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00:00On va commencer évidemment par la joie, la joie à des familles, des otages,
00:03parce qu'évidemment c'est cela que nous célébrons ce soir,
00:06l'explication et surtout l'émotion avec Julia Ferranté.
00:15Après plus de deux ans, ils peuvent enfin serrer leur fils dans les bras.
00:21Etan Mor, 25 ans, fait partie des 20 derniers otages vivants relâchés par le Hamas ce matin.
00:27Des pleurs de soulagement pour la mère de Matan Zengoker, elle aussi désormais réunie avec son fils.
00:35Quelques heures plus tôt, elle avait pu lui parler au téléphone pour la première fois depuis deux ans.
00:40Matan, tu ne vas pas y croire mon amour, tout ira bien, il n'y aura plus de guerre, vous allez tous rentrer à la maison.
00:46Tout le monde mon amour, c'est fini, la guerre est finie.
00:51Cette fois, les libérations se sont faites sans mise en scène du Hamas, comme l'exigeait l'accord de trêve.
00:58Dès leur libération, chacun des otages a été transporté à l'hôpital Ichilov pour examen médical.
01:05Sur la place des otages, les scènes de liesse se multiplient au fur et à mesure de l'arrivée des derniers captifs.
01:11C'est tout un pays qui, deux ans après le massacre du 7 octobre, voit ses derniers enfants rentrer à la maison.
01:17Voilà pour la joie, évidemment, des familles et des otages.
01:21Regine Delfour, vous êtes sur place avec Thibaut Marcheteau à Tel Aviv.
01:24Il y a beaucoup de joie aujourd'hui, mais il y a aussi les dépouilles des otages qui sont morts en captivité et qui n'ont pas été restructés aux familles.
01:30Oui, absolument, Laurence. Il y a beaucoup de joie, mais il y a aussi cette inquiétude,
01:38puisque dans cet accord, il y avait 48 otages qui devaient rentrer en Israël.
01:43Donc il y a eu les 20 otages vivants.
01:44Ça, c'est un soulagement, évidemment, pour toute la population.
01:48Mais il y a les 28 corps des otages.
01:52Alors on sait que la Croix-Rouge a remis à l'armée israélienne deux corps.
01:58Il était censé y avoir quatre corps remis.
02:01Et pour le moment, il n'y a que deux corps, en fait, qui ont été remis.
02:04Donc l'inquiétude est de savoir qu'est-ce qui va se passer.
02:07Le Hamas dit qu'en fait, ils ont des difficultés à trouver les corps.
02:11Au début, ils avaient parlé de neuf corps, mais là, ça devient beaucoup plus important.
02:14Il semblerait qu'ils fassent intervenir des experts pour pouvoir retrouver les corps.
02:19Et ça, c'est une énorme inquiétude, Laurence, par rapport à ça.
02:22Et puis, donc, il y a cette libération.
02:25C'est un jour historique, mais ce n'est pas la fin,
02:27puisque vous savez qu'il y a la nouvelle phase avec le démantèlement,
02:31notamment du Hamas.
02:32Mais il y a aussi la société civile qui est totalement meurtrie.
02:37On parle aussi d'une génération sacrifiée,
02:39puisqu'il y a près de 914 soldats des jeunes d'une vingtaine d'années.
02:44qui ont été tués pendant cette guerre.
02:46Il y a aussi, vous l'avez souligné, de nombreux suicides en Israël.
02:50Donc, il va falloir maintenant, désormais, réapprendre après ce 7 octobre 2023.
02:56Réapprendre à vivre.
02:57Merci beaucoup, Arjine Delphoix.
02:58Vous avez raison.
02:59Il faut réapprendre à vivre.
03:00Ce n'est pas simple.
03:01Je disais que, et vous l'avez confirmé,
03:02un rescapé s'est donné la mort après cette semaine,
03:08parce que parfois, vivre le retour à la normale est plus compliqué que la captivité.
03:13On pense évidemment à tous ces familles qui sont à la fois dans la joie
03:16et dans le désespoir pour ceux qui ne sont pas rentrés.
03:19On va juste écouter Donald Trump.
03:20Il était le héros aujourd'hui en Israël.
03:23Il était à la Knesset, qu'il a applaudi debout.
03:26Écoutez-le, affirmez que c'est la fin de l'âge de la terreur dans la région.
03:31Ce n'est pas seulement la fin d'une guerre.
03:37C'est la fin de l'âge de la terreur et de la mort.
03:40Et le début de l'âge de l'espoir, de la foi et de Dieu.
03:44C'est le commencement d'une grande concorde harmonieuse pour Israël
03:50et toutes les nations qui font partie de cette merveilleuse région.
