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00:00Ensemble, nous recevons Claude Blanchemaison, ancien ambassadeur de France en Russie.
00:05Bonsoir, monsieur l'ambassadeur.
00:06Bonsoir.
00:06Merci d'être avec nous ce dimanche soir dans le studio Europe 1.
00:10Claude Blanchemaison, Donald Trump aime les avancées rapides.
00:14Pour mettre fin au conflit entre la Russie et l'Ukraine, le président américain avait lancé un ultimatum.
00:18On s'en souvient au début pour la fin de l'été.
00:20On y arrive dans le temps, mais va-t-on y arriver dans le processus de paix à cette fin ?
00:25Probablement pas.
00:26En effet, depuis 10 jours, il y a une activité diplomatique intense,
00:29puisqu'il y a eu ce sommet en Alaska, à Anchorage, entre Poutine et Trump.
00:36Et tout le monde, évidemment, avait les yeux fixés sur la ville d'Anchorage.
00:41Et en 10 minutes dans la voiture de monsieur Trump,
00:46et de 2h75 de discussion entre les deux délégations,
00:51monsieur Poutine a réussi à faire changer le président Trump d'avis.
00:55Trump est arrivé en disant, je veux un cessez-le-feu sec, un cessez-le-feu tout net, sans condition.
01:04Et il en est reparti, avec la position dont Poutine l'a convaincu,
01:10à savoir que, dans le fond, ce n'était pas très important d'avoir un cessez-le-feu qui ne serait pas respecté,
01:15parce qu'il n'avait pas été négocié, parce qu'il n'y avait personne pour le faire respecter,
01:18et qu'il va le mieux s'attaquer tout de suite aux racines du mal,
01:21c'est-à-dire aux causes profondes de cette guerre,
01:24et donc aux problèmes de territoire, aux problèmes de neutralité de l'Ukraine,
01:29après le partage des territoires,
01:31et également à des problèmes qui touchent aux populations.
01:35Donc, évidemment, les Occidentaux ont été terrifiés par ce qui s'est passé,
01:39et ont aussitôt fait des réunions d'urgence entre eux,
01:42puis, finalement, sont allés en cortège avec M. Zelensky à Washington,
01:48pour écouter ce que le président américain avait à leur dire,
01:53puisqu'il a changé de stratégie, en réalité, à Anchorage,
01:56après avoir vu Poutine.
01:58Et donc, ils ont essayé d'éviter le pire.
02:01Le pire eût été que les Etats-Unis et la Russie
02:04s'entendent sur le dos de l'Ukraine, sur un partage territorial.
02:08Alors, le pire a été évité, en effet.
02:10Oui, mais est-ce que la solution va être trouvée ?
02:11Dans pas mal de temps.
02:13C'est-à-dire que, puisque Poutine a obtenu ce qu'il voulait,
02:15à savoir un délai pour poursuivre sa guerre,
02:18eh bien, il poursuit sa guerre.
02:20Les sanctions terribles dont Trump l'avait menacé
02:22ne sont pas tombées, et probablement ne tomberont pas,
02:25bien que, bien que, il y a un petit point, quand même,
02:28qui est arrivé par surprise,
02:30c'est que la première dame américaine
02:32a transmis une lettre par son mari à Poutine,
02:36qui est une lettre qui s'inquiète du sort des enfants qui ont été volés,
02:39des enfants en bas âge qui ont été volés par les Russes,
02:42et qui sont transformés actuellement en petits Russes.
02:44Il y en a peut-être environ 20 000.
02:47Et, effectivement, elle demande qu'ils soient restitués,
02:49bien entendu, à leur famille.
02:52Et, évidemment, Mme Zelensky a mis son grain de sel,
02:56c'est-à-dire qu'elle a fait aussi sa lettre,
02:57qui a été transmise à M. Trump.
02:59Évidemment, M. Poutine n'a pas répondu,
03:01et cette lettre, on ne sait pas ce qu'il en a fait.
