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  • il y a 1 an
Après plusieurs tentatives de libération, il sera relâché le 26 mars 1978 près d'une station de métro. Le procès de ses ravisseurs eut lieu en décembre 1982, ils écoperont de 5 à 20 ans de réclusion criminelle.

Il racontera qu'à son retour seul son labrador Love a manifesté sa joie de le revoir. Sa famille, ses amis et ses collaborateurs l'avaient déjà enterré et les révélations sur ses relations extraconjugales font la joie de la presse. Ses relations avec ceux-ci se dégradèrent complètement jusqu'à ce qu'il coupe les ponts et commence une nouvelle vie.

Après l'affaire
Un an après sa libération, il divorce de son épouse Sylvana.

En 1981, Édouard-Jean Empain vend ses parts dans le groupe Empain-Schneider, puis se reconvertit dans l'immobilier et les produits pétroliers.

Il partage alors son temps entre Paris et Monaco. C'est d'ailleurs dans la capitale française qu'il fait la connaissance d'un ancien mannequin, Jacqueline Ragonaux, avec qui il partagera sa vie durant 8 ans avant de l'épouser à Monaco en septembre 1990.

En 2003, il est poursuivi, avec un de ses associés (Éric Graham), pour banqueroute frauduleuse en 1998 de sa société immobilière SNC Empain-Graham, mais tous deux sont finalement relaxés.

Il meurt en 2018 et est enterré au cimetière de Bouffémont.

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Éducation
Transcription
00:00:00C'est parti !
00:00:30C'est parti !
00:01:00C'est parti !
00:01:30C'est parti !
00:02:00L'opération a duré moins d'une minute.
00:02:11L'homme qui vient d'être enlevé est le baron Édouard Jean Ampin.
00:02:16Héritier d'un puissant groupe industriel européen, il est l'un des grands patrons de l'économie française.
00:02:22Son enlèvement est l'événement de ce mois de janvier 78.
00:02:31RTL 15h37, Paris. Le baron Édouard Ampin a été enlevé, Avenue Foch, devant son domicile à 11h ce matin.
00:02:38On nous a apporté une première dépêche d'AFP, le baron Édouard Ampin, tout de suite ça a été l'affoilement.
00:02:47On a foncé tout de suite au domicile, c'était Avenue Foch, une espèce de grand immeuble, vous savez, avec d'abord une grille et puis un concierge.
00:02:54Enfin, on ne pouvait pas entrer, quoi. Je veux dire, on s'était trouvé devant une espèce de bunker.
00:02:59Dès qu'on est arrivés, les policiers ne nous donnaient aucune information, nous disaient que la famille ne voulait surtout pas entendre parler de nous.
00:03:07Disons que dès le départ, on a senti qu'il y avait une énorme protection autour de la famille Ampin et qu'on marchait sur des oeufs.
00:03:17La famille Ampin, barricadée, ne répond à personne.
00:03:24Au policier, la baronne Sylvana Ampin déclare qu'elle était chez elle au moment du rap et qu'elle n'a rien vu.
00:03:33Mais il y a des témoins, des voisins qui ont assisté à l'enlèvement.
00:03:40Mais ils ne nous disent pas grand chose. Ils nous disent qu'ils ont vu une estafette, des individus en sortir, emmener le baron de force, lui passer des menottes, ils étaient cagoulés et ils sont partis précipitamment.
00:03:54Ils ont vu des gens cagoulés dont, si vous voulez, la présence sur place, le peu de temps ils ont été présents sur place, ne permettait pas de donner des indications, même de signalement précis.
00:04:10Pas d'éléments donc qui permettent d'identifier les ravisseurs.
00:04:13En revanche, grâce à ces témoins, les policiers ont pu reconstituer les circonstances de l'enlèvement.
00:04:18Au moment où la 604 arrive à la hauteur d'une fourgonnette mal garée, l'un des ravisseurs simule un accident et couche un vélomoteur devant la voiture du baron.
00:04:29C'est à ce moment-là que d'autres complices, tous cagoulés, surgissent de la fourgonnette, éjectent le chauffeur et enlèvent le baron.
00:04:36Dans la matinée, un impressionnant dispositif policier se met en place.
00:04:48Des milliers de voitures sont fouillées, toutes les portes de Paris sont bloquées.
00:04:52La ville semble cadenasser, mais rien n'y fait.
00:04:55Le baron en pain est introuvable.
00:04:58Je voudrais qu'on commence par le début, c'est-à-dire par les minutes qui suivent votre enlèvement.
00:05:08C'est un lundi matin, c'est ça ?
00:05:09Un lundi matin, oui.
00:05:10Donc vous arrivez au... ce qui va être votre premier lieu de détention.
00:05:16Ah ben, si vous voulez, c'est un... c'est une... c'est une maison en ruine, hein, cet endroit, dans lequel il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas d'eau.
00:05:26Donc on est éclairé avec des lampes électriques et puis quelques bougies.
00:05:32Et tout de suite, en arrivant, on me met au courant que pour prouver à ma famille à l'extérieur que leur détermination est grande,
00:05:47on me prévient qu'on va me couper une phalange d'un doigt et qu'on va envoyer ce doigt par la poste à la famille.
00:05:58Ça, c'est une chose qui est... c'est une entrée en matière, vous voyez, tout de suite.
00:06:02C'est quelque chose qui est un peu difficile, puisqu'il procède à l'opération.
00:06:08Et comment est-ce que vous réagissez quand il vous l'annonce ? On va vous couper un doigt.
00:06:14C'est rassurant.
00:06:15Parce qu'on va vous couper un doigt pour négocier quelque chose, ça vous donne du temps.
00:06:22C'est pas quelqu'un qui vous enlève pour vous tuer seulement, vous voyez, vous jetez à...
00:06:30C'est pas... le but n'est pas de tuer.
00:06:34Je comprends tout de suite qu'ils peuvent aller jusqu'à tuer, mais le but n'est pas de tuer.
00:06:37Et tout de suite, on obtient du temps.
00:06:40Le temps de couper le doigt, le temps de l'envoyer, le temps de négocier.
00:06:43Donc c'est très très important.
00:06:46Ça vous bouleverse pas qu'on touche comme ça votre intégrité physique ?
00:06:49Non, pas du tout.
00:06:50Non, mais vous savez, vous, dans une situation comme ça, vous craignez tout de suite le pire.
00:06:57Donc tout ce qui n'est pas le pire est mieux que le pire.
00:07:03La 604 est retrouvée, quelques heures plus tard, abandonnée dans un parking.
00:07:08Dans la voiture, pas d'indice, pas d'empreinte, rien.
00:07:13Intéressant en revanche les premières déclarations du chauffeur, Jean-Denis.
00:07:21C'est celui qui a ouvert la porte, qui m'a braqué, avait un révolver dans chaque main, un barillet.
00:07:27Il m'a emmené les menottes, donc j'ai encore un poignet d'esquinté.
00:07:31Vous vous en frappé ?
00:07:32Oui, parce que quand ils ont commencé, les menottes, ça m'a fait mal.
00:07:36Ça m'avait fait mal quand ils m'ont jeté dans cette forbonnette.
00:07:40Et puis ils ont pris un cordage, ils m'ont ligoté des pieds à la tête.
00:07:46Jean-Denis non plus n'a pas vu le visage de ces agresseurs cagoulés.
00:07:50Mais il les a entendus parler.
00:07:53Il y en a un qui m'a dit, c'est pas après toi qu'on en veut, on veut pas te faire de mal.
00:07:58Alors il y en a un, un autre, qui était dans la camionnette,
00:08:02qui lui a parlé en allemand.
00:08:03De l'allemand, ça c'est une piste intéressante.
00:08:08Un élément qui peut aider à l'identification des ravisseurs.
00:08:12On s'est dit, ah, c'est peut-être la bande abadère, c'est peut-être davantage.
00:08:16Une prise d'otage politique, parce que la personnalité aussi d'en passe,
00:08:21qui a une personnalité internationale, il est belge, c'est un groupe international,
00:08:25qui a des employés dans le monde entier.
00:08:28On s'est dit, ça peut intéresser effectivement des mouvements d'extrême gauche.
00:08:32Si les journalistes pensent immédiatement à la bande abadère,
00:08:37c'est que moins de cinq mois auparavant,
00:08:38ces terroristes allemands s'en sont pris au président du patronat allemand,
00:08:42Hans-Martin Schleyer.
00:08:46Le 6 septembre 1977, Schleyer est enlevé en plein jour à Cologne.
00:08:51Ses quatre gardes du corps sont assassinés.
00:08:54Son corps est retrouvé quelques semaines plus tard en France, à Mulhouse,
00:08:57criblé de balles, dans le coffre de sa voiture.
00:09:00Cet assassinat traumatise à l'époque une Allemagne,
00:09:03confrontée comme toute l'Europe, à la montée du terrorisme.
00:09:14Le baron donc, a-t-il été enlevé comme Schleyer,
00:09:19pour des raisons politiques,
00:09:20ou plus simplement pour des raisons crapuleuses, pour de l'argent ?
00:09:25Le soir même, le président de la République, Valéry Giscard d'Estaing,
00:09:31convoque le ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet,
00:09:33et le garde des Sceaux, Alain Perfit.
00:09:35Il met en place un état-major de crise.
00:09:38Giscard connaît bien le baron Ampin.
00:09:40C'était l'héritier d'une énorme fortune.
00:09:46C'était en même temps un ami du président de la République de l'époque,
00:09:50Valéry Giscard d'Estaing.
00:09:51Il faisait partie aussi du groupe Schneider,
00:09:54dont la femme du président était également parente.
00:09:58Disons que c'était un gros poisson.
00:10:00Ce n'était pas un enlèvement banal.
00:10:01On s'attaquait à quelqu'un de très haut placé,
00:10:05ou tout au moins de très en vue.
00:10:07Donc forcément, l'affaire allait prendre beaucoup de proportions.
00:10:10Yvan Toussaint a écrit une biographie de la famille Ampin,
00:10:16anoblée en 1907 par le roi des Belges, Léopold II.
00:10:19Le baron Édouard Jean Ampin est devenu un très grand chef d'entreprise
00:10:23sur les pas de son père et de son grand-père.
00:10:27Qu'est-ce que c'est que le groupe Ampin au moment où Édouard Jean Ampin est enlevé ?
00:10:30L'électricité, le nucléaire, c'est le gros, c'est le sens, c'est le métier principal.
00:10:37Est-ce que c'est quelqu'un de très connu au moment de son enlèvement ?
00:10:41Est-ce qu'on le voit tous les quatre matins à la télévision ?
00:10:43Est-ce qu'il est un peu star, patron star ?
00:10:45Alors il y a les deux choses.
00:10:46Ce n'est pas quelqu'un qui défraie les chroniques mondaines.
00:10:48C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui a une vie privée un peu agitée,
00:10:51mais ce n'est pas du tout quelqu'un qui s'affiche avec des actrices, qui, etc.
00:10:54En revanche, bien entendu, on parle de plus en plus souvent de lui dans les rubriques économie des journaux.
00:11:00Parce que de plus en plus, en effet, il est mêlé à des choses qui sont d'une importance nationale pour la France.
00:11:07Avenue Fauche, le domicile de la famille Ampin.
00:11:10C'est aussi depuis l'enlèvement le deuxième quartier général de la police.
00:11:14Par expérience, les enquêteurs savent que c'est la famille que les ravisseurs contacteront en priorité.
00:11:18Plusieurs inspecteurs s'installent donc dans l'appartement du baron, à la fois pour protéger la famille et pour la surveiller.
00:11:25Les policiers veulent tous avoir d'éventuelles tractations secrètes avec les ravisseurs.
00:11:31C'est l'inspecteur Jean-Claude Murat qui se charge personnellement de la surveillance et de la protection de la baronne Ampin.
00:11:38Je devais protéger, bien sûr, la baronne Ampin, aussi bien dans l'appartement qu'à l'extérieur, lors de ses déplacements.
00:11:46Et cela, 7 jours sur 7.
00:11:47Je devais filtrer toutes les communications téléphoniques et m'assurer de la coopération totale de la famille.
00:11:55Il ne fallait pas qu'ils traitent directement avec les ravisseurs.
00:11:59C'est le meilleur moyen d'être informé tout de suite, déjà, s'il arrive un appel téléphonique.
00:12:03Bon, de conseiller Mme Ampin si c'est elle qui doit répondre et de jouer le neveu, le cousin au téléphone pour avoir directement les ravisseurs.
00:12:15Les consignes sont claires. Pas de négociation avec les ravisseurs sans l'accord de la police.
00:12:21Pour éviter de mauvaises surprises, l'appartement de l'avenue Foch est mis sur écoute.
00:12:26Mais en fin de journée, toujours pas de revendications ni de demandes de rançon.
00:12:30Au siège du groupe Ampin-Snedre, rue d'Anjou, dans le 8e arrondissement, les dirigeants constituent eux aussi un état-major de crise.
00:12:38Il comprend notamment René Hengen, le bras droit du baron Ampin, et maître Robert Badinter, qui est à l'époque l'avocat du groupe industriel.
00:12:46Ensemble, ils décident d'une ligne de conduite, ne pas laisser la police prendre toutes les décisions.
00:12:54Dès le départ, il y a donc entre les deux camps un manque de confiance évident.
00:12:58Le 24 janvier, le lendemain de l'enlèvement, tout s'accélère.
00:13:08Voici une information de dernière minute qui vient de nous parvenir il y a quelques secondes.
00:13:14Un coup de téléphone reçu à la rédaction de RTL et dont je diffuse le contenu avec les extrêmes précautions qu'il convient de prendre dans une affaire de cette importance,
00:13:21et qui est stipulée de cette façon. Nous, noyaux armés pour l'autonomie populaire, revendiquons l'enlèvement du baron Ampin,
00:13:28nous exigeons la libération de nos camarades avant mercredi midi, sinon nous tuerons le baron, d'autres patrons suivront.
00:13:35L'enlèvement du baron vient d'être revendiqué par un groupuscule d'extrême gauche français, le NAPAP.
00:13:41Plus que jamais, c'est donc la piste politique qui est privilégiée.
00:13:44Ici, au ministère de l'Intérieur, bien sûr, aucun élément n'est négligé dans tous ces coups de téléphone.
00:13:52Est-ce que, Gérard Berger, on peut considérer qu'ils sont pris au sérieux ?
00:13:55Et est-ce que la revendication du NAPAP vous semble tenir debout ?
00:13:59À l'heure où je parle, il n'a pas été possible d'authentifier ces coups de téléphone,
00:14:03et qu'en conséquence, toutes les hypothèses sont encore envisagées par les enquêteurs.
00:14:10Le porte-parole du ministère de l'Intérieur ne le dit pas aux journalistes.
