- il y a 1 an
Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, était l'invité de BFMTV ce dimanche 21 septembre
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00:00Le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, qui nous rejoint à présent pour la suite de BFM dimanche soir.
00:06On va parler avec lui, bien sûr, merci M. l'Ambassadeur, du gouvernement de Sébastien Lecornu,
00:11puisque une rencontre a eu lieu cette semaine.
00:13Je signale, puisque l'image est sur vos écrans, que M. l'Ambassadeur salue Olivier Faure.
00:18Vous allez, bonsoir M. Faure, pouvoir répondre à ce que vient de dire M. l'Ambassadeur.
00:22Absolument.
00:23Il y a quelques instants, on n'avait pas prévu d'attaquer cette interview avec ça,
00:26mais je vais vous donner évidemment la parole en rappelant les faits, les mots qui vous valent aujourd'hui
00:31d'être taxés d'antisémitisme sur ces propos par M. Joshua Zarka qui vient de nous quitter.
00:36C'était il y a quelques jours, vous répondiez sur les réseaux sociaux à un internaute
00:41qui est par ailleurs un ancien porte-parole de l'armée israélienne,
00:44et vous avez écrit, je vais reciter la phrase pour qu'on sache vraiment de quoi on parle.
00:48Citer la sienne d'abord.
00:49Ah, je n'ai pas la sienne, pardon.
00:50C'est dommage, parce qu'en réalité, dans cette affaire, celui qui mélange en fait la fête du nouvel ange juif,
00:56Rosh Hashanah, avec la reconnaissance de l'État palestinien, c'est lui.
01:02Et je ne fais que reprendre ces mots, et ensuite c'est à moi qu'on reproche d'avoir mélangé l'histoire
01:07d'une fête religieuse avec cette reconnaissance.
01:09Votre réponse à vous c'était, tant que vous penserez que vous ne pouvez fêter...
01:12C'est une manipulation que chacun a bien comprise.
01:14Je remets simplement le câble pour ceux qui nous rejoignent, Olivier Faure,
01:16et promis, après, je vous laisse répondre, tant que vous penserez, lui répondez-vous,
01:20que vous ne pouvez fêter le nouvel ange juif et l'an 1 d'un État palestinien,
01:23vous ne s'aimerez que la haine, le désespoir et la mort.
01:26Ce sont des mots qui vous ont valu des critiques très fortes de Jérôme Getsch,
01:29qui est l'un de vos camarades socialistes.
01:31Il a dit que c'était une faute, il a dit qu'il y avait un malaise au Parti socialiste,
01:34et ce soir, donc, l'ambassadeur d'Israël en France vous dit que ce sont des propos antisémites.
01:38Je vous donne donc l'occasion de répondre à ces propos,
01:40et je signale donc que vous êtes serré la main, tout de même, sur ce plateau.
01:43Oui, mais je ne relève, enfin, je vois cette manipulation qui a été très vite installée
01:51avec des gens qui ont cherché à extraire de tout contexte ce que j'avais pu dire.
01:55Le vous ne s'adresse pas, comme je l'ai entendu dans la bouche d'ambassadeur,
01:58à tous les juifs du monde entier, évidemment.
02:00Il s'adresse à cet activiste qui est connu sur les réseaux sociaux
02:04et qui est un ancien porte-parole de Tsaal.
02:06Et c'est à lui qu'il s'adresse ce message, et à lui seulement.
02:09Et le vous s'adressait à lui et non pas aux juifs du monde.
02:11Et donc il n'y a absolument aucune trace d'antisémitisme.
02:14Il n'y a que ceux qui veulent y chercher en matière à dispute
02:17et à décrédibilisation de ce que je peux dire par ailleurs
02:21sur la reconnaissance de l'État palestinien,
02:23qui voilà une trace d'antisémitisme.
02:25Antisémite, je ne le serai jamais.
02:27Et toute ma vie, je me suis battu au contraire,
02:29pour la reconnaissance à la fois d'un État palestinien,
02:31mais aussi pour la sécurité de l'État d'Israël.
02:34Et donc je ne me sens absolument pas concerné par ces attaques.
02:37– Il y a une autre de vos propositions, cette fois-ci,
02:40qui a fait couler pas mal d'encre ces derniers jours.
02:41Vous avez demandé au maire de France
02:43de hisser un drapeau palestinien lundi
02:45à l'occasion de la reconnaissance par la France d'un État palestinien.
02:49Le président du CRIF, Jonathan Arfi,
02:50dit que c'est une surenchère démagogique et clientéliste.
02:53Et il vous reproche, après le 7 octobre,
02:55après le pogrom du 7 octobre,
02:57de ne pas avoir fait la même chose,
02:58de ne pas avoir demandé à l'époque qu'on mette par exemple
03:00un drapeau israélien pour demander,
03:02pour dénoncer d'abord l'horreur de ce qui s'était passé,
03:04et pour demander le retour des otages.
03:07Est-ce que vous l'aviez fait à l'époque le 7 octobre ?
03:09– Mais bien sûr.
03:10– On n'a pas trouvé la trace d'un tel appel, pour être honnête.
03:13– Mais vous pouvez trouver la trace le 9 octobre,
03:16précisément, à l'appel du CRIF.
03:18– C'est pour ça que je vous pose la question.
03:18– À l'appel du CRIF, je suis descendu dans la rue,
03:21manifesté avec celles et ceux qui, évidemment,
03:25réprouvaient cet acte terroriste qui était inadmissible
03:28et qui a été un traumatisme, bien sûr pour le peuple israélien,
03:32mais pour le monde entier.
03:32– Vous n'avez pas demandé à l'époque les drapeaux israéliens.
03:34– Mais on n'a pas eu à reconnaître ce jour-là
03:36l'État israélien que nous avons eu depuis bien longtemps.
03:39Et donc, j'étais en solidarité avec les Israéliens,
03:42j'étais effectivement dans la rue, et j'étais avec le CRIF.
03:45– Ce n'est pas la même chose, descendre dans la rue
03:46et mettre un rapport, la symbolique n'est pas la même.
03:48– Ce qui m'a valu à l'époque, mais ça n'a rien à voir.
03:51Ce jour-là, on manifestait une solidarité
03:53avec un peuple qui avait été traumatisé par un attentat terroriste.
03:56Et je l'ai fait, et j'étais à l'époque déjà critiqué par d'autres
04:00qui disaient « Mais comment se fait-il qu'il défile avec le CRIF ? »
04:02– Je l'ai fait, je l'ai fait sans aucun état d'âme.
04:05Je l'ai fait aussi quand je me suis battu
04:07et quand j'ai manifesté contre l'antisémitisme.
04:10À l'époque, ça m'a valu aussi des critiques.
