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  • il y a 1 an
À Marseille, dans le IXe arrondissement, un tir de mortier a atterri sur le balcon de Marcelle, une dame de 82 ans. Elle a frôlé le pire, et son appartement a été partiellement dévasté. On en parle avec : Boris Kharlamoff, journaliste police-justice BFMTV. Richard, fils de Marcelle, qui a reçu un tir de mortier dans son appartement. Bruno Bartocetti, secrétaire national délégué de la zone Sud du syndicat de police UN1TÉ. Et Anne-Marie D'Estienne D'Orves, maire "Divers droite" des IXe et Xe arrondissement de Marseille.

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Transcription
00:00Marseille maintenant dans BFM Story. Pourquoi ? Parce qu'il y a une dame de 92 ans qui a frôlé le pire.
00:06C'était hier dans le 9e arrondissement. C'est un tir de mortier qui a atterri sur son balcon et en partie dévasté son appartement.
00:13Écoutez son témoignage.
00:15Je ne sais plus où je suis alors. J'en peux plus. J'en peux plus. J'en peux plus. J'ai pris mon café.
00:22J'ai ouvert mes volets. Et après, j'étais à la porte pour ouvrir à mon infirmière. Et c'est là. J'ai entendu.
00:32Je dis, ils ont mis une bombe. Ce n'est pas possible. Et d'un coup, tout est tombé. J'ai ouvert la porte.
00:40J'ai dit, au secours, au secours, aidez-moi, aidez-moi. Voilà.
00:44Alors, dans un instant, le fils de cette dame, Richard, sera avec nous. Il témoignera encore du choc qu'a subi sa mère.
00:50Mais que s'est-il passé précisément, Boris Carlamoff ?
00:53Eh bien, les fils se sont donc déroulés hier matin, aux alentours de 6h30, dans le 9e arrondissement de Marseille, avenue de la Soude.
00:59Il y a une déflagration qui a été entendue à plusieurs kilomètres à la ronde.
01:03L'explosion a provoqué des dégâts sur la façade de l'immeuble et à l'intérieur même, donc, du logement qui a été visé de manière volontaire ou non.
01:11Ça, l'enquête le déterminera.
01:13Sur place, il y a un important dispositif de secours.
01:1530 marins-pompiers, des policiers qui constatent une odeur de poudre.
01:21À l'intérieur, il y avait donc Marcel, âgé de 92 ans, qui se trouvait dans le logement.
01:26Au moment des faits, elle a été transportée en état de choc à l'hôpital de la Timone.
01:30Elle n'a pas été physiquement blessée.
01:33Marcel, en fait, elle prenait son café sur le balcon juste avant ce tir de mortier d'artifice.
01:37Elle s'est dirigée vers la porte d'entrée puisqu'elle attendait son infirmière qui devait lui pratiquer des soins.
01:43Son fils, Richard, a expliqué à BFM TV, et on l'entendra en quelques minutes,
01:46que c'est grâce notamment à un meuble qui se situe à l'entrée de son appartement
01:49qu'elle n'a pas été la cible de projectiles, qu'elle n'a pas reçu de projectiles.
01:54Et c'est pour cette raison-là qu'elle s'en est sortie indemne.
01:56Donc, sur place, les secours constatent un mortier d'artifice présent sur le balcon,
02:02alors que dans un premier temps, c'était la thèse d'un système de climatisation qui aurait pu exploser.
02:07Mais du fait d'avoir trouvé ce mortier d'artifice, l'enquête s'oriente vers un tir volontaire ou non.
02:13Le parquet de Marseille, quoi qu'il en soit, il a ouvert hier soir une enquête pour dégradation volontaire
02:17par moyens dangereux et blessures volontaires.
02:20A noter que la préfecture des Bouches-du-Rhône nous indique qu'il y a eu des patrouilles et des contrôles
02:24tout au long de la nuit dans ce quartier à la demande de la préfète de police déléguée.
02:29Justement, Richard est avec nous, le fils de Marcel.
02:32Bonsoir, Richard.
02:33Déjà, comment va votre maman ?
02:35Depuis hier, on a entendu son témoignage.
02:37Elle se remet tout doucement ?
02:40Elle se remet tout doucement, mais bon, elle est quand même assez atteinte.
02:45Et physiquement, pas trop, mais moralement beaucoup et psychologiquement.
02:51Et elle est un peu plus fatiguée qu'hier.
02:54Ça veut dire certainement le contre-coup.
