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  • il y a 1 an

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00:00Vous êtes bien sur Europe 1, il est 8h13, l'heure de la grande interview avec Gérard Vespierre, bonjour.
00:08Bonjour à vous.
00:08Merci d'être avec nous, analyste géopolitique et fondateur du Média Web, le monde décrypté.
00:13Alors, on a un décor de bout du monde, l'Alaska pour briser la glace, un casting de feu,
00:18l'insondable Vladimir Poutine, l'imprévisible Donald Trump, une poignée de main qu'on qualifie déjà d'historique
00:25et un enjeu, résoudre le conflit le plus sanglant qu'ait connu l'Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
00:30Gérard Vespierre, tout est réuni pour un blockbuster géopolitique,
00:33mais franchement, allons-nous vraiment assister à un tournant dans la crise ukrainienne aujourd'hui ?
00:38Je pense qu'effectivement, très près d'Ankorej, il y aura aujourd'hui une discussion autour d'un triptyque essentiel,
00:47le triptyque d'Ankorej, à savoir quoi après Ankorej, c'est-à-dire une rencontre entre Vladimir Poutine et Zelensky.
00:56Il faudra que la Russie et l'Ukraine acceptent de dialoguer en direct.
01:00Il faudra, deuxièmement, deuxième sujet, deuxième volet d'Ankorej,
01:04aboutir à des concessions territoriales de part et d'autre.
01:09Et troisièmement, il faut pouvoir aboutir à un cessez-le-feu.
01:16Donc, cessez-le-feu, les territoires rencontrent Poutine-Zelensky, éventuellement élargie.
01:23Voilà le triptyque d'Ankorej aujourd'hui.
01:25Parce qu'aujourd'hui, ce n'est pas une conférence de paix, vu que Volodymyr Zelensky est tenu à l'écart ?
01:30La conférence de paix, n'est-ce pas, d'un point de vue diplomatique, c'est l'étape ultime.
01:38Donc, avant d'avoir la paix, il faut que les armes se taisent.
01:43Donc, il faut que le cessez-le-feu soient actés dans un cadre que chacun accepte
01:49pour pouvoir ensuite aboutir à un traité de paix qui sera reconnu de façon internationale.
01:57On va avoir là deux dirigeants avec des styles très éloignés.
02:02L'un va arriver très préparé, l'autre va faire ça plutôt à l'instinct.
02:05Un, on a un manipulateur qui a été formé au Roury du KGB.
02:09L'autre, un entrepreneur qui est plutôt adepte du coup d'éclat permanent.
02:13Est-ce que Trump pourrait se faire avoir face à Vladimir Poutine ?
02:16Alors, c'est la rencontre de deux hommes.
02:18Donc, on est vraiment très, très tenté médiatiquement d'exacerber la personnalisation.
02:26Mais il ne faut pas oublier que derrière ces deux personnages,
02:30eh bien, il y a de vastes organisations militaires et politiques des départements d'État.
02:38Le nom du ministère des Affaires étrangères américain et puis un ministère des Affaires étrangères aussi en Russie.
02:47Donc, il y a des préparatifs, il y a des rencontres, il y a des échanges entre les différentes administrations russes et américaines sur ces sujets.
02:57Il y a beaucoup d'écrits.
02:59Il y a eu des entretiens entre Lavrov et Rubio, ministre des Affaires étrangères, secrétaire d'État américain.
03:07Il y a des échanges également entre Trump et les Européens.
03:11Donc, beaucoup, beaucoup de choses écrites, beaucoup de choses qui sont dans les dossiers.
03:16Et donc, nous assistons aujourd'hui, en haut de la pyramide, à un décorum.
03:21Mais derrière ce décorum, eh bien, il y a beaucoup, beaucoup de préparatifs, comme dans une pièce de théâtre.
03:27Oui, mais Donald Trump et Vladimir Poutine vont se voir en tête à tête.
03:31Cette fois-ci, il n'y aura pas d'adultes dans la pièce et il n'y aura pas de conseillers.
03:35Il n'y aura que les traducteurs qui vont les rassembler.
03:39On se rappelle de la dernière rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine en 2018 à Helsinki.
03:45À cette occasion-là, le président américain avait semblé, finalement, avoir été un peu dupé par le maître du Kremlin
03:51puisqu'il avait accepté qu'il n'y avait pas eu d'ingérence contre l'avis des services de renseignement.
03:59Il avait préféré croire l'histoire du russe.
04:02Donald Trump ne peut-il pas être hypnotisé par Vladimir Poutine et donner certains gages ?
04:07Alors, pas d'adultes dans la pièce, cher ami, ils ont quand même 150 ans à eux deux, n'est-ce pas ?
04:14Donc, à quel âge va commencer, donc 75 ans d'âge moyen, à quel âge va commencer la vie d'adulte ?
04:20Non, plus sérieusement, vous avez là une situation de milliers, de dizaines de milliers, de centaines de milliers de morts, n'est-ce pas ?
04:31Et trois fois ou quatre fois plus de blessés, donc on dépasse le million de morts et de blessés.
04:38On a donc un dossier d'une extrême lourdeur par rapport à des hypothèses d'influence au cours d'opérations électorales et de votes aux États-Unis.