04:12Et je rappelle que même il y a quelques années,
04:14à un moment où personne ne le faisait,
04:16eh bien quand il a fallu faire en sorte que la France
04:19se lève contre les premières traces du renouveau antisémite,
04:22j'avais appelé à manifester place de la République
04:24et dans toute la France,
04:25et l'ensemble des partis politiques
04:26avaient suivi cet appel à manifester.
04:28Donc je ne me sens en rien concerné
04:31par ces attaques que je trouve indigentes.
04:33La réalité, c'est que nous avons aujourd'hui
04:35un acte historique posé par le chef de l'État.
04:38Je ne suis pas son meilleur supporter,
04:39vous le reconnaîtrez facilement.
04:40– Mais là-dessus, vous lui dites « Bravo » d'avoir eu ce courant.
04:42Je lui dis qu'enfin, la France reconnaît un État palestinien.
04:46Ça servira à quoi ?
04:47Ce que je vois, et ce que vous avez eu comme confirmation ce soir
04:50avec l'ambassadeur d'Israël en France,
04:52c'est qu'il y a aujourd'hui la volonté
04:54de la part du gouvernement israélien
04:57de rendre impossible la solution à deux États.
05:00C'est le nettoyage ethnique sur la bande de Gaza
05:02et c'est la colonisation qui reprend
05:04et qui a une ampleur inconnue jusqu'ici.
05:08Parce que vous avez tout à l'heure cité ce chiffre
05:09de 700 000 colons juifs qui sont déjà sur la droite en Cisjordanie,
05:13mais on sait bien que la volonté…
05:14– Et bien il y a Nathanaïo qui dit « On va accélérer la colonisation ».
05:16– Et qui dit « On va accélérer ».
05:17Et donc l'objectif pour lui, c'est de faire en sorte
05:19que demain ce soit impossible d'avoir deux États
05:21qui coexistent côte à côte en sécurité.
05:23Et ce pourquoi je me bats, c'est précisément
05:26pour qu'on ait à un moment deux États
05:28qui puissent vivre côte à côte,
05:29pour qu'un jour on puisse entendre à nouveau
05:31le chant dans les écoles,
05:33des enfants juifs comme les enfants palestiniens
05:35qui puissent enfin à nouveau vivre en paix
05:38pour que ce soit des enfants qui n'aient pas,
05:40comme aujourd'hui, la rage au ventre,
05:43les uns et les autres.
05:44Pourquoi ?
05:45Parce que quand on a perdu son frère, sa mère,
05:46un de ses parents,
05:49quel est évidemment le premier geste,
05:52le premier réflexe que chacun peut avoir ?
05:55C'est évidemment de venger les siens.
05:56Et moi ce que je veux, c'est qu'à un moment,
05:58ces enfants-là ne vivent plus avec la vengeance au ventre,
06:01mais qu'ils puissent se dire qu'il y a deux États
06:03qui vivent côte à côte en paix et en sécurité.
06:05Je reviens sur votre proposition, votre appel au maire de France,
06:08Olivier Faure.
06:09Bruno Retailleau, le ministre des missionnaires de l'Intérieur,
06:11a demandé à tous les préfets de saisir les tribunaux administratifs
06:15pour s'opposer à ces drapeaux palestiniens
06:18au nom de la neutralité, dit-il, du service public.
06:21Certains arrêtés sont déjà tombés, d'ailleurs.
06:23Dans certaines villes, les maires n'ont pas le droit.
06:25Certains ont d'ailleurs décidé de les maintenir quand même.
06:27Je pense à la maire communiste de Malakoff
06:29qui a dit « moi je maintiens mon drapeau palestinien ».
06:31Est-ce que vous retirez votre proposition ce soir en disant
06:35« elle a créé finalement trop de confusion, trop de désordre »
06:37ou est-ce que vous la maintenez ?
06:39Mais comprenez bien que derrière cette décision prise
06:42par M. Retailleau, ministre des missionnaires,
06:45ce n'est pas le drapeau qu'il conteste.
06:47La réalité, c'est qu'il conteste la décision prise par le chef de l'État.
06:50C'est ça le fond du sujet.
06:51Parce qu'en réalité, lui ne veut pas reconnaître l'État palestinien.
06:54Et donc, le voilà qui cherche à emmener les préfets dans cette affaire.
06:58Je rappelle qu'ils n'ont pas de pouvoir spécifique.
07:01Ils ne peuvent pas interdire le fait que demain matin, on lève le drapeau.
07:05Et ensuite, les tribunaux auront à juger.
07:07Mais un autre tribunal qui devra nous juger, c'est celui de l'histoire.
07:10Et celui-là, il sera sévère avec toutes celles et ceux
07:11qui n'ont pas, à un moment où c'était possible,
07:14adresser le message qui convenait.
07:16Faire en sorte que nous puissions avoir deux États qui puissent coexister.
07:18Et ça, malheureusement, je vois qu'il y a des gens aujourd'hui
07:21qui sont demeurés dans un soutien inconditionnel à l'État d'Israël.
07:25– Et donc, sur cette affaire des drapeaux, vous venez d'écrire à Emmanuel Macron.
07:28– Absolument.
07:29– Lettre rendue publique il y a quelques instants.
07:31Qu'est-ce que vous lui demandez exactement ?
07:32– Je lui demande tout simplement de faire ce que nous avons fait à d'autres époques.
07:34– Pour ceux qui ont de très bons yeux, on voit le courrier sur l'écran.
07:37– Alors, pour ceux qui n'ont pas de très bons yeux,
07:38je dis simplement au président de la République
07:40qu'à d'autres époques, nous avons cherché à solaniser
07:43un acte que la France prend.
07:45Et ce qu'il fera demain est un acte important.
07:48Et donc, au moment où il proclamera à la face du monde
07:51la reconnaissance de l'État de Palestine par la France,
07:56eh bien, nous lèverons le drapeau palestinien en signe de solidarité
08:00avec la décision prise et puis avec le peuple palestinien
08:02qui aujourd'hui vit un génocide.
08:04– Donc, vous demandez l'accord d'Emmanuel Macron
08:06pour mettre des drapeaux lindiques sur les mairies ?
08:07– Je souhaite qu'il rappelle son ministre de l'Intérieur à l'ordre
08:10parce que ça n'est pas tout à fait convenable
08:12d'avoir un ministre de l'Intérieur qui est dans une coalition
08:14avec un président de la République qui devrait quand même être soutenu.
08:18Et je vois bien qu'il y a une espèce de gêne incroyable.
08:21Vous avez des gens qui sont censés soutenir le chef de l'État
08:23et qui sont silencieux, ou quand ils ne le sont pas,
08:26ils condamnent ceux qui soutiennent la position du chef de l'État.