02:57En y repensant, vous vous dites que votre maman a frôlé le pire ?
03:03Oui, bien sûr, vu les dégâts.
03:07Qu'est-ce qui a pu se passer, à votre avis ?
03:10Est-ce qu'il y avait des tirs ce soir-là ?
03:13Vous avez été visé volontairement ?
03:15Est-ce que vous avez un début d'explication ?
03:18Non, on n'a pas d'explication.
03:21Juste, les faits sont là et qu'il y a eu ce mortier qui a tiré sur son balcon et qui a fait d'énormes dégâts et qui aurait pu la tuer.
03:32Il y en a régulièrement dans ce quartier ?
03:35Non, franchement, ce n'est pas un quartier qui est vraiment trop dangereux.
03:43Non, c'est pour ça qu'on ne sait pas.
03:46On ne sait pas si c'est un acte malheureux, si c'est un acte visé ou pas.
03:52Si c'est une cible qui a été visée mais qui s'est trompée, on ne peut pas savoir.
03:57On ne peut pas savoir, franchement.
04:00On est devant cet acte et on est vraiment impacté.
04:05C'est très difficile.
04:06Restez avec nous, Richard.
04:07On est avec Bruno Bartosetti, qui est secrétaire national délégué de la zone sud du syndicat de policiers Unité.
04:13Bonsoir, M. Bartosetti.
04:14Quand vous entendez cette affaire, quelle est votre réaction ?
04:18Vous pensez qu'on a affaire à des imbéciles qui se sont dit « on s'amuse, on tire au mortier, tant pis, là où ça va, comment ça atterrit ? »
04:28Oui, on peut penser en priorité à cette thèse.
04:33On veut s'exprimer tout un étant irresponsable.
04:37Il faut savoir que les tirs de mortier aussi sont parfois des armes par destination lorsqu'on vise des policiers ou des marins-pompiers.
04:44qui interviennent dans Marseille.
04:46Mais je souligne également que si dans le quartier, c'est la première fois qu'on a ce genre de catastrophe,
04:53qui aurait pu être dramatique pour cette dame,
04:55ce n'est pas la première fois que des habitations ont été touchées au tiers du mortier de manière accidentelle,
05:00mais inexcusable à partir du moment où on se sert de ces engins pour s'exprimer d'une manière ou d'une autre.
05:08Attendez, M. Bartosetti, qu'on essaie de comprendre.
05:11Donc là, on peut se dire qu'on a affaire à des imbéciles.
05:13On est en plein été, c'est le soir, ils ont un mortier, ils se disent on va tirer,
05:17puis dans la manipulation, boum, ça part contre un immeuble.
05:20Mais c'est tous les soirs, les tirs de mortier en ce moment ?
05:25Alors, en tout cas, c'est de plus en plus fréquent.
05:27Vous dire que c'est tous les soirs, je ne pourrais pas retenir que ce soit tous les soirs.
05:32Je parle de Marseille.
05:33Maintenant, c'est de plus en plus fréquent.
05:35C'est utilisé d'une manière très fréquente et d'une manière de plus en plus irresponsable.
05:40On n'est pas sur des tirs de mortier où on se retrouve dans un champ privé pour s'amuser.
05:45Non, on est dans l'inconscience la plus totale.
05:48Parfois, c'est utilisé comme une arme par destination.
05:50Parfois, c'est par jeu.
05:51Parfois, ce n'est pas juste pour provoquer, juste pour exister.
05:55Et ça, je peux vous dire que c'est quelque chose qui arrive de plus en plus fréquemment.
05:58Et d'ailleurs, vous savez, il n'y a pas très très longtemps, si vous permettez une parenthèse très rapide,
06:03on a eu la même chose à Béziers où on a attendu les forces de l'ordre avec des tirs de mortier.
06:09Un appartement a pris feu dans les mêmes circonstances.
06:12Donc, on échappe chaque fois, on frôle la catastrophe.
06:15Et cette dame, c'est vrai qu'elle aurait pu avoir des blessures très très sérieuses
06:19si elle n'avait pas été protégée, je crois, par le meuble, comme le disait son fils.
06:23Nous sommes avec Anne-Marie Destienne-Dovre, la maire d'hiver droite des 9e et 10e arrondissements de Marseille.
06:27Bonsoir, madame la maire.
06:29Qu'est-ce que vous pensez de ce qui s'est passé, effectivement, de ce drame qui a été évité de justesse ?