04:51Donc, voyez-vous, on est dans des situations politiques qui n'ont rien à voir, la lourdeur des dossiers, la lourdeur du dossier russo-ukrainien est infiniment plus importante.
05:05Donc là, on ne peut plus jouer sur les mots, on est dans une très lourde réalité.
05:12Sans doute que Vladimir Poutine va arriver avec plusieurs scénarios prévus en fonction de la fermeté américaine.
05:20Est-ce qu'on doit s'attendre à ce que les États-Unis tiennent une position ferme pour défendre l'Ukraine ?
05:28Alors, il y a un parfum militaire, n'est-ce pas, autour de cet entretien qui a lieu dans une base militaire américaine.
05:38C'est quand même assez surprenant.
05:39Alors, certes, il y a des raisons sécuritaires du point de vue de Vladimir Poutine,
05:44mais enfin, un président russe dans une base militaire américaine, c'est du jamais vu.
05:50Deuxièmement, il y a une dizaine de jours, suite au chiffon nucléaire agité par Medvedev depuis la Russie,
05:59les États-Unis, par la voix du président Trump, ont décidé de positionner deux sous-marins nucléaires,
06:06lanceurs de missiles, plus près des côtes russes.
06:10Les États-Unis mènent actuellement des opérations militaires, donc des entraînements avec l'Australie.
06:19Ils ont, pour la première fois, déplacé leur premier missile hypersonique, des batteries.
06:25Donc, il y a une agitation très feutrée, une peinture à petite touche de puissance militaire américaine
06:33que l'on ne peut pas mettre de côté autour de cette rencontre.
06:37Les Européens, de leur côté, eux, sont assez prudents.
06:40Hier, Volodymyr Zelensky a été reçu par Kirstarmer à Londres.
06:43Il n'y a pas eu de conférence de presse à l'issue de cette rencontre.
06:47Et puis, cette semaine, on a eu cette conférence en visio des dirigeants européens
06:50qui paraissaient, allez, paniquer, c'est peut-être un grand mot, mais en tout cas un peu fébrile.
06:55Est-ce qu'ils font confiance à Donald Trump pour défendre leurs intérêts ?
06:57Vous savez, je crois que ce dossier, ce très lourd dossier russo-américain et aussi russo-ukrainien
07:07va se déployer dans le temps.
07:10La grande victoire de l'Ukraine sera de se remettre sur pied,
07:16de retrouver une économie, de retrouver une expansion,
07:19de retrouver une activité globale sur la scène internationale
07:25beaucoup plus vite que la Russie ne pourra le faire.
07:28Et qui sera la manœuvre ?
07:30Eh bien, ce seront les 450 millions de citoyens européens,
07:36520 millions avec nos amis britanniques
07:38qui vont aider pendant des années, pendant plus de 10, 15 ans si nécessaire,
07:44l'Ukraine à se remettre sur pied
07:47et à pouvoir assumer totalement son économie, sa diplomatie, sa culture
07:53vis-à-vis du voisin russe.
07:55Donc, le rôle profond géopolitique, géostratégique de l'Europe dans ce dossier-là
08:02s'inscrit dans le temps long.
08:04Et c'est ça qui fera la différence vis-à-vis de l'histoire.
08:08Est-ce que c'est envisageable qu'il n'en ressorte rien de ce sommet ?
08:11Que les deux parties se quittent sans avoir trouvé un compromis ?
08:15Alors, jamais ne dire jamais, mais la probabilité est très très faible
08:21car, comme nous le disions tous les deux, eh bien, il y a une préparation intensive, déjà.
08:27Il y a, pour cette réunion, il y a des mois que Trump est au pouvoir à Washington, plus de 6 mois.
08:34Donc, il y a aussi à considérer ce délai de préparation-là.
08:38Il y a des exigences.
08:41La Russie, comme l'a dit son propre ministre de l'économie, est au bord de la récession.
08:48Donc, il y a des raisons pour ça.
08:50Si vous voulez acheter un appartement à Moscou, le taux d'intérêt de votre emprunt sera de 22 ou 23 %, n'est-ce pas ?
08:57Donc, l'économie, l'investissement des consommateurs et aussi des entreprises est gelé
09:04parce que le taux de la banque centrale est à 18 %.
09:07Donc, on protège le rouble, mais la contrepartie, c'est l'affaiblissement de l'économie.
09:13Et donc, la Russie a besoin d'aboutir.
09:16La Russie a aussi besoin d'avancer.
09:18Et, in fine, qui sera le vrai décideur ?
09:20Est-ce que ce n'est pas Volodymyr Zelensky qui devra accepter ce que lui proposera le président américain d'y aller avec le président russe ?
09:28Nous avons un triptyque, comme je le disais tout à l'heure, sur la réunion.
09:33Eh bien, il y a trois décideurs aussi, Zelensky, Poutine et Trump.
09:38Et c'est ce triumvirala qui va faire que les armes vont se taire.
09:43Et c'est ce triumvirala qui va faire qu'il y aura un brillant futur pour l'Ukraine et son relèvement.
09:53Merci Gérard Vespierre.
09:55Je vous en prie.
09:55Analyste géopolitique et fondateur du média web Le Monde Décrypté.
10:00Merci beaucoup d'être venu en direct sur Europe 1 ce vendredi 15 août.

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