08:29Et je vois que malheureusement, c'est la gauche seule
08:31qui aujourd'hui se bat aux côtés du chef de l'État
08:33pour dire oui, ce geste est un geste important.
08:35Je rappelle que la France, au Parlement en tout cas, en 2014,
08:39avait déjà fait ce choix qui n'avait pas été suivi depuis.
08:42Vous voyez que votre position, en tout cas, elle a troublé,
08:45y compris votre famille politique, y compris le Parti Socialiste.
08:48On a interrogé les Français.
08:49Sondage et lab pour BFMTV, vous allez peut-être apprendre en tout cas ces résultats.
08:54Chez les sympathisants socialistes, 56% hostiles au drapeau sur l'émérique,
08:5944% favorables.
09:01Je vais vous poser la question un peu différemment.
09:02Est-ce que vous faites la course derrière les insoumis ?
09:05– Jean-Luc Mélenchon vous a félicité.
09:07– Mais vous devriez retirer ces questions.
09:08– Jean-Luc Mélenchon vous a félicité, Manon Aubry, ce matin, Olivier Faure.
09:12– Non mais ne ramenez pas ça à un débat étroitement partisan.
09:14– Ce matin, Manon Aubry, député euro-insoumise dans la tribune,
09:18dit « j'ai envoyé des textos socialistes pour leur dire vous nous courez après ».
09:22– Non mais je ne me fous de ce que dit Jean-Luc Mélenchon
09:24et de ce que dit Manon Aubry.
09:25– Et honnêtement, vous ne devriez pas reprendre ce genre d'argument.
09:29Vous avez quand même conscience…
09:30– Jean-Luc Mélenchon vous a félicité, c'est public, il ne l'a pas fait dans le secret d'un…
09:33– Vous avez quand même conscience de ce qui se joue là,
09:35n'est pas de ce niveau-là.
09:37Et que Jean-Luc Mélenchon me court après peut-être,
09:39eh bien écoutez, laissez-le courir.
09:41La question aujourd'hui, ce n'est pas celle-là.
09:43– Ce n'est pas vous qui lui courez après.
09:44– Moi je ne cours après personne, je cours après ma conscience,
09:46si vous voulez savoir après qui je cours.
09:48Je cours après cette idée simple qui a été émise par François Mitterrand en 82.
09:51« Oui, il doit y avoir deux États, un État palestinien et un État israélien qui vivent côte à côte.
09:55C'est la seule chose qui me motive.
09:57Tout le reste me semble tellement dérisoire,
10:00à un moment où effectivement l'histoire ne nous jugera. »
10:02– On parle beaucoup ces derniers jours des conditions posées ou non par Emmanuel Macron
10:05à leur connaissance de l'État palestinien.
10:07À l'instant, le chef de l'État exige la libération de tous les otages
10:11avant d'ouvrir une ambassade en Palestine.
10:13Ça c'était une condition pour vous indispensable
10:15ou il fallait que ce soit une reconnaissance sèche, sans condition ?
10:19– Moi je pense que le geste du chef de l'État,
10:22il doit s'accompagner effectivement de la part…
10:25Alors la difficulté, c'est que nous ne pouvons pas être otages à la décision.
10:29Parce que c'est le Hamas qui détient les otages,
10:31ce n'est pas les Palestiniens.
10:32Les Palestiniens, ils sont victimes deux fois.
10:34Ils sont victimes des bombes qui en tombent dessus.
10:35Ils sont victimes aussi d'un mouvement terroriste, celui du Hamas,
10:38qui en réalité est un mouvement autoritaire, autocratique
10:43et qui pratique en réalité une forme de police sur les siens,
10:49qui est une police terrible.
10:51Moi je me souviens, je suis socialiste et donc nous avons un lien
10:54depuis très longtemps avec le parti du FATA,
10:57avec celui de Yasser Arafat.
10:59Et je sais que pendant des années,
11:01ce sont les hommes et les femmes du FATA
11:03qui sont morts dans les geôles, sous terre du Hamas,
11:08parce qu'ils ont été à chaque fois tout simplement assassinés,
11:12torturés pour éliminer toutes celles et ceux
11:15qui avaient conclu les accords d'Oslo.
11:17Et donc je n'ai aucun lien, aucun,
11:20avec ce mouvement qui est en tout point répugnant.
11:24Et vous ne dites pas de reconnaissance sans condition ?
11:27Mais moi je dis qu'effectivement...
11:28La démilitarisation de la bande de Gaza,
11:30la sortie du jeu des fuitifs du Hamas,
11:32la libération des otages.
11:33La reconnaissance de l'État palestinien
11:35d'ouvrir un processus politique
11:36qui doit permettre des élections,
11:37des élections en 2026,
11:40faire en sorte qu'il puisse y avoir
11:41des représentants officiels de la Palestine
11:44qui puissent négocier.
11:46Que ceux-là, que ceux qui se présentent
11:48puissent être exclusivement ceux
11:49qui ont signé la charte de l'OLP.
11:51Charte de l'OLP qui reconnaît un droit
11:53à l'existence d'Israël.
11:55À ces conditions-là,
11:56nous avons quelque chose,
11:57un chemin pour la paix.
11:58Et c'est ce chemin-là que je veux tracer
11:59avec vous ce soir.
12:00Autre sujet, Olivier Faure,
12:02si vous voulez bien,
12:02vous avez sans doute assisté
12:03aux matchs à distance ces dernières heures
12:04entre d'un côté le patron d'LVMH,
12:07Bernard Arnault,
12:07et de l'autre,
12:08un homme que vous connaissez bien,
12:09il était devant le Parti Socialiste
12:10il y a quelques jours encore,
12:11c'est l'économiste Gabriel Zuckman.
12:13Sur son projet de taxer à 2%
12:15les patrimoines de plus de 100 millions,
12:16je dis ça pour ceux qui auraient échappé
12:17à ce débat depuis quelques jours,
12:19mais c'est difficile de le faire.
12:21Bernard Arnault étrie Gabriel Zuckman
12:23dans un entretien au Sunday Times,
12:27si je n'ai pas de bêtises.
12:28Gabriel Zuckman est un pseudo-universitaire
12:30militant d'extrême-gauche
12:31dont l'idéologie vise la destruction
12:33de l'économie libérale.
12:34La taxe Zuckman, poursuit-il,
12:36serait une offensive mortelle
12:37pour notre économie ?
12:38Réponse de Gabriel Zuckman.
12:40Monsieur Arnault,
12:41la fébrilité n'autorise pas la calomnie.
12:43Les milliardaires ne payent pas
12:44ou presque d'impôts sur le revenu.
12:4586% des Français ont raison
12:47de vouloir mettre fin à ce privilège.