03:03M. Blanche-Maison, M. l'ambassadeur,
03:05Gilles Boutin, une question pour vous.
03:07Oui, vous évoquez le retournement de Donald Trump
03:10à la suite des 10 minutes passées avec Vladimir Poutine
03:13et les deux heures et quelques avec les délégations.
03:16Ce qui nous amène à poser cette question fondamentale,
03:19qui est à quoi attribuez-vous le pouvoir d'influence
03:22de Vladimir Poutine sur Donald Trump,
03:25puisqu'il semble en avoir un très puissant ?
03:27Alors, moi, je vais vous dire,
03:28je ne crois pas à la théorie des complots.
03:29Est-ce que Trump est tenu par des histoires
03:33un peu sordides du passé ?
03:35C'est possible, mais comme je n'en sais rien,
03:37je n'en tiens pas compte, si vous voulez.
03:38Et en réalité, ce qu'on sait,
03:39c'est que Trump veut normaliser
03:42les relations des États-Unis avec la Russie,
03:44pour des tas de raisons,
03:45ne serait-ce que parce que ce sont les deux pays
03:47qui ont les deux plus gros stocks nucléaires du monde,
03:51et qu'ils ont des responsabilités
03:52sur l'avenir de la non-prolifération
03:55et de la dissuasion nucléaire, bien entendu.
03:57Et puis la deuxième raison,
03:58c'est parce qu'il veut faire du business avec la Russie,
04:01et que toute la sphère trumpiste
04:04est sur les starting blocks
04:06pour faire du business avec la Russie.
04:08Les grandes sociétés comme ExxonMobil, par exemple,
04:11attendent d'avoir des concessions dans le nord de la Russie
04:13pour exploiter les hydrocarbures.
04:16Et ça, c'est ce qui l'intéresse,
04:17et quel que soit l'agacement qu'il éprouve
04:19à l'égard de Poutine,
04:20qui continue de bombarder,
04:21il a dit, il commence à m'agacer,
04:22il exagère un peu, etc.
04:23Je pense qu'il ne rompera pas, en effet,
04:27avec Poutine,
04:27et qu'il poursuivra ses objectifs
04:29dans le domaine économique.
04:30Claude Blanche-Maison,
04:32monsieur l'ambassadeur,
04:32vous qui connaissez bien sûr bien la Russie,
04:34pourriez vous avoir été ambassadeur de la France là-bas,
04:36quel est, selon vous,
04:36l'état d'esprit des Russes
04:38trois ans après le début de la guerre ?
04:40C'est difficile à savoir,
04:41parce qu'effectivement...
04:43Stop ou encore pour eux ?
04:44Officiellement, ils ne peuvent rien dire,
04:46sinon ils sont sanctionnés.
04:48Ceux que l'on connaît,
04:49et que l'on voit en dehors de la Russie,
04:52il y en a qui passent de temps en temps en Europe,
04:56et même à Paris,
04:57ils disent que ça suffit comme ça,
04:59que cette guerre va mettre l'économie russe à genoux,
05:04et d'autres que je n'ai pas vus,
05:05soyons clairs,
05:07le disent en soto voce,
05:09par exemple la gouverneure de la Banque Centrale de Russie,
05:13Madame Nabioulina,
05:15qui est la personne qui a négocié l'entrée de la Russie
05:18à l'Organisation Mondiale du Commerce,
05:20pendant 12 ans,
05:21donc c'est quelqu'un qui,
05:22sur le plan économique,
05:23a montré son savoir-faire,
05:25et bien elle est très inquiète.
05:27Alors, Poutine lui dit de baisser ses sauts d'intérêt,
05:30elle a été obligée de les baisser de 22 à 20%,
05:32puis à 18%,
05:33elle ne peut pas les baisser plus bas.
05:35Mais de toute façon, 18%,
05:36ça veut dire que le système bancaire ne fonctionne plus.