03:59Je pense que nous avons là l'aube du Moyen-Orient.
04:05J'aimerais remercier un homme très courageux
04:09qui a été essentiel pour concrétiser ce jour.
04:13Vous savez de qui je parle, le Premier ministre Benjamin Netanyah.
04:20Voilà, Donald Trump qui félicite Benjamin Netanyahou.
04:24Gauthier Lebrecht, une journée historique évidemment au Proche-Orient
04:27avec ce sommet en Égypte aussi qui se poursuit.
04:30Absolument, une journée très émouvante.
04:32Et le discours aussi de Benjamin Netanyahou à la Knesset
04:34dit tirambique sur le président américain.
04:38Évidemment, le contraste avec la politique française
04:40et le poids de la France fait terriblement mal
04:43puisque Trump, ça ne marche pas à tous les coups.
04:45Sa volonté d'imposer la paix partout dans le monde
04:48avec évidemment Poutine, ça n'a pas fonctionné pour l'heure.
04:50Le chancelier Mers lui demande même de régler la guerre en Ukraine.
04:54C'est devenu l'homme de l'affaire.
04:56Ça fonctionne plus que ça ne rate.
04:58C'est-à-dire que Pakistan, Inde, ça a fonctionné.
05:00Ça aurait pu être un conflit nucléaire.
05:03Azerbaïdjan, Arménie, ça a fonctionné.
05:04Ça s'est signé dans le bureau Oval.
05:06Et aujourd'hui, la libération de tous les otages
05:10alors qu'il était déjà responsable d'une première vague de libération
05:13au moment où il entrait à peine dans le bureau Oval.
05:16Et ce que disait Benyamin Netanyahou, c'est que dès qu'il est retourné dans le bureau Oval,
05:20ça a tout changé.
05:22Et non seulement la France n'a pas joué un rôle dans cet accord en 20 points,
05:27mais pire que ça, la diplomatie américaine et la diplomatie israélienne
05:32accusent Emmanuel Macron d'avoir fait retarder l'accord Trump
05:36en reconnaissant un État palestinien parce que ça a renforcé le Hamas.
05:40Et ce qu'a dit Benyamin Netanyahou aujourd'hui et même Trump,
05:44c'est que les bombardements iraniens que la France non plus n'a pas soutenus
05:48a permis cet accord parce que si...
05:49Les bombardements de l'Iran ?
05:51Oui, contre l'Iran.
05:53Américains sur l'Iran.
05:54Si Trump, et Israéliens, si Trump n'avait pas bombardé l'Iran,
06:01évidemment l'Iran aurait eu la bombe atomique
06:03et ça aurait complètement renforcé le Hamas
06:06parce qu'évidemment en lien avec l'Iran.
06:07Donc la France, en fait, a fait n'importe quoi
06:10et n'a pas joué un rôle dans l'accord de Trump.
06:13Ça c'était la politique, vous avez raison, il faut en faire.
06:15Julien Drey, votre première réaction, c'est d'abord, j'imagine, la joie.
06:18Oui, la joie et en même temps une pensée pour ceux qui ne sont pas revenus
06:23et notamment les corps qui ne sont pas rendus.
06:26D'ailleurs, on cherchera à savoir s'ils vont les rendre
06:28et s'ils ne les rendent pas, pourquoi ils ne les rendent pas.
06:30Israël a libéré plus de 2000 détenus aujourd'hui.
06:32Voilà, donc je crois qu'on est partagé par ce sentiment-là.
06:37Je pense, pour tous ceux qui ont vécu le 7 octobre
06:41et toutes ces conséquences, c'est très intime
06:42et notamment pour tous les Juifs du monde entier
06:45parce que c'est comme ça que ça s'est passé.
06:46Et donc cette joie et cette exaltation qu'on a vue sur les visages,
06:51elle renvoie à tout ce qui vient de se passer depuis deux ans.
06:53Alors ça n'efface pas tout, mais voilà.
06:56Mais si vous me permettez, je dirais une chose dans ce jour particulier.
07:00Il n'y aura pas de pardon.
07:02En tous les cas, de ma part, il n'y aura pas de pardon.
07:04Pour tous ceux qui, pendant ces deux années,
07:06ont craché sur le peuple juif, sur la terre.
07:09Voilà.
07:10Ça ne veut pas dire qu'il y aura la vengeance,
07:12ce n'est pas notre sentiment.
07:13Et on n'oubliera pas.
07:14Et je n'oublierai pas.
07:15Et je crois qu'on ne va pas être nombreux.
07:16Vous pensez à qui, Julien Drey ?
