00:00Enfin, c'est inespéré. Toutes ces années à attendre ce procès ont beaucoup mis le doutes.
00:12Donc pour moi, ça va être une lueur au bout du tunnel et puis le commencement de peut-être la vérité.
00:21La vérité sur la mort de son père, victime d'un arrêt cardiaque lors d'une opération du Rhin en 2008 dans une clinique où exerçait le docteur Péchier.
00:30Ce médecin anesthésiste réanimateur est accusé d'avoir sciemment empoisonné 30 patients, dont 12 sont morts, en moins de 10 ans dans deux cliniques privées de Besançon.
00:41Frédéric Péchier, père de trois enfants, est-il l'un des pires tueurs en série de l'après-guerre ?
00:46Son procès va durer plus de trois mois devant la cour d'assises du Doubs.
00:51C'est un besoin pour moi de savoir, c'est un besoin d'entendre la voix du docteur Péchier.
00:57C'est pour ça que je compte bien assister à la totalité du procès, si je tiens physiquement et psychologiquement, pour justement ne pas louper un seul mot qui sortira de sa bouche.
01:08Jusqu'ici, c'est toujours le même mot qui est sorti de la bouche de Frédéric Péchier, innocent.
01:14Selon lui, la majorité des faits qui lui sont reprochés résultent d'erreurs médicales de ses collègues.
01:19En sept ans d'instruction, les enquêteurs ont étudié plus de 70 cas.
01:23Les 30 retenus pour le procès concernent tous des patients victimes d'arrêts cardiaques en pleine intervention chirurgicale,
01:30pour lesquels aucune explication médicale n'a été trouvée.
01:33Les analyses menées ont permis de révéler dans certains cas la présence anormale de certaines substances, comme par exemple du potassium.
01:40J'avais le sentiment que ce n'était pas normal depuis le début que j'ai appris le décès de mon papa.
01:47Et puis ensuite, les faits étaient là qu'il y avait quand même quelque chose d'anormal, qu'il n'était pas décédé normalement.
01:55Une fois qu'on a connu les résultats de l'autopsie, les substances trouvées dans son corps étaient incohérentes avec les substances qui lui avaient été administrées pendant son opération.
02:05Le docteur Péché est soupçonné d'avoir pollué les poches de perfusion de ses patients pour provoquer des arrêts cardiaques,
02:12afin de démontrer ensuite ses talents de réanimateur, mais aussi pour discréditer des collègues avec lesquels il était en conflit.
02:20Rien à voir avec des euthanasies, selon l'ex-procureur de Besançon, qui avait demandé le renvoi du médecin devant les assises.
02:26Compte tenu de la qualité du ministre d'un examen, un médecin anesthésiste, et au regard de la qualification juridique,
02:32retenu, l'empoisonnement, alors que les victimes potentielles n'étaient pas en fin de vie,
02:39mais étaient des patients majoritairement en bon état de santé général au moment où ils ont été opérés.
02:44Personne anesthésié au fin de réalisation d'une intervention chirurgicale bénigne.
02:49Nous ne sommes absolument pas dans un cas d'euthanasie déguisée.
02:55Seul praticien présent dans les deux cliniques concernées au moment des faits,
02:58le docteur Pêcher est selon les enquêteurs le dénominateur commun entre tous les arrêts cardiaques suspects.
03:04Arrêts suspects qui ont d'ailleurs cessé depuis qu'ils n'exercent plus.
03:08Les expertises psychologiques et psychiatriques n'ont révélé aucune pathologie ou trouble de la personnalité.
03:15Les avocats de l'anesthésiste dénoncent depuis des années un dossier construit à charge
03:19sur de simples hypothèses pour créer un coupable idéal.
03:23Je vous le dis simplement, c'est un dossier, c'est très compliqué, dans lequel on est parti en mars 2017
03:29avant toute investigation sérieuse, avant toute expertise, du principe que c'était Frédéric Pêcher le coupable.
03:36Et la justice n'essaie pas de trouver un coupable dans l'affaire Pêcher.
03:40Elle essaye depuis mars 2017 de démontrer que c'est Frédéric Pêcher le coupable.
03:44Et c'est là où ces dossiers-là sont extrêmement dangereux.
03:47Mise en examen à trois reprises, en mars 2017, mai 2019 et mars 2023,
03:55Frédéric Pêcher est placé sous contrôle judiciaire depuis le début de l'affaire.
03:59Le parquet a demandé plusieurs fois son placement en détention provisoire, en vain.
04:04Aujourd'hui âgé de 53 ans, il comparaît donc libre à son procès.
04:09Face à lui, plus de 150 parties civiles.
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