00:14:14Mais à ce moment-là, les policiers sont sur une autre piste.
00:14:21Le jour même, en effet, soit 36 heures après leur apte,
00:14:24les collaborateurs du baron ont reçu un coup de fil anonyme,
00:14:28et ils ont immédiatement appelé la brigade criminelle.
00:14:31Il téléphone dans une banque qui est à côté de la rue d'Anjou, du siège,
00:14:40et il demande à ce que quelqu'un du groupe aille à la gare de Lyon, dans une consigne, chercher un message.
00:14:46Un message dans une consigne de la gare de Lyon.
00:14:51La piste se précise.
00:14:53Les policiers accompagnent aussitôt l'un des dirigeants du groupe en pain à la gare.
00:14:57Ensemble, ils ouvrent la consigne numéro 595.
00:15:04C'est celle qu'on leur a indiquée.
00:15:05À l'intérieur de la consigne, on trouve la carte d'identité du baron,
00:15:11ainsi que des lettres faites en lettres bâton, quelque chose qui a été préparé.
00:15:15On voit bien, ça a été préparé.
00:15:16Plus des petits mots manuscrits de sa part à lui, message à sa femme.
00:15:19Et ça, pour nous, ce sont des éléments quand même importants.
00:15:24Des éléments qui prouvent que ce sont les véritables ravisseurs
00:15:27et que le baron en pain est vivant.
00:15:30À sa femme, il a écrit un mot.
00:15:32Bref, cher Sylvana, ne t'inquiète pas trop.
00:15:34Tout peut s'arranger.
00:15:36Je t'embrasse.
00:15:37Dans l'enveloppe, une autre lettre.
00:15:39Signée cette fois des ravisseurs.
00:15:41C'est une demande de rançon.
00:15:42Une rançon colossale pour l'époque.
00:15:4580 millions de francs.
00:15:46L'équivalent de 13 millions d'euros.
00:15:48Mais dans la consigne,
00:15:50il y a aussi un petit paquet à l'attention toute particulière
00:15:53de la famille du baron en pain.
00:15:57Là, horrible,
00:15:58on a découvert justement
00:16:00un fragment du petit doigt sectionné
00:16:03du baron qui baillait dans un flacon de formoles.
00:16:09Je dois dire que ça faisait quand même un peu frémir
00:16:11parce qu'on savait que
00:16:12s'ils avaient commencé cette mutilation,
00:16:14ils pouvaient la poursuivre.
00:16:16et donc, ce n'étaient pas des plaisantins.
00:16:22Avenue Fauche,
00:16:23la baronne est immédiatement alertée.
00:16:29Elle était vraiment atterrée.
00:16:31Elle me disait,
00:16:31on ne le reverra pas vivant.
00:16:32D'autant plus que dans le courrier,
00:16:34il était dit que si jamais la rançon n'était pas versée,
00:16:39par la suite,
00:16:40il y aurait un pied,
00:16:41un oeil
00:16:42qui parviendrait à la famille
00:16:44et que l'otage serait découpé en morceaux
00:16:48jusqu'à la mort.
00:16:49Pour en arriver là,
00:16:50c'est que vraiment,
00:16:52ils veulent nous mettre une pression formidable.
00:16:55Et c'est là qu'on se dit aussi,
00:16:56ils cherchent à nous impressionner,
00:16:58nous,
00:16:58mais à impressionner la famille,
00:17:00bien évidemment,
00:17:00ou le groupe,
00:17:02toujours dans le but
00:17:03d'engager tout le monde psychologiquement
00:17:05à devoir verser une rançon.
00:17:13Les jours passent,
00:17:14sans appel des ravisseurs,
00:17:15qui semblent prendre leur temps.
00:17:22Le baron en pain
00:17:23est séquestré depuis
00:17:24une semaine maintenant.
00:17:30Une semaine
00:17:31qu'il est à la merci
00:17:32d'individus
00:17:32qui n'ont pas hésité
00:17:33à le mutiler.
00:17:37Cagoulé
00:17:37la plupart du temps,
00:17:39il est détenu
00:17:40dans un lieu
00:17:40totalement inconnu.
00:17:42Je suis dans une tente
00:17:47installé dans une pièce.
00:17:48C'est une tente,
00:17:50une vulgaire tente,
00:17:51disons,
00:17:51à deux places,
00:17:52si vous voulez,
00:17:53avec un
00:17:54tap pneumatique.
00:17:57Et,
00:17:58bien entendu,
00:17:59quand on est à l'intérieur
00:18:00de la tente
00:18:00et enchaîné,
00:18:01on ne sait pas
00:18:03ce qui se passe
00:18:03à l'extérieur,
00:18:04donc ça évite
00:18:06toute tentation
00:18:07de s'enfuir.
00:18:08J'ai pris des résolutions
00:18:16tout de suite,
00:18:17parce que
00:18:17j'ai bien compris
00:18:19qu'il fallait
00:18:21que je me fasse
00:18:23le plus petit possible
00:18:24et que je leur fasse
00:18:27le moins d'ennuis possible.
00:18:29C'est-à-dire
00:18:29ne pas me plaindre,
00:18:31ne pas
00:18:31essayer de ne pas
00:18:33tomber malade,
00:18:34essayer,
00:18:35je veux dire,
00:18:35essayer de leur créer
00:18:37le moins de soucis
00:18:38possible,
00:18:39moins de problèmes.
00:18:42En exagérant
00:18:43même la chose,
00:18:44enfin,
00:18:44je veux dire,
00:18:44c'est...
00:18:46Même quand j'avais
00:18:49vraiment froid,
00:18:49fallait-il leur dire
00:18:51que j'avais froid ?
00:18:53Le baron en pain
00:18:54n'a jamais vu
00:18:55le visage
00:18:56de ses ravisseurs.
00:18:57Il est d'ailleurs
00:18:58impératif pour eux
00:18:58de ne pas être reconnus
00:19:00par leur otage.
00:19:01Et ça,
00:19:02le baron l'a bien compris.
00:19:04Quand il s'annonce,
00:19:05je suis prié
00:19:05de mettre ma cagoule,
00:19:07que j'ai une cagoule
00:19:08à côté de moi,
00:19:08donc je suis prié
00:19:09de mettre ma cagoule
00:19:09et il m'a expliqué
00:19:10que de toute façon,
00:19:11si je les voyais,
00:19:13c'en était fini pour moi
00:19:14et j'avais bien conscience
00:19:15de ça.
00:19:17Il ne fallait surtout pas
00:19:18que je les voie.
00:19:22Si même je les avais vues,
00:19:23j'aurais juré
00:19:24que je ne les avais jamais vues.
00:19:26C'était...
00:19:26On se rend bien compte
00:19:28que c'est...
00:19:29La vie,
00:19:30on n'est pas.
00:19:30Édouard Jean-Rampin
00:19:33est cagoulé
00:19:33mais aussi enchaîné
00:19:34au niveau du cou
00:19:35et contraint
00:19:36de rester allongé
00:19:36sous sa tente
00:19:37sans autre horizon
00:19:38que ses 3 mètres carrés
00:19:39de toile.
00:19:41Je pense que
00:19:42quand vous êtes là,
00:19:42couché sur votre matelas pneumatique
00:19:44dans votre tente,
00:19:45elle-même dans une pièce glaciale,
00:19:47vous occupez le temps
00:19:48en imaginant
00:19:49ce que font les autres
00:19:50à l'extérieur.
00:19:51à ce moment-là,
00:19:52vous pensez
00:19:52qu'ils vont racler
00:19:53les fonds de tiroirs
00:19:54pour trouver
00:19:54le maximum d'argent
00:19:55et les uns et les autres.
00:19:58Et votre femme ?
00:19:58Non.
00:19:59Je vais vous dire pourquoi.
00:20:00Et vos collaborateurs ?
00:20:00Je sais qu'il n'y a pas d'argent.
00:20:03Le seul qui a de l'argent,
00:20:04c'est moi.
00:20:05Et ils ont enlevé
00:20:05la seule personne
00:20:06qui a de l'argent.
00:20:08Et personne ne peut toucher
00:20:09à votre argent.
00:20:09C'est impossible, ça.
00:20:10Comment vous faites ?
00:20:12Il y a des lois,
00:20:13si vous voulez.
00:20:14Heureusement, d'ailleurs.
00:20:15Personne ne peut toucher
00:20:16à vos biens.
00:20:18Vous souhaitez-vous
00:20:18qu'il paye la rançon ?
00:20:20Vous trouvez que c'est
00:20:20la seule issue
00:20:22et qu'il faut en passer par là ?
00:20:24Je pense au début,
00:20:25si vous voulez,
00:20:26qu'on peut négocier.
00:20:30C'est-à-dire peut-être
00:20:31arriver à 10 millions
00:20:33ou 8 millions
00:20:34ou 5 millions.
00:20:36Et que là,
00:20:37en battant le rappel
00:20:37des amis,
00:20:38des uns et des autres,
00:20:40un bout de famille
00:20:41qui veut bien
00:20:42lâcher un collier
00:20:44ou un...
00:20:46Bon, on va peut-être
00:20:47y arriver.
00:20:50A la brigade criminelle,
00:20:557 jours après le rapte,
00:20:57tous les policiers
00:20:57sont sur le pont,
00:20:58on bat le rappel
00:20:59de tous les indics,
00:21:00on surveille
00:21:01tous les voyous
00:21:01répertoriés.
00:21:03Et comme l'enquête
00:21:03patine,
00:21:04finalement,
00:21:04les policiers
00:21:05ont tout le temps
00:21:06de fouiller
00:21:06dans la vie privée
00:21:07du baron Ampin.
00:21:12Pourquoi l'a-t-on
00:21:13choisi, lui ?
00:21:15Est-ce que c'est
00:21:16simplement parce qu'il
00:21:16représente symboliquement
00:21:18une somme d'argent
00:21:19qu'on peut demander
00:21:20à sa famille
00:21:20ou à sa société ?
00:21:22Ou alors,
00:21:22est-ce que dans
00:21:23ses fréquentations,
00:21:24dans ses attitudes,
00:21:25dans ce qu'il a fait,
00:21:27il y a quelque chose
00:21:27qui donne de la prise
00:21:28à des malfaiteurs ?
00:21:30En bref,
00:21:31chercher la faille,
00:21:32chercher l'élément
00:21:33qui, dans la personnalité
00:21:34du baron,
00:21:35permettra peut-être
00:21:36de comprendre
00:21:36pourquoi il a été enlevé.
00:21:39Logiquement,
00:21:39les policiers fouillent
00:21:40alors dans sa vie privée
00:21:41et interrogent
00:21:42sa famille,
00:21:43ses amis.
00:21:44Et ils se disent
00:21:45qu'ils ont trouvé
00:21:45la faille.
00:21:46c'est le jeu.
00:21:48Tout le monde le sait,
00:21:49c'est un homme
00:21:49qui jouait beaucoup.
00:21:52Ça flambait
00:21:52toute la nuit,
00:21:54c'était des montants
00:21:56énormes,
00:21:57c'était assez fréquent.
00:22:00Quelqu'un qui est joueur,
00:22:01pour nous,
00:22:01c'est intéressant
00:22:02parce que ça peut
00:22:03l'amener soit
00:22:04dans les lieux
00:22:05publics de jeu,
00:22:06soit dans des parties
00:22:07en privé,
00:22:09à rencontrer
00:22:10des gens
00:22:10plus ou moins fréquentables.
00:22:12D'autant que
00:22:12dans le folklore
00:22:14entourant le jeu,
00:22:15le fait de couper
00:22:16un doigt
00:22:17à un joueur,
00:22:18c'est une manœuvre,
00:22:21enfin,
00:22:21c'est une sanction,
00:22:23si vous voulez,
00:22:23contre un joueur
00:22:24qui n'a pas été honnête
00:22:25avec ses partenaires.
00:22:28Les policiers
00:22:29découvrent d'abord
00:22:29que le baron
00:22:30en pain
00:22:31joue au poker
00:22:32plusieurs fois
00:22:32par semaine,
00:22:33parfois avec des personnalités
00:22:34du showbiz
00:22:35comme Yves Montand.
00:22:37Certains soirs,
00:22:38les miss peuvent aller
00:22:38jusqu'à 200 000 francs
00:22:39par personne,
00:22:4030 000 euros.
00:22:42On le voit aussi beaucoup
00:22:43dans les casinos.
00:22:45Et là aussi,
00:22:46il joue des sommes
00:22:47colossales.
00:22:48Il gagne,
00:22:49il perd.
00:22:50Au Palm Beach de Cannes,
00:22:52le baron
00:22:53est l'un des meilleurs clients.
00:22:54On est entré au casino,
00:22:59c'est comme si
00:22:59le président de la République
00:23:01arrive,
00:23:01on vous fait la place,
00:23:03on vous emmène
00:23:04à la table
00:23:05principale
00:23:07du restaurant,
00:23:09vous avez du caviar,
00:23:10du champagne,
00:23:11des choses que
00:23:12tout le monde
00:23:13avait accès
00:23:14à tout ça
00:23:15dans la vie
00:23:16s'il le voulait.
00:23:17Mais là,
00:23:17ça vous a été offert
00:23:19et créé une ambiance
00:23:20et puis après,
00:23:21c'était la salle de jeu.
00:23:24On regardait jouer
00:23:25Wado,
00:23:26c'était un spectacle
00:23:27ahurissant.
00:23:28Les sommes
00:23:28qui se jouaient
00:23:30en quelques secondes.
00:23:32En interrogeant
00:23:33le directeur
00:23:33du Palm Beach,
00:23:34les enquêteurs
00:23:35font une découverte
00:23:36intéressante.
00:23:37Le baron
00:23:37a perdu
00:23:38quelques mois
00:23:38auparavant
00:23:39une somme
00:23:39considérable,
00:23:4111 millions
00:23:41de francs.
00:23:43Et il s'est endetté
00:23:44pour rembourser
00:23:45cette somme.
00:23:46Un créancier
00:23:47a-t-il voulu
00:23:48se rembourser
00:23:49en enlevant
00:23:50le baron ?
00:23:51La presse
00:23:52commence à se poser
00:23:53beaucoup de questions.
00:23:54L'affaire
00:23:54des dettes
00:23:55de jeu
00:23:55en particulier
00:23:55nourrit
00:23:56tous les fantasmes.
00:23:58L'image
00:23:58du chef
00:23:59d'entreprise
00:23:59irréprochable
00:24:00commence
00:24:01à se lézarder.
00:24:05Peu à peu
00:24:06va se bâtir
00:24:07une thèse
00:24:08qui va faire
00:24:09très long feu
00:24:10et qui va être
00:24:11la thèse
00:24:12de l'autorapt.
