Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Tous ceux qui ont vu la vidéo de l'assassinat de Rabin réalisé par Kempler, ont vu Yigal Amir tirer de derrière sur le Premier ministre d'une distance de 60 cm. La conclusion de la Commission « Shamga » est qu'Amir avait tiré deux fois dans le dos de Rabin. Le constat médical fait état de blessures à la poitrine, alors que l'assassin a tiré dans le dos. L'expertise du laboratoire de la police a démontré que des balles ont été tirées à bout portant, balles qu'Amir ne pouvait pas avoir tiré. Ont-elles été tirées dans la voiture qui a emmené Rabin blessé à l'hôpital ? De nombreux autres indices permettent d'évoquer l'hypothèse d'un complot. Complot de qui ? On évoque le rôle troublant d'un agent provocateur des services secrets, chargé de noyauter les milieux de jeunes extrémistes. Cet agent provocateur était au courant des intentions d'Amir. A-t-il joué un rôle encore plus direct dans le crime ? De son côté, le meurtrier clame haut et fort qu'il n'a tiré que 2 balles sur Yitzhak Rabin.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:006 novembre 1995 la sirène mugi et le silence tombe sur israël un chagrin mêlé de stupeur
00:23pour la première fois dans l'histoire du pays un assassinat politique a été commis yitzhak rabin
00:30a été tué le premier ministre devenu prix nobel l'ancien général devenu soldat de la paix une
00:38destinée au service d'israël une figure légendaire qui incarne presque à lui tout seul tous les combats
00:46de l'état hébreu
01:00israël pleurite à krabine il zagrabin est mort et c'est un juif qu'il a assassiné
01:16le traumatisme a été d'abord et avant tout parce qu'on a tué pour la première fois dans l'histoire du
01:42sionisme et du judaïsme un premier ministre en israël le leader des juifs un juif ne tue pas
01:48un juif pour des raisons idéologiques et juif ne tue pas un juif pour des raisons politiques
01:52c'est à dire l'assassinat politique ce n'est pas ce n'est pas nous alors comment l'inimaginable a
01:59-t-il pu se produire
02:00parce qu'avant l'inimaginable il y a eu l'impardonnable
02:19oui ce 13 septembre 1993 le premier ministre israélien commet un acte impardonnable pour
02:26de nombreux juifs qu'ils vivent en israël ou dans d'autres pays de fait c'est ici sur la pelouse
02:34de la maison blanche que débutent les derniers jours ditsa krabine
02:38rabin ne s'est pas contenté d'amorcer des négociations de paix avec l'ennemi palestinien il va faire
02:55pire lors de sa rencontre avec l'ennemi de toujours yasser arafat
03:14dans mes conversations avec washington dans les deux jours qui ont précédé la cérémonie pour la
03:23signature des accords d'oslo presque toutes les conversations beaucoup de conversations ont
03:30été consacrées à cette question comment éviter de l'enlacer de l'embrasser de lui serrer la main
03:35de lui parler aussi peu possible rabine 24 heures avant dit j'y vais pas je veux pas y aller je veux
03:48pas serrer la main d'arraf il avait des déclarations précédentes je ne serre pas la main des assassins
03:54les mains pleines de sang d'enfants juifs etc et puis dans la nuit clinton l'a appelé en lui disant tu
04:02veux pas me faire ça il ya trois mille personnes qui viennent à washington tu peux pas et on voit
04:10bien dans l'attitude clinton qui les prend par les épaules il est force clinton lui dit tu me fais
04:18pas un coup tu vas lui serrer la main il dit je suis pas sûr je suis pas sûr je pourrais il le peut
04:27mais cette poignée de main qui le rebutait tant celle le destin dit sac rabine parce que pour de
04:33nombreux juifs il sert la main du diable ce geste de paix n'est plus que trahison un geste criminel
04:39d'autant plus inimaginable impardonnable que rabine est une légende d'israël rabine est israël tant son