07:17Je pense à toutes ces forces politiques,
07:18à tous ces individus qui,
07:20y compris encore dans les heures qui viennent de s'écouler,
07:23sur la toile,
07:24continuent à, je dirais,
07:27à donner toutes les interprétations possibles.
07:28Et qui d'ailleurs, devant des évidences,
07:30parce que ce qui s'est passé ces deux derniers jours
07:32est assez intéressant.
07:34On nous a dit,
07:35on demande le désarmement du Hamas.
07:36Mais regardez le fait que le Hamas garde des armes,
07:39ce que ça produit.
07:40Bien sûr.
07:40Parce que ce sont les armes du Hamas
07:42qui assassinent aujourd'hui.
07:43Les Gazaouis qui voudraient s'émanciper
07:45ou sortir de cette dictature.
07:47Et c'est, à nouveau,
07:49la tentation très forte
07:50de réinstaller ces bandes-là.
07:53Voilà.
07:54Donc, c'est ce sentiment-là.
07:56Donc, vous ne pardonnez pas à ceux
07:57qui ont parlé de génocide,
07:58qui ont parlé de déportation
08:00pour la flottille à Gaza, par exemple ?
08:02Moi, je ferai une flottille aujourd'hui
08:03pour libérer Gaza du Hamas.
08:05Si vous voulez,
08:06pour aider tous les peuples
08:08là qui sont aujourd'hui
08:09sous cette contrainte-là.
08:11Et puis, si vous me permettez,
08:12ça c'est la politique
08:13qui reprend le dessus.
08:15J'ai regardé le show
08:17de Trin-Paknac-Nesset.
08:19Et franchement,
08:20bon, après,
08:20on peut critiquer,
08:22avoir des choses,
08:22mais ce type est incroyable.
08:25Incroyable.
08:25Parce qu'il parle une heure sans note,
08:27il parle de tout le monde.
08:28C'est comme si c'était
08:29une conversation à la maison.
08:31Il se permet même de dire,
08:32bon, pour les cigars
08:33et le whisky et le champagne,
08:35vous pouvez lui pardonner quand même,
08:36vous avez vu ce qu'il a fait.
08:37Et tout le Parlement
08:38se lève et applaudit.
08:39Voilà.
08:40Donc, je sais que ça va écorcher
08:42peut-être la bouche de certains,
08:44mais moi, je le dis...
08:44Bonne conscience de gauche.
08:46De gauche ou de...
08:47Je dis,
08:48il a été là.
08:50Et il a fait le job.
08:51Voilà.
08:51Je faisais une remarque après.
08:53Moi, j'étais par ailleurs
08:54au fond de moi-même
08:55quand même un peu triste.
08:56Parce que j'aime la France
08:57et j'aurais aimé
08:58qu'elle soit au centre
09:00de ce qui s'est passé.
09:01Et elle ne l'était pas aujourd'hui.
09:02François Pétonneau.
09:03Non, moi, j'ai beaucoup d'émotions de joie,
09:05mais je vous le disais tout à l'heure,
09:06ce qui est impressionnant,
09:07mais pour bien connaître Israël
09:08et le peuple juif,
09:09c'est qu'ils avaient annoncé,
09:10ils avaient dit,
09:11on ne lâchera pas,
09:11on ira jusqu'au bout.
09:13Tant qu'il y en a un
09:14qui sera encore détenu,
09:16on ira le libérer.
09:17Personne ne les croyait vraiment
09:18en disant,
09:18mais ce n'est pas normal,
09:19c'est scandaleux.
09:20Ils se sont mis au banc des nations.
09:22Parce que c'est ça,
09:22Julien,
09:23de dire qu'il faut voir
09:24ce qui a été dit,
09:26ce qu'on a pu raconter
09:27et ils ont tenu bon.
09:28Parce que de toute façon,
09:30ça fait partie de leur ADN.
09:31C'est d'aller jusqu'au bout
09:32et de n'en abandonner aucun.
09:34Et moi, je dis bravo.
09:35Après, ils l'ont fait grâce à Trump
09:37qui a su l'entendre et le comprendre.
09:39Mais voilà,
09:40c'est aussi la leçon
09:40qu'ils ont donnée aujourd'hui.
09:41Rachel Kahn, rapidement,
09:43sur cette journée extraordinaire.
09:45Extraordinaire.
09:46On se force un petit peu
09:49à rester en joie,
09:50comme vous l'avez souligné.
09:52C'est vraiment de mettre la lumière
09:55sur ceux qui sont revenus,
09:56même s'il y a une douleur
09:57et une tristesse à l'intérieur.
