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  • il y a 1 an

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00:0013h15, Europe 1 Info.
00:03Avec Kéli Mathias sur Europe 1, il est 13h16, Kéli, l'heure d'accueillir vos deux chroniqueurs du jour pour décrypter l'actualité de ce lundi 8 septembre.
00:10Avec vous aujourd'hui le journaliste Yvon Riouffol et le chroniqueur politique Jean-Claude Dacier.
00:14Et bienvenue à vous deux, ravis de vous retrouver.
00:16Ravis également.
00:17Très content, très heureux d'être là.
00:19On va beaucoup parler de politique forcément puisque François Bayrou va monter à la tribune à 15h pour essayer de défendre sa stratégie.
00:26On va en parler d'ailleurs du cas, on va commencer par ça.
00:28Le cas, François Bayrou, Dieu sait qu'il l'a voulu quand même arriver à Matignon depuis des années.
00:34Il avait même tordu le bras du président de la République, c'était en décembre dernier.
00:38Et finalement, neuf mois après, une chute, j'allais dire.
00:42Est-ce qu'on peut déjà dire que c'est une chute ? Ça se passe dans quelques heures.
00:45Mais projetons-nous un peu.
00:47Je voudrais vous faire écouter Richard Ramos, député Modem du Loiret, son parti donc.
00:51Et il a défendu coup de coup de coup de la stratégie de François Bayrou.
00:55Il était chez nos confrères de France Info ce matin.
00:56Chez François Bayrou, il y a quelque chose de sacrificiel, mais ça doit être le côté démocrate chrétien.
01:01Il faut se flageller un peu.
01:02Il aime être tout seul contre tous, François Bayrou.
01:04Voilà, c'est dans sa nature.
01:06Tout seul contre tout le monde.
01:08Et ça, c'est quelque chose qui est jubilatoire chez lui.
01:10Donc oui, c'est sacrificiel, mais il le fait dans l'intérêt du pays.
01:13C'est-à-dire qu'on doit lui reconnaître aussi qu'il sacrifie quelque part un petit poste
01:18sur quelque chose qui dénonce depuis 2007 qu'est la dette française,
01:21c'est-à-dire ce cancer qui fait qu'on ne pourra pas relever ce pays-là sans relever la tête sur la dette.
01:28Et là, François Bayrou, d'un point de vue sacrificiel, il dit aux Français, je vous prends au mot.
01:32Et pourquoi je vous prends au mot ? Parce que je préfère perdre mon poste,
01:36mais mettre la dette devant, je dirais, la responsabilité des hommes politiques.
01:39Yvan Rioufol, ce sacrifice restera-t-il dans les livres d'histoire ?
01:44Saint Bayrou, priez pour nous.
01:46Moi, je vois dans cette attitude sacrificielle, si je retiens cette interprétation,
01:50un péché d'orgueil.
01:51Le péché d'orgueil qui avait été celui du président de la République il y a un an,
01:55enfin en mai 2024, qui lui aussi était persuadé en dissolvant l'Assemblée nationale
02:00de pouvoir se refaire une autorité à travers un plébiscite qu'il attendait
02:06ou de la part des Français, en tout cas, qui lui aurait donné une majorité.
02:10Je pense qu'il a fait ce même raisonnement, complètement déconnecté des faits,
02:14complètement déconnecté de la réalité.
02:15Ce sont deux hommes qui vivent dans un autre monde, me semble-t-il,
02:18et qui tous les deux sont persuadés, effectivement, d'incarner une vérité, dans le fond,
02:25et Bayrou est persuadé d'incarner lui seul la vérité d'un lanceur d'alerte sur l'endettement,
02:29alors que cela fait maintenant 50 ans, 40 ans, que beaucoup d'entre nous et d'autres
02:35crient à la folie sur cet endettement-là.
02:38Et donc, je crois qu'en effet, ces deux hommes-là sont en train d'acter d'abord leur échec,
02:42l'échec du centrisme pour Bayrou, l'échec du macronisme pour Macron,
02:48et l'échec d'un système politique en règle générale.
02:50Vous savez qu'on a eu l'heure maintenant de débat, dans Opinfo.