04:46histoire se confond avec celle de son pays lui dont les parents ont fui la révolution bolchevique lui qui
04:53naît à jérusalem le 1er mars 1922 c'est un sabra un juif né sur une terre qui s'appelait encore
05:00palestine il incarne le juif nouveau fier fort celui qui dans l'esprit des pères fondateurs du
05:08sionisme doit effacer à jamais l'image du juif errant éternelle victime de l'histoire
05:14notre rêve celui dit zac le mien le rêve de nos parents c'était de fonder un état juif socialiste
05:36s'occuper d'agriculture fondé des implantations des kibbutz etc les personnalités qui nous ont le
05:52plus influencé était nos parents notre foyer était très militant tourné vers la chose publique très
06:00politisé ciburite pour les têtes rabine est plus que militant c'est un combattant et sa vie est celle
06:09de toutes les guerres d'israël adolescent il s'engage dans la hagana l'armée juif clandestine au sein d'un
06:17commando d'élite il combat pour l'indépendance finalement acquise en 1948 la liesse c'est les viva
06:25mais dans son berceau la nation hébreu trouve immédiatement la guerre pour le jeune officier
06:32rabine ne compteront plus que la survie et la sécurité d'israël et son armée
06:41de l'âge de 16 ans jusqu'à ce qu'il quitte l'armée en 1968 toute sa vie a été consacrée à
06:48l'armée d'abord et avant tout il se considérait comme un soldat avant tout autre chose avant d'être
06:56un homme politique avant d'être un politicien avant tout autre chose un soldat et quel soldat
07:06en 1967 il est le véritable artisan d'un chef d'oeuvre stratégique une guerre qu'israël gagnant
07:13six jours contre ses voisins arabes 20 ans après sa création israël multiplie son territoire par
07:21cinq annexes le plateau syrien du golan la si jordanie la péninsule du sinaï la bande de gaza
07:29la déroute des arabes est totale tandis que le chef de tsaal peut s'enorgueillir de n'avoir
07:35perdu que quelques centaines d'hommes c'est beaucoup mais peu au regard des forces engagées
07:40et ça rabine était un leader hésitant et moi en ce qui me concerne je préfère des leaders qui
07:50hésitent avant d'envoyer nos garçons sur les champs de bataille ou accessoirement l'on peut perdre la vie
07:55la chose la plus importante que j'ai décelé chez itzak rabine de nombreuses années avant que je ne commence à
08:02travailler avec lui c'est ce qu'on appelle la sanctification de la vie humaine la vie humaine avant
08:10tout israël a conquis la judée et la samarie surtout son drapeau flotte à nouveau sur la vieille
08:21ville de jérusalem et ses lieux sains avec le ministre de la défense moshe dayan c'est en héros
08:27qui de sa cabine retrouve le mur des lamentations c'est vraiment la date pivot c'est là c'est là
08:34l'événement autour duquel tout tourne pour le meilleur et pour le pire pour le pire parce
08:39qu'il ya eu cette espèce de d'ivresse de l'israël biblique retrouvé tous et tous et non qui chantent la
08:49bible hébron bethlehem silo l'ancienne ville de jérusalem et s'il y avait des groupes de rêveurs
08:57qui rêvaient du grand israël c'était théorique du coup ça devient physique n'est pas on peut y aller
09:02on les domine ils sont à nous pour certains la guerre des six jours ouvre la porte des raids israël le grand
09:13israël sans tenir compte des populations arabes qui y vivent la question des territoires occupés est
09:20née en 1968 rabin délaisse l'uniforme de tsal pour celui d'ambassadeur cinq ans à washington avant
09:30d'entrer en politique sous les couleurs travaillistes il succède à goldamer au poste de premier ministre et
09:36conforte son image de faucon pas question de négociation avec l'ennemi palestinien incarné par
09:42l'olp de yasser arafat prise d'otages avions détournés attentats première intifada en 1987 rabin