00:24:14Il va y avoir
00:24:16ça va aller
00:24:17du dîner
00:24:18en ville
00:24:18à de la mauvaise
00:24:19presse
00:24:20à de la médisance
00:24:23qui va dire
00:24:24le baron
00:24:24en pain
00:24:25a lui-même
00:24:26organisé
00:24:26un rap
00:24:27et c'est
00:24:29pour payer
00:24:29ses dettes
00:24:30ou pour faire
00:24:30payer ses dettes
00:24:31de jeu.
00:24:31Il va y avoir
00:24:31cette espèce
00:24:32de rumeur
00:24:33absolument détestable
00:24:34et puis
00:24:36on le saura
00:24:36très vite
00:24:37mais au début
00:24:38on ne le sait pas
00:24:38totalement contraire
00:24:39à la vérité
00:24:39qui va
00:24:41pourrir
00:24:42et pourrir
00:24:44vraiment
00:24:44l'image
00:24:45du baron
00:24:46en pain.
00:24:48Logiquement
00:24:48le reste
00:24:49de sa vie privée
00:24:50est aussi passé
00:24:51au crible.
00:24:52Apparaît alors
00:24:53l'image
00:24:53d'un homme
00:24:54qui aimait
00:24:54les femmes
00:24:55et pas seulement
00:24:56la sienne.
00:24:58Là encore
00:24:58les policiers
00:24:59essayent de trouver
00:24:59un lien
00:25:00avec l'enlèvement
00:25:01un mari jaloux
00:25:02ou une maîtresse
00:25:04délaissée
00:25:05mais après enquête
00:25:07ça ne colle pas.
00:25:11Les proches
00:25:12du baron
00:25:12excédé
00:25:13par ces révélations
00:25:14fuient
00:25:15les journalistes
00:25:16la presse
00:25:18est priée
00:25:19de se taire.
00:25:21Nous n'avons
00:25:22rien à
00:25:23transmettre
00:25:24à qui que ce soit
00:25:26qui ne soit pas
00:25:27déjà
00:25:27si vous voulez
00:25:29nous ne disons rien
00:25:30et nous demandons
00:25:31aux journalistes
00:25:31de nous laisser
00:25:33un peu
00:25:34tranquilles
00:25:34et tout ça
00:25:35s'ils veulent
00:25:37nous laisser
00:25:37la chance
00:25:38qu'on peut avoir
00:25:39de retrouver
00:25:39mon père vivant
00:25:40et il faudrait
00:25:42que tout le monde
00:25:42parte
00:25:43qu'on ne publie
00:25:44pas des choses
00:25:44qui ne sont pas
00:25:45du tout
00:25:46vraies
00:25:47et tout à fait
00:25:48pas fondées
00:25:49en tout cas.
00:25:50La presse l'ignore
00:25:51mais la famille
00:25:52vient de recevoir
00:25:53une lettre du baron.
00:25:54En quelques mots
00:25:55griffonnés
00:25:55il s'adresse
00:25:56à sa fille aînée
00:25:57Patricia
00:25:58« Je vais te demander
00:26:00une preuve d'amour
00:26:01et de courage
00:26:01celle de me sauver
00:26:03la vie.
00:26:04Voilà ce que tu dois faire
00:26:05prendre ma Mercedes
00:26:06y mettre la rançon
00:26:07aller où on te dit
00:26:09et n'accepter
00:26:10d'aucune façon
00:26:11d'être suivi
00:26:12par la police. »
00:26:15Cette lettre
00:26:15bien sûr
00:26:15est écrite
00:26:16sous la dictée
00:26:17des ravisseurs.
00:26:19La famille
00:26:19ne prévient pas
00:26:20tout de suite
00:26:20la police
00:26:20elle met
00:26:21parfois du temps
00:26:22à leur transmettre
00:26:23les documents
00:26:24qu'elle reçoit.
00:26:28Certains n'ont été portés
00:26:30à notre connaissance
00:26:31que plusieurs jours après.
00:26:32Après qu'ils aient été
00:26:33analysés
00:26:34par le groupe
00:26:35et en réunion
00:26:36avec l'avocat
00:26:38de l'époque
00:26:38Maître Banater
00:26:39ou ses assistants
00:26:40avec le conseiller technique
00:26:42qu'ils avaient pris
00:26:42donc Max Ferney
00:26:43ancien directeur
00:26:44de la PJ
00:26:44et on savait
00:26:45que Pierre-Otta-Violine
00:26:46était appelé
00:26:47qu'in fine
00:26:48donc ça voulait dire
00:26:49qu'il ne fallait pas
00:26:52être si sûr
00:26:52que ça
00:26:53du langage
00:26:54qu'on nous tenait.
00:26:57C'est clair
00:26:58la famille
00:26:59commence à développer
00:27:00sa propre stratégie.
00:27:02La police
00:27:02s'en méfie
00:27:03de plus en plus.
00:27:07La police
00:27:08surveille
00:27:08tout le monde
00:27:09elle surveille
00:27:09la famille
00:27:10elle surveille
00:27:11les amis
00:27:12je pense qu'elle a
00:27:13surveillé aussi
00:27:14les avocats
00:27:14je pense qu'elle a
00:27:15surveillé
00:27:16beaucoup de monde
00:27:16elle a surveillé
00:27:17les gens du groupe
00:27:18les lignes téléphoniques
00:27:21ont été écoutées
00:27:22les allées et venues
00:27:23ont été surveillées.
00:27:24les cadres
00:27:28du groupe
00:27:29en pain
00:27:29sont mis
00:27:31sur écoute
00:27:31à leur tour
00:27:32et le résultat
00:27:34est intéressant
00:27:35les policiers
00:27:36découvrent
00:27:36l'existence
00:27:37de négociations
00:27:38secrètes
00:27:39entre le groupe
00:27:41et les ravisseurs.
00:27:45Les dirigeants
00:27:45d'Empin-Sneddre
00:27:46tentent en fait
00:27:47de faire baisser
00:27:48le montant
00:27:49de la rançon
00:27:49à 30 millions
00:27:51de francs
00:27:52l'équivalent
00:27:52de 4 millions
00:27:53et demi
00:27:53d'euros.
00:27:56Un véritable
00:27:57marchandage
00:27:58sur la vie
00:27:59du baron
00:28:00en pain.
00:28:07Quel jeu
00:28:08joue
00:28:08à la fois
00:28:09la famille
00:28:10du baron
00:28:10en pain
00:28:11notamment sa femme
00:28:12et le groupe
00:28:13en pain
00:28:14pendant
00:28:14l'enlèvement
00:28:15du baron ?
00:28:17Dès le début
00:28:17s'est posé
00:28:18la question
00:28:18d'argent
00:28:18c'est à dire
00:28:19qu'on en prendait
00:28:20une rançon
00:28:20alors est-ce que
00:28:21qui voulait
00:28:22payer la rançon
00:28:22la famille
00:28:23le groupe
00:28:24comment ça allait
00:28:25se passer ?
00:28:26Tout de suite
00:28:26tout le monde
00:28:26a dit que c'était
00:28:27trop
00:28:27mais la famille
00:28:28a tout de suite
00:28:29dit que
00:28:29si on parvenait
00:28:30à réduire
00:28:31un petit peu
00:28:31les prétentions
00:28:32des gens
00:28:32qui avaient
00:28:33enlevé le baron
00:28:34qu'à ce moment-là
00:28:35elle allait se porter
00:28:36fort
00:28:36donc garantir
00:28:37en quelque sorte
00:28:37le groupe
00:28:38allait payer
00:28:38et à ce moment-là
00:28:39le groupe
00:28:40a accepté
00:28:41de payer
00:28:41alors le groupe
00:28:41le groupe
00:28:42c'était qui ?
00:28:43Le groupe
00:28:43c'était un des
00:28:44collaborateurs
00:28:44les plus directs
00:28:45du baron
00:28:45un monsieur
00:28:46qui s'appelle
00:28:46monsieur Engen
00:28:47qui est mort
00:28:52estimé
00:28:53que 30 millions
00:28:54lourds
00:28:55finalement
00:28:55on pouvait
00:28:56le faire
00:28:57et je crois
00:28:57qu'en un premier temps
00:28:59pas mal de gens
00:29:00la famille
00:29:00toute entière
00:29:01toute entière
00:29:02et pas mal de gens
00:29:03au sein du groupe
00:29:03voulaient payer
00:29:04qui ne voulait pas payer
00:29:05c'était monsieur
00:29:06Ottavioli
00:29:06et tous les autres
00:29:07les policiers
00:29:08les policiers
00:29:09et ce qui est
00:29:09d'une doctrine constante
00:29:11qu'on a essayé
00:29:12d'expliquer à la famille
00:29:13et au groupe
00:29:13c'est qu'il ne faut
00:29:13jamais payer
00:29:14cela dit
00:29:15qui a changé de camp
00:29:16c'est Engen
00:29:16Engen a été convaincu
00:29:18que finalement
00:29:18vous n'avez pas de garantie
00:29:19en payant au contraire
00:29:20je veux dire
00:29:21que ce n'est pas parce que vous payez
00:29:22que votre otage
00:29:23va vous être rendu
00:29:24et notamment pour ça
00:29:26et alors finalement
00:29:27il s'est laissé convaincre
00:29:28et alors s'est développée
00:29:29l'opération
00:29:29comme on le sait
00:29:30à ce moment là
00:29:34dans l'entourage du baron
00:29:36il y a deux camps
00:29:37d'un côté sa femme
00:29:38et sa mère
00:29:39qui veulent payer
00:29:40mais pas n'importe quel prix
00:29:42de l'autre
00:29:43le groupe en pain
00:29:43et son patron par intérim
00:29:45René Engen
00:29:45qui se sont laissés convaincre
00:29:47par le commissaire Ottavioli
00:29:49qu'il ne faut pas payer
00:29:50le commissaire Ottavioli
00:29:55est depuis le début
00:29:56le patron de l'enquête
00:29:58vous votre objectif
00:30:04c'est d'arrêter
00:30:06les ravisseurs
00:30:08premièrement
00:30:09mon objectif
00:30:09c'est de faire en sorte
00:30:10que la famille
00:30:10accepte
00:30:11de ne pas verser la rançon
00:30:12il fallait
00:30:13que la famille
00:30:15accepte
00:30:16que nous versions
00:30:17une rançon factice
00:30:18et au bout de 15 jours
00:30:203 semaines
00:30:21c'est l'un des inspecteurs
00:30:22qui était en relation
00:30:23avec la famille
00:30:24alors de façon permanente
00:30:25qui m'a dit
00:30:26patron je crois
00:30:28que si vous présentiez
00:30:30votre idée
00:30:31elle pourrait peut-être
00:30:32être reçue
00:30:33parce qu'évidemment
00:30:34c'est dangereux
00:30:35de remettre une rançon factice
00:30:37c'est mettre en danger
00:30:39la vie du baron
00:30:39quand même
00:30:40elle l'était déjà
00:30:41depuis longtemps
00:30:41et bien avant
00:30:42et il y avait
00:30:44de tels exemples
00:30:45disons à l'étranger
00:30:47de personnes enlevées
00:30:50qui avaient été tuées
00:30:51après la remise
00:30:52de la rançon
00:30:53que ce n'était pas
00:30:55une garantie du tout
00:30:56que la remise
00:30:57de la rançon
00:30:57conduise à l'élibération
00:31:01du baron
00:31:01c'était pas évident
00:31:02du tout
00:31:03j'étais sûr
00:31:15que dehors
00:31:15chacun conduisait
00:31:18disons bien
00:31:22allez
00:31:23appelons ça bien
00:31:24ou assez bien
00:31:25et que
00:31:27ceux qui m'étaient
00:31:29le plus proche
00:31:30passaient quand même
00:31:31une bonne partie
00:31:31de leur journée
00:31:32à essayer
00:31:35de me tirer de là
00:31:35si
00:31:43heureusement
00:31:44je ne l'ai pas su
00:31:45si j'avais su
00:31:46pendant que j'étais
00:31:48dans ce trou
00:31:49quel était
00:31:52le comportement
00:31:53de ceux
00:31:53qui étaient
00:31:54à l'extérieur
00:31:55je me serais
00:31:55laissé mourir
00:31:56ça fait trois semaines
00:31:59que le baron
00:32:00en pain
00:32:00n'a pas vu
00:32:01la lumière du jour
00:32:02depuis vingt
00:32:03longues journées
00:32:04et vingt
00:32:05longues nuits
00:32:05il est enchaîné
00:32:07dans une tente
00:32:08plantée
00:32:09au fond d'une cave
00:32:10seul
00:32:11ils ont peur
00:32:16que je craque
00:32:17complètement
00:32:18donc
00:32:19de temps en temps
00:32:22ils manifestent
00:32:24un tant soit peu
00:32:25d'humanité
00:32:26pour
00:32:27mon équilibre
00:32:30cette humanité
00:32:32c'est
00:32:32tiens
00:32:33ça te ferait plaisir
00:32:34d'avoir une pomme
00:32:34tiens
00:32:36on a du café chaud
00:32:38c'est vrai
00:32:40que ça fait plaisir
00:32:41petit à petit
00:32:46effectivement
00:32:47j'ai obtenu
00:32:48d'avoir une petite
00:32:49lampe de chevet
00:32:50mais
00:32:51comme je dis
00:32:52une lampe de chevet
00:32:53c'est vraiment
00:32:54une petite lampe
00:32:55et une petite lumière
00:32:57qui permettait
00:32:58tant bien que mal
00:32:59d'avoir
00:33:02d'avoir un environnement
00:33:04autre que le noir
00:33:05même l'environnement
00:33:07quand vous voyez
00:33:10la tente orange
00:33:12vous voyez quelque chose
00:33:14c'est mieux
00:33:14que de ne rien voir du tout
00:33:15qui était le plus important
00:33:22c'était de survivre
00:33:24et d'essayer de survivre
00:33:25le plus longtemps possible
00:33:26c'est à dire
00:33:28d'essayer de faire traîner
00:33:30les choses
00:33:30d'essayer de gagner du temps
00:33:31c'était
00:33:35c'était important
00:33:36ce que je croyais être
00:33:38du temps de gagner
00:33:39en fait
00:33:40ils étaient d'accord
00:33:41de gagner ce temps là
00:33:42parce que
00:33:42eux-mêmes savaient
00:33:44que plus ça durait
00:33:45et plus
00:33:48ils avaient peut-être
00:33:49de chance
00:33:49de toucher quelque chose
00:33:50peut-être pas ce qu'ils demandaient
00:33:51mais de toucher quelque chose
00:33:53on est quatre semaines
00:34:01après l'enlèvement
00:34:01et là tout s'accélère
00:34:02le 20 février
00:34:04les ravisseurs
00:34:04téléphonent au siège
00:34:05du groupe en pain
00:34:06rue d'Anjou à Paris
00:34:07désormais ils veulent
00:34:0840 millions de francs
00:34:106 millions et demi d'euros
00:34:11tout de suite
00:34:11plus de discussion
00:34:12plus de négociation
00:34:13et là c'est la police
00:34:14qui prend la main
00:34:15la crime
00:34:16demande l'appui
00:34:16de l'anti-gang
00:34:17le rendez-vous
00:34:19pour la remise
00:34:20de la rançon
00:34:21est fixé par les ravisseurs
00:34:22à Meugev
00:34:23une station de sport d'hiver
00:34:24de Savoie
00:34:24extrêmement chic
00:34:26les policiers de la crime
00:34:27et de l'anti-gang
00:34:28ont moins de 48 heures
00:34:30pour se préparer
00:34:31très rapidement
00:34:32en deux ou trois jours
00:34:33que nous avions devant nous
00:34:34on a installé
00:34:35un système radio
00:34:35là aussi il faut se remettre
00:34:37à l'époque
00:34:37pas de téléphone portable
00:34:39des radios
00:34:39qui passent difficilement
00:34:41si on n'a pas un relais haut
00:34:42notamment dans un lieu de montagne
00:34:43donc on installe tout ça
00:34:45la technique
00:34:45et puis on fait des reconnaissances
00:34:47sur les routes
00:34:49et on fait vraiment
00:34:50très rapidement des manœuvres
00:34:52des manœuvres
00:34:53et des repérages
00:34:54les policiers ont deux jours
00:34:56pour explorer chaque rue
00:34:57chaque parcelle de Meugev