02:53Ah oui, mais j'ai bien résumé au tout début, je déclinerai ensuite.
02:55Vous avez très très bien résumé, c'est parfait en une phrase.
02:58Je déclinerai pas moi-même.
02:59Voilà, vous avez fait un tease, donc, pour tout l'ensemble de l'émission.
03:02Jean-Claude Dessier, est-ce que vous êtes d'accord avec Yvan Riuffol,
03:06c'est-à-dire que François Bayrou, on s'intéressera au cas Emmanuel Macron après,
03:10c'est un péché d'orgueil qui l'amène à 15h à prononcer ce discours de politique générale
03:15et d'engager sa responsabilité.
03:17M. Ramos, ce qu'on écoutait tout à l'heure, député du Loiret,
03:20est plus à même de bien connaître la personnalité de M. Burrou que moi.
03:25C'est pour ça que je vous l'ai fait écouter.
03:26Mais, bon, moi, le fautif initial, c'est pas François Bayrou.
03:33Il s'est imposé dans des conditions que l'on connaît ou que l'on croit connaître.
03:37Bon, je pense que Macron n'en voulait pas dans un premier temps.
03:42Néanmoins, ils ont tous les deux partis liés depuis longtemps.
03:45Bérou est un homme qui a toujours apprécié ce qu'il y avait de bien à droite,
03:51ce qu'il y avait de bien à gauche, qui est à mon avis un non-sens politique.
03:54C'est l'explication philosophique du centre.
03:57Essayer de prendre à droite, c'est de prendre à gauche.
03:59Et quand il a vu arriver Macron, il a considéré que son heure était enfin arrivée.
04:04Comme elle tardait un peu, il a fini par s'imposer aux yeux du président de la République.
04:07Mais pour moi, pardonnez-moi, le principal responsable de la situation gravissime
04:13dans laquelle nous nous trouvons, c'est le président de la République.
04:17C'est lui qui a dissous sur un espèce de...
04:21Personne n'est capable d'expliquer raisonnablement pourquoi il s'est mis dans la tête le soir des Européennes,
04:26quasiment de dissous.
04:27Alors, on lui a prêté des tas de circonstances aggravantes.
04:33Néanmoins, on est à la veille de quoi maintenant ?
04:36Quand je dis à la veille, on est dans une crise politique.
04:41On va en avoir un épisode.
04:42Une crise parlementaire ou une crise de régime ?
04:43Crise politique d'abord.
04:45Parce qu'Emmanuel Macron se défend et dit que c'est une crise parlementaire.
04:48Il renvoie la responsabilité sur les députés.
04:50Crise politique d'abord.
04:51Crise sociale de 10.
04:53Et le 18.
04:53Et le 18.
04:54C'est au programme, ne vous inquiétez pas.
04:55J'ai pas fini.
04:56Et crise financière, on y est depuis un certain temps.
04:59Ça s'est aggravé grâce à M. Macron.
05:01De mille et quelques milliards, on n'en est plus à sa près.
05:04Mais, donc, globalement, merci M. le Président de la République.
05:08Vous allez essayer de nous trouver dans les mois et dans les années qui viennent.
05:11J'imagine de quoi essayer de vous justifier.
05:14C'est inexplicable et incompréhensible.
05:16Certes, Macron, certes, Bérou a fait des erreurs de méthode.
05:20Je vois pas ce qu'il est allé chercher la confiance de l'Assemblée nationale avec ce fameux 49-1.
05:25Il n'avait rien à faire là.
05:26Il aurait mieux fait de se battre pour essayer de faire passer son budget.
05:28On est d'accord.
05:29Mais néanmoins, le principal responsable, je dirais même le quasi unique responsable de la crise,
05:35de régime dans lequel nous entrons, c'est le Président de la République.
05:38Alors, Yvan Rieffol, je reviens sur ce que Jean-Claude Gassier vient de dire au sujet du centrisme,
05:43du en même temps, finalement, d'Emmanuel Macron.
05:45Je ne sais pas si vous avez ouvert l'opinion aujourd'hui.
05:47Le journal dit que le socle commun est une chimère, finalement.