09:57premier ministre au ministre de la défense dans les années 80 ne cède jamais
10:06nous allons faire c'est clair par tous les moyens que c'est dans notre possession
10:16dans les limites de nos lawes pour assurer que la population dans les territoires, dans la région de la gaza
10:27c'est l'homme qui s'est rendu célèbre en disant il faut casser les os des palestiniens peu importe
10:44si c'est exact ou inexact ce qu'il a dit c'est ce qui s'est passé on a cassé les os des palestiniens lors
10:50de la première intifada
10:52oui oui à une confrontation let's shift the confrontation to negotiation let's solve it not
11:10air not by using stones petrol bottles night but around the negotiation table
11:19en 1992 c'est son image de faucon impitoyable que rabin casse il redevient premier ministre à 70 ans
11:30avec une promesse électorale sortir le processus de paix de l'ornière
11:34il s'est mis naturellement à la tête du camp du camp de la paix c'est à dire que ça veut dire
11:42le camp de la paix c'est pas dire le camp de ceux qui veulent la paix en principe tout le monde la veut
11:46mais ça veut dire du camp de ceux qui sont prêts à payer le prix de la paix c'est à dire lâcher
11:50les territoires démantèner les colonies accepter voire favoriser la création de l'état palestinien
11:5513 septembre 1993 voilà donc pourquoi pour de nombreux juifs ce geste n'est que trahison 26 ans
12:06après avoir conquis les terres sacrées du judaïsme rabin s'apprête à les restituer aux palestiniens le
12:12vieux soldat de sale transformé en soldat de la paix un soldat qui n'a plus que deux ans à vivre
12:17un mécanisme infernal est déclenché par de nouveaux ennemis gavés de haine les milieux
12:25juifs extrémistes pour eux rabin n'est plus un des pères fondateurs d'israël mais un homme à
12:31abattre dans un premier temps par le biais de manifestations en 1994 mois après mois les
12:38manifestations se durcissent notamment celles organisées par l'extrême droite religieuse et
12:43les habitants des colonies juives rabin est intransigeant autour de ceux qui s'opposent
12:49par la violence au processus de paix de se faire casser les eaux il a toujours eu des
12:58rapports extrêmement difficile avec le mouvement nationaliste religieux avec le mouvement des
13:04implantations il nous disait que l'un de nos problèmes les plus compliqués c'était les
13:11fondamentalistes des deux côtés chez les palestiniens et chez les juifs on les trouve
13:17dans les mêmes endroits à hébron à naplouse dans ces endroits là il y a entre eux une confrontation
13:28très forte et cela l'effrayer car les fondamentalistes de chez nous ne sont pas
13:34meilleurs que les fondamentalistes de chez eux
13:36d'autant plus que l'effroi survient une première fois le 25 février 1994 quelques jours avant que
13:51rabin fête ses 72 ans à hébron au caveau des patriarches lieu de prière commun aux juifs et aux musulmans
13:57à l'aube un colon juif barouche goldstein armé d'un pistolet mitrailleur vide chargeur sur chargeur
14:07sur les fidèles musulmans en prière avant d'être lynché par ceux qui n'a pas réussi à abattre 29 morts
14:14115 blessés rabiné toute une partie du pays sont sous le choc il ne faut plus parler uniquement de
14:20fanatisme juif mais sortir d'un bain de sang les mots qui font mal judaïsme peut parfois rimère avec
14:27terrorisme
14:28c'est un jour difficile pour tous les juifs et les arabes qui cherchent la paix
14:38mais cette action dérange de l'individu n'a pas prévent la réconciliation entre les citoyens de l'État d'Israël
14:56le tueur barouche goldstein est un disciple du car le mouvement du rabbin méir khan qui des
15:07années 70 jusqu'à sa mort en 1990 incarne le fondamentalisme et le racisme juif une organisation
15:16qui n'a jamais réuni plus d'une centaine de membres mais dont le pouvoir de nuisance a été sous-estimé