00:34:59ils doivent identifier
00:35:00tous les moyens d'accès
00:35:01à la ville
00:35:02et tenter d'imaginer
00:35:03comment les ravisseurs
00:35:04peuvent s'échapper
00:35:05par hélicoptère par exemple
00:35:07ou par la Suisse
00:35:08qui n'est qu'à une heure de route
00:35:09ils doivent anticiper
00:35:12tous les scénarios
00:35:14de fuite possible
00:35:15et ça
00:35:16sans se faire repérer
00:35:17par les ravisseurs
00:35:19on avait fait changer
00:35:22nos plaques
00:35:23d'immatriculation
00:35:24des véhicules
00:35:25parce que bien évidemment
00:35:26ils n'avaient pas
00:35:27la ressource sur place
00:35:28pour donner des véhicules
00:35:29immatriculés dans le coin
00:35:30donc on a fait faire
00:35:31des vraies fausses plaques
00:35:33pour ne pas paraître
00:35:34incongru
00:35:37dans la région
00:35:38des dizaines de policiers
00:35:40sont en planque
00:35:41dans la station de sport d'hiver
00:35:42et un inspecteur
00:35:44est désigné pour jouer
00:35:45le rôle
00:35:45du porteur de la rançon
00:35:47c'est Jean Mazieri
00:35:49dit
00:35:50le chinois
00:35:51un adepte des arts martiaux
00:35:53réputé
00:35:53pour son sang-froid
00:35:55pour les ravisseurs
00:35:56il est censé être
00:35:57monsieur Mazot
00:35:57un collaborateur du baron
00:35:59je sers d'appât
00:36:01pour attirer
00:36:02les ravisseurs
00:36:03dans le piège
00:36:04je me dis
00:36:04ce n'est pas le policier
00:36:05qui va là-bas
00:36:08il faut que ce soit
00:36:09un guerrier
00:36:10un guerrier
00:36:12disposé
00:36:13à périr
00:36:14mais pas pour périr
00:36:16pour mieux vaincre
00:36:17mercredi 22 février
00:36:22c'est le jour J
00:36:23Jean Mazieri
00:36:27rendez-vous ici
00:36:28dans cet hôtel luxueux
00:36:30de Meugèvre
00:36:31le chalet du Mont d'Arbois
00:36:33le policier a sur lui
00:36:35deux sacs de sport
00:36:36à l'intérieur
00:36:38une rançon
00:36:39de 17 millions de francs suisses
00:36:40fausse bien sûr
00:36:41des liasses de papier journal
00:36:43avec un vrai billet dessus
00:36:45et un autre dessous
00:36:46le tout emballé
00:36:47dans du film plastique
00:36:48l'hôtel est quadrillé
00:36:50par des dizaines
00:36:51de policiers en civil
00:36:52prêts à intervenir
00:36:54moi j'ai placé un couple de policiers
00:37:00à la réception de l'hôtel
00:37:02pour assurer à distance
00:37:04la protection de Mazieri
00:37:05il y a également une voiture de planque
00:37:07avec quatre hommes à bord
00:37:09je dispose d'une protection rapprochée
00:37:12elle est constituée par un collègue de l'OCRB
00:37:15qui partage ma chambre
00:37:17et dans la suite voisine
00:37:19il y a un couple
00:37:20il fallait absolument pas
00:37:23le perdre de vue
00:37:25ou avoir en permanence
00:37:27un contact avec lui
00:37:28pour intervenir immédiatement
00:37:30surtout si ça se passe mal
00:37:32les consignes données par les ravisseurs
00:37:34sont les suivantes
00:37:35le porteur de la rançon
00:37:36doit attendre un coup de fil
00:37:38dans l'une des chambres de l'hôtel
00:37:39quelqu'un l'appellera au téléphone
00:37:41qui se fera appeler
00:37:42Félix le chat
00:37:43et qui demandera
00:37:44un certain Jacques Dupont
00:37:45mais les heures passent
00:37:47le dispositif est en place
00:37:49et Félix le chat
00:37:50semble prendre
00:37:51tout son temps
00:37:52là vous vous posez des questions
00:37:54qu'est-ce qu'ils vont nous préparer
00:37:55qu'est-ce qu'ils vont faire
00:37:57ils se manifestent pas
00:38:00qu'est-ce qui s'est passé
00:38:01est-ce qu'ils ont remarqué quelque chose
00:38:03est-ce que
00:38:03vous voyez
00:38:04c'est une guerre d'usure
00:38:05c'est une guerre d'usure
00:38:06une guerre d'usure
00:38:08qui n'est pas prête de se terminer
00:38:09après douze heures d'attente
00:38:11toujours pas de nouvelles
00:38:12de Félix le chat
00:38:13par sûreté
00:38:15on continue d'attendre
00:38:16et arrive le soir
00:38:18il faut se rendre à l'évidence
00:38:20Félix le chat
00:38:21n'appellera pas
00:38:22et donc
00:38:24on décroche
00:38:26ça nous inquiète un peu
00:38:28dans le sens
00:38:29où on s'est dit
00:38:30on s'est fait repérer
00:38:31mais d'un autre côté
00:38:33on se dit
00:38:33c'est la première
00:38:35tentative de remise
00:38:37entre guillemets
00:38:38considérons-la
00:38:39comme une tentative
00:38:40ils nous ont envoyé
00:38:41loin de la maison
00:38:42pour nous tester
00:38:43rendez-vous raté
00:38:51pas de remise de rançon
00:38:52pas d'arrestation
00:38:54dans le camp des ravisseurs
00:38:56après l'épisode de Meugev
00:38:57on sent
00:38:57une certaine nervosité
00:38:59ils décident alors
00:39:01de déménager
00:39:01ils me mettent
00:39:04dans une caisse
00:39:05pas très agréable
00:39:09surtout qu'on clote la caisse
00:39:11on ne m'avait pas expliqué
00:39:14à quoi ça servait
00:39:15mais en fait
00:39:15vous imaginez
00:39:16le pire forcément
00:39:17alors qu'est-ce que c'est
00:39:18le pire
00:39:18le pire
00:39:19ils vont me balancer
00:39:20de 30 mètres de haut
00:39:21ils vont
00:39:21ils vont
00:39:23l'envoyer dans la scène
00:39:25ils vont
00:39:26la photo d'étritus
00:39:29j'en sais rien
00:39:29moi
00:39:30je veux dire
00:39:30c'est
00:39:30pour tout
00:39:33qu'ils ne vous disaient pas
00:39:36à l'avance
00:39:36ce qu'ils faisaient
00:39:37la caisse
00:39:39la caisse
00:39:40ça c'était un très très mauvais moment
00:39:41j'étais content de sortir de la caisse
00:39:42et me retrouver dans un endroit
00:39:45où il ne faisait pas froid
00:39:46là si vous voulez
00:39:53j'ai plus qu'une lampe de chevet
00:39:55j'ai donc une vraie lampe
00:39:57qui éclaire bien
00:39:58c'est-à-dire que je peux lire
00:39:59ils ont
00:40:02poussé
00:40:04la notion de confort
00:40:06jusqu'à m'installer
00:40:07une petite télévision
00:40:08là j'ai accès au monde de nouveau
00:40:19parce que la télévision
00:40:20elle marchait 24h sur 24
00:40:22y compris quand il n'y avait que la mire
00:40:24c'était pas grave
00:40:25c'était mieux que rien
00:40:26et
00:40:27et là j'ai accès au monde
00:40:30et
00:40:31elle m'aperçoit que le monde
00:40:33tourne
00:40:34tourne très très bien
00:40:35tourne très bien sur moi
00:40:407 semaines ont passé
00:40:47depuis l'enlèvement du baron
00:40:48le 17 mars
00:40:50son ami Pierre Salic
00:40:51un homme d'affaires belge
00:40:52reçoit un étrange coup de fil
00:40:54à son bureau de Bruxelles
00:40:56ma secrétaire me téléphone
00:40:58elle me donne
00:40:59avec une voix
00:41:01un petit peu
00:41:02pas habituelle
00:41:03monsieur une communication
00:41:04pour vous
00:41:05j'ai pris la communication
00:41:09j'ai entendu une voix
00:41:10tout à fait brouillée
00:41:11disant
00:41:11nous détenons
00:41:12à dos en pain
00:41:13nous voulons
00:41:15parler
00:41:16à Engen
00:41:17en contactant
00:41:19Pierre Salic
00:41:19en Belgique
00:41:20les ravisseurs
00:41:21parviennent
00:41:21à déjouer
00:41:22la surveillance
00:41:23de la police
00:41:23car ils savent
00:41:24que la peine
00:41:25ne sera pas écoutée
00:41:26Pierre Salic
00:41:27lui s'exécute
00:41:28et téléphone aussitôt
00:41:29au bras droit
00:41:30du baron
00:41:30en pain
00:41:31je parviens
00:41:32à joindre Engen
00:41:33il était au Luxembourg
00:41:34il m'a dit
00:41:36j'arrive
00:41:37l'hôtel Hilton
00:41:39de Bruxelles
00:41:40quelques heures plus tard
00:41:41c'est le lieu de rendez-vous
00:41:42fixé à René Engen
00:41:43par les ravisseurs
00:41:43il doit y attendre
00:41:45un appel téléphonique
00:41:47à 15h
00:41:48une voix anonyme
00:41:49lui explique
00:41:49qu'une nouvelle remise
00:41:50de rançon
00:41:51va avoir lieu
00:41:51et qu'il va recevoir
00:41:53des instructions
00:41:53par courrier
00:41:54la lettre parvient
00:41:56à Engen
00:41:56le 22 mars
00:41:57entre temps
00:41:58il a prévenu la police
00:41:59cette lettre
00:42:00est écrite
00:42:01par le baron
00:42:02toujours sous la dictée
00:42:02de ses ravisseurs
00:42:03il détaille
00:42:04les instructions
00:42:05et rappelle
00:42:05pas de police
00:42:06sinon je serais mutilé
00:42:08d'une manière
00:42:08irréparable
00:42:09il insiste même
00:42:10c'est la vie
00:42:11ou la mort
00:42:13au bas de la page
00:42:16un rendez-vous
00:42:17est fixé
00:42:17pour la remise
00:42:18de la rançon
00:42:18le jeudi 23 mars
00:42:20à 15h
00:42:20au Fouquettes
00:42:21le célèbre restaurant
00:42:23des Champs-Elysées
00:42:28c'est l'inspecteur Mazieri
00:42:32qui va jouer à nouveau
00:42:34le porteur de rançon
00:42:35comme à Meugev
00:42:37il se fait passer
00:42:38pour monsieur Mazot
00:42:39un collaborateur du baron
00:42:41à 14h50
00:42:44il est comme convenu
00:42:46au bar du Fouquettes
00:42:48j'étais pratiquement
00:42:54seul ici
00:42:55et dans la salle
00:42:56c'était un peu
00:42:58l'ambiance
00:42:59qu'il y a aujourd'hui
00:43:00bon j'ai pensé
00:43:02que dans l'assistance
00:43:03pouvait se trouver
00:43:04un observateur
00:43:05mais
00:43:06je n'ai pas trouvé
00:43:08de comportement suspect
00:43:10les ravisseurs
00:43:12qui ne manquent pas
00:43:13d'humour
00:43:13doivent cette fois
00:43:14se faire connaître
00:43:15sous le nom
00:43:15de Charlotte Cordé
00:43:16le porteur de la rançon
00:43:18s'appellera Marat
00:43:18après un quart d'heure
00:43:20d'attente
00:43:20le téléphone du bar sonne
00:43:22c'est Charlotte Cordé
00:43:23il me dit
00:43:24votre nom
00:43:25vous voyez
00:43:26il ne formule pas de phrase
00:43:27votre nom
00:43:28votre situation au gros
00:43:29les questions sont succinctes
00:43:32en abrégé je dirais
00:43:33pas de verbe
00:43:34votre voiture
00:43:36le type
00:43:37la couleur
00:43:38le numéro
00:43:39questionnaire serré
00:43:41de la part des ravisseurs
00:43:42qui veulent être certains
00:43:43qu'ils n'ont pas affaire
00:43:44à un policier
00:43:46aussitôt
00:43:49il me dit
00:43:50de me rendre
00:43:51porte d'auteuil
00:43:53pour attendre
00:43:54un prochain coup de fil
00:43:56au bar
00:43:57du café
00:43:57le murat
00:43:58à 15h20
00:44:00Jean Mazieri
00:44:01prend la direction
00:44:01de la porte d'auteuil
00:44:02pour se rendre
00:44:03au murat
00:44:04filé discrètement
00:44:08par des dizaines
00:44:09de policiers en moto
00:44:10dans de faux taxis
00:44:11ou des voitures banalisées
00:44:12qui ne lâchent pas
00:44:13d'un pouce
00:44:13le porteur supposé
00:44:15de la rançon
00:44:15au café
00:44:19nouveau coup de fil
00:44:20mais Charlotte Cordé
00:44:22est de plus en plus méfiante
00:44:23et continue
00:44:23à questionner
00:44:24monsieur Mazot
00:44:25je lui dis
00:44:31écoutez
00:44:31pourquoi toute cette question
00:44:33j'ai de l'argent
00:44:34et il y a beaucoup d'argent
00:44:35j'insiste là dessus
00:44:37si ça s'éternise
00:44:38je vais craquer
00:44:40et je vais rapporter l'argent
00:44:42c'est tout ce que vous aurez gagné
00:44:43et ça marche
00:44:44oui ça marche
00:44:46en jouant sur la cupidité
00:44:48des ravisseurs
00:44:48Jean Mazieri
00:44:49alias monsieur Mazot
00:44:51a réussi à les convaincre
00:44:52de continuer
00:44:53selon leurs instructions
00:44:54il doit désormais se rendre
00:44:55près du métro
00:44:56de la porte d'Auteuil
00:44:57un message latent
00:44:58au fond d'une poubelle
00:45:00dans la poubelle
00:45:02il y a une enveloppe
00:45:02qui contient plusieurs feuilles
00:45:03c'est un plan de route
00:45:04très précis
00:45:05à suivre
00:45:06en direction de la porte d'Orléans
00:45:08l'itinéraire est écrit
00:45:09noir sur blanc
00:45:09les ravisseurs ont tout prévu
00:45:11ils imposent même
00:45:12une vitesse
00:45:13de 50 km heure
00:45:15pas plus
00:45:16j'ai pour instruction
00:45:22d'emprunter
00:45:23l'autoroute
00:45:24de l'ouest
00:45:25de passer
00:45:27les deux premiers
00:45:28souterrains
00:45:29d'emprunter
00:45:29une voie de service
00:45:31qui sera ouverte
00:45:32pour la circonstance
00:45:33et c'est là le piège
00:45:35le piège
00:45:36c'est effectivement
00:45:37cette voie de service
00:45:38interdite à la circulation
00:45:39si les policiers
00:45:41qui encadrent
00:45:41Mazieri le suivent
00:45:42ils seront immédiatement
00:45:44repérés par les ravisseurs
00:45:45les gangsters
00:45:46ont vraiment pensé
00:45:47à tout
00:45:48mais Jean Mazieri
00:45:49est équipé
00:45:50d'un émetteur radio
00:45:51il prévient ses collègues
00:45:52qui évitent le piège
00:45:53de justesse
00:45:55avec cette astuce
00:45:57les policiers comprennent
00:45:58en tout cas
00:45:58que l'adversaire
00:45:59est probablement
00:46:00très proche
00:46:01et ils redoublent
00:46:02de vigilance
00:46:03lors de l'arrivée
00:46:04de Jean Mazieri
00:46:05au prochain lieu
00:46:06de rendez-vous
00:46:06le café
00:46:07Le Rond Point
00:46:08porte d'Orléans
00:46:08on se dit
00:46:09que c'est pas innocent
00:46:10c'est pour essayer
00:46:11de repérer notre dispositif
00:46:12donc ils sont là
00:46:14soit dans un immeuble
00:46:16soit dans un véhicule
00:46:16soit c'est ce piéton là-bas
00:46:18une femme qui attend
00:46:20sur le trottoir
00:46:22alors que le message
00:46:24est dans une poubelle
00:46:25vous voyez
00:46:26est-ce que cette femme
00:46:28est pas complice ?