05:39Le patron du complexe militaro-industriel lui-même,
05:42qui est un des très proches de Poutine,
05:44puisqu'ils habitaient dans la même maison,
05:46au même étage,
05:47à Dresde,
05:48quand ils étaient tous les deux KGB à Dresde,
05:50en Allemagne de l'Est,
05:52lui-même est inquiet,
05:53parce qu'il gère un énorme morceau de l'économie russe,
05:57le complexe militaro-industriel,
05:59et qu'il voit bien que ça ne peut pas durer comme ça,
06:01que dans un an,
06:02il y aura probablement un gros, gros problème économique.
06:05Donc, il est probable que ces gens
06:08essaient d'influer sur Poutine,
06:10qui ne veut rien savoir,
06:11qui veut continuer sa guerre,
06:13pour gagner le maximum de terrain,
06:15mais moi, je pense qu'effectivement,
06:17d'ici l'année prochaine,
06:18il sera amené à composer,
06:20et à rechercher un compromis.
06:22On le voit se dessiner,
06:23parce que quand même,
06:24beaucoup de choses ont été dites
06:25autour de la réunion
06:26qui a eu lieu en bilatéral,
06:30avec Poutine,
06:31et autour de la réunion
06:32qui a eu lieu ensuite
06:32à la Maison-Blanche.
06:34On a actuellement une guerre
06:36qui coûte, comme vous le dites,
06:37beaucoup, beaucoup à l'économie russe,
06:38qui est impactée par des gros paquets de sanctions,
06:40qui a du mal à commercer
06:41comme elle le voudrait.
06:43Moi, j'aimerais aussi revenir
06:44sur le prix de la vie de ces soldats.
06:46Hier, Alexandre Melnik,
06:48diplomate soviétique,
06:49était ici dans ce studio,
06:50et il nous expliquait que,
06:52dans cette guerre,
06:52le prix de la vie des soldats russes
06:54n'est pas forcément le même
06:55que nous pourrions avoir
06:55chez nous en Europe.
06:57Est-ce que vous partagez ce regard,
06:58vous qui connaissez aussi
06:59les Russes de l'intérieur ?
07:00Alors, effectivement,
07:02l'expression est ambiguë,
07:03le prix de la vie d'un soldat,
07:05parce qu'il se trouve
07:06qu'il y a une économie de la mort
07:08qui existe maintenant en Russie,
07:10c'est-à-dire que,
07:11lorsqu'une famille a un parent,
07:14un frère, un fils qui meurt,
07:17eh bien, il y a une compensation financière
07:18importante de la part de l'État.
07:21Mais l'argent, a priori,
07:22parfois tarde à venir aussi.
07:23C'est épouvantable à dire,
07:24mais on achète la voiture
07:25avec la prime qui a été reçue
07:27parce que le frère ou le mari est mort.
07:31Donc, effectivement,
07:32chez les gens, disons,
07:34de conditions modestes,
07:35finalement, ça permet
07:37d'accepter l'inacceptable.
07:40Et c'est ça qui est en train
07:41de se passer.
07:42Quant à ceux qui ont conscience
07:43des méfaits,
07:45des conséquences graves
07:47de cette guerre sur la Russie,
07:49soit ils se taisent,
07:51soit ils sont partis à l'étranger.
07:52Et c'est ce qui se passe
07:54pour la plupart des oligarques.
07:55Les plus courageux,
07:58les plus critiques sont partis.
08:01Les artistes, c'est la même chose.
08:03Et puis,
08:04ceux qui, pour des raisons diverses,
08:06soit parce qu'ils voulaient garder leur poste,
08:07soit parce qu'ils avaient peur
08:09pour leur argent ou leur famille,
08:11eh bien, ils sont restés,
08:11mais ils se taisent.
08:1320h21, Europe 1 sur week-end,
08:14nous sommes en compagnie
08:15de cet ancien ambassadeur de France en Russie,
08:17Claude Blanchemaison.