12:48Cette rhétorique,
12:50guère éloignée de celle d'un Trump
12:51ou d'un Musk,
12:52devrait tous nous inquiéter.
12:53C'est du trumpisme
12:54de critiquer l'attaque Zuckman aujourd'hui ?
12:57La façon dont ça a été fait, oui.
13:00Arriver avec des post-sévérités,
13:02chercher à disqualifier
13:03un économiste reconnu
13:04dans le monde entier
13:05qui a travaillé avec Biden,
13:07c'est vous dire à quel point
13:07c'est un homme d'extrême-gauche
13:09et vous dire aussi
13:10qu'il est soutenu,
13:11son projet est soutenu
13:12par cette prix Nobel d'économie.
13:14Et critiqué par d'autres.
13:15Critiqué par d'autres économistes aussi,
13:17notamment sur le montant
13:18des fameux 20 milliards
13:20d'autres économistes
13:21assez prestigieux,
13:22même très prestigieux,
13:22ils disent qu'on est plutôt
13:23à 5 milliards.
13:24Oui, en fait,
13:24ça c'est sur le montant,
13:25sur le rendement de la taxe.
13:27Donc il y a des gens
13:27qui disent que ça rapporte,
13:28ils ne sont pas contre.
13:30Ce n'est pas être contre la taxe,
13:31c'est dire qu'elle rapportera
13:32moins que ce qui est prévu.
13:33Ce n'est pas tout à fait
13:33le même débat.
13:35Et moi,
13:35si elle rapporte si peu,
13:37alors pourquoi s'en priver ?
13:38Franchement,
13:39même les milliardaires
13:40devraient s'en réjouir
13:41et devraient applaudir.
13:42Donc si c'est le cas,
13:44si c'est ça leur problème,
13:45allons-y,
13:46on verra bien
13:46combien elles rapportent.
13:47Offensive mortelle
13:48pour l'économie française,
13:49dit Bernard Arnault.
13:50Qu'est-ce que vous lui répondez ?
13:52Mais ce qui est une offensive
13:53mortelle contre la France,
13:55c'est de détruire
13:56sa cohésion sociale,
13:58de ne pas comprendre
13:58que ce que les milliardaires
14:00ne payent pas,
14:01c'est tous les autres
14:01qui le payent.
14:02Nos hôpitaux,
14:04nos écoles,
14:04nos policiers,
14:06nos gendarmes,
14:07nos juges,
14:08toutes celles et ceux
14:09qui font tourner ce pays,
14:10vous croyez qu'ils vivent comment ?
14:12Ils vivent en fait
14:13de l'argent
14:13que rapportent les impôts
14:16et quand les grands,
14:17les puissants,
14:18les ultra-dominants,
14:19les ultra-riches
14:20ne payent pas,
14:21qui paye ?
14:22C'était bien le problème
14:23du plan Bérou.
14:23Le plan Bérou,
14:24il faisait payer tous les autres
14:25sauf les ultra-riches
14:26et c'est la raison pour laquelle
14:27nous avons cherché
14:29à licencier M. Bérou.
14:29Il y avait la contribution
14:30sur les revenus,
14:30tous ceux qui touchent
14:31plus de 500 000 euros par an.
14:33Oui,
14:33qui rapportait combien ?
14:34Vous vous rappelez ?
14:35Je ne l'ai plus en...
14:362 milliards ?
14:36Non, 800 millions.
14:36Moins de 2 milliards, oui.
14:38Pardon,
14:38enfin sur 44 milliards
14:39à dire
14:40les ultra-riches,
14:41on va vous appeler...
14:42Non,
14:42ces gens-là
14:43ont vu leur patrimoine
14:44doubler en 8 ans,
14:46passant de 600 milliards
14:47à 1 200 milliards.
14:48Ils ont aujourd'hui
14:49l'équivalent
14:50de 40% du PIB.
14:5340% de la richesse
14:54produite chaque année,
14:55ils ont l'équivalent
14:56dans leur patrimoine.
14:57Donc vous dites à Bernard Arnault
14:58occupez-vous de vos affaires,
14:59on n'a pas besoin de vous,
15:00on va essayer de la faire
15:01avec Sébastien Le Corneau.
15:01Bernard Arnault,
15:02c'est la cinquième
15:03plus grande fortune du monde.
15:06Et c'est aussi
15:07l'homme qui,
15:08par ses entreprises,
15:09qu'on ne connaît pas
15:09le montant de ses impôts privés,
15:10c'est une donnée privée
15:12par la définition,
15:13mais c'est aussi l'homme
15:14qui, avec ses entreprises,
15:15paye le plus d'impôts en France
15:16au titre de l'impôt
15:17sur les sociétés.
15:18Mais quand vous êtes
15:19aussi riche,
15:20forcément vous payez plus d'impôts
15:21que quelqu'un
15:21qui est à peine
15:22au-dessus du SMIC.
15:23Mais ce que vous devriez
15:24comprendre
15:25et ce que je vais essayer
15:26d'expliquer maintenant,
15:27c'est que quand vous,
15:28vous payez vos impôts,
15:29vous avez entre 40 et 50%
15:31de vos revenus
15:32qui passent dans vos cotisations,
15:33dans la TVA,
15:34qui passent dans l'impôt
15:35sur le revenu.
15:36Quand les super-riches
15:38payent leurs impôts,
15:39ça correspond à 27%
15:41de leurs revenus.
15:42Pourquoi ?
15:43Parce qu'ils optimisent.
15:44Alors ce mécanisme,
15:45il est assez facile
15:45à comprendre en réalité.
15:47Ils ont des holdings,
15:48donc des sociétés
15:48qui sont, disons,
15:50écrans,
15:50qui permettent
15:51de placer
15:52tout leur argent.
15:53Quand ils ont besoin
15:54d'acheter une maison,
15:56un hôtel particulier,
15:57ce n'est pas eux
15:57qui l'achètent,
15:58c'est la holding.
15:59Est-ce que vous êtes sûr
15:59qu'elle va régler
16:00la question des holdings ?
16:01Mais bien sûr.
16:02Ils ne pourront pas éviter
16:03le même qu'ils évitent aujourd'hui.
16:05Mais c'est bien pour ça
16:06que vous avez des milliardaires
16:06qui s'y opposent,
16:07parce que c'est à l'assiette,
16:09pardon d'être un peu technique,
16:10mais on va choisir
16:12de regarder non pas
16:14les revenus
16:14que les gens se versent,
16:16ils sont assez malins
16:16pour se verser
16:17de faibles revenus
16:18par rapport à leur immense fortune,
16:19le reste restant en action,
16:21en obligation,
16:22et donc là,
16:23on va prendre l'ensemble
16:24de leur patrimoine,
16:25on va dire,
16:25sur la base de ce patrimoine,
16:26vous ne pouvez pas payer
16:27moins de 2%.
