:05:13mais pendant
01:05:16une suspension
01:05:17d'audience
01:05:17avant même
01:05:18de déposer
01:05:19il répond
01:05:20imprudemment
01:05:21en direct
01:05:22à une radio
01:05:23régionale
01:05:24est-ce qu'une influence
01:05:28tenant
01:05:29à la nature
01:05:30de la lune
01:05:30par l'intermédiaire
01:05:31de perturbations
01:05:32hormonales
01:05:32il n'aurait pas
01:05:33pu avoir
01:05:34une perturbation
01:05:35assez grave
01:05:36dans le comportement
01:05:37nerveux
01:05:38d'un homme
01:05:38qui est déjà
01:05:39assez déséquilibré
01:05:39ma réponse
01:05:40serait affirmative
01:05:40le président
01:05:46du tribunal
01:05:46et l'avocat général
01:05:47sont furieux
01:05:48ils consentent
01:05:49à ce que Rémi Chauvin
01:05:50vienne déposer
01:05:51à la barre
01:05:52mais le professeur
01:05:53est déstabilisé
01:05:55il vient d'expliquer
01:05:58à des jurés
01:06:00ébahis
01:06:02comment les oies
01:06:04à titre individuel
01:06:05ou à titre grégaire
01:06:08se comporte
01:06:09selon les périodes
01:06:11de lunaison
01:06:11on est dans le défaçage
01:06:14complet
01:06:14on est presque
01:06:15dans le comique
01:06:16parce que
01:06:18le roi
01:06:19accusé
01:06:20n'est pas
01:06:20une oie
01:06:22et l'oie
01:06:23au demeurant
01:06:24symbolise
01:06:25quelque chose
01:06:26d'un peu ridicule
01:06:28dans la démarche
01:06:29et on est sur
01:06:30cette espèce
01:06:31de projection
01:06:31mentale
01:06:32qui fait que
01:06:33dès lors
01:06:33on ne peut plus
01:06:34nous prendre au sérieux
01:06:35maître Blasie
01:06:49vous êtes
01:06:49l'avocat
01:06:51de Francis Leroy
01:06:52bon faut être franc
01:06:54l'expert
01:06:56qui était censé prouver
01:06:58que
01:06:58la lune
01:07:00avait une influence
01:07:01sur l'activité humaine
01:07:03n'a pas beaucoup convaincu
01:07:05il vous prive un peu
01:07:06de votre argument numéro 1
01:07:07quand même
01:07:07il n'a peut-être pas convaincu
01:07:11bon c'est vrai
01:07:12mais il a porté quand même
01:07:13un certain nombre d'éléments
01:07:14qui auraient dû être pris en compte
01:07:17et qui ne l'ont pas été
01:07:18il est évident
01:07:19il est évident que dans cette affaire
01:07:20nous avions
01:07:21le président
01:07:23et l'avocat général
01:07:24qui n'avait
01:07:25qu'une hantise
01:07:26et qu'une peur
01:07:27que ce procès
01:07:28détourne
01:07:29en un procès
01:07:30d'un homme
01:07:32qui était
01:07:33sous l'emprise
01:07:34de la lune
01:07:34et qui en conséquence
01:07:36était irresponsable
01:07:37c'est à dire que
01:07:38nous jouions
01:07:38entre responsabilité
01:07:41et irresponsabilité
01:07:42et il ne voulait
01:07:44surtout pas
01:07:44que l'irresponsabilité
01:07:45soit déclare
01:07:46mais l'expert
01:07:47il n'est pas formel
01:07:48il ne dit pas
01:07:49que l'influence de la lune
01:07:50est telle
01:07:50qu'un homme
01:07:51peut tuer
01:07:52à l'insu de son plein gré
01:07:53quand même
01:07:54non mais l'expert
01:07:55quand même dit une chose
01:07:56qu'il y a
01:07:57chez le roi
01:07:57des éléments
01:07:58qui ne sont pas
01:07:59des éléments normaux
01:08:00et à partir de là
01:08:01il pose un certain
01:08:02nombre de questions
01:08:03il n'affirme pas
01:08:04que le roi
01:08:05était sous l'emprise
01:08:06de la lune
01:08:07mais il dit
01:08:08il aurait fallu
01:08:09qu'il y ait
01:08:10un certain nombre
01:08:11de mesures
01:08:13qui soient prises
01:08:14pour faire
01:08:14de nouveaux tests
01:08:16pour faire
01:08:17des expériences
01:08:18avec le roi
01:08:19comme il le demandait
01:08:20pour arriver
01:08:21à trouver une solution
01:08:22et ça
01:08:23le président
01:08:24comme l'avocat général
01:08:26ne voulait pas
01:08:26en entendre parler
01:08:27au delà
01:08:28de l'argument
01:08:29de la pleine lune
01:08:29qu'est-ce qu'il y a
01:08:31comme argument
01:08:31possible pour vous
01:08:32écoutez
01:08:33dans cette affaire
01:08:36vous avez
01:08:36un meurtre
01:08:39un meurtre
01:08:39qui est expliqué
01:08:41attendez
01:08:42je n'excuse pas le roi
01:08:43je dis un meurtre
01:08:44qui est expliqué
01:08:44c'est à dire
01:08:45que le roi
01:08:46se sauve
01:08:47une personne
01:08:48veut le rattraper
01:08:49le rattrape