08:18D'ailleurs, à la fin de notre entretien,
08:19on aura l'occasion de parler
08:20de votre livre
08:21« Fragments d'un parcours aventureux »
08:22aux éditions Temporis.
08:24Monsieur l'ambassadeur,
08:25Sergei Lavrov accuse les pays occidentaux
08:27de chercher à empêcher
08:28les négociations de paix
08:29pour le ministre russe
08:30des Affaires étrangères
08:31quand les pays occidentaux
08:32menacent de sanctionner la Russie.
08:34S'il n'y a pas de négociations,
08:35cela est pour le chef
08:36de la diplomatie russe
08:37une tentative de violation
08:38du processus lancé
08:39par les présidents Poutine et Trump.
08:41C'est juste de la communication
08:43où il y a vraiment un fond
08:44ou c'est encore une fois
08:44utiliser un prétexte
08:46pour pouvoir faire
08:46et capoter les négociations ?
08:48Alors Lavrov, il fait son métier,
08:49c'est en effet
08:50le plus chevronné
08:51des diplomates russes
08:53et même soviétiques
08:54qui a passé 10 ans
08:56comme représentant permanent
08:56à l'ONU,
08:58donc aux Etats-Unis,
09:00il connaît parfaitement
09:00les Etats-Unis.
09:02Je ne suis pas sûr
09:02qu'au départ
09:03il était très chaud
09:03pour cette guerre en Ukraine,
09:06il trouvait probablement
09:06que ce n'était pas une bonne idée
09:07mais il a accepté
09:08donc qu'il défend
09:08et maintenant effectivement
09:10pied à pied
09:10il défend la position de Poutine.
09:12Donc il dit
09:13qu'il n'est pas acceptable
09:14que les occidentaux
09:15envisagent de mettre des troupes
09:17par exemple françaises
09:18et britanniques
09:18pour assurer ensuite,
09:20pour réassurer l'Ukraine libre,
09:23disons,
09:23la partie non occupée
09:24de l'Ukraine
09:25contre une nouvelle attaque russe.
09:28Il dit que c'est
09:28totalement inacceptable
09:29et que de toute façon
09:29les questions de sécurité
09:31en Europe,
09:32eh bien la Russie
09:32doit en discuter.
09:34Il a même fait savoir
09:36que les Chinois
09:37étaient aussi intéressés
09:38par le sujet.
09:39Ce sujet va être bien sûr
09:41discuté dans 8 jours
09:42à Pékin
09:42puisque vous le savez
09:43le 3 septembre
09:45il va y avoir
09:45un très grand défilé
09:46à Pékin
09:47pour fêter
09:47le 80e anniversaire
09:49de la victoire
09:50dans la Deuxième Guerre mondiale
09:52en Asie
09:52sur les Japonais.
09:54Monsieur l'ambassadeur,
09:55justement,
09:55alors si actuellement
09:57la Russie
09:58n'est pas forcément
09:59très d'accord
09:59avec ce que peut proposer
10:01comme protocole
10:02les Européens
10:03pour la défense,
10:04elle pourrait accepter quoi ?
10:06Elle pourrait aller jusqu'où ?
10:08Alors je pense
10:09que sur le plan territorial
10:10on voit quand même
10:11le compromis se décider
10:12même si,
10:13et c'est complètement normal
10:14puisqu'aujourd'hui
10:15c'était la fête nationale,
10:16la fête de l'indépendance
10:17en Ukraine,
10:19par conséquent
10:19M. Zelensky
10:20a rappelé la position
10:21c'est-à-dire que l'Ukraine
10:22défend et défendra toujours
10:24son intégrité territoriale.
10:26Il n'est pas question
10:27de céder des territoires.
10:27Mais,
10:29il a dit à d'autres moments
10:30et il dira probablement
10:31à d'autres jours
10:32que le jour très solennel
10:34de l'indépendance
10:35qu'il faut être réaliste
10:36qu'il y a des territoires
10:37qui dans les médias
10:38ne peuvent pas être conquis
10:39par les Ukrainiens
10:41et qu'il faudra reconnaître
10:42qu'ils sont administrés
10:43temporairement par la Russie.