15:22le mouvement khaniste a été dissous mais il a toujours ses fidèles dans les colonies juifs de
15:29cisjordanie à kirya tarba par exemple une implantation de juifs orthodoxes près d'ébron
15:36l'idéologie du rabbin khani c'est qu'un état juif authentique doit être fondé dans le grand israël vous
15:48devez comprendre que mes voisins arabes ici qui habitent à hébron sont éduqués avec l'idée qu'il
15:53faut nous exterminer nous tuer et ne pas laisser de nous le moindre souvenir parce que nous sommes
15:57juifs on ou est parce que nous sommes juifs c'est une situation folle et le rabbin khani pensait qu'il
16:03fallait s'occuper de cette situation pour ça il faut un retrait une séparation envoyer les arabes
16:08là où ils doivent être et fondé ici un vrai état juif ce discours extrémiste séduit un jeune
16:16étudiant en informatique et en droit inscrit dans une université religieuse son nom y galamir
16:23né en 1970 à tel aviv il fait partie de cette génération qui sait tout ce qu'israël doit à son
16:29premier ministre le cerveau de la guerre des six jours l'initiateur du mythique raid sur
16:35enteb et en 1976 celui qui rend coup pour coup aux arabes mais en 1994 amir a une nouvelle idole et
16:45en bonne idolâtre il est de ceux qui honorent la tombe d'un homme un docteur devenu un véritable
16:49martyr pour les fanatiques juifs barouche goldstein le boucher des brons et à l'instar de milliers d'autres
16:57extrémistes il n'a plus que de la haine pour cet homme qui reçoit en décembre 1994 avec shimon
17:04peres et yasser arafat le prix nobel de la paix amir n'a plus qu'une obsession faire dérailler le
17:13train des accords de paix un traître c'est celui qui aide et collabore avec l'ennemi je pense aussi
17:22que celui qui met une arme dans les mains d'un policier palestinien est un traître il n'y a pas
17:26d'autres mots nous sommes en 1995 et l'engrenage de la violence s'emballe rabine est assis sur une
17:35bombe à retardement les palestiniens du ramas multiplient les actes terroristes et israël
17:42commence à libérer des territoires après 27 ans d'exil arafat peut embrasser la terre de gaza
17:48après la poignée de main de 1993 maintenant le baiser est prodigué à leur terre sainte la
17:54droite parlementaire emboîte le pas des extrémistes juifs et harcèle itzak rabin à la
17:59knesset les manifestations hostiles au gouvernement se multiplient jusque devant le domicile du premier
18:05ministre on y entend des slogans vengeurs et même meurtriers à mort rabine mort aux traîtres
18:10le sentiment le plus fort était la peur j'avais très peur qu'il se passe quelque chose de terrible
18:22car je voyais les gens je voyais la haine une fois j'ai dit à mon mari nous étions dans une
18:34manifestation quelconque je voyais les gens qui criaient lancer des pierres et je lui ai dit
18:39c'est comme le kukus clan voir ces manifestations violentes et toutes ces centaines de gens avec la
18:50haine dans les yeux et le voir désigner comme la cible privilégiée de cette haine fut extrêmement
18:55éprouvant au bureau par exemple on recevait des centaines de lettres des lettres de haine avec des
19:07symboles nazis on recevait des cadavres de chats des chats morts dans des boîtes on recevait des coups de
19:18téléphone très violent
19:19rabine ne flanche pas le 28 septembre 1995 quelques semaines avant sa mort il est de nouveau à washington
19:31pour signer la deuxième étape des accords de paix le président égyptien rosny moubarak et le roi
19:38hussein de jordanie sont également là et il ya une nouvelle poignée de main avec arafat
19:43rabine savait parler à arafat parce que arafat mentait ou n'appliquait pas un accord signé c'était
19:57un coup de fil arafat rentrer dans le monde il y avait une espèce de respect d'arrafat envers rabine