06:36Ah, mais c'est absolument dramatique pour moi, ce qui s'est passé hier,
06:41comme ce n'est pas possible que des choses comme ça arrivent,
06:49comme, d'ailleurs, il y a quelques années, maintenant, avec le drame de Sokaïna.
06:55Moi, pour moi, je pense qu'aujourd'hui, on doit être beaucoup plus ferme
07:01et on doit aussi travailler pour mettre davantage, en tout cas en sécurité, nos habitants.
07:09Attendez, parce que, madame la maire, vous liez ça à Sokaïna.
07:13Sokaïna, elle avait été victime d'un tir de Kalashnikov dans le cadre des trafics de drogue.
07:19Vous pensez que ça peut être lié au contexte de la drogue ?
07:21On parle plus pourtant d'un quartier paisible, là.
07:24Vous savez, aujourd'hui, des quartiers paisibles, je ne sais pas s'il en existe encore vraiment beaucoup.
07:31Nous sommes malheureusement, aujourd'hui, impactés un peu partout.
07:37On peut observer, en tout cas, une recrudescence des tirs de mortier,
07:41comme l'a dit votre secrétaire, le secrétaire national.
07:45On a, bien évidemment, des rodéos, on a des trafics de drogue de plus en plus importants,
07:51contre lesquels, en tout cas, on essaye, avec les services de police de la préfecture, de gérer.
08:00C'est très... La situation est quand même angoissante.
08:05En tout cas, elle l'est beaucoup pour nos habitants.
08:08Et je pense que nous devons, en tout cas, travailler encore plus ensemble
08:15pour essayer d'endiguer cette situation.
08:22Madame la maire, merci. Je voulais remercier Richard, aussi, le fils de Marcel, d'avoir été avec nous.
08:26Mais j'ai une dernière question pour vous, Bruno Bartosetti, parce que ces fameux mortiers dont la puissance varie,
08:32on a limité leur achat. Et même, pour certains, c'est interdit.
08:37Mais on les trouve aussi facilement que ça ?
08:40Oui, oui, c'est très facile. D'abord, il y a des achats sur Internet.
08:43Donc, vous savez, c'est facile de détourner la loi, puisque la vente est interdite aux mineurs.
08:49Mais on peut contourner cette loi très facilement.
08:52On peut se procurer ce qu'on veut, finalement, dans notre pays.
08:55Et puis, quand on parle de l'Europe, eh bien, là, on voit bien qu'il y a des lois qui sont à plusieurs vitesses.
09:01Vous ne pouvez pas vous les procurer facilement en France.
09:03Dans un achat ordinaire, vous allez à la frontière allemande, vous pouvez très facilement vous en procurer.
09:09Donc, ce n'est pas très compliqué pour ces jeunes de se procurer du mortier, des artifices,
09:17dans la mesure où on arrive à se procurer des kalachnikovs.
09:19Pourtant, ça aussi, c'est interdit à la vente.
09:22Donc, voilà, on a cette utilisation qui est de plus en plus fréquente.
09:26Il faut savoir que Marseille est très, très étendue.
09:28C'est deux fois et demi Paris, c'est cinq fois Lyon.
09:31Et il faut quadriller cette ville avec des effectifs.
09:34Alors, il ne faut jamais se limiter à un ratio population-effectif.
09:39Il faut aller beaucoup plus loin.
09:40Il y a toute cette superficie à ouvrir à Marseille.
09:43C'est très, très vaste.
09:44Il y a la criminalité qui est très forte et très présente à Marseille.
09:48Donc, c'est pour cette raison que pour pouvoir occuper au mieux le terrain,
09:51il faut beaucoup plus d'effectifs.
09:53Maintenant, il n'y a pas que ça, bien sûr.
09:54Mais il ne faut surtout pas se retrancher derrière des lois en se disant
09:58« Voilà, il y a un texte de loi qui régit l'interdiction du transport de ces mortiers. »
10:04Et tout va bien.
10:04Non, non, la loi, pour l'appliquer, il faut les moyens.
10:07Et on les a de manière insuffisante à Marseille.
10:09C'est une évidence.
10:10Tout le monde vous le dira.
10:11On manque cruellement d'effectifs.
10:13Malgré le travail qu'on peut faire en commun avec la municipalité, la préfecture,
10:17c'est quand même très difficile aujourd'hui de sécuriser la population
10:20qui est très, très angoissée à Marseille
10:21et dans tous les arrondissements de Marseille.
10:24Merci Bruno Bartosetti.
10:25Merci d'avoir été avec nous.

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