10:45C'est le cas de la Crimée,
10:47c'est le cas
10:47de deux oblastes du Donbass
10:50sauf une enclave
10:51qui est contrôlée
10:52par les Ukrainiens
10:53et que les Russes
10:54réclament avec beaucoup
10:55d'insistance
10:55et sauf également
10:57le sud des deux oblastes
11:00de Zaporizhia
11:01et de Kherson
11:02qui sont contrôlés
11:04par la Russie
11:05pour assurer à la Russie
11:06un couloir terrestre
11:07de communication
11:08avec la Crimée
11:10puisque dans le fond
11:11même la Russie
11:11n'a pas tout à fait confiance
11:13dans son pont de Kersh
11:14pour relier la Russie
11:16territoire principal
11:17avec la Crimée.
11:19Donc ils veulent
11:20le sud de ces deux oblastes
11:21mais on a compris
11:23de ce qui s'est dit
11:24en Alaska
11:26qu'ils étaient prêts
11:28à abandonner
11:29la revendication
11:29sur le reste
11:30de ces deux oblastes
11:31bien qu'ils les aient inscrits
11:32dans la Constitution russe
11:33comme faisant partie
11:34du territoire russe.
11:36Alors c'est un début
11:37non pas de concession
11:38évidemment
11:39puisque ce territoire
11:39ne leur appartient pas
11:40mais de diminution
11:42dans le niveau
11:43de leurs demandes
11:44excessives
11:45bien entendu
11:46sur le plan territorial
11:47et par conséquent
11:48l'amorce peut-être
11:50de ce qui sera
11:51plus tard une négociation
11:52mais effectivement
11:53la négociation
11:54il n'y a pas du tout
11:55de négociation
11:56c'est juste
11:56il y a des signaux
11:57qui sont envoyés
11:58et il y a probablement
11:59des négociations
12:00des contacts
12:01plus ou moins secrets
12:01cette réunion bilatérale
12:02qui est souhaitée
12:03par Zelensky
12:03est potentiellement possible ?
12:05Elle est morte
12:06parce que Poutine
12:06lui a dit
12:07viens donc me voir
12:09au Kremlin
12:09ce qui équivaut
12:10à convoquer Zelensky
12:13à venir à genoux
12:14monter les marches
12:14du Kremlin
12:15et à faire acte
12:16d'allégeance
12:16c'est ça que ça veut dire
12:18donc évidemment
12:18c'est exclu
12:19en proposant ça
12:20il est à tuer
12:21la réunion
12:21dont il ne voulait pas
12:22d'ailleurs
12:22avec Zelensky
12:24donc pour le moment
12:24il n'y en aura pas
12:25est-ce qu'il y aura
12:25une réunion trilatérale
12:26avec Trump ?
12:27c'est possible
12:28si Trump insiste
12:29j'en doute
12:29parce que son résultat
12:30sera probablement
12:31négatif
12:32sera probablement
12:33un résultat conflictuel
12:34mais il y a des contacts
12:36qui existent quand même
12:37par des moyens
12:38un peu informels
12:39et sur le plan
12:40territorial
12:41on voit bien
12:41finalement
12:43peut-être un compromis
12:44se dessiner
12:45mais personne
12:46ne veut discuter
12:47comment on fait
12:49le cessez-le-feu
12:50sur quelle ligne
12:52d'abord
12:52ça sera probablement
12:53sur la ligne de front
12:54au moment où le cessez-le-feu
12:56sera décrété
12:57mais qui gère
12:59le cessez-le-feu
12:59qui le contrôle
13:00quel organisme
13:01ou quelle troupe neutre
13:02le contrôle
13:03comme on fait pour tout cessez-le-feu
13:04et là personne
13:05ne veut en parler
13:06et c'est sûrement pas
13:07les troupes
13:08de réassurance occidentale
13:09qui ne sont pas faites
13:10pour être au contact
13:11des troupes russes
13:12mais qui sont faites
13:12pour être en arrière
13:13pour défendre à long terme
13:14des grandes villes
13:15de l'Ukraine
13:16Monsieur l'ambassadeur
13:17j'en reviens à Sergei Lavrov
13:18le processus de paix
13:19pour lui lancé
13:19par les présidents
13:20Poutine et Trump
13:21affiche de très bons résultats
13:22il pense à quoi
13:23à votre avis
13:23quand il dit ça ?