00:46:29Alors Eric Jung
00:46:41vous à l'époque
00:46:42vous n'êtes pas encore
00:46:43journaliste
00:46:44non
00:46:44loin de là
00:46:45vous êtes policier
00:46:46vous êtes inspecteur de police
00:46:47et vous faites donc partie
00:46:48de ce dispositif
00:46:49autour de l'inspecteur
00:46:51Mazieri
00:46:52allant remettre
00:46:53la rançon
00:46:54lorsque vous
00:46:55prenez la route
00:46:56derrière Mazieri
00:46:57sur votre moto
00:46:57quelle est la consigne générale
00:46:59qui est donnée
00:47:00à tout le dispositif
00:47:01qui entoure comme ça
00:47:02l'inspecteur Mazieri ?
00:47:03Alors il y a
00:47:04une consigne
00:47:04qui a été ferme
00:47:06qui était celle
00:47:07surtout que la rançon
00:47:08qui était une fausse rançon
00:47:09puisque c'était des journaux
00:47:11qui étaient dans les sacs
00:47:12qu'elle ne soit pas remise
00:47:14et d'interpeller
00:47:15coûte que coûte
00:47:16si l'occasion se présentait
00:47:18les ravisseurs
00:47:19c'est-à-dire les truands
00:47:20c'est super risqué
00:47:21quand même comme opération
00:47:21parce qu'on peut imaginer
00:47:23que les types
00:47:23qui vont récupérer la rançon
00:47:25sont très très armés
00:47:27ce qui était le cas
00:47:28ce qui était le cas
00:47:29c'est risqué
00:47:31toute opération de police
00:47:32d'abord
00:47:32il faut savoir
00:47:32qu'elle est risquée
00:47:33elle était d'autant plus risquée
00:47:34que la police judiciaire
00:47:36n'avait aucune information
00:47:38sur les ravisseurs
00:47:39donc c'était vraiment
00:47:41du saut de dessus
00:47:42qu'il fallait faire
00:47:43au cas
00:47:44mais on n'y croyait pas beaucoup
00:47:45d'ailleurs
00:47:45au cas où
00:47:46les ravisseurs
00:47:47allaient vraiment
00:47:48prendre la rançon
00:47:48pour une opé comme ça
00:47:49vous avez du matériel sur vous
00:47:51vous êtes armé
00:47:52très lourdement
00:47:53oui oui
00:47:53aujourd'hui
00:47:55je suis tenté de dire
00:47:56que si le matin
00:47:57je pars en tant que journaliste
00:47:58je prends mon stylo
00:47:59à cette époque là
00:48:00je peux dire
00:48:01un 357 magnum
00:48:02sous les selles
00:48:04et puis un 38 spécial
00:48:06Smith & Wesson
00:48:07dans la ceinture derrière
00:48:08et puis il y a d'autres fonctionnaires
00:48:10qui avaient des armes
00:48:11et là en l'occurrence
00:48:12nous avions des armes automatiques
00:48:13puisqu'il y avait des pistolets mitrailleurs
00:48:14au café le rond-point
00:48:16de la porte d'Orléans
00:48:17l'inspecteur Mazieri
00:48:18a récupéré de nouvelles consignes
00:48:20un nouveau plan de route
00:48:21direction
00:48:22l'autoroute du sud
00:48:23on s'attend à tout
00:48:28sur l'itinéraire
00:48:29à tout moment
00:48:30ils peuvent m'intercepter
00:48:32il faut prévoir
00:48:33une remise brutale
00:48:34une interception
00:48:35au cours du trajet
00:48:37et pas forcément
00:48:38une remise
00:48:39en douceur
00:48:41à un lieu de rendez-vous
00:48:42je dois être vigilant
00:48:44restez vigilant
00:48:46la consigne vaut pour lui
00:48:47et pour tous les policiers
00:48:49qui le filent discrètement
00:48:50cette fois
00:48:52direction Anthony
00:48:54dans la banlieue sud
00:48:55à 23 km de Paris
00:48:56les malfaiteurs sont méfiants
00:48:58ils ordonnent à Mazieri
00:48:59de se rendre sur un parking
00:49:00où l'attend une voiture
00:49:01une Renault 12
00:49:03ils sont certains
00:49:05que celle-là
00:49:05n'est pas équipée
00:49:07d'un émetteur
00:49:08ou d'une radio
00:49:09dans la boîte à gants
00:49:15il y a de nouvelles instructions
00:49:16il lui est demandé
00:49:17de se rendre à Paris
00:49:18au café
00:49:18les trois obus
00:49:19porte de Saint-Cloud
00:49:20il s'y rend
00:49:22à peine arrivé
00:49:24le téléphone sonne
00:49:25on lui ordonne
00:49:26de faire demi-tour
00:49:27et de se rendre
00:49:28à l'hôtel Hilton
00:49:29de l'aéroport d'Orly
00:49:30retour à la case départ
00:49:33il est presque 21h
00:49:34cela fait 6h
00:49:35que les ravisseurs
00:49:36baladent les policiers
00:49:37aux quatre coins de Paris
00:49:38de sa banlieue
00:49:38à l'hôtel Hilton
00:49:40Jean Mazieri
00:49:41n'est pourtant pas
00:49:41au bout de ses surprises
00:49:43quand j'arrive là-bas
00:49:47vers 21h
00:49:48nouveau coup de fil
00:49:50et il me dit
00:49:51écoutez
00:49:51c'est trop tard
00:49:53on arrête tout
00:49:55rendez-vous demain
00:49:56à 18h
00:49:57au bar
00:49:57de l'hôtel Hilton
00:49:58il n'y avait pas
00:50:00dans le message
00:50:00qui lui est passé
00:50:01pour revenir le lendemain
00:50:02de ces fameuses menaces
00:50:04on a repéré la police
00:50:05vous n'avez pas joué le jeu
00:50:06non non pas du tout
00:50:07simplement
00:50:07il est trop tard
00:50:08on remet ça demain
00:50:09donc on est finalement
00:50:11assez satisfait
00:50:11on se dit
00:50:12là ils sont en confiance
00:50:13ils croient franchement
00:50:15avoir en face d'eux
00:50:16un type qui
00:50:17manifestement
00:50:18qui a l'argent
00:50:19et qui va le leur remettre
00:50:20quoi
00:50:20le bar du Hilton
00:50:27le bar du Hilton
00:50:2718h40
00:50:29Jean Mazieri
00:50:31vient d'être contacté
00:50:32une seule instruction
00:50:34cette fois
00:50:34aller faire le plein
00:50:36d'essence
00:50:36de la voiture
00:50:37et revenir à l'hôtel
00:50:39un plein d'essence
00:50:40pour les policiers
00:50:42c'est le signe
00:50:42d'un nouveau
00:50:43et très long jeu de piste
00:50:44à 19h35
00:50:46après avoir rempli
00:50:47le réservoir de la R12
00:50:48Jean Mazieri
00:50:49est de retour au Hilton
00:50:50il est 19h50
00:50:56lorsque le téléphone
00:50:57sonne à nouveau
00:50:58mais cette fois
00:51:00Charlotte Corday
00:51:00s'énerve
00:51:01parle d'un ton sec
00:51:02et semble
00:51:03impatiente
00:51:04Charlotte ordonne
00:51:05désormais de revenir
00:51:06sur Paris
00:51:06par l'autoroute du sud
00:51:07et de s'arrêter
00:51:08à la borne d'appel
00:51:09d'urgence
00:51:09B16
00:51:11comme la veille
00:51:13autour de Jean Mazieri
00:51:14la brigade anti-gang
00:51:15est prête à intervenir
00:51:16au pied de la borne B16
00:51:20un nouveau message
00:51:21attend M. Mazot
00:51:22je me garde
00:51:25j'éteins
00:51:27le contact
00:51:28je laisse les feux de position
00:51:30pas les feux de détresse
00:51:32et voilà qu'arrive
00:51:33un dépanneur
00:51:34qui colle derrière
00:51:36et manifestement
00:51:38il me croit en panne
00:51:39quand on voit arriver
00:51:44le grutier
00:51:45au pied de la borne
00:51:45on s'est dit
00:51:46ça y est
00:51:47on a fait un complice
00:51:48on a la poignement de combat
00:51:49on intervient
00:51:50donc il n'y a rien
00:51:51pas en attendant
00:51:52je vais vers
00:51:54son camion
00:51:55je m'apprête
00:51:56à lui dire
00:51:57dégagé
00:51:58je ne suis pas en panne
00:52:00je suis là
00:52:00pour
00:52:00mais je n'ai pas le temps
00:52:03à ce moment là
00:52:03j'entends
00:52:03derrière moi
00:52:04une cavalcade
00:52:05Jean Mazieri
00:52:06a juste le temps
00:52:07d'apercevoir
00:52:08deux silhouettes
00:52:08se précipiter
00:52:09vers sa voiture
00:52:10à ce moment là
00:52:11il y a deux types
00:52:12qui surgissent
00:52:13qui s'emparent
00:52:14de la voiture
00:52:15le gars
00:52:16à la grue
00:52:17et Mazieri
00:52:18restent sur le bas côté
00:52:19et la voiture
00:52:20s'en va
00:52:22les malfaiteurs
00:52:23s'enfuient
00:52:24mais un kilomètre plus loin
00:52:25ils sont rattrapés
00:52:26par les policiers
00:52:26de la crime
00:52:27et de l'anti-gang
00:52:28la bagnole
00:52:29avec les deux ravisseurs
00:52:30trace sur l'autoroute
00:52:31et là qu'est-ce qui se passe
00:52:32à un moment
00:52:33la voiture des ravisseurs
00:52:35s'arrête au mur anti-bruit
00:52:36sur l'autoroute
00:52:36c'était l'astuce en fait
00:52:38des ravisseurs
00:52:39pourquoi
00:52:39parce que quand ils prennent
00:52:40le mur anti-bruit
00:52:41il faut voir comment
00:52:41c'est fait le mur anti-bruit
00:52:42c'est une grande masse de béton bien sûr
00:52:44qui fait une vingtaine
00:52:46presque une vingtaine
00:52:47de hauteur
00:52:47mais dans ce mur
00:52:49il y a des portes métalliques
00:52:50et toute l'astuce
00:52:52était de s'arrêter
00:52:53avec la rançon
00:52:55à côté de ce mur anti-bruit
00:52:56et à côté d'une porte
00:52:57de fuir
00:52:58par l'intérieur
00:52:59du mur anti-bruit
00:53:00qui donnait sur la banlieue
00:53:01de refermer la porte
00:53:03et pourquoi l'astuce
00:53:04était là
00:53:05c'est parce que
00:53:06ils avaient prévu
00:53:08éventuellement
00:53:09une intervention de la police
00:53:10puis qu'ils avaient
00:53:10piégé la porte
00:53:12avec une grenade
00:53:12c'est à dire que
00:53:13si nous
00:53:13flics
00:53:14on se lançait derrière
00:53:15les ravisseurs
00:53:16en supposant
00:53:16qu'ils avaient réussi
00:53:18leur coup
00:53:18à arracher la rançon
00:53:19quand on ouvrait la porte
00:53:20la porte explosait
00:53:21avec la grenade
00:53:22et évidemment
00:53:22il y aurait eu sans doute
00:53:23beaucoup plus de morts encore
00:53:24donc la bagnole s'arrête
00:53:25devant le mur anti-bruit
00:53:27et à ce moment là
00:53:28vous qui êtes à la poursuite
00:53:30des gars
00:53:30vous vous apercevez
00:53:31qu'ils ont un complice
00:53:32qui est sur le mur
00:53:32et lui voit la scène
00:53:34donc il voit immédiatement
00:53:35qu'il y a une voiture de police
00:53:36il voit deux motards
00:53:37il se doute bien
00:53:38que c'est les flics
00:53:39et qu'est-ce qu'il fait
00:53:39il a une mitraillette
00:53:40un pistolet mitrailleur
00:53:42et il allume d'emblée
00:53:43j'ai eu une balle
00:53:44qui a touché la moto
00:53:45le pneu avant
00:53:45et à 130 ou 140
00:53:47évidemment
00:53:47j'ai pris un gadin monstre
00:53:49pas trop abîmé
00:53:51et dans le feu de l'action
00:53:53là à ce moment là
00:53:54il y a eu la fusillade
00:53:55ça éclate de tous les côtés
00:53:57la police réplique
00:53:59tire sur le mur
00:54:00essaye de toucher
00:54:02le type qui a ouvert le feu
00:54:03les ravisseurs
00:54:05essayent de se barrer
00:54:06l'un des deux hommes
00:54:07est abattu
00:54:08un des deux ravisseurs
00:54:09est abattu
00:54:09pendant la fusillade
00:54:10et un troisième
00:54:11est interpellé
00:54:13il est jeté
00:54:14sur le milieu
00:54:16de l'autoroute
00:54:16menotté
00:54:17je cours
00:54:18je prends mon arme
00:54:19je l'ai mis dans la bouche
00:54:21de ce voyou
00:54:22et je lui ai dit
00:54:23t'as vu ton copain est mort
00:54:24mais pas aussi doucement
00:54:26tout ça était dans l'action
00:54:28la violence
00:54:28si tu parles pas
00:54:30je te bute
00:54:32évidemment
00:54:33elle a pas parlé
00:54:33évidemment
00:54:34j'avais pas du tout
00:54:35l'intention de le buter
00:54:36tout va sans doute
00:54:42aller très vite
00:54:43maintenant
00:54:44dans l'enlèvement
00:54:45du baron
00:54:46en pain
00:54:46les policiers
00:54:47de la brigade anti-gang
00:54:48et de la brigade criminelle
00:54:49ont arrêté
00:54:50l'un des ravisseurs
00:54:51et en ont abattu
00:54:52un autre hier soir
00:54:53sur l'autoroute du sud
00:54:54au moment où un représentant
00:54:56de la famille en pain
00:54:57allait remettre la rançon
00:54:58tout s'est donc terminé
00:55:03ici