01:08:50il se bat
01:08:51et c'est vrai
01:08:52qu'il le tue
01:08:52bon réflexe
01:08:53ou pas réflexe
01:08:54bon mais ça
01:08:54c'est je veux dire
01:08:56explicable
01:08:57hors la lune
01:08:57on peut dire
01:08:58c'est sûr
01:08:59que ce n'est pas
01:08:59prémédité
01:09:00c'est certain
01:09:01et puis
01:09:02dans les agressions
01:09:03qu'il fait
01:09:04bon
01:09:04nous prenons des gens
01:09:06il les ligote
01:09:07très bien
01:09:08et puis là
01:09:09vive les vacances
01:09:10vive les voyages
01:09:11bon
01:09:12ce n'est pas normal
01:09:13c'est à dire
01:09:14on n'est pas dans le rationnel
01:09:15autrement dit
01:09:17vous vous apprêtez
01:09:18à plaider la folie
01:09:19ou en tout cas
01:09:20une forme d'irresponsabilité
01:09:22une forme de
01:09:23de déconnexion
01:09:24avec la réalité
01:09:24nous pouvons plaider cela
01:09:26bon
01:09:27et c'est ce que nous plaidons
01:09:28c'est évident
01:09:28parce qu'il faut dire aussi
01:09:30que la personnalité de le roi
01:09:31est particulière
01:09:31c'est un garçon
01:09:32sur lequel
01:09:33les meilleurs renseignements
01:09:34sont donnés
01:09:35c'est un homme
01:09:36qui apparaît comme un homme
01:09:37très sympathique
01:09:38c'est vrai
01:09:39qui est très ouvert
01:09:40tout le monde
01:09:41on ne dit que du bien de lui
01:09:42qu'est-ce que je ne peux pas vous dire
01:09:44bien sûr
01:09:44il y a les faits
01:09:45mais je dis
01:09:46le cas le roi
01:09:47est un cas tout à fait exceptionnel
01:09:49qui pose problème
01:09:50les victimes de Francis le roi
01:09:54défilent une à une à la barre
01:09:56l'accusé leur bredouille
01:09:58bien quelques excuses
01:09:59mais rien de plus
01:10:01autant il m'avait impressionné
01:10:04avec son masque
01:10:05et son panchot
01:10:06qu'il avait sur lui
01:10:07autant là
01:10:08il faisait
01:10:09il faisait misérable
01:10:11en fait
01:10:12il faisait misérable
01:10:13oui
01:10:13on lui pose des questions
01:10:17il répond
01:10:18à minima
01:10:20il n'y a pas
01:10:21de volonté
01:10:22d'explication
01:10:25de texte
01:10:26permanent
01:10:27on attendait
01:10:28bien sûr
01:10:29de le roi
01:10:29des explications
01:10:30quant à ses agissements
01:10:31pourquoi ces soirs là
01:10:33il allait
01:10:34dans ce secteur là
01:10:36ou dans ces secteurs là
01:10:37puisqu'il y a plusieurs secteurs
01:10:39où il s'est manifesté
01:10:40qu'est-ce qui l'avait poussé
01:10:42pourquoi ces personnes
01:10:43et en fait
01:10:43nous sommes en partie
01:10:45restés sur notre faim
01:10:46le réquisitoire est sévère
01:10:48l'avocat général
01:10:50réclame perpétuité
01:10:51avec 30 ans de sûreté
01:10:53la peine la plus lourde
01:10:54depuis l'abolition
01:10:55de la peine de mort
01:10:56il n'a retenu
01:10:58aucune circonstance
01:10:59atténuante
01:11:00à ce récidiviste
01:11:01ni la lune
01:11:02ni la mer castratrice
01:11:04ni les forces occultes
01:11:06les jurés
01:11:06n'en retiennent pas non plus
01:11:08en moins de 3 heures
01:11:09il condamne le roi
01:11:11à la réclusion criminelle
01:11:13la perpétuité a sorti
01:11:14d'une période de sûreté
01:11:15de 20 ans
01:11:15nous nous tournons
01:11:17vers Francis le roi
01:11:19il n'y a pas de réaction
01:11:20particulière
01:11:21il est resté
01:11:22impassible
01:11:24je dirais
01:11:25poli
01:11:26il y a les épaules baissées
01:11:28il n'a pas regardé
01:11:30il ne nous a pas regardé
01:11:33comme quelqu'un
01:11:34qui nous en voulait
01:11:36il était
01:11:38à la limite pitoyable
01:11:40c'est quelque chose
01:11:45qui vous tombe dessus
01:11:46et c'est l'épuisement
01:11:48de ce long procès
01:11:49il n'y a rien en face
01:11:52c'est le vide
01:11:53je finis ma vie en prison
01:11:55contrairement à ce qu'il croyait
01:12:03à l'énoncé du verdict
01:12:04le roi n'a pas fini sa vie en prison
01:12:06il en est sorti
01:12:07après 20 années passées
01:12:08derrière les barreaux
01:12:09et il vit aujourd'hui
01:12:11loin de Bergerac
01:12:12il vit aujourd'hui
01:12:131
01:12:142
01:12:161
01:12:162
01:12:171
01:12:172
01:12:18complètement
01:12:50...
01:13:20...
01:13:22...
01:13:24...
01:13:26...
01:13:28...

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