05:50Est-ce que là, aujourd'hui, ce qui se passe à l'Assemblée nationale
05:53va acter la fin, peut-être, du socle commun ?
05:56Qu'en pensez-vous ?
05:57Bien sûr.
05:57Donc, le socle commun du PS à LR, en gros, ce qui avait été théorisé.
06:00C'est pour ça que je disais, en préalable, que nous assistons là,
06:02à la fin du macronisme qui, lui-même, avait cautionné,
06:05à travers le en même temps théorisé par Emmanuel Macron,
06:08avait cautionné ce centrisme qui était celui,
06:11le centrisme révolutionnaire qui était celui de François Bayrou,
06:14et qui était également le cœur du bloc central.
06:18En effet, c'est tout ce système-là qui s'effondre,
06:21mais c'est un système qui dépasse, me semble-t-il,
06:23le système qui avait été imposé par Emmanuel Macron.
06:26C'est un système qui est en place depuis maintenant 50 ans.
06:28C'est pour ça que ce n'est pas simplement une crise politique.
06:31Ce n'est pas simplement une crise de régime,
06:32dans la mesure où, maintenant, on demande même la démission du président de la République.
06:36C'est une crise de système.
06:37Et je pense que c'est même la crise de la Vème République.
06:39C'est ce que j'allais venir.
06:40Donc, en fait, il faut changer de constitution pour vous.
06:42Moi, je pense, mais c'est un débat.
06:44Je pense que la Vème République...
06:46Alors, on va vous entendre après, vous me direz pourquoi vous n'êtes pas d'accord.
06:48La Vème République ne correspond plus, maintenant, à l'univers politique.
06:52Il y a trop de petits hommes pour un régime qui réclamait des grands hommes.
06:56Je pense que la Vème République s'était effondrée sur la crise algérienne.
06:59Je pense que la Vème République va s'effondrer sur la crise de l'endettement
07:03et sur les non-dits, notamment sur l'immigration de peuplement.
07:06Je pense que c'est tout ça que nous payons.
07:07Et pour résumer, nous assistons,
07:09et ça, je vais peut-être revenir sur cette antienne que je développe depuis longtemps,
07:13à une révolution du réel, une révolution des réalités,
07:17qui oblige maintenant tous ceux qui se sont gobergés de grands maux ou d'utopie
07:21depuis 50 ans à regarder les faits et à accepter leurs faillites.
07:25Donc, je pense que ce sont des faillites que l'on voit là.
07:27Jean-Claude Dacier, pourquoi vous n'êtes pas d'accord avec l'analyse d'Ivan Ayoufolle ?
07:30Je veux bien qu'on met tout sur le compte de la Vème République.
07:33Je veux bien l'admettre...
07:34Non, pas de la Vème, du personnel de la Vème République.
07:36La Vème était très, très bien.
07:38Enfin, avec De Gaulle, ça a bien marché.
07:40Avec Pompidou, ça a super bien marché.
07:44On aurait hélas dû essayer de préserver sa santé
07:47et de lui souhaiter une longue vie.
07:49Ça n'a hélas pas été le cas.
07:51Giscard a été plein de défauts de posture.
07:54Mais néanmoins, il a rendu des budgets à l'équilibre.
07:57C'est après que ça s'est complètement dégradé.
08:01Et là, c'est la faiblesse.
08:02C'est la lâcheté des hommes politiques.
08:04La Vème République n'a rien à y voir.
08:06Maintenant, je vous entends.
08:07Je vous entends que vous voulez parler.
08:09Vous voulez partir avec Mélenchon sur la VIème République.
08:12Moi, je n'en suis pas.
08:14Une VIème République ?
08:15Pourquoi pas une VIème République ?
08:17Mais pas la VIème République de Mélenchon.
08:18Je pense qu'il faut maintenant admettre
08:20qu'il y a une crise de la démocratie,
08:22une crise de la démocratie représentative,
08:24qu'il faut à tout le moins remettre de la proportionnelle
08:26dans toutes les élections.
08:27Ce que ne veulent pas ni la droite ni la gauche
08:28parce que ça ferait venir le Rassemblement National.