13:26Bah parce que
13:27parce que pour l'instant
13:28ça n'avance pas
13:29pour l'opinion public
13:30international
13:30ça avance peu
13:31Poutine a obtenu
13:32ce qu'il voulait
13:32à court terme
13:33c'est-à-dire
13:33pas d'exigence
13:35de cessez-le-feu
13:36pas de sanctions
13:36terribles
13:37parce qu'il n'acceptait pas
13:38le cessez-le-feu
13:39inconditionnel
13:40et qu'il peut continuer
13:42pour le moment
13:42ces combats
13:43et donc probablement
13:44l'un et l'autre
13:45Poutine et Lavrov
13:46vont continuer
13:46des manœuvres diplomatiques
13:48peut-être même
13:48un autre sommet bilatéral
13:49pourquoi pas
13:50toujours pour gagner du temps
13:51ils veulent gagner du temps
13:53jusqu'à ce que
13:54la situation
13:55les oblige
13:56à peut-être
13:58à composer
13:58Et ça en termes
13:58de temporalité
13:59vous pensez que ce temps
14:00qui va pouvoir être gagné
14:01on parle de semaines
14:01ou de mois
14:02ou même plus ?
14:036 mois, un an
14:03D'accord
14:04donc l'ultimatum lancé
14:05par Donald Trump
14:06jusqu'ici
14:06quelque part
14:07il est mort dans l'œuf
14:08Oui alors
14:09effectivement
14:10d'ailleurs
14:10Donald Trump
14:11a bien annoncé la couleur
14:12il a dit que maintenant
14:13c'était aux Européens
14:14de faire le job
14:15et que bien sûr
14:17il le ferait
14:18dans sa magnanimité
14:19il accepte
14:20que ce soit
14:21avec des armes américaines
14:22à condition
14:22que les Européens
14:23les paient
14:24Claude Blanche Maison
14:25ancien ambassadeur de France
14:26en Russie
14:26et notre invité
14:27ce soir dans
14:27Europe 1 soir week-end
14:28Georges Fenech
14:29veut vous poser une question
14:30Oui j'entends
14:31ce que vous dites
14:31monsieur l'ambassadeur
14:32sur des signaux
14:33dites-vous
14:34qui peuvent espérer
14:36des compromis
14:37mais en fait
14:37ces compromis
14:38c'est quoi ?