00:55:04au pied du mur anti-bruit
00:55:06de l'Ailey Rose
00:55:06quelques centaines de mètres seulement
00:55:08après la borne d'urgence
00:55:10l'homme abattu
00:55:12lors de la fusillade
00:55:13s'appelle
00:55:13Daniel Duchateau
00:55:15ça n'est pas un inconnu
00:55:16de la police
00:55:16il avait déjà été condamné
00:55:18pour hold up
00:55:18son complice
00:55:20en revanche
00:55:21Alain
00:55:2236 ans
00:55:23n'est pas fiché
00:55:24au grand banditisme
00:55:25désormais cet homme
00:55:29représente
00:55:29la seule chance
00:55:30de retrouver le baron
00:55:31vivant
00:55:32il faut le convaincre
00:55:34d'appeler ses complices
00:55:35et de faire relâcher
00:55:37Edouard Jean-Hampin
00:55:38alors ça se passe comment
00:55:43concrètement
00:55:44à partir de ce moment là
00:55:45alors Alain est conduit
00:55:46dans mon bureau
00:55:47et là nous avons
00:55:48une conversation
00:55:49au cours de laquelle
00:55:50je lui répète
00:55:51ce qui lui a déjà
00:55:53été certainement dit
00:55:54à savoir
00:55:55qu'il est de son intérêt
00:55:57primordial
00:56:00que le baron
00:56:01soit libéré
00:56:01et je suis obligé
00:56:03de dire
00:56:04qu'Alain
00:56:05en espèce
00:56:05n'a pas fait
00:56:06de trop trop
00:56:07grandes difficultés
00:56:07parce qu'il me dit
00:56:08quand j'ai vu
00:56:10la détermination
00:56:10de vos hommes
00:56:11sur le terrain
00:56:11j'ai compris
00:56:12que nous ne toucherions
00:56:13jamais un centime
00:56:14et que donc
00:56:15effectivement
00:56:15il était tout à fait
00:56:16inutile
00:56:17en plus
00:56:18de voir le baron
00:56:20tuer
00:56:20avant je pense
00:56:21que lui
00:56:21il a un souci
00:56:22c'est qu'il ne veut
00:56:22pas non plus
00:56:23que ses complices
00:56:23se fassent pincer
00:56:25tout à fait
00:56:25si vous voulez
00:56:26alors son problème
00:56:27était que
00:56:30la seule possibilité
00:56:31de prévenir
00:56:32ses complices
00:56:32était le téléphone
00:56:33mais son problème
00:56:34était que
00:56:35nous ne sachions pas
00:56:37à quel numéro
00:56:39il appelait
00:56:40il n'avait pas
00:56:41de bon téléphone
00:56:42là vous pouvez penser
00:56:44que peut-être
00:56:45celui-là
00:56:46n'ait pas écouté
00:56:46ah mais c'est une bonne idée
00:56:48il a pris mon téléphone
00:56:50je suis obligé
00:56:52de dire
00:56:52qu'il m'étonnerait
00:56:53qu'il n'ait pas vu
00:56:54qu'il y avait
00:56:54un magnétophone
00:56:55et donc il a appelé
00:56:56ses complices
00:56:57il a appelé ses complices
00:56:58deux fois
00:56:58et alors là
00:56:59lorsqu'il a eu rappelé
00:57:00je l'ai vu
00:57:02là il m'a dit
00:57:03c'est bon
00:57:04à 99%
00:57:05ils vont libérer
00:57:07le baron
00:57:07ils vont libérer
00:57:08le baron
00:57:08et vous entre nous
00:57:09vous avez cherché
00:57:10à localiser
00:57:11en parallèle
00:57:11si vous voulez
00:57:13à partir du moment
00:57:15où je savais
00:57:16qu'il y a un magnétophone
00:57:16je savais que
00:57:17je savais que
00:57:19effectivement
00:57:19les impulsions
00:57:20qui donnaient
00:57:22au téléphone
00:57:24en faisant les numéros
00:57:25je savais qu'ils seraient
00:57:26inscrits sur la bande
00:57:27en faisant le cadran
00:57:29en faisant le cadran
00:57:30et alors seulement
00:57:31si vous voulez
00:57:32pour lire
00:57:33des impulsions
00:57:34téléphoniques
00:57:35sur une bande
00:57:36il y faut des experts
00:57:38il y faut des spécialistes
00:57:39il y faut
00:57:39et ça a demandé
00:57:40pas mal de temps
00:57:41bref
00:57:42mais ça a été fait
00:57:43ça a été fait
00:57:44dans les heures
00:57:44qui ont suivi
00:57:45quoi qu'il en soit
00:57:46le baron a été libéré
00:57:47avant que vous n'ayez
00:57:48localisé l'endroit
00:57:49absolument
00:57:49absolument
00:57:50le dimanche soir
00:57:56à la tombée du jour
00:57:57on me transfère
00:57:58pour la énième
00:58:00et dernière fois
00:58:00je sentais pas vraiment
00:58:03bien ce coup là
00:58:04et on m'a fait sortir
00:58:07et puis
00:58:10et puis on me glisse
00:58:14on me dit
00:58:14tiens de toute façon
00:58:15pour t'en sortir
00:58:16normalement
00:58:17voilà
00:58:18on te donne 10 francs
00:58:19on me donne un billet de 10 francs
00:58:22et on me laisse
00:58:24la voiture s'éloigne
00:58:27je me suis dit
00:58:27bon elle va s'éloigner
00:58:28on va entendre
00:58:29boum boum
00:58:29et puis ça va être fini
00:58:30puis elle s'éloigne
00:58:32on entend pas
00:58:33boum boum
00:58:34on entend rien
00:58:35et la voiture s'éloigne
00:58:36je suis tout seul
00:58:38dans un endroit
00:58:38que je connais pas
00:58:39alors on me retire
00:58:41sa cagoule
00:58:41avec peur
00:58:43parce que je dis
00:58:44j'avais pas le droit
00:58:45de la retirer
00:58:45donc je faisais
00:58:46quelque chose d'interdit
00:58:47la première chose
00:58:48que je faisais
00:58:49qui était interdite
00:58:50de retirer ma cagoule
00:58:52de trouver un endroit
00:58:53que je connais pas
00:58:54alors je marche
00:58:56plus ou moins bien
00:58:56je marche mal
00:58:57parce que
00:58:59j'ai pas marché
00:59:00depuis deux mois
00:59:01enfin
00:59:03je veux voir des lumières
00:59:04puis
00:59:05puis je vois
00:59:09une bouche de métro
00:59:10bouche de métro
00:59:14ça sent bon déjà
00:59:17parce que bouche de métro
00:59:18je suis à Paris
00:59:18prendre le métro
00:59:21c'est le premier geste
00:59:22d'homme libre
00:59:23d'Edouard Jean-Hampin
00:59:24agarre et perdu
00:59:25il descend
00:59:26sans réfléchir
00:59:27à la station opéra
00:59:28et avec les quelques pièces
00:59:29qui lui restent
00:59:30il téléphone
00:59:31aussitôt
00:59:32chez lui
00:59:33vers 22h30
00:59:36je crois
00:59:36le téléphone a sonné
00:59:38j'ai décroché
00:59:39j'ai entendu une voix
00:59:41que je ne connaissais pas
00:59:42me dire
00:59:43je suis le baron
00:59:44en pain
00:59:45je viens d'un tibéré
00:59:46je suis place de l'opéra
00:59:48venez me chercher
00:59:50est-ce que ma femme est là
00:59:52je voudrais parler à ma femme
00:59:53j'ai tout de suite passé
00:59:54l'appareil téléphonique
00:59:55à madame en pain
00:59:56je l'ai vu
00:59:57affolé
00:59:58prendre son sac
01:00:00une veste
01:00:01je lui ai dit
01:00:01mais vous allez où
01:00:02elle me dit place de l'opéra
01:00:03devant sa détermination
01:00:04j'ai dit ok on y va
01:00:06ça fait 63 jours
01:00:08que Sylvana en pain
01:00:09n'a pas vu son mari
01:00:10place de l'opéra
01:00:11le baron est là
01:00:12il attend
01:00:13seul
01:00:14au milieu de la foule
01:00:15il était
01:00:17adossé
01:00:19à un réverbère
01:00:20face à la sortie
01:00:21du métro
01:00:21tout courbé
01:00:23vêtu d'un survêtement
01:00:25bleu
01:00:25avec des rayures blanches
01:00:27madame en pain
01:00:28l'a tout de suite reconnu
01:00:29on s'est approché
01:00:30avec la voiture
01:00:31il a reconnu son épouse
01:00:32à l'intérieur
01:00:33il est monté
01:00:33dans la voiture
01:00:34il a éclaté en sanglots
01:00:36il s'est mis à pleurer
01:00:37on voyait
01:00:38qu'il avait vécu
01:00:39un enfer
01:00:39il portait des traces
01:00:40de liens au poignet
01:00:41et il n'arrêtait pas
01:00:42de sangloter
01:00:43quand vous voyez
01:00:44votre femme
01:00:45comment ça se passe
01:00:45c'est
01:00:50c'est affreux
01:00:55c'est affreux
01:00:56car
01:00:57au lieu de me dire
01:01:01je ne sais pas quoi
01:01:03n'importe quoi
01:01:04je t'aime pleurer
01:01:05crier n'importe quoi
01:01:06elle me dit
01:01:07je savais que
01:01:08tu allais sortir
01:01:09ce soir
01:01:10comme si j'avais
01:01:12fait une escapade
01:01:14et puis
01:01:14on lui avait
01:01:16prévenu
01:01:17que j'allais rentrer
01:01:17à la maison
01:01:18ce soir
01:01:18pas plus d'émotion
01:01:19que ça
01:01:20et puis
01:01:24bon
01:01:25on va aller
01:01:28on va aller
01:01:28faire une déposition
01:01:29à la police
01:01:30au cas des orfèvres
01:01:31au cas des orfèvres
01:01:3310h30 du soir
01:01:34dimanche de Pâques
01:01:35au cas des orfèvres
01:01:37c'était pas véritablement
01:01:38comme ça que j'avais vu
01:01:41ma libération
01:01:41c'est tout
01:01:43ce qu'elle trouve
01:01:43à vous dire
01:01:43tout
01:01:44tout ce qu'elle m'a dit
01:01:45ça a été
01:01:47si vous voulez
01:01:47pour moi
01:01:48cette réception
01:01:49et cette phrase
01:01:50a été pour moi
01:01:51la rupture totale
01:01:54avec ma femme
01:01:54et déjà
01:01:55je suis déjà
01:01:56divorcé
01:01:57à partir de
01:01:59de cet instant
01:02:00dans ma tête
01:02:01je suis tellement
01:02:03atterré
01:02:03que bon
01:02:03d'abord
01:02:04je n'avais pas
01:02:04qu'il y ait des orfèvres
01:02:05pas question
01:02:06pas question
01:02:07on veut quand même
01:02:08m'emmener
01:02:08j'ouvre la porte
01:02:09et je me chète dehors
01:02:10si vous m'emmenez là-bas
01:02:10donc de toute façon
01:02:11direct avenue Foch
01:02:13un peu après minuit
01:02:16le commissaire Otavioli
01:02:17sort du domicile
01:02:18de l'industriel
01:02:19et c'est la ruée
01:02:20des journalistes
01:02:21il semble
01:02:26en bon état de santé
01:02:28sauf effectivement
01:02:29qu'il a été mutilé
01:02:30est-ce que vous pensez
01:02:31qu'il pourra nous parler
01:02:32est-ce qu'il est dans un état de santé
01:02:33qui lui permettra
01:02:34de nous dire quelques mots
01:02:35s'il le désire
01:02:36je pense que oui
01:02:36il est très tiré
01:02:39il est fatigué
01:02:40bon
01:02:41Mural lui avait fait
01:02:42enlever ce survêtement
01:02:44qu'il portait
01:02:44déjà depuis pas mal de temps
01:02:45il s'était changé
01:02:46bon il était propre
01:02:47si vous voulez
01:02:48mais on sent quand même
01:02:49quelqu'un
01:02:49bon il a la peau
01:02:50assez rougie
01:02:51qui n'a pas été
01:02:52dans de bonnes conditions
01:02:53qui n'est pas dans
01:02:54une bonne condition physique
01:02:54ça c'est tout à fait clair
01:02:56Edouard Jean
01:03:00en pain et libre
01:03:00mais il a perdu 20 kilos
01:03:02et il est mutilé
01:03:03cette photo prise
01:03:04par les ravisseurs
01:03:05pendant sa détention
01:03:06témoigne de son calvaire
01:03:07on peut voir
01:03:09ses chaînes
01:03:11autour du cou
01:03:12il est hospitalisé
01:03:15dès le lendemain
01:03:16à l'hôpital américain
01:03:17de Neuilly
01:03:17pour y subir
01:03:19des examens complets
01:03:20pendant sa captivité
01:03:25il a souffert
01:03:26de malnutrition
01:03:27il n'a vécu
01:03:28qu'assis
01:03:28ou couché
01:03:29sur un matelas pneumatique
01:03:30ce qui a provoqué
01:03:31une fonte musculaire
01:03:33il souffre
01:03:34d'ankylose des membres
01:03:35et il a des érythèmes
01:03:36des points douloureux
01:03:37de la peau
01:03:37dans le dos
01:03:38en outre
01:03:39l'amputation barbare
01:03:40sans asepsie
01:03:41de la phalange
01:03:41de l'auriculaire gauche
01:03:42qu'il a subie
01:03:43au troisième jour
01:03:44de sa captivité
01:03:45exige des soins
01:03:46enfin le baron
01:03:47est sorti moralement
01:03:48très déprimé
01:03:49de son aventure
01:03:50la tête toujours enveloppée
01:03:51dans une cagoule
01:03:52enchaînée
01:03:53sans nouvelles
01:03:53du monde extérieur
01:03:54il a connu
01:03:55ce que l'on appelle
01:03:56l'assainie carcérale
01:03:57c'est ici
01:04:00dans la cave
01:04:00de ce pavillon ordinaire