09:59On est passé enfin au 8 octobre,
10:02après deux ans bloqués
10:03dans le 7 octobre.
10:04Et effectivement,
10:05c'est pareil que Julien,
10:07on n'oubliera pas.
10:08On n'oubliera pas
10:09parce que ce qui s'est passé
10:11depuis le 7 octobre 2023,
10:13c'est ce qui s'était déjà passé
10:14en France et en Europe
10:15dans les années 40.
10:17Et on n'oubliera rien
10:18parce qu'on n'a pas le droit
10:19d'oublier.
10:19On n'a pas le droit
10:20d'oublier les personnes
10:21qui sont tombées,
10:22les victimes,
10:23les femmes,
10:24les personnes dans les kiboutzim,
10:25les soldats.
10:27Et aujourd'hui,
10:28moi je suis marraine
10:29du Kéren Ayessod,
10:30aujourd'hui,
10:30il va falloir reconstruire Israël
10:32pour que Israël vive.
10:34Si vous permettez,
10:35je voudrais faire une remarque.
10:35Rapidement, Julien.
10:37J'ai entendu beaucoup de choses
10:38sur ces news.
10:39On me reproche souvent
10:40d'y venir,
10:42les qualificatifs.
10:43Mais moi,
10:43je voudrais remercier la chaîne
10:44parce que pendant deux ans,
10:45elle a tenu bon.
10:47Parce que vous-même,
10:47et je vous en remercie,
10:49chaque fois que je venais,
10:50vous rappeliez
10:50le sort des otages.
10:52Il n'y en a pas beaucoup
10:52qui ont eu ce courage-là
10:53et cette force-là.
10:54Donc je leur dis bravo.
10:55Merci.
10:56Doda Rabat.
10:57Merci.
11:01Punchline,
11:0118h-19h,
11:03Laurence Ferrari
11:04sur CNews et Europe 1.
11:1018h42,
11:10de retour dans Punchline
11:11sur CNews et sur Europe 1,
11:12toujours avec Louis de Ragnel
11:13et Rachel Kahn.
11:14On a le plaisir d'accueillir
11:15ce soir Bernard-Henri Lévy.
11:16Bonsoir à vous.
11:16Bonsoir.
11:17C'est vous que j'avais envie
11:18d'entendre ce soir,
11:19Bernard-Henri Lévy,
11:19pour évoquer ce jour de joie
11:21en Israël
11:22puisque 20 otages vivants
11:23ont été libérés.
11:24On va juste écouter
11:25un tout petit extrait
11:25des retrouvilles des familles
11:27et vous allez me dire
11:28votre sentiment.
11:29Peut-être qu'il est mélangé
11:30ce sentiment
11:30à la fois de la joie
11:31mais encore de l'inquiétude.
11:32On écoute d'abord
11:33ces familles qui se retrouvent.
11:34Sous-titrage Société Radio-Canada
11:35Sous-titrage Société Radio-Canada
11:38Sous-titrage Société Radio-Canada
11:39Sous-titrage Société Radio-Canada
11:39Sous-titrage Société Radio-Canada
11:40Sous-titrage Société Radio-Canada
11:41Sous-titrage Société Radio-Canada
11:42Sous-titrage Société Radio-Canada
11:43Sous-titrage Société Radio-Canada
11:44Sous-titrage Société Radio-Canada
11:46Sous-titrage Société Radio-Canada
12:16Moi je suis de ceux
12:19qui depuis deux ans
12:20attendent ce moment.
12:21Chaque matin, chaque soir
12:22j'y pense à toutes les heures
12:24du jour évidemment.
12:26C'est un moment extraordinaire.
12:29Extraordinaire.
12:30D'émotion, de grandeur.
12:34Une victoire aussi.
12:36Une victoire morale,
12:37une victoire politique,
12:38une victoire spirituelle.
12:40C'est une grande, grande, grande victoire
12:42et un grand bonheur.
12:43Une victoire de Donald Trump
12:44et de Benjamin Netanyahou.
12:46Bah oui.
12:47Bah oui, qu'est-ce que je vous dis ?
12:48Oui, oui, oui.
12:50Il faut reconnaître
12:51quand les choses sont vraies,
12:53il faut les reconnaître.
12:54Je suis pas...
12:55Je suis loin d'être
12:56un partisan de Donald Trump
12:59mais je dois dire
13:00que là il a réussi.
13:01Et il a réussi d'ailleurs
13:02pas par grâce divine.
13:05Il a réussi parce qu'il a eu
13:06l'intuition politique juste.
13:08C'est-à-dire qu'il est...
13:09Pour la première fois,
13:10il a fait un geste très simple.