08:30Et il me semble en effet que le personnel politique actuel,
08:33à travers une crise collective de l'intelligence,
08:35politique, ne correspond plus à l'envergure
08:40des pouvoirs qui sont donnés par la 5ème.
08:41Oui, on a compris ce que vous voulez dire.
08:42En tout cas, c'est étonnant que vous parliez de la proportionnelle
08:44puisque c'était quand même un des fers de lance
08:45depuis longtemps de François Bayrou.
08:47Et au final, il a échoué sur ce point.
08:48Il a échoué François Bayrou sur ses propositions.
08:50Écoutez, Mathilde Panot,
08:51sur le défi des députés LFI,
08:52elle demande, elle, le départ d'Emmanuel Macron.
08:54Elle a annoncé déposer une motion de destitution.
08:57Elle était sur LCI ce matin.
08:59Ce que je veux surtout dire à François Bayrou,
09:01c'est que nous ne sommes pas seulement
09:03en train de faire partir une personne,
09:07mais nous voulons changer de politique
09:08et donc un changement de politique.
09:10Et cela implique le départ du président de la République.
09:13Et pour cela, il faut une présidentielle anticipée.
09:15C'est ce que nous demandons.
09:17Quand vous avez un président de la République
09:18qui refuse de reconnaître le résultat des urnes,
09:21qui refuse d'appeler au pouvoir le programme
09:23qui a gagné les élections législatives
09:25et qui continue coûte que coûte sa politique,
09:28alors le problème, c'est lui.
09:29Et donc, il doit partir.
09:30C'est ce que nous demanderons
09:31avec une motion de destitution
09:33que nous déposerons demain.
09:34Jean-Claude Dessier,
09:35est-ce que ce serait une solution pour vous ?
09:38On est sur un problème de personnalisation
09:41du président de la République.
09:43C'est vrai.
09:43C'est quelqu'un de la cinquième.
09:44C'est vrai.
09:44Non, ce n'est pas seulement la cinquième.
09:46C'est vrai que le président
09:48n'a plus d'opposants.
09:52Il n'a plus d'opposition réelle et supposée.
09:55Il en a eu une à l'Assemblée nationale
09:56mais qui est un peu vaine
09:57parce qu'il n'y a pas de majorité.
09:58Donc, il n'y a pas non plus d'opposition forte
10:00à l'Assemblée nationale.
10:02Et c'est vrai que Macron a beaucoup,
10:04si j'osais dire, je dirais déconné.
10:06Il a fait beaucoup d'erreurs.
10:08L'endettement qu'il a enclenché
10:12est inexplicable à ce niveau-là.
10:15Et il a fait bien pire.
10:16Il a perdu les pédales, notre ami Macron.
10:19Oh, quand vous y allez, là.
10:20Mais j'y vais comme ça.
10:21Oui, j'y vais clairement.
10:22Parce que, honnêtement,
10:23je l'ai dit l'autre jour sur CNew,
10:26je vais vous le répéter,
10:27vous avez beaucoup de présidents de la République
10:29qu'on donnait des indemnités
10:32à ceux qui avaient des chaussures abîmées
10:35ou des accros à leur chemise
10:39ou à leur cravate.
10:40C'est dans le budget.
10:41C'était dans le budget de l'année dernière.
10:43Il a perdu le sens commun.
10:47Il est devenu plus socialiste
10:48qu'il ne l'a jamais été.
10:50Hélas, quand on est endetté à 3500 milliards
10:52pour devenir sérieux
10:53et essayer de travailler dans le bon sens.
10:55Pour l'instant, ce n'est pas prouvé.
10:56Restons courtois.
10:57On va continuer notre débat.
10:58Yvan Riaufin, on vous entendra.
10:59Je sais que vous vouliez réagir
11:01à ce que vient de dire Jean-Claude Dacier.
11:02On posera nos questions à Sylvain Maillard.
11:04Il est député ensemble pour la République,
11:06donc le parti du chef de l'État,
11:08député Renaissance de Paris.
11:10Donc, il sera en ligne avec nous.
11:11Restez avec nous.
11:12Il est 13h27.
11:13Vous écoutez Kelly Mathias sur Europe.

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