01:04:01de Savigny-sur-Orge
01:04:03que le baron
01:04:03a vécu une partie
01:04:04de son calvaire
01:04:05à seulement
01:04:0626 km de Paris
01:04:07le premier voisin
01:04:09habitait à moins
01:04:09de 20 mètres
01:04:10de la cave
01:04:10personne n'a rien vu
01:04:12c'est en identifiant
01:04:18l'appel passé par Alain
01:04:19à ses complices
01:04:20que les enquêteurs
01:04:21ont localisé le pavillon
01:04:22quand ils arrivent sur place
01:04:23il n'y a plus personne
01:04:24tous les occupants
01:04:26se sont enfuis
01:04:27mais en interrogeant
01:04:29leurs fichiers
01:04:30les policiers
01:04:31identifient les locataires
01:04:32et ils sont surpris
01:04:33ce ne sont pas
01:04:34des figures
01:04:35du grand banditisme
01:04:36rien que des gens ordinaires
01:04:38un couple sans histoire
01:04:39un garçon de café
01:04:40des commerçants
01:04:41seul l'un d'entre eux
01:04:43était proche du milieu
01:04:44Joe
01:04:45un proxénète marseillais
01:04:47on avait cherché
01:04:48un petit peu
01:04:49des ténors
01:04:50du banditisme
01:04:51dans cette affaire
01:04:52parce qu'elle était
01:04:53quand même assez exceptionnelle
01:04:54elle durait depuis longtemps
01:04:55je vous dis
01:04:56on avait affaire
01:04:56à des gens déterminés
01:04:57première fois
01:04:58qu'on s'attaquait
01:04:59à l'intégrité physique
01:05:00de quelqu'un
01:05:01bon
01:05:02et c'est vrai
01:05:03que ces noms là
01:05:04ne nous étaient pas connus
01:05:05grâce à leurs indiques
01:05:07les enquêteurs
01:05:08de la crime
01:05:08réussissent à identifier
01:05:09d'autres complices
01:05:10et à localiser
01:05:11le reste de la bande
01:05:12Joe
01:05:13le proxénète marseillais
01:05:14et sa femme
01:05:15se cachaient au Portugal
01:05:17les autres malfaiteurs
01:05:18étaient en France
01:05:19au total
01:05:208 personnes
01:05:21sont arrêtées
01:05:21et inculpées
01:05:23le baron
01:05:26en pain
01:05:26lui
01:05:27s'apprête
01:05:28à quitter la France
01:05:28pour les Etats-Unis
01:05:29son retour
01:05:30à la liberté
01:05:31ne s'est pas passé
01:05:32comme prévu
01:05:33je m'étais dans des rêves
01:05:35fous
01:05:36imaginé
01:05:36que quand j'allais revenir
01:05:38c'était le retour
01:05:39de Monte Cristo
01:05:40il va y avoir
01:05:41du monde au balcon
01:05:42il va y avoir
01:05:42tout le monde était là
01:05:44avec la bouteille de champagne
01:05:45le truc
01:05:45le machin
01:05:46youpi
01:05:46comment on y va
01:05:47je m'étais imaginé
01:05:49une fête
01:05:50je vois
01:05:52que tous les gens
01:05:54ont une mine
01:05:55effrayante
01:05:56c'est à dire
01:05:57c'est une suspicion
01:05:59etc
01:06:00qu'est-ce qui s'est passé
01:06:01il va falloir que tu t'expliques
01:06:02il va falloir ceci
01:06:03il va falloir cela
01:06:04expliquer
01:06:05non mais expliquer quoi
01:06:06j'ai rien à expliquer
01:06:09les journaux ont fait
01:06:12leur chou gras
01:06:13des secrets
01:06:13de sa vie privée
01:06:14son entourage
01:06:16lui demande des comptes
01:06:18ma femme ne me parle pas
01:06:19de mes ravisseurs
01:06:20ma femme me parle
01:06:21de ma garçonnière
01:06:22ma femme me parle
01:06:23de ce que je faisais
01:06:25au casino
01:06:26ma femme
01:06:26les policiers
01:06:28me parlent
01:06:29de tel ou tel ami
01:06:31qui sont des repris
01:06:32de justice
01:06:32on ne me parle pas
01:06:34de mes ravisseurs
01:06:35c'est le dernier
01:06:35mais tout le monde
01:06:36s'en fout
01:06:36de mes ravisseurs
01:06:37les collaborateurs
01:06:41au bureau
01:06:41me disant
01:06:42mais enfin
01:06:42on ne peut pas
01:06:43on ne peut plus
01:06:44on ne peut pas
01:06:45avoir un patron
01:06:46comme ça
01:06:46c'est pas
01:06:48c'est pas
01:06:50c'est pas possible
01:06:51mais ils n'ont pas
01:06:55attendu deux jours
01:06:56pour me le dire
01:06:56c'était
01:06:57le jour même
01:06:58je ne suis pas prêt
01:07:00à recevoir ça
01:07:01devant cette attitude
01:07:04où
01:07:05d'une prison
01:07:07on me mène
01:07:10dans une autre prison
01:07:11je préférais
01:07:15la première
01:07:15de moi
01:07:17vos collaborateurs
01:07:25ne sont pas émus
01:07:27à l'idée
01:07:27de vous revoir
01:07:27pas du tout
01:07:28ils ne sont pas émus
01:07:28du tout
01:07:29ils sont même
01:07:29ils doivent même
01:07:32gérer
01:07:32un problème
01:07:34supplémentaire
01:07:34je veux dire
01:07:35ils ont dû gérer
01:07:37mon absence
01:07:37et maintenant
01:07:38ils doivent gérer
01:07:38mon retour
01:07:39c'est véritablement
01:07:40à la malchance
01:07:40pour eux
01:07:40et ils le gèrent
01:07:43très bien
01:07:43mon retour
01:07:44puisque tout le monde
01:07:45s'organise
01:07:46pour me convaincre
01:07:48que le meilleur endroit
01:07:49où je peux
01:07:49me retirer
01:07:52c'est le plus loin
01:07:53possible de Paris
01:07:54il y a des gens là
01:07:57parmi vos collaborateurs
01:07:58qui vous déçoivent
01:07:59plus que d'autres
01:07:59parce qu'il y en a
01:08:00qui étaient des hommes
01:08:00de confiance quand même
01:08:01ils me déçoivent tous
01:08:02parce que c'était tous
01:08:04des hommes de confiance
01:08:05qu'est-ce qu'il voulait
01:08:08il voulait
01:08:09prendre votre place
01:08:12il voulait prendre
01:08:12le contrôle du groupe
01:08:13ils l'avaient déjà pris
01:08:14en deux mois
01:08:16ils l'ont pris
01:08:16bien sûr
01:08:17puisque de toute façon
01:08:19je ne devais pas revenir
01:08:19et qu'on leur avait dit
01:08:23que je ne reviendrai jamais
01:08:24donc on faisait
01:08:26que
01:08:28je n'allais pas revenir
01:08:30moi je me tiens
01:08:32à ce moment là
01:08:34vraiment je prends
01:08:35je prends mes clics
01:08:36et mes claques
01:08:36je tire
01:08:36je m'en vais à Roissy
01:08:39je m'en vais aux Etats-Unis
01:08:40parce que là
01:08:41ça c'est pas possible
01:08:42nous nous téléphonons
01:08:43régulièrement
01:08:44de toute façon
01:08:45et il est au courant
01:08:46s'il le désire
01:08:47et de tous les événements
01:08:50importants
01:08:50qui pourraient survenir
01:08:51et ces vacances
01:08:52te durerait combien de temps ?
01:08:54le temps qu'il faudra
01:08:55pour qu'ils se rétablissent
01:08:57et dès qu'elles sont terminées
01:08:58il reprend son rôle
01:09:00il revient dans ce bureau
01:09:01qui est juste derrière cette...
01:09:02il reviendra normalement
01:09:03dans son bureau
01:09:04et il reprendra les fonctions
01:09:05qu'il jugera utiles
01:09:06de reprendre
01:09:07et que je lui garde
01:09:08au chaud
01:09:09en attendant
01:09:104 ans plus tard
01:09:13le 2 décembre 82
01:09:14le procès
01:09:16de l'affaire Ampin
01:09:16s'ouvre devant
01:09:17la cour d'assises de Paris
01:09:18c'est un procès
01:09:20très médiatique
01:09:22mais
01:09:22les vraies vedettes
01:09:23ne sont pas les accusés
01:09:25la vedette
01:09:26c'est la victime
01:09:26à 12h57
01:09:30Edouard Jean Ampin
01:09:31costume marine
01:09:32et cravate en soie
01:09:33fait son entrée
01:09:34dans la cour d'assises
01:09:35il ressemblait
01:09:40c'était presque Gary Cooper
01:09:41quand il arrive
01:09:42à compter ce costume
01:09:43très très bien coupé
01:09:44très élégant
01:09:45et puis ses yeux
01:09:46magnifiques
01:09:47tout le monde
01:09:52se précipitait
01:09:52lui demandait
01:09:54un commentaire
01:09:54et je crois me souvenir
01:09:55qu'il a été
01:09:56bon
01:09:56assez souriant
01:09:58encore très
01:10:00très calme
01:10:02très bel homme
01:10:03encore
01:10:03et donc il est passé
01:10:05au milieu de cette horde
01:10:06de photographes
01:10:08et tous les yeux
01:10:09absolument étaient fixés
01:10:10sur lui
01:10:11et pas sur les accusés
01:10:12ce qui est
01:10:12en général
01:10:13pas courant
01:10:14le baron Ampin
01:10:15que vous voyez
01:10:15sur la gauche
01:10:17est arrivé
01:10:18souriant
01:10:19très à l'aise
01:10:21en pleine forme
01:10:22souriant devant
01:10:24les photographes
01:10:25il s'est refusé
01:10:26à toute déclaration
01:10:26quand on lui tendait
01:10:27les micros
01:10:28mais il n'hésitera pas
01:10:31à dire ce qu'il a
01:10:32sur le coeur
01:10:33au cours de ses 20 jours
01:10:34de procès
01:10:34il était attendu
01:10:36il était attendu
01:10:38parce que même
01:10:38si ça faisait 4 ans
01:10:40que les faits
01:10:41s'étaient déroulés
01:10:42même si ça faisait
01:10:434 ans
01:10:43toutes ces vieilles rumeurs
01:10:45étaient intervenues
01:10:47c'était quand même
01:10:50toujours là
01:10:51tous les ingrédients
01:10:53sont réunis
01:10:54pour faire de ce procès
01:10:55un événement médiatique
01:10:57une victime
01:10:58peu ordinaire
01:10:59des avocats célèbres
01:11:00et puis
01:11:01une pièce à conviction
01:11:03il y avait dans un petit flacon
01:11:04avec une belle étiquette
01:11:05le fameux petit bout
01:11:07d'auriculaire
01:11:08qui était là
01:11:09qui était dans un état
01:11:10de conservation
01:11:11à peu près parfaite
01:11:12il est dans ce formol
01:11:14donc il y a une espèce
01:11:15de chose assez étrange
01:11:16on regarde de loin
01:11:17on suppose que c'est ça
01:11:19ça peut être que ça
01:11:21à la fois c'est bizarre
01:11:21Edouard Jean-Hampin voit pour la première fois
01:11:25ceux qui l'ont séquestré
01:11:27et mutilé
01:11:28dans le box face à lui
01:11:306 hommes
01:11:31et 2 femmes
01:11:32vous vous découvrez
01:11:39le visage de vos ravisseurs
01:11:41au moment du procès
01:11:42au moment du procès
01:11:43absolument
01:11:44avant vous les avez jamais vus
01:11:46non
01:11:46non jamais
01:11:48je m'étais d'ailleurs imaginé
01:11:51leur faciès
01:11:52parce que c'est
01:11:52quand on entend la voix
01:11:54de quelqu'un
01:11:54on essaie toujours
01:11:55de s'imaginer
01:11:56la figure
01:11:58l'âge
01:11:58etc et tout
01:11:59je me suis complètement trompé
01:12:00si vous voulez
01:12:01bien entendu
01:12:01parce que l'imagination
01:12:03ne vaut rien là-dedans
01:12:07mais c'est vrai
01:12:09que je les ai vus
01:12:09pour la première fois
01:12:10ils m'ont paru
01:12:11petits
01:12:13rabougris
01:12:15mesquins
01:12:15alors que
01:12:16c'était mes maîtres
01:12:18pendant 2 mois
01:12:20et là
01:12:21ils m'ont paru
01:12:22tout petits
01:12:22sans envergure
01:12:23oui tout petits
01:12:24des petits mecs
01:12:25vraiment
01:12:26ils avaient de l'envergure
01:12:30quand ils m'avaient
01:12:31sous leur dépendance
01:12:32ils étaient
01:12:33puisque ma vie
01:12:34dépendait d'eux
01:12:35là ils n'en ont plus
01:12:37non là on est à l'inverse
01:12:39leur vie dépend de moi
01:12:40et vous dites publiquement
01:12:43moi
01:12:44je leur ai pardonné
01:12:45absolument
01:12:46absolument
01:12:48je ne suis pas sans savoir
01:12:52qu'ils vont être condamnés
01:12:54lourdement condamnés
01:12:56au moins 5-10 ans
01:12:57donc
01:12:58moi j'avais été privé de liberté
01:13:01pendant 2 mois
01:13:025 ans de privation
01:13:06de liberté
01:13:07c'est beaucoup de fois
01:13:082 mois
01:13:09et je savais que c'était
01:13:11très très très dur
01:13:12plusieurs fois 2 mois
01:13:13donc
01:13:14j'avais pas besoin
01:13:15d'en rajouter
01:13:16des petits mecs
01:13:24sans envergure
01:13:24au procès
01:13:26les accusés
01:13:27vont jouer là dessus
01:13:27ils ne sont que
01:13:28des intermédiaires