16:28Un impôt minimum.
16:30Un impôt minimum.
16:31Mais vous savez
16:31combien leur rapporte cet argent ?
16:32Parce que cet argent-là
16:33ne dort pas.
16:34Chaque année,
16:35ça leur rapporte
16:35entre 10 et 12%
16:37de ce patrimoine.
16:39Et donc,
16:40ça veut dire
16:40qu'on ne leur demande
16:41même pas
16:41de devenir un peu plus pauvres,
16:44on leur dit
16:44vous allez vous enrichir
16:45moins vite.
16:46Et ça,
16:47ça ne devrait pas être possible.
16:48Olivier Faure,
16:48il y a un homme
16:49qui n'est à ma connaissance
16:50ni patron,
16:50ni milliardaire,
16:51qui critique également
16:52cette taxe Zuckman,
16:53en tout cas qui dit
16:54il faut sans doute l'améliorer,
16:56c'est quelqu'un
16:56que vous connaissez probablement,
16:57qui s'appelle François Hollande,
16:58qui a été président
16:59de la République.
16:59Il était avec nous
17:00la semaine dernière.
17:02Il n'y a pas de tabou,
17:03il n'y a pas de fétichisme.
17:04Si on veut intégrer
17:05les actifs professionnels,
17:06il faut que le taux
17:06soit très très bas.
17:07Donc pas 2% ?
17:08Pas 2%.
17:09Il vaut mieux
17:09avoir un rendement
17:11qui soit dans le temps
17:13plutôt que d'avoir
17:14une fois une prise
17:15et puis ensuite
17:16un risque
17:17qu'il y ait une évasion
17:19et donc un exil.
17:212% c'est trop
17:21dit François Hollande,
17:22notamment parce que
17:23ça cible aussi
17:24le patrimoine professionnel.
17:25Et on va en parler
17:25parce qu'il y a une fronde
17:26aujourd'hui
17:27d'une partie des patrons
17:27de la French Tech.
17:28François Hollande
17:29s'y connaît un petit peu
17:30en impôts.
17:30C'est lui qui avait inventé
17:31la taxe à 75%
17:33qui a eu beaucoup de mal
17:34à voir le jour.
17:35Finalement,
17:36est-ce que vous êtes prêts
17:36à amender votre projet ?
17:38Je vais vous donner
17:39les noms de 3 hommes.
17:41Messieurs Bati,
17:42Rudel et Tibberge.
17:44Ils sont les patrons
17:45de 3 entreprises
17:46de la tech justement.
17:47Attendez, d'abord...
17:48Dataiku, Criteo,
17:49Réviot.
17:50On en vient à la tech.
17:50Pourquoi je vous dis ça ?
17:51Parce que ces 3 là,
17:53aujourd'hui,
17:53viennent de signer une tribune
17:54en disant
17:54nous sommes demain
17:56passibles potentiellement
17:57de la taxe Zuckman.
17:58Eh bien,
17:59nous sommes prêts
17:59à la payer.
18:00Vous avez raison,
18:01il y a ces 3 patrons-là
18:02qui ont dit ça,
18:02mais il y a aussi
18:03Arthur Mench,
18:04le patron ministral...
18:05Oui, qui n'a pas tout à fait
18:05dit ça,
18:05mais qui n'a pas dit non plus
18:06qu'il ne fallait pas les imposer.
18:07Je termine ma question.
18:08Qui n'a dit
18:08je n'ai rien contre une taxation
18:09des plus hauts revenus,
18:10ce serait une mesure de justice,
18:11mais dans le cas présent,
18:12cette taxe Zuckman,
18:13si on me l'impose demain matin,
18:14je ne peux pas la payer
18:15de par la structure
18:16de ces entreprises
18:17qui ont un capital important,
18:19plusieurs milliards d'euros,
18:20mais qui ne sont pas cotées
18:21en bourse,
18:21et donc si on leur demande
18:2210 millions d'impôts,
18:24il dit je ne peux pas
18:25aller trouver ces 10 millions
18:26et mon banquier
18:26ne me prêtera pas 10 millions
18:27pour aller voir.
18:28Est-ce que vous reconnaissez
18:29qu'il y a un problème
18:30avec ces entreprises-là
18:31pour la taxe Zuckman ?
18:32Oui, il y a un problème
18:33mais qui a été résolu.
18:35Et d'ailleurs,
18:36ces 3 hommes
18:37que je viens de citer
18:38disent les choses aussi
18:39très simplement.
18:41D'abord,
18:41on pourrait se retrouver
18:42avec Arthur Mench
18:43qui est le patron
18:45d'une licorne
18:46et qui va donc avoir
18:48dans un premier temps
18:49d'immenses cotations
18:51mais en même temps
18:52qu'il n'a pas de liquidités.
18:53Il n'est pas coté en bourse.
18:54Il n'est pas coté en bourse.
18:55Il voit son entreprise.
18:56Il lève des fonds
18:57mais il ne se sert pas
18:59de revenus
18:59à la hauteur
19:00de ce qu'on pourrait lui demander.
19:02Et donc,
19:03il dit pour l'instant
19:03je ne peux pas payer
19:04et ça il a raison.
19:05Mais en revanche,
19:06là où vous pourrez
19:07tout à fait...
19:07Mais vous faites quoi
19:08dans son cas ?
19:08Mais justement,
19:09j'y viens
19:09et c'est ce que dit
19:10à la fois Zuckman
19:11et ce que disent
19:11ces 3 hommes ce matin.
19:13Ils disent
19:14en fait,
19:14il peut payer en action.
19:17Il va donner à l'État
19:18un petit bout
19:18de son entreprise ?
19:19Alors attendez,
19:20c'est fini.
19:21Il va dans un premier temps
19:22donner des petits bouts
19:23de son entreprise.
19:24Très peu.
19:25Mais enfin,
19:25il va donner des petits bouts
19:26de son entreprise.
19:26On va nationaliser Mistral.
19:28Donc,
19:28on va...
19:30Non, non,
19:30attendez,
19:30c'est beaucoup plus compliqué
19:32que ça.
19:33Mais l'État s'engage
19:34à ne pas revendre.
19:36L'État s'engage
19:37à laisser les droits de vote
19:38dans l'entreprise
19:39à ceux qui sont
19:40les créateurs
19:40de l'entreprise
19:41et s'engage aussi
19:42à permettre
19:44à ceux
19:44qui sont à l'origine
19:46de l'entreprise
19:46de pouvoir racheter
19:47au taux nominal.
19:48Donc,
19:48racheter au taux
19:50qui était celui
19:51de leur imposition
19:51les années précédentes
19:52quand ils auront enfin
19:53des liquidités
19:54qui leur permettront
19:55de payer.