20:05qui était un des éléments essentiels du processus à l'époque rabine arafat le mariage de deux destins
20:14mais un couple maudit à l'automne 95 la situation est explosive en israël des manifestations toujours
20:21des manifestations jusqu'aux appels au meurtre
20:27lorsque j'ai appris qu'il y avait une prière kabbalistique pour la mort du premier ministre
20:31il est évident d'aller voir d'aller filmer et je suis tout seul la presse israélienne n'a pas
20:40compris ce qui se passait sur le terrain le 2 octobre devant la résidence de rabine une poignée
20:46d'hommes psalmodi une ancestrale prière de malédiction mortelle la poulsa des nourras pour
20:51tous les illuminés du judaïsme un juif qui fait du mal aux juifs peut être tué
21:01pour que l'atmosphère de haine et d'opposition féroce se transforme en situation politique il
21:07faut qu'il y ait un justificatif un justificatif idéologique très fort si possible religieux
21:13et ça ce sont des rabbins extrémistes qui l'a apporté est ce que vous ne comprenez pas que les
21:17gens sont prêts à donner leur âme ce pays c'est le seul pays qui appartiennent aux juifs au peuple
21:21juif et de même d'ici nous voulons vous voulez nous faire sortir il y a eu aux suites il n'y aura pas
21:26début octobre une manifestation une de plus dans une colonie juive plusieurs personnes sont
21:36interpellées parmi elles un certain ligue à la mire désormais enrôlé dans le mouvement et yale
21:42un groupuscule de l'extrême droite religieuse des activistes qui s'étaient donné en spectacle à la
21:48télévision durant l'été 95 le grand cirque cagoule armes à feu et un serment prêté devant la tombe
21:57d'un des fondateurs du groupe stern une des plus importantes organisations terroristes juives en
22:03palestine avant la création d'israël que se promettent ils cette nuit là tuer les juifs
22:09considérés comme traîtres à leur patrie dans leur viseur yitzhak rabin je ne l'ai jamais vu pas
22:19même une seule fois trembler ou avoir peur ou quelque chose comme ça et il est possible qu'à
22:26la fin cela est rapproché sa mort il méprisait les manifestants il les moquait et tout simplement
22:33il n'avait aucune considération pour eux je pense que s'il s'était comporté un peu autrement il n'aurait
22:40pas porté la haine contre lui à des niveaux jamais atteint jamais atteint dans l'histoire de l'état
22:46d'israël
22:50il n'a pas le plus grand
23:20Il y avait peut-être un peu de fatalisme dans cette attitude, mais Rabin se fichait effectivement de sa propre sécurité.
23:30Et Rabin lui-même refusait de croire, il refusait de protéger les barbares, il disait moi je ne protégerai pas parmi mon peuple.
23:40C'était ça la conception si vous voulez.
23:45Le 6 octobre, un meeting politique place de Sion à Jérusalem tourna les meutes.
23:51L'atmosphère est au lynchage.
23:53Et tous les dirigeants de la droite sont là.
23:55Dariel Sharon au chef du Dikoud, Benyamin Netanyahou.
24:01Ce n'étaient pas des groupuscules qui manifestaient, les groupuscules étaient là.
24:04Mais il y avait la droite, la droite classique, la droite nationaliste.
24:08Ce n'est pas le M. Rabin ou le Général Rabin qu'on connaît dans le passé.
24:13Un homme différent, un homme faible, un homme qui a perdu.
24:19Les gens d'Israël veulent une paix vraie.
24:22Une paix vraie, c'est une paix avec sécurité, une paix qu'ils peuvent confier, avec un partenaire qu'ils peuvent confier.
24:27Et ils ne le sentent pas. Ils le ont ici.
24:28Nous voulons une paix vraie, pas une paix vraie.
24:30Le jeu de la droite parlementaire est clair.
24:34Il doit servir de cette piétaille pour arriver au pouvoir.
24:38C'est aussi simple que ça.
24:39C'est-à-dire, là, ça c'est l'expression populaire, donc de la volonté populaire.