01:13:29chargés de récupérer
01:13:30la rançon
01:13:31les commanditaires
01:13:33ils ne les connaissent pas
01:13:34Dominique
01:13:37qu'est-ce qui ressort
01:13:38du procès
01:13:39sur la manière
01:13:39dont le coup
01:13:40a été préparé
01:13:41je crois qu'il faut
01:13:42insister d'abord
01:13:43sur le fait
01:13:44qu'au cours
01:13:44de ce procès
01:13:45les auteurs
01:13:46ne diront jamais
01:13:47vraiment
01:13:48ce qui s'est passé
01:13:49jamais vraiment
01:13:49la vérité
01:13:506 hommes
01:13:512 femmes
01:13:52qui vont se faire passer
01:13:54pour des exécutants
01:13:55et qui diront
01:13:56du début à la fin
01:13:57qu'ils ont reçu
01:13:58un ordre
01:13:59et qu'ils travaillaient
01:14:00pour un commanditaire
01:14:01dont ils ne donneront
01:14:01jamais le nom
01:14:03expliquant que
01:14:04s'ils donnent le nom
01:14:05ils seront tous exécutés
01:14:07ils vont ensuite
01:14:09essayer de charger
01:14:10le mort
01:14:10celui qui était abattu
01:14:12sur l'autoroute du sud
01:14:13qui s'appelle
01:14:13Daniel Duchâteau
01:14:14c'est bien connu
01:14:15dans ce genre d'affaires
01:14:16les morts ont souvent
01:14:17le dos large
01:14:17on réussira finalement
01:14:21à savoir
01:14:22comment a été montée
01:14:23l'opération
01:14:24parce que les policiers
01:14:26et le juge
01:14:27vont découvrir
01:14:28des billets d'avion
01:14:29tous ces gens là
01:14:30qui prétendent
01:14:31ne pas se connaître
01:14:31sont partis en vacances
01:14:33ensemble
01:14:33pendant une semaine
01:14:35à Mayork
01:14:36au Balear
01:14:36billet d'avion
01:14:37départ le même jour
01:14:38retour le même jour
01:14:39ils ont séjourné
01:14:40au même endroit
01:14:41et qu'est-ce qu'ils ont fait
01:14:42pendant tout ce temps
01:14:42mais ils ont préparé
01:14:43minutieusement
01:14:44l'enlèvement du baron
01:14:46Ampin
01:14:46au Balear
01:14:47au Balear
01:14:47et c'est ce qu'on va
01:14:48apprendre du procès
01:14:50alors pourquoi
01:14:51le baron Ampin
01:14:53pourquoi lui
01:14:54qu'avait-il de particulier
01:14:55qu'attendait-il spécialement
01:14:56de lui
01:14:57c'est intéressant
01:14:58on va découvrir
01:14:59par la suite
01:15:01que
01:15:01ils ont hésité
01:15:03entre trois personnalités
01:15:04le baron Ampin
01:15:06Marcel Dassault
01:15:08l'avionneur
01:15:09et le baron
01:15:09et le baron
01:15:10de Rothschild
01:15:10mais ils ont choisi
01:15:12le baron Ampin
01:15:12parce qu'il avait
01:15:13des horaires réguliers
01:15:15parce qu'il avait
01:15:16une constitution physique
01:15:18suffisamment solide
01:15:20pour supporter
01:15:22une période
01:15:23dont on ne savait pas
01:15:24vraiment
01:15:25de combien elle serait
01:15:26mais plusieurs semaines
01:15:27on connaît
01:15:27les conditions
01:15:28d'enfermement
01:15:29dans la tente
01:15:30une tente
01:15:30dans une cave
01:15:31et puis
01:15:32il avait aussi
01:15:34il habitait
01:15:35un appartement
01:15:36avenue Foch
01:15:37devant lequel
01:15:39passe une contre-allée
01:15:40qui permettrait
01:15:40de bloquer
01:15:41assez facilement
01:15:42sa voiture
01:15:42la preuve
01:15:43l'enlèvement
01:15:44durait 45 secondes
01:15:45au procès
01:15:51évidemment
01:15:52tout le monde
01:15:53attend le témoignage
01:15:54du baron Ampin
01:15:55il va pouvoir
01:15:56enfin raconter
01:15:56publiquement
01:15:57son rap
01:15:58sa séquestration
01:15:59et ses conséquences
01:16:01pour lui
01:16:03c'était un procès
01:16:05je vais employer
01:16:06le mot
01:16:06pas au sens
01:16:07juridique du terme
01:16:08mais c'était un procès
01:16:09qui ressemblait
01:16:09à un procès
01:16:09de réhabilitation
01:16:11et on l'avait préparé
01:16:13lui et moi
01:16:13et Bernard Prévost
01:16:15on l'avait préparé
01:16:17comme tel
01:16:18comme un vrai procès
01:16:19de réhabilitation
01:16:20c'était
01:16:21le baron Ampin
01:16:23était là
01:16:23pour faire valoir
01:16:25son image
01:16:26moi j'ai eu l'impression
01:16:27qu'il était
01:16:29soulagé
01:16:31qu'enfin
01:16:32ça y est
01:16:33il allait témoigner
01:16:34ça allait être très dur
01:16:35et ensuite
01:16:35ce serait terminé
01:16:36il pourrait passer
01:16:37à autre chose
01:16:38devant la cour
01:16:39il raconte tout
01:16:40sa séquestration
01:16:41la cave
01:16:42la cagoule
01:16:43la peur
01:16:44pour la première fois
01:16:45depuis sa libération
01:16:46il livre tout
01:16:47il a pratiquement
01:16:50pas bougé
01:16:51c'est à dire
01:16:51qu'il n'était pas
01:16:51quelqu'un du tout
01:16:52qui faisait des effets
01:16:53en même temps
01:16:54une pudeur
01:16:55dans ce qu'il racontait
01:16:56parce qu'il racontait
01:16:57des choses épouvantables
01:16:58sur le moment
01:16:59sur le moment
01:16:59où il raconte
01:17:00qu'on lui coupe
01:17:02l'auriculaire
01:17:03et il dit
01:17:04ils ont dit
01:17:05qu'ils allaient me couper
01:17:05le petit doigt
01:17:06j'étais pas d'accord
01:17:08et ils l'ont coupé
01:17:09c'était pratiquement ça
01:17:10alors que ça aurait pu être
01:17:11quelqu'un
01:17:12qui porte en lui
01:17:14du ressentiment
01:17:15de la haine
01:17:16d'une envie de vengeance
01:17:18pour ce qu'on lui a fait subir
01:17:19ces mois de détention
01:17:21enfermés dans une chambre
01:17:22comme un animal
01:17:23et souffrant énormément
01:17:25de ce petit doigt coupé
01:17:27menacé de mort
01:17:28tous les jours
01:17:28humilié
01:17:29comme on va
01:17:31il dira
01:17:31qu'il était réduit
01:17:32à l'état d'animal
01:17:33dans une tente
01:17:35dans une maison
01:17:35enfin bon
01:17:36c'était incroyable
01:17:38et donc arrive cet homme
01:17:39et cet homme
01:17:40est absolument
01:17:41incroyablement digne
01:17:43rien de spectaculaire
01:17:44le sang
01:17:45la souffrance
01:17:46du doigt mutilé
01:17:47les chaînes autour du cou
01:17:48la nuit totale
01:17:49au point de ne plus pouvoir
01:17:50supporter la lumière du jour
01:17:51et bien sur tous
01:17:53ces détails
01:17:53le baron en pain
01:17:54n'a pas insisté
01:17:55la charge était trop facile
01:17:57car même s'il livre
01:18:00les détails sordides
01:18:01de sa détention
01:18:02le baron en pain
01:18:04n'accable pas ses geôliers
01:18:05sa vraie cible
01:18:06c'est sa femme
01:18:07ce sont ses collaborateurs
01:18:08car il a divorcé
01:18:10et il a dû quitter
01:18:11la présidence
01:18:13du groupe en pain
01:18:14chenèdre
01:18:14dans votre balance
01:18:19des bons
01:18:19et des méchants
01:18:20oui
01:18:21à ce moment là
01:18:23les facteurs
01:18:24se sont complètement inversés
01:18:25complètement inversés
01:18:26les ravisseurs
01:18:27sont sur le bon côté
01:18:28de la balance
01:18:29et sur le mauvais côté
01:18:30il y a qui ?
01:18:31tous les autres
01:18:32y compris votre femme
01:18:34y compris ma femme
01:18:35moi si vous voulez
01:18:36moi c'est une position
01:18:37qui est raisonnée
01:18:37et qui se passe
01:18:385 ans ou 6 ans
01:18:39après les faits
01:18:40parce que j'ai analysé
01:18:41les faits
01:18:41j'ai analysé le comportement
01:18:43de chacun pendant 5 ans
01:18:44et je ne suis pas certain
01:18:47que les plus mauvais
01:18:48soient dans le box
01:18:50moi j'ai vu des plus mauvais
01:18:53qui sont passés
01:18:54comme témoins
01:18:54à la barre
01:18:55plus mauvais que ceux
01:18:56qui étaient dans le box
01:18:57des collaborateurs
01:19:02des traîtres
01:19:04des menteurs
01:19:06ils m'ont enfoncé
01:19:09pour prendre ma place
01:19:10pour prendre mon pouvoir
01:19:12alors que vos ravisseurs
01:19:14alors que mes ravisseurs
01:19:15mes ravisseurs
01:19:18se sont excusés
01:19:19le témoignage du baron
01:19:22en pain
01:19:22vient boucler
01:19:2312 journées d'audience
01:19:24le 17 décembre 82
01:19:26ces ravisseurs
01:19:27sont condamnés
01:19:27à des peines
01:19:28allant de 5
01:19:28à 20 ans de prison
01:19:29la cour n'a pas cru
01:19:31à leur innocence
01:19:32si vous voulez
01:19:35à titre de parti civil
01:19:36je n'ai pas d'opinion
01:19:38à émettre
01:19:39je crois que ce soit
01:19:39à titre de témoin
01:19:44si vous voulez
01:19:45je suis libéré
01:19:46moi j'ai retrouvé
01:19:46ma liberté depuis 5 ans
01:19:47alors je suis heureux
01:19:49je n'ai rien à dire
01:19:50là dessus
01:19:51et à titre de citoyen
01:19:52j'ai assisté
01:19:53à un procès
01:19:54c'est terrible
01:19:57je dois dire
01:19:59que ce moment
01:20:00ce dernier moment
01:20:01ça a été
01:20:01un peu pénible
01:20:03mais ça en tant que citoyen
01:20:04c'est une deuxième vie
01:20:06qui commence pour vous
01:20:07c'est une deuxième vie
01:20:09qui commence pour vous maintenant
01:20:10vous êtes complètement libéré
01:20:10de cette affaire
01:20:11je l'espère
01:20:12il nous a remercié
01:20:15très chaleureusement
01:20:16de tout ce qu'on avait fait
01:20:16pour lui
01:20:17il est parti
01:20:19je vois encore partir
01:20:20avec celle qui était
01:20:21sa nouvelle compagne
01:20:21et qui est depuis
01:20:22devenue sa femme
01:20:23Jacqueline
01:20:23ils sont partis
01:20:25tous les deux
01:20:26bras dessus
01:20:26bras dessous
01:20:27dans la nuit
01:20:28puisque c'était la nuit
01:20:30et
01:20:31j'ai l'impression
01:20:34que pour lui
01:20:34il était redevenu
01:20:36serein
01:20:37l'affaire en pain
01:20:40qui n'aurait pas dû être
01:20:42l'affaire en pain
01:20:42mais l'affaire du nom
01:20:43des ravisseurs
01:20:44et l'affaire en pain
01:20:45était terminée
01:20:46ce procès
01:20:50met un point final
01:20:52à la première vie
01:20:54du baron
01:20:55Edouard
01:20:55Jean
01:20:56en pain
01:20:57cet enlèvement
01:21:00si on met entre parenthèses
01:21:03les 10 années d'enfance
01:21:05j'ai eu 30 ans avant l'enlèvement
01:21:08et 30 ans après l'enlèvement
01:21:09en gros
01:21:10donc cet enlèvement
01:21:11est juste à la frontière
01:21:13de ma vie aujourd'hui
01:21:14et c'est une vraie frontière
01:21:18il y a vraiment la personne
01:21:20Edouard en pain avant
01:21:22Edouard en pain après
01:21:22c'est pas la même personne
01:21:23ça c'est certain
01:21:25ça m'a modifié
01:21:29mon comportement
01:21:30mes réactions vis-à-vis des gens
01:21:32ma façon de vivre
01:21:32ça
01:21:33je ne suis pas en train de dire
01:21:38que ça m'a amélioré
01:21:39ça ne m'a pas amélioré du tout
01:21:42ça a changé
01:21:43c'est pas la même chose
01:21:44car je regrette un petit peu
01:21:46le baron en pain d'avant aussi
01:21:48celui qui était sûr de ses certitudes
01:21:53et qui allait tout droit
01:21:55comme un draxter
01:21:56et qui ne prenait jamais un virage
01:21:58et qui pensait détenir
01:22:00une grande partie de la vérité sur tout
01:22:04je regrette un peu ce personnage
01:22:06que j'ai bien connu
01:22:07il est sympathique aussi après tout
01:22:10le baron Edouard en pain est revenu en France
01:22:31il habite en grande région parisienne à la campagne
01:22:33il est toujours marié avec sa deuxième femme Jacqueline
01:22:36il donne certes de temps en temps
01:22:38quelques conseils à des amis industriels
01:22:40mais il n'a jamais vraiment replongé
01:22:42dans la fièvre des affaires
01:22:44il vit retiré
01:22:45à l'abri du besoin
01:22:46au revoir
01:22:52aux tecrans
01:22:54au revoir
01:23:28...

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