13:12Tout le monde jusque-là
13:13faisait pression sur Israël.
13:16Je joue au soir et matin.
13:17Pression sur Israël.
13:18La France en brumée.
13:19Et lui, là,
13:21il a fait pression sur le Hamas.
13:22Et encore mieux que sur le Hamas,
13:24il a fait pression
13:25sur ceux qui ont barres
13:26sur le Hamas.
13:27C'est-à-dire le Qatar,
13:29l'Égypte, la Turquie.
13:31Et ça, c'était la bonne idée.
13:33Parce qu'à la minute même,
13:35le Hamas a été menacé d'asphyxier,
13:37l'asphyxie, l'a senti
13:38et a plié.
13:40En tout cas, pour l'instant.
13:41Absolument.
13:42Et justement,
13:43on en est,
13:43une nouvelle phase s'ouvre désormais.
13:46On a parlé des otages vivants.
13:47Tout de même,
13:48rappelons que les dépouilles
13:49des otages qui sont morts
13:51en détention
13:52n'ont pas été rendus.
13:53Seulement deux, pour l'instant,
13:54ont été remises à Tzahal.
13:55Ça, c'est aussi une part de l'accord
13:57que le Hamas n'a pas respecté.
13:59Bernard-Henri Lévy.
13:59Oui.
14:00Et vous savez,
14:01non seulement c'est une part de l'accord,
14:03mais c'est très important.
14:05Je ne suis pas sûr que les gens comprennent toujours
14:07pourquoi c'est si important
14:09pour Israël
14:11de récupérer
14:13les dépouilles
14:15des otages morts.
14:17C'est que justement,
14:18pour Israël,
14:21dans la tradition juive,
14:23mais au fond,
14:24dans la civilisation en général,
14:25c'était pareil à Athènes
14:26à l'époque d'Antigone et de Créon,
14:29un corps sans sépulture,
14:31c'est une malédiction.
14:33Un corps,
14:33ce n'est pas seulement un corps.
14:35Un corps,
14:36ce n'est pas juste une dépouille.
14:37Vous savez,
14:37il y a un mot
14:38dans la tradition juive
14:40qui dit qu'il y a un honneur des corps,
14:43un kavod du corps
14:45et du corps mort.
14:47C'est parce qu'il est l'enveloppe de l'âme,
14:51parce que l'âme est condamnée à errer
14:53tant que le corps est abandonné
14:56ou livré aux chiens.
14:57Donc, ça, c'est un principe
14:59dont Israël, aujourd'hui,
15:02est un des gardiens,
15:03mais qui est à la base des civilisations.
15:05Antigone,
15:06quand elle se révolte contre Créon
15:07dans la fameuse pièce de Sophocle,
15:10elle se révolte pourquoi ?
15:12Parce que Créon a décidé
15:14de ne pas enterrer Polynis.
15:17Créon a décidé que,
15:18pour le punir de s'être rebellé
15:20contre son pouvoir,
15:22il laisserait Polynis
15:23abandonné au chacal.
15:25Eh bien, elle préfère mourir
15:27plutôt que de laisser Polynis
15:29sans sépulture.
15:31Donc, pour Israël, c'est capital.
15:33Ce n'est pas seulement une question juridique
15:35qu'il y a un accord
15:36et que c'est la phase 2 ou la phase 3.
15:38C'est que c'est au cœur
15:39de l'âme d'Israël
15:41et, je crois, des grandes civilisations.
15:43Pour autant,
15:44est-ce que la solitude d'Israël
15:46est brisée ?
15:46Vous avez écrit un livre là-dessus.
15:49Israël a été mis au banc des nations
15:51pendant ces deux années de guerre,
15:52notamment à Gaza.
15:53Est-ce que le piège qui s'est refermé
15:55sur Israël le 7 octobre 2023
15:56s'est entrouvert à nouveau,
15:58Bernard-Henri Lévy ?
15:59Peut-être.
16:00Peut-être.
16:01J'ai eu ce sentiment-là.
16:03C'est bien de le dire ainsi.
16:05J'ai eu ce sentiment
16:06depuis un jour ou deux.
16:08Et pour une raison simple,
16:10c'est qu'Israël a tenu bon,
16:13mis au banc des nations,
16:15conspué, diffamé,
16:17nazifié,
16:19accusé de toutes les abominations,
16:21de créer la famine,
16:23d'être responsable de la génocide.
16:26Et Israël a tenu bon.
16:28Et Israël a tenu bon
16:29pour deux raisons.
16:31Un, pour ramener,
16:32donc vivant ou mort,
16:33ses otages.
16:34Et deux,
16:35parce qu'Israël savait
16:36qu'il jouait
16:37une histoire de vie ou de mort.