14:39C'est une capitulation
14:40disons les choses
14:41comme elles sont
14:41c'est-à-dire
14:42je laisse effectivement
14:43les oblastes
14:44qui ont été conquis
14:45militairement
14:46territoriellement
14:48au moins 80%
14:49qui sont gérées
14:49et administrées
14:50par la Russie
14:51et la Crimée
14:52bien entendu
14:52c'est une capitulation
14:54c'est un compromis
14:55en fait
14:56c'est un constat
14:58de fait
14:59que les Russes
15:00ne se retireront pas
15:02de ces territoires
15:03donc il est peut-être
15:04d'ailleurs même souhaitable
15:05qu'on arrive
15:05sans oublier
15:06que c'est la Russie
15:07qui est l'agresseur
15:08dans cette affaire
15:08à une telle décision
15:11pour arrêter la guerre
15:12alors vous avez raison
15:14la Russie étant l'agresseur
15:16en effet tout compromis
15:17est peut-être considéré
15:19comme contraire
15:20au droit international
15:21il n'est pas contraire
15:22au droit international
15:22simplement
15:23il y a les réalités
15:24de la guerre
15:25et les réalités
15:25de la guerre
15:26c'est que
15:26au mois de février
15:27on en sera
15:27quatre ans de guerre
15:28à des milliers de morts
15:30on ne sait pas combien
15:30puisque ni d'un côté
15:31ni de l'autre
15:31on ne déclare
15:32le nombre de morts
15:33mais il y en a beaucoup
15:34et qu'il y aura
15:36cette lassitude
15:37et probablement
15:38ces problèmes économiques
15:39aussi du côté de la Russie
15:40qui pousseront
15:40au compromis
15:41et le compromis
15:42ça sera probablement
15:42à cesser le feu
15:43encore une fois
15:44sur la ligne de contact
15:45des troupes
15:46cesser le feu
15:47qui à mon avis
15:48devra à ce moment là
15:49faire appel
15:50à une confirmation
15:51par le conseil de sécurité
15:53pour être sûr
15:53que Poutine est sérieux
15:54ça ne donne pas
15:55une assurance
15:56tout risque
15:56mais ça renforce
15:57quand même
15:58un petit peu
15:58le cesser le feu
15:59s'il y a un vote
16:00au conseil de sécurité
16:01puisqu'il aura accepté
16:02en négociant
16:03le cesser le feu
16:04il peut accepter
16:04une résolution
16:05au conseil de sécurité
16:06qui pourrait par là même
16:07décider
16:08quelles sont
16:09les troupes
16:10ou l'organisation neutre
16:11qui pourraient gérer
16:12ce cesser le feu
16:13et puis du côté
16:14de l'Ukraine libre
16:14donc ce qui resterait
16:15de l'Ukraine
16:16qui
16:16et bien effectivement
16:18il faut qu'elle ait
16:19des garanties de sécurité
16:20venant des pays occidentaux
16:21et ça la Russie
16:22devrait bien l'accepter
16:22Merci beaucoup
16:24Claude Blanche Maison
16:25ancien ambassadeur de France
16:26en Russie
16:26un petit mot encore
16:27sur votre livre
16:28Fragments d'un parcours
16:29aventuré aux éditions
16:30Temporis
16:31alors c'est un parcours
16:32par rapport à votre vie
16:33de diplomate
16:33donc rapidement
16:34est-ce qu'on peut en avoir
16:35un petit extrait
16:36là si j'ouvre les premières pages
16:38je tombe sur quoi ?
16:39Pas seulement la vie de diplomate
16:41parce que ça commence
16:41là où je suis né
16:42c'est-à-dire dans la petite ville
16:44de Loche
16:44où à l'époque
16:45on n'avait jamais entendu
16:46parler d'un diplomate
16:47bon
16:47il se trouve qu'aujourd'hui
16:49il y a à Loche
16:49une exposition amusante
16:51d'un officier de marine
16:53qui est né
16:54un siècle avant moi
16:55à Loche
16:55et qui a découvert
16:56les ruines d'Ankhor
16:57figurez-vous
16:58voilà pour la petite histoire
17:00et pour le premier chapitre
17:01et puis pour le reste
17:01effectivement
17:02il y a des chapitres
17:03plus ou moins fleuris
17:04probablement que
17:05celui dans lequel
17:06j'ai le plus investi
17:07est celui sur
17:08mon séjour de 4 années
17:10au Vietnam
17:10ça s'appelle
17:11Fragment d'un parcours aventureux
17:12et c'est aux éditions Temporis
17:14merci beaucoup
17:15Claude Blanche-Maison
17:16ancien ambassadeur de France
17:17en Russie
17:18j'y moins avant
17:19la conférence de presse
17:20de François Hébert
17:20sur son projet de budget
17:21pour la France
17:22la rentrée s'annonce
17:23très harde
17:24pour notre premier ministre
17:25on en parle juste
17:26après les infos
17:26de la France
17:28on en parle de la France

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