19:55Mais ça veut dire
19:56que tout doucement,
19:56l'État devient actionnaire
19:58minoritaire
19:58puis un jour majoritaire
19:59de Mistral,
20:00par exemple.
20:00Non,
20:00pas du tout.
20:01Ça veut dire
20:01que dans quelques années,
20:03quand ces gens-là
20:04auront enfin des liquidités
20:05et seront vraisemblablement
20:06très riches,
20:07ils pourront racheter
20:08à l'État
20:09les actions
20:09qu'ils avaient
20:10concédées à l'État
20:11dans un premier temps.
20:12Voilà ce que ça veut dire.
20:13Ça veut dire qu'en réalité,
20:15il n'y a aucune difficulté
20:16et vous savez,
20:18si vous étiez très riche
20:19et que vous aviez
20:20la chance
20:21de pouvoir négocier
20:22vos impôts
20:22chaque année,
20:23vous sauriez que,
20:24à Bercy,
20:24on est habitué
20:25depuis longtemps
20:26à négocier
20:27avec les grandes fortunes
20:28et que ça ne se passe pas
20:29comme ça
20:30et que c'est beaucoup
20:30plus clément
20:31que pour celles et ceux
20:32qui, malheureusement,
20:33eux,
20:34le coup près tombe
20:35et quand ça ne marche pas,
20:36c'est saisi
20:36sur leurs biens mobiliers.
20:38Je note que vous m'avez répondu
20:39sur les patrons
20:40de la French Tech
20:40mais pas sur François Hollande
20:42qui dit
20:432% c'est trop.
20:44François Hollande
20:45dit ce qu'il veut.
20:46Moi, je suis pour la taxe Zuckman.
20:48Vous ne parlez pas
20:49de ces sujets-là ?
20:50Mais c'est une taxe différentielle.
20:52Il faut bien aussi comprendre
20:53qu'en fait,
20:54ce n'est même pas...
20:55Ce n'est pas forcément 2%.
20:56Voilà, on leur dit
20:57on va leur piquer 2%.
20:58Ce qui n'est pas grand-chose.
21:00Reconnaissez que pour des gens
21:00qui ont plus de 100 millions
21:01de capital,
21:02on leur prend 2%.
21:03Ça va,
21:04ils ne vont pas mourir
21:04et pourront continuer
21:05à acheter des hors-bord
21:06et des yachts.
21:07Mais ça veut dire
21:08que si dans les impôts
21:10qu'ils payent déjà,
21:11ça n'atteint pas
21:12le niveau de 2%,
21:13eh bien,
21:14on leur prélève la différence.
21:16Simplement,
21:16je ferai clair,
21:16vous taxez aussi
21:17les entreprises
21:18qui ne font pas de bénéfices.
21:192%,
21:20si une entreprise
21:20pèse plus de 100 millions,
21:21elle paye 2%,
21:22même si elle ne gagne pas d'argent.
21:24Ah ben,
21:25je parle du patrimoine
21:26des individus.
21:27Je ne parle pas des entreprises.
21:29Je parle là des individus.
21:30S'ils ont un patrimoine
21:31qui est supérieur
21:32à 100 millions d'euros...
21:32Une entreprise
21:32de la French Tech
21:33qui ne gagne pas d'argent,
21:34elle sera quand même...
21:34Mais là,
21:35on revient à l'histoire
21:36de l'Arthur Mensch
21:37et donc,
21:37comment on peut y procéder
21:38et faire en sorte
21:39que ce soit
21:40avec un retour
21:41à bonne fortune
21:41que ces gens puissent payer.
21:43Y compris pour celles
21:43qui ne font pas de bénéfices.
21:44Bien sûr.
21:45D'accord.
21:46Vous êtes ressorti
21:46de votre rendez-vous
21:47mercredi
21:48avec le Premier ministre
21:48Sébastien Lecornu
21:49en disant
21:49que vous étiez resté
21:50sur votre faim.
21:51Olivier Faure,
21:53est-ce qu'on a un peu
21:54le sentiment
21:54que c'est joué d'avance
21:55de toute façon
21:56que vous êtes arrivé
21:57avec un tel niveau
21:58d'exigence
22:03retrait du doublement
22:04des franchises médicales
22:05que, au fond,
22:05vous ne voulez pas
22:06signer d'accord
22:07qui pourrait vous être reproché
22:08dans les mois qui viennent
22:09et à la présidentielle
22:10de 2027,
22:11notamment,
22:12pardon,
22:12je vais encore le citer,
22:13mais par Jean-Luc Mélenchon
22:14sur la petite musique
22:15Le PS vend son âme.
22:17Est-ce que vous avez vraiment
22:18envie de conclure un accord
22:19avec Sébastien Lecornu ?
22:20Ah oui ?
22:21Bien sûr.
22:21Bien sûr,
22:22si c'est possible.
22:22Vous vous donnez les moyens
22:23pour, par exemple,
22:24de toutes les mesures
22:25que je viens de citer là,
22:26est-ce qu'elles sont
22:26toutes à prendre
22:27ou est-ce que vous dites,
22:28comme dans toute discussion,
22:29après tout,
22:30j'ai 66 députés socialistes,
22:32je vais laisser certaines choses
22:33et gagner sur d'autres points.
22:35Est-ce que c'est tout ou rien
22:35ou est-ce que vous êtes prêt
22:37à discuter vraiment ?
22:38Marc Favelle,
22:39il n'y a pas de majorité
22:40à l'Assemblée,
22:41ni pour eux,
22:43ni pour nous,
22:44ce qui suppose à un moment,
22:45effectivement,
22:45qu'on se pose des questions.
22:46Mais moi,
22:46ce que je vois,
22:47c'est que,
22:48si on reprend la taxe Zuckman,
22:49elle est soutenue à 86%
22:51dans tous les électorats,
22:52pas seulement l'électorat socialiste,
22:54même les gens qui votent
22:55habituellement pour M. Macron
22:57ou pour M. Taillon.
22:58C'est le sondage que vous avez commandé
22:59avec lequel vous êtes arrivés à Matignon.
23:00Oui, absolument,
23:00que nous avons rendu public.
23:01Et donc,
23:02qui permet de voir
23:03qu'il y a là une majorité
23:04qui est très large,
23:05comme sur les retraites.
23:06Et moi,
23:06ce que je demande,
23:08c'est simplement qu'on mette fin
23:09avec cette anomalie démocratique.