24:45Et grâce à cette expression populaire, nous allons renverser, nous allons arrêter le processus d'Oslot.
24:49C'était aussi politicien et misérable que cela.
24:53Il n'y en a pas eu un qui a eu le courage de dire, nous ne mangeons pas de ce pain-là.
24:56Alors, ça, c'est défendu.
24:59Ce soir-là, une image marque les esprits.
25:02Des manifestants brandissent un photomontage d'Izzac Rabin revêtu d'un uniforme SS.
25:12Cette fois-ci, c'est un coup bas de trop pour un partisan de la paix.
25:15Un homme qui a survécu à la déportation.
25:18L'homme d'affaires franco-israélien, Jean Friedman.
25:20Moi, je savais ce que ça voulait dire.
25:29C'était dire, il faut le tuer.
25:32Un SS, c'est le symbole du meurtre des gens qu'il faut faire disparaître.
25:42Friedman décide de réagir.
25:44Plus question de laisser la rue aux opposants et aux fanatiques.
25:46J'ai l'idée de faire un grand rassemblement, beaucoup plus important que les rassemblements qui ont eu lieu contre Rabin, etc.
25:59Je m'en ouvre d'abord à Peres.
26:01Et Peres dit, oui, t'as raison.
26:05Il faut faire ça, mais il faut parler avec Rabin.
26:08A propos de cette manifestation, il était sceptique.
26:13Non par peur de quelque chose qui pourrait lui arriver,
26:16mais par peur que la mobilisation pour cette manifestation de paix ne soit pas suffisante.
26:21Et que le résultat en soit, que le processus de paix ne soit pas assez soutenu par la société israélienne.
26:26Il dit, qu'est-ce qui prouve que ça va marcher ?
26:35Et si ça ne marche pas, c'est la fin du gouvernement, et c'est la fin du processus de paix.
26:39Et là, je me mets en colère devant cette réaction.
26:45Et je lui dis, écoute, tu as été élu pour faire la paix.
26:49Oui, mais si les gens ne viennent pas, je lui dis, si le peuple israélien ne te soutient pas pour la paix, démissionne.
27:04A contre-coeur, Rabin accepte le principe de ce rallye pour la paix.
27:08Reste à trouver une date.
27:10Je lui dis, écoute, le seul jour possible, c'est le 4 novembre.
27:15Il faut que ce soit un samedi.
27:16Il faut que ce soit avant la saison des pluies, c'est-à-dire avant le 15 novembre.
27:22Il faut que Pérez et toi, vous soyez là, dans le pays.
27:26Le seul samedi, avant le 15 novembre, où vous êtes là tous les deux, c'est le 4 novembre.
27:32Et il prend le carnet qui est devant lui, et un peu rageusement, il barre, il marque rallye.
27:38Et quand le drame s'est produit, je me suis dit, si elle, je lui donnais le jour, l'heure et le lieu de sa mort.
27:50Samedi 4 novembre 1995.
28:08En ce jour de Shabbat, le calme règne sur la place des rois d'Israël, à Tel Aviv,
28:12avant d'accueillir dans la soirée le grand show de Jean Friedman.
28:15Vers 18h, Rabin a un dernier rendez-vous avec un jeune et populaire responsable syndical, Rahim Ramon.
28:23Il était très calme, et c'était une réunion très agréable.
28:35On a parlé de tout et de rien, comment ça allait, les derniers potins, les potins politiques et personnels.
28:41Et puis, on a aussi discuté de la manifestation pour la paix.
28:45Comme toujours, il était très pessimiste.
28:47Combien de personnes vont venir, ils ne savent pas comment organiser ça, etc.
28:51Et je lui ai répondu,
28:54Isaac, ne t'inquiète pas, cette fois, ça va être quelque chose de grand.
28:58Mais tu vas voir, tu vas être surpris.
29:01Alors il a fait un geste typique avec sa main, on verra, on verra.
29:04Et c'est la dernière fois que je l'ai vu vivant.