16:40Que si le Hamas n'était pas défait,
16:42ce tout petit Israël,
16:44ce tout petit pays,
16:45était condamné.
16:47Et donc cette idée
16:49d'un Israël courageux,
16:51de soldats de Tzahal
16:52qui, sous les crachats du monde,
16:55ont continué
16:56de faire ce qu'ils avaient à faire,
17:00je crois que ça a fini,
17:01en effet,
17:02par impressionner
17:02un certain nombre de gens.
17:04Et on le voit à Charmelschek.
17:05À Charmelschek,
17:06il n'y a pas que Donald Trump,
17:07il y a du monde.
17:09Et les États arabes de la région
17:11qui, je pense,
17:13reconnaissent une certaine grandeur
17:15à cet acharnement d'Israël
17:18à défendre son droit.
17:21Benjamin Netanyahou
17:22a souvent dit
17:22qu'Israël était la pointe
17:24qui avançait
17:25de la lutte contre l'islamisme.
17:27Vous êtes d'accord avec ça ?
17:28Oui,
17:28il y en a d'autres,
17:31des pointes avancées.
17:32Mais bien sûr,
17:33Israël joue de partie
17:35sa propre survie.
17:37Encore une fois,
17:38Israël est si petit
17:40et entouré de voisins
17:41si puissants
17:42et si toxiques
17:44et si nocifs,
17:44et par parenthèse,
17:46je ne suis pas sûr
17:47que la partie soit terminée
17:48avec l'Iran.
17:49On en reparlera,
17:50hélas,
17:51peut-être dans quelques semaines.
17:53Et puis Israël,
17:54oui,
17:54joue une bataille
17:55de civilisation.
17:56Je vous en donnais un exemple.
17:58Cette question des morts,
17:59des dépouilles,
18:00c'est extrêmement intéressant.
18:02Là,
18:02on est au cœur
18:03d'une bataille de civilisation.
18:05Est-ce que le Hamas
18:06se soucie de ses propres morts ?
18:08Est-ce qu'ils en font
18:09une question de principe
18:14et de morale ?
18:16Je ne suis pas sûr.
18:17Donc, bien sûr,
18:18Israël est à la pointe
18:19d'une vraie bataille
18:20contre la barbarie,
18:22contre la cruauté
18:23et pour la dignité
18:25de l'humain.
18:26C'est ça qui se joue
18:27depuis deux ans.
18:28Au corps défendant d'Israël,
18:30je crois qu'Israël
18:31se passerait bien
18:31d'être cette pointe avancée
18:33d'un combat
18:34contre l'islamisme
18:35et la barbarie.
18:35Mais enfin,
18:37ce rôle,
18:38cette fatalité,
18:39ce rôle lui incombe,
18:42il l'assume.
18:43Louis Dranel,
18:44peut-être une question
18:44sur la position
18:45d'Emmanuel Macron
18:45et de la France.
18:46Oui,
18:46avant cette question,
18:48Bernard-Henri Lévy,
18:49on a vu les scènes
18:51de réjouissance,
18:52mais on entend aussi
18:53les voix un peu d'inquiétude,
18:55notamment par rapport
18:56à la question de Gaza.
18:57Est-ce que Gaza
18:58sans le Hamas,
18:59c'est réellement possible ?
19:00Est-ce qu'une nouvelle
19:01administration
19:03de l'autorité palestinienne,
19:04c'est possible ?
19:05Il y a aussi
19:05toutes ces questions
19:06qui sont posées.
19:06Comment est-ce que vous
19:07vous situez, vous,
19:08par rapport à ça ?
19:09Je me situe...
19:12Je pense qu'il n'y a
19:14pas d'autre solution.
19:16On ne peut pas imaginer
19:18un Gaza qui reste
19:20sous la férule du Hamas.
19:21Regardez ce qui s'est passé
19:22depuis ce matin,
19:23depuis quelques heures.
19:25Les règlements de comptes
19:27ont commencé.
19:29Le Hamas a commencé
19:29de liquider
19:30des soi-disant
19:32collaborateurs d'Israël,
19:33c'est-à-dire des candidats,
19:35des postulants
19:36au pouvoir
19:37et la guerre civile
19:41commence.
19:41Donc, de quelque manière
19:43que vous preniez le problème,
19:44en termes de politique
19:45intérieure palestinienne
19:47ou en termes de danger
19:48pour Israël,
19:49il est impensable
19:50que le Hamas
19:51demeure,
19:52d'une manière
19:52ou d'une autre,
19:53aux commandes
19:53de quoi que ce soit.