23:10Comment est-il possible
23:11qu'un pouvoir
23:12qui a perdu
23:13les élections européennes,
23:15qui a perdu les élections
23:16que le président de la République
23:17avait lui-même convoquées,
23:19qui a déjà carbonisé
23:20deux premiers ministres,
23:21même trois,
23:22si on compte Gabriel Attal,
23:23qui est quatrième premier ministre
23:24en un an,
23:25comment est-il possible
23:27qu'on nous dise
23:27« Écoutez,
23:28vous êtes bien gentils,
23:29mais on va continuer
23:30à faire la même politique. »
23:31Moi, ce que je dis simplement,
23:32c'est que...
23:32Vous avez vu que
23:33si il donne des gages,
23:34il perd aussi son aile droite
23:35avec les Républicains.
23:36Je vous repose ma question.
23:36Est-ce que...
23:37Mais l'aile droite...
23:37Olivier Faure,
23:39est-ce que toutes vos mesures
23:40sont des lignes rouges ?
23:41C'est-à-dire qu'il faut
23:42que Sébastien Lecornu
23:43cède à tout
23:44ou est-ce que vous êtes
23:45dans une logique de compromis ?
23:46Mais je suis dans une logique
23:48qui est une logique
23:49de reconnaissance
23:51par le gouvernement
23:53qu'il a pu se tromper,
23:54qu'il doit mettre...
23:56Enfin, je vais prendre
23:57les mots du Premier ministre
23:58lui-même.
23:58Des ruptures.
23:59Il doit mettre des ruptures
24:00sur la table.
24:02J'ai lu aussi
24:03le Premier ministre
24:04dire dans La Voix du Nord
24:05qu'il voulait
24:05renverser la table.
24:07Et donc, ce que je lui dis,
24:08je veux voir cette table
24:09renversée
24:10et je veux effectivement
24:11voir des ruptures.
24:12Si c'est le cas,
24:12si vraiment on rompt
24:13avec la politique
24:14qui a été conduite
24:15depuis huit ans,
24:16alors j'applaudirai.
24:17Et je suis prêt à avancer.
24:17Ça veut dire qu'à date,
24:19à 18h54,
24:20le 21 septembre,
24:22aujourd'hui,
24:23avec ce qu'il vous a dit,
24:24vous le censurez
24:25ou vous ne le censurez pas.
24:26Pour l'instant,
24:26il n'y a rien dit.
24:27Donc en fait,
24:27je censure.
24:29Pour l'instant,
24:29vous censurez.
24:30Oui, pour l'instant,
24:30il n'y a absolument rien
24:31sur la table.
24:32Donc on verra à ce moment-là.
24:34Je ne veux pas préjuger.
24:35Mais si c'est possible
24:36de faire en sorte
24:37que les Français
24:39n'aient pas à payer
24:39la facture de la dette,
24:41que ce ne soient pas
24:42les classes moyennes,
24:43les classes populaires,
24:44les malades,
24:45les chômeurs,
24:46les salariés
24:46qui ont à payer
24:47cette dette abyssale
24:49mais qui est liée
24:49à l'absence de recettes
24:51depuis huit ans,
24:53effectivement,
24:53je serais d'accord.
24:54Mais si c'est pour
24:55entendre dire
24:56qu'au fond,
24:57on va faire un petit geste
24:58par-ci, par-là,
24:59oui, vous avez raison,
25:00les super riches,
25:01il faudrait quand même
25:01qu'ils en fassent un peu.
25:02Bon, allez,
25:033 milliards.
25:04Non, ça, ça ne marche pas.
25:05Je ne suis pas d'accord avec ça.
25:05Vous vous laissez jusqu'à quand
25:06pour décider ?
25:06Par exemple,
25:07Sébastien Lecornu a invité
25:08tous les syndicats
25:09mercredi à Matignon.
25:10Est-ce que vous dites
25:10si à la sortie,
25:11il n'y a pas de concret,
25:12là, cette fois-ci,
25:13c'est définitif,
25:14la période de discussion,
25:16elle va jusqu'à quand ?
25:17Mais tant qu'il y a
25:18une discussion possible,
25:19je discute.
25:20Mais je verrai effectivement
25:21ce qu'il dit syndicat.
25:22Et j'ai rencontré
25:23CFDT et CGT
25:25la semaine passée
25:25et je me sens parfaitement
25:27en ligne
25:27avec ce qu'ils portent.
25:28Et je crois que nous avons,
25:30là,
25:31la même vision des choses.
25:33Nous pensons qu'il y a
25:33une réparation démocratique
25:35en même temps
25:35qu'une réparation sociale
25:36à effectuer aujourd'hui.
25:37Sur les retraites,
25:39sur la fiscalité,
25:40sur la façon
25:41dont on construit un budget
25:42et donc pour toutes ces raisons.
25:43là,
25:43je ne veux
25:44rien stopper à l'avance.
25:47Je ne suis pas
25:47dans une forme d'idéologie
25:49qui me conduirait
25:50à dire non a priori.
25:51Mais je veux voir.
25:53Je voudrais qu'on parle
25:54un peu d'Anne Hidalgo,
25:55Olivier Faure,
25:55la maire socialiste de Paris
25:56qui annonce
25:57qu'elle va porter plainte
25:58pour dénonciation calomnieuse
25:59après la publication
26:00par une association
26:01et par Mediapart
26:02d'une partie
26:03de ses notes de frais
26:04en tant que maire de Paris.
26:06On y apprend
26:06qu'elle a dépensé
26:07entre 2020 et 2024
26:0884 200 euros.
26:10Je vais essayer
26:10d'être très précis
26:11de frais.
26:12C'est le montant
26:13qui lui est alloué.
26:14Elle n'a pas dépassé
26:14l'enveloppe.
26:15Donc, rien d'illégal.
26:16Je le précise tout de suite.
26:17Mais certaines dépenses
26:18interrogent.
26:20Notamment,
26:21deux robes Dior
26:22achetées en 2024
26:22pour 6 320 euros.
26:25Une blouse Dior
26:25également en 2021
26:27pour 1 120 euros.
26:29Est-ce qu'il y a
26:29quelque chose
26:29qui vous choque
26:30ou ce que vous dites
26:31après tout,
26:31elle fait ce qu'elle veut
26:32de son enveloppe ?
26:32Non, je comprends
26:34qu'en une période
26:35comme celle
26:35que nous traversons,
26:37ces sommes-là
26:37puissent être très choquantes.
26:39même si je ne mets pas
26:41le fait que
26:41quand on est maire de Paris
26:42et qu'on doit honorer
26:44de grandes manifestations,
26:46on n'y va pas en djinn
26:47et que ça fait partie
26:48de la façon
26:51dont on honore aussi
26:52une ville
26:52ou un pays.
26:53C'est vrai
26:53pour les ministres,
26:55c'est vrai pour le Premier ministre,
26:56c'est vrai pour le Président
26:56de la République
26:56qui dispose de crédits
26:58supplémentaires.