29:14La journée s'achève à Tel Aviv.
29:16Vers 19h, un jeune homme quitte la résidence familiale et monte dans le bus 247.
29:24Direction la place des rois d'Israël.
29:27Il va assister à la grande manifestation de soutien à Rabin.
29:31Dans sa poche, Higal Amir a un pistolet Beretta, un 9mm.
29:36Une boule en acier a été rajoutée aux trois premières balles du chargeur,
29:40leur donnant ainsi un pouvoir de destruction maximum.
29:43Qui est trafiqué ces balles ?
29:46Le propre frère d'Amir, Aghaï.
29:50Un spécialiste en armes et munitions.
29:52La seule personne qui l'aurait mise dans le secret.
29:56Arrivé sur place, Amir prend soin d'enlever sa kippa pour ne pas se faire remarquer.
30:00Il est 19h45, quand Yitzhak Rabin convoque son chauffeur
30:12pour qu'il le conduit, sa femme et lui, à la manifestation.
30:16Mais Nachem Damthi vient aller chercher à bord de la cadillac blindée
30:19imposée à Rabin par les services de sécurité intérieure.
30:23Le shinbet.
30:23C'est en tremblant que je retrouve ce véhicule.
30:33Je suis traversé de frissons,
30:35car cela me rappelle toutes les journées
30:37et tous les instants si difficiles
30:38que j'ai connus dans ce véhicule.
30:44Cette voiture, justement, je me souviens que Rabin
30:46ne voulait absolument pas voyager avec.
30:47Il ne voulait pas entendre parler de monter dans cette voiture.
30:53Et puis, j'ai cru comprendre qu'on l'a persuadé
30:55pour des raisons de sécurité d'accepter ce véhicule.
30:59Il n'était toujours pas d'accord.
31:01Il disait, comment ?
31:02Les gens voyagent dans les autobus sans protection
31:04et moi, je voyagerais dans un véhicule protégé ?
31:07Non, je refuse.
31:09Bon, et puis, vous savez,
31:11après quelques insistances et quelques pressions,
31:13il a enfin accepté.
31:17Avant d'arriver à la cérémonie,
31:24il s'est demandé, inquiet,
31:25s'il y aurait du monde.
31:28Et on l'a informé qu'il y avait en effet beaucoup de gens,
31:30vraiment en grande quantité.
31:33Alors, il était heureux, vraiment de très bonne humeur
31:35quand il est arrivé à la cérémonie.
31:37Vers six heures, on voit qu'il y a déjà
31:43beaucoup de monde,
31:45et beaucoup, et ça continue,
31:46le fleuve humain
31:49commence à se manifester
31:51d'une façon très impressionnante.
31:54Il y avait trois hélicoptères,
31:56il y avait 200 tireurs d'élite sur les toits,
31:59il y avait quelques centaines
32:01de soldats,
32:03d'élite.
32:05Bon,
32:06le problème de sécurité
32:07ne se pose pas.
32:12Il est presque 20 heures
32:13quand Yitzhak et Léa Rabin
32:14arrivent sur la place des rois d'Israël,
32:16prises d'assaut par une foule en liesse.
32:18Deux à 300 000 personnes
32:20sont venues soutenir leur premier ministre.
32:22C'est moi qui l'accueille.
32:27On est sur un podium
32:29qui domine la place
32:30devant la mairie,
32:34et il fait...
32:35Et ce...
32:39ce soulagement,
32:42ce soupir
32:44était formidablement révélateur
32:46de la tension
32:47et de la surprise
32:49qu'il y avait.
32:50Un soulagement
32:52et un choc
32:53pour Rabin
32:53si violemment attaqué
32:55et haï depuis deux années.
32:57Une révélation aussi
32:58pour cet homme
32:59à la timidité proverbiale.
33:02À partir de ce moment-là,
33:05il y a un autre Rabin
33:06qui est né.
33:09Il voit les jeunes
33:10qui se jettent
33:11dans l'eau
33:12et