Passer au playerPasser au contenu principal
2
  • il y a 1 an
Actualités : Natacha Polony EDF, le grand gâchis (France,Septmebre 2025) par Natasha Polony

Facebook : https://www.facebook.com/Marianne.magazine

Chaine Youtube Marianne : https://www.youtube.com/@Mariannetv

Chaine Dailymotion Marianne : https://thao.funnymoment.net/Marianne2fr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Un grand patron viré du jour au lendemain par son actionnaire unique.
00:07C'est assez classique.
00:09Quand l'actionnaire est l'État français et que cette entreprise est l'opérateur historique de production d'électricité,
00:15cela n'a plus rien d'anecdotique, mais révèle au contraire une des fragilités majeures de la France
00:21dans un contexte international de compétition économique farouche et de brutalisation des relations internationales.
00:28Luc Rémont, polytechnicien devenu directeur du Trésor, puis banquier d'affaires après être passé par différents cabinets ministériels,
00:37a livré dans la presse sa vision du divorce.
00:40Les citoyens français en retiendront l'idée que la renationalisation d'EDF, annoncée en 2022 et mise en œuvre en 2023 pour 9,7 milliards d'euros,
00:49n'a pas suffi à résoudre une équation complexe, celle d'une entreprise privée assurant un service public essentiel
00:57et répondant à des impératifs de souveraineté nationale.
01:01Pour le dire simplement, la transformation d'un grand monopole d'État en entreprise de droit privé
01:07pour satisfaire aux obsessions dérégulatrices des élites françaises et européennes
01:11aboutit à une situation inextricable quand il s'agit de gérer un parc nucléaire,
01:17c'est-à-dire des investissements colossaux étalés sur des décennies.
01:21Ce que paie aujourd'hui EDF, ce sont les mécanismes délirants comme ce système d'arène,
01:27accès régulé à l'électricité nucléaire historique, qui obligeait l'entreprise à vendre après casser son électricité
01:34à des revendeurs qui allaient ainsi pouvoir lui soustraire des clients et s'enrichir
01:39en n'ayant pas produit le plus petit watt pour assurer une fiction de concurrence.
01:45Des décennies à creuser la dette d'EDF pour enrichir des opérateurs privés,
01:49à laisser se délabrer la filière nucléaire pour complaire à des voisins allemands
01:53qui misaient sur le gaz russe, parce qu'ils avaient parfaitement compris,
01:56contrairement à leurs gentils voisins, que l'énergie bon marché est une condition
02:00sine qua non de la puissance industrielle.
02:04Des décennies à se plier aux injonctions d'une commission européenne
02:07obsédée par la dérégulation des services publics et des monopoles d'État.
02:11Des décennies à se plier aux oucasses de leaders écologistes médiocres
02:15refusant de concevoir que des énergies intermittentes ne sauraient répondre
02:20aux besoins d'un grand pays, sauf à le vider de ses usines
02:24pour importer des produits venus de pays où les centrales à charbon ne sont pas un problème.
02:29Et puis arrive la guerre en Ukraine.
02:31L'Europe, pour marquer sa solidarité avec le pays agressé,
02:35choisit de limiter ses importations de gaz russe.
02:38Sauf qu'elle n'a rien prévu, rien anticipé.
02:41Dans la panique, on se tourne vers les États-Unis,
02:43ravis de vendre à prix d'or ce gaz naturel liquéfié,
02:46issu de gaz de schiste dont le vieux continent ne voulait pas quelques mois auparavant.
02:51Comme l'a expliqué l'expert en politiques industrielles, Olivier Luancy,
02:55devant la Commission des affaires économiques du Sénat,
02:58le mégawatt-heure de gaz aux États-Unis coûte 6 à 7 euros.
03:02Arrivé en Europe, il coûte 40 euros.
03:04Après application de la taxe sur les quotas de CO2, il est vendu 65 euros sur le marché,
03:09soit un rapport de 1 à 10 entre les États-Unis et l'Europe.
03:14Brant le bas de combat, il s'agit de remettre en état le parc nucléaire
03:17qu'on avait entrepris de réduire.
03:19D'enfin se battre contre la volonté des Allemands
03:22pour imposer dans la taxonomie européenne
03:25de faire reconnaître le nucléaire comme énergie décarbonée
03:29et d'annoncer la construction de 6 EPR de nouvelle génération.
03:34Hélas, il faut dans le même temps venir en aide aux TPE, PME et aux foyers français
03:39qui voient le prix de leur électricité exploser
03:43parce que les Allemands ont réussi à faire accepter à leurs partenaires français
03:46une fixation européenne du prix de l'électricité
03:48qu'ils indexent sur le prix du gaz.
03:51On dégaine donc des chèques énergie payés à coup de déficit.
03:55Et voilà bien l'équation insoluble.
03:58L'État demande à EDF de fournir de l'électricité nucléaire
04:02à prix coûtant aux entreprises,
04:04donc de réduire ses marges,
04:06tout en investissant des milliards dans les futurs EPR
04:09alors même que les décrets et les décisions concrètes se font attendre.
04:14On peut certes se réjouir d'une prise de conscience,
04:17même tardive, de l'enjeu vital que constitue le nucléaire.
04:20Le communiqué consécutif au CPN du 17 mars
04:24qui évoque la relance des recherches sur la fermeture du cycle
04:29laissera cependant un goût amer
04:31à ceux qui, dans l'indifférence générale,
04:34avaient déploré l'abandon en 2019 du projet Astrid,
04:37c'est-à-dire justement la recherche sur les réacteurs
04:40utilisant le plutonium et l'uranium appauvri
04:43pour limiter les besoins de matières premières
04:46que la France ne possède pas.
04:47Puisque la conjoncture devient chaque jour plus incertaine,
04:52un gouvernement doit s'appuyer sur quelques certitudes
04:55qui définissent un État souverain.
04:57La première est que la France n'aura pas
05:00les moyens économiques et industriels de se réarmer
05:03si elle ne développe pas, non pas uniquement,
05:06les industries et technologies de rupture
05:08ou celles qui attirent les investisseurs étrangers,
05:11mais l'ensemble de son tissu industriel
05:14partout sur son territoire.
05:15Et pour ce faire, le premier enjeu est de garantir à ces entreprises
05:20une énergie bon marché en tenant compte du fait
05:24que les besoins en électricité vont augmenter
05:26et qu'il faut donc investir massivement
05:28dans une énergie décarbonée et non intermittente,
05:32le nucléaire.
05:34Quitte à imposer à Berlin et Bruxelles
05:36la défense de nos intérêts
05:38et de ceux de notre opérateur historique EDF
05:40et le refus, par exemple, de la mise en concurrence
05:44de nos barrages hydroélectriques.
05:46Parce que la souveraineté, ce n'est pas un slogan,
05:49mais un programme concret.
05:50Sous-titrage Société Radio-Canada
05:55Sous-titrage FR ?

Recommandations