26:58Et il y a certainement
27:01quelque chose
27:01entre le djinn
27:01et la Robbjörg.
27:03Donc,
27:03vous considérez
27:04que quand on est maire
27:05de gauche,
27:06on évite ça ?
27:06Ça veut dire
27:07qu'il y a des déontologues
27:08qui doivent être partout
27:10dans nos collectivités
27:12et qu'ils doivent dire
27:13ce qu'il est possible de faire,
27:14ce qu'il est raisonnable
27:15de faire,
27:15ce qui ne l'est pas.
27:16Et parfois,
27:17peut-être,
27:17pour de grandes manifestations,
27:18se faire prêter
27:19des vêtements
27:19par ces grandes maisons
27:20qui ont intérêt
27:22elles aussi
27:22à ce qu'un président,
27:25enfin plutôt
27:25une présidente
27:27ou une maire
27:28ou une présidente
27:29de région
27:30ou de département
27:31s'habille
27:32et fasse honneur
27:33à la création française.
27:34C'est ce qu'elle a dit
27:35elle aussi.
27:35Le port de vêtements
27:38de haute couture
27:39s'inscrit dans cette logique
27:40de valorisation
27:40du savoir français
27:41à l'étranger.
27:42Là-dessus,
27:43vous êtes d'accord
27:43avec elle,
27:44porter du Dior
27:45à l'étranger,
27:46c'est bon pour la France ?
27:47Dior pourrait
27:49de lui-même
27:51prêter des vêtements.
27:53Je crois que ça se fait
27:54pour la première dame
27:55de France,
27:58je n'ai jamais eu
27:59l'occasion d'en parler,
28:00d'ailleurs je ne la connais pas,
28:01mais sans doute
28:03c'est le cas,
28:03je ne sais pas.
28:04D'autant que l'argument
28:05n'est pas entièrement valable
28:06vu les factures
28:06d'Anne Hidalgo
28:07qui a aussi fait
28:08des dépenses
28:08chez Burberry.
28:103 067 euros
28:11pour un manteau,
28:121 087 euros
28:13pour une veste
28:13et Burberry,
28:15ce n'est pas français,
28:15c'est britannique,
28:16donc l'argument
28:17de la mairie de Paris
28:17tient un peu moins.
28:1830 000 euros
28:19de frais téléphoniques
28:19pour un déplacement
28:20à Tahiti,
28:21déplacement dont on avait
28:22déjà parlé à l'époque
28:23parce qu'officiellement
28:24c'était un déplacement
28:25dans le cadre
28:25de la préparation des JO
28:26et qu'on avait appris
28:27ensuite qu'Anne Hidalgo
28:28n'était pas allée
28:28sur le site du surf,
28:30je crois que c'était
28:30le surf là-bas
28:31et qu'elle en avait profité
28:32aussi pour voir sa fille
28:33qui vivait sur place
28:3430 000 euros de téléphones.
28:36Oui,
28:37il faut avoir,
28:40je ne sais pas
28:40comment c'est possible
28:41d'avoir 30 000 euros
28:42de frais téléphoniques,
28:43ça franchement
28:43vous me l'apprenez,
28:44vous l'avez appelé
28:45sans jeu de mots
28:45vous l'avez appelé
28:47pour en parler ?
28:47J'ai un forfait.
28:49Vous l'avez appelé
28:50pour essayer de comprendre
28:50ses chiffres ?
28:51Non,
28:51je ne l'ai pas appelé.
28:53Elle est toujours au PS ?
28:54Oui,
28:54mais enfin,
28:55je ne veux pas se dévoiler
28:56de grands secrets,
28:56mais enfin,
28:57nous nous parlons assez peu.
28:59Nos relations
28:59sont notoirement connues
29:02et pas connues
29:02pour être de nature
29:04à nous parler
29:05de manière fluide.
29:06Donc non,
29:06je ne l'ai pas appelé.
29:07Est-ce qu'elle doit
29:08s'expliquer publiquement
29:09au-delà de se communiquer
29:10sur ses chiffres ?
29:11Être transparente
29:12tout simplement ?
29:13Oui,
29:13je crois qu'à transparence
29:14elle est exigée
29:14de tout le monde
29:15et je vois ce qui s'est fait
29:17progressivement.
29:19On vient de loin.
29:19La réalité,
29:20c'est que dans la République française,
29:22il y a des privilèges
29:22qui ont été maintenus
29:23très longtemps.
29:24Ça a été vrai à l'Assemblée
29:25et moi,
29:26j'ai voté,
29:27à notre initiative d'ailleurs,
29:28le fait que par exemple
29:29les députés soient imposés
29:31à 100% de leurs revenus
29:32et non pas à 80%
29:33comme c'était le cas longtemps.
29:34J'ai voté le fait
29:35que sur nos retraites,
29:36nous ayons une retraite
29:37de droit commun
29:38et non plus une retraite double
29:39comme c'était le cas auparavant
29:41parce que je pense que
29:42si nous ne voulons pas
29:44connaître la défiance
29:45et laisser les Français
29:48penser qu'il y a une forme
29:49de tous pourris,
29:50eh bien ça suppose
29:51que nous soyons à la fois
29:51capables de nous ramener
29:54sur le plancher des vaches.
29:55Nous ne sommes pas malheureux,
29:56nous avons des indemnités
29:58qui nous permettent
29:58de vivre très correctement
29:59et donc faire en sorte
30:00que chacun ait le sentiment
30:02que les élus
30:02ne sont pas là
30:03pour s'en mettre plein les poches
30:04mais pour servir.
30:05Merci beaucoup Olivier Faure.
30:07Je note en tout cas
30:07que vous ne reprenez pas
30:08le terme d'Anne Hidalgo
30:09de propagande organisée,
30:11de cabale contre la mairie de Paris.
30:13Ce n'est pas votre tonalité.
30:15Ce soir, un tout dernier mot
30:16parce qu'il est 19h
30:17et que cet entretien s'achève.
30:18J'ai oublié de vous demander
30:19si vous avez d'autres rendez-vous
30:20avec Sébastien Lecornu
30:21ou vous attendez son coup de fil ?
30:22Décidément,
30:23il est beaucoup de questions
30:23de forfait téléphonique ce soir.
30:25Il y a d'autres rendez-vous
30:26déjà à l'agenda ?
30:27Pas fixé,
30:27mais il nous a dit
30:29qu'il nous rappellerait
30:30cette semaine je pense
30:31pour nous dire
30:32après avoir rencontré tout le monde
30:33ce qu'il est prêt à faire
30:34et à ce moment-là
30:35nous pourrons juger
30:36de sa volonté de rupture
30:37telle qu'annoncée.