19:55Et ça, ça va être
19:55la partie la plus difficile
19:57de l'affaire.
19:58Aujourd'hui, évidemment,
19:59et à juste raison,
20:00moi le premier,
20:00tout le monde pavoise,
20:02tout le monde est heureux,
20:03tout le monde exulte.
20:05Mais à partir de demain,
20:07la partie la plus délicate
20:08de l'histoire va commencer.
20:10Comment désarmer le Hamas ?
20:12Comment contraindre
20:13ces derniers commandants
20:14à l'exil ?
20:15Comment les faire sortir
20:16des tunnels ?
20:18Comment faire en sorte
20:19qu'ils reconnaissent
20:20leur défaite ?
20:22Et c'est très important
20:23parce qu'en reconnaissant
20:24leur défaite,
20:25ils briseront
20:26cette espèce
20:26d'aura maléfique
20:28dont ils jouissent
20:30dans la région,
20:32dans le reste
20:33du monde arabe
20:33et parfois
20:34dans la rue occidentale.
20:36On parle toujours
20:36de la rue arabe
20:37et il y a aussi
20:37la rue occidentale
20:38où le Hamas apparaît
20:39comme une force de résistance.
20:41Il est capital
20:42pour tout le monde,
20:43y compris à Paris,
20:44y compris à New York,
20:45que le Hamas soit défait,
20:47que sa défaite
20:49soit sans conteste.
20:51Voilà.
20:52Et ça,
20:52c'est ce qui se joue
20:53à partir de demain.
20:54Et sur la position
20:55d'Emmanuel Meku
20:56et sur la position
20:57d'Emmanuel Macron,
20:58cette reconnaissance
20:59d'un État de Palestine,
21:00est-ce que c'était
21:00pas contre-productif ?
21:01Et j'en ai parlé
21:02ici même à vous,
21:03je vous ai dit
21:05et j'ai toujours dit
21:06que ça me paraissait
21:08et je l'ai dit
21:09surtout à lui-même
21:10dans un dîner
21:10dont la presse
21:11s'est fait l'écho
21:12où j'étais pas seul,
21:13où j'étais face
21:14à mon camarade
21:15Finkielkraut
21:15qui lui trouvait
21:16que c'était une très bonne idée
21:17de reconnaître
21:17la Palestine.
21:18Moi, j'ai dit
21:19en face au président Macron
21:20que je pensais
21:20que c'était une idée
21:21funeste,
21:23que maintenant,
21:23ça servait à rien
21:24et que ça allait
21:26dans le mauvais sens.
21:27Un État palestinien,
21:29le jour où le Hamas
21:30sera effectivement éliminé,
21:32le jour où l'autorité
21:33palestinienne
21:34sera refondée
21:36de fond en comble,
21:37le jour où il y aura
21:38une nouvelle autorité
21:40qui émergera,
21:41là oui, bien sûr,
21:43pourquoi pas ?
21:43Mais là, maintenant,
21:44comme ça,
21:45avec ces gens-là
21:46aux affaires,
21:48c'est impensable.
21:49Donc c'est moralement impensable
21:51et c'est politiquement
21:52du temps perdu.
21:53Ça ne sert à rien.
21:54Voilà.
21:55Ce qu'il fallait faire,
21:56il y a 15 jours,
21:56c'était libérer les otages,
21:58arrêter les combats,
22:00arrêter aussi
22:01les victimes civiles
22:02palestiniennes
22:03parce que c'est inévitable.
22:04Il y en a trop.
22:05C'est ça l'urgence.
22:06Ce n'est pas de déclarer
22:07un État palestinien
22:08pour l'agneau nunca,
22:10comme disent les Mexicains,
22:12mes amis.
22:12Une question de Rachel Kahn.
22:14Vous avez parlé
22:15de la Nechama
22:15et de la civilisation,
22:16de l'âme
22:17et de la civilisation.
22:19La civilisation aussi,
22:20c'est le droit.
22:20Est-ce que vous pensez
22:22que le droit international
22:23aujourd'hui
22:24répond à son devoir
22:26de civilisation ?
22:28Non.
22:28Le droit international
22:29est foulé au pied
22:33par ceux
22:34qui en sont les garants.
22:35Vous savez,
22:36quand on annonce
22:37que va entrer
22:37au Conseil des droits
22:39de l'homme
22:39des Nations Unies
22:40un représentant
22:42du Pakistan,
22:44c'est une blague.
22:46Quand les garants,
22:49quand la Cour pénale
22:50internationale,
22:51pas le tribunal
22:51de la École,
22:52la Cour pénale
22:53internationale,
22:54inculpe,
22:55il y a un an,
22:56Israël,
22:57le premier ministre
22:58Israël,
22:58Netanyahou,
22:59au même titre
23:00que feu le commandant
23:02du Hamas,
23:03Yahya Sinoir,
23:04au nom du droit,
23:06on se dit que ces gens,
23:07ce n'est pas le droit
23:08qui est en cause.
23:09Ce sont les gardiens
23:10du droit
23:11qui se fourvoient,
23:13qui le foulent
23:14au pied
23:14et qui l'insultent.
23:16Donc aujourd'hui,
23:17nous avons un droit
23:17international
23:18auquel moi je crois,
23:19moi j'ai beaucoup cru
23:20et je continue
23:23de croire par exemple
23:23à la justice internationale,
23:25mais il faut
23:26des bons gardiens
23:27pour qu'une justice
23:28soit bonne.
23:30Et aujourd'hui,
23:30ce n'est pas le cas.
23:31Ces Nations Unies
23:32ont perdu tout honneur,
23:34ces grandes institutions
23:35internationales
23:36sont perdues.
23:39C'est ça
23:39la vraie question.
23:41Est-ce que vous allez
23:42pardonner à tous ceux
23:43qui depuis deux ans,
23:44vous le disiez,
23:45ont nazifié Israël,
23:46ont parlé de génocide,
23:47certains disent
23:48ni oublie ni pardon.
23:49C'est quoi votre position
23:50à vous,
23:51Bernard-Henri Lévy ?
23:52Je pense à certains
23:53politiques de gauche
23:54en France.
23:56Ni oublie.
23:57J'espère surtout
23:59qu'eux-mêmes
23:59arriveront
24:01à vivre,
24:03à continuer
24:03à faire de la politique,
24:05à continuer
24:06éventuellement
24:07à nous donner
24:08des leçons
24:09après toutes
24:10les horreurs,
24:13les imbécilités
24:14qu'ils ont proférées
24:15depuis deux ans.
24:16c'est eux,
24:17leur question,
24:17ils sont face
24:18à leur conscience.
24:19De toute façon,
24:19vous savez,
24:20c'est des gens
24:20avec lesquels
24:21de toute manière
24:22je n'ai rien de commun.
24:24Mais le problème,
24:24c'est eux.
24:25Comment on fait
24:25pour continuer
24:27à parler,
24:30à s'adresser
24:30à ces concitoyens
24:31quand on a proféré
24:34de telles
24:35insanités,
24:37quand on a
24:38insulté
24:39les victimes
24:40du 7 octobre,
24:41quand on a mis en doute
24:42la parole
24:42des femmes violées,
24:43quand on s'est moqué
24:44de telle ou telle victime
24:48ou toute petite victime
24:49du 7 octobre,
24:50comment on fait ?
24:51C'est à eux
24:54que je pense.
24:54Comment ils vont faire
24:55pour vivre avec ça ?
24:56J'ai peur qu'ils vivent
24:57très bien avec...
24:57Non, non, non.
24:58Ils ont justifié
24:59l'antisémitisme en France
25:00qui explose ?
25:02Non, ils l'ont fait plus
25:04que le justifié.
25:05Ils l'ont alimenté.
25:08Ils l'ont mis
25:10du charbon
25:11dans la chaudière.
25:13Ils se sont conduits
25:14comme des incendiaires
25:16des esprits.
25:17On ne peut pas impunément
25:19tenir des meetings,
25:22aller à la télévision,
25:24faire des déclarations
25:25où on dit que tous les Juifs
25:26sont complices d'Israël,
25:28que toute Israël
25:29est un État génocidaire
25:31et que les Palestiniens
25:32sont celles de la terre
25:33et puis après s'étonner
25:34qu'il y ait des abrutis,
25:36des simples d'esprit
25:38ou des canailles
25:39pour rouer de coup
25:40un rabbin
25:41ou pour violer
25:43une enfant
25:45pour la punir
25:46des supposés crimes d'Israël.
25:47Donc bien sûr
25:48qu'il y a une relation
25:48de cause à effet
25:49entre des propos
25:51d'autorité
25:52tenus par des femmes
25:54et des hommes d'autorité
25:55et des leaders de partis
25:56et puis les actes criminels
25:58qui ont été commis.
25:59Il y a une relation
26:00de cause à effet,
26:00évidemment.
26:01Merci beaucoup
26:02d'être venu ce soir
26:03Bernard-Henri Lévy
26:03pour célébrer
26:04cette libération
26:05des otages israéliens.
26:06Oui, et c'est ça
26:07aujourd'hui qui doit l'emporter.
26:08C'est la célébration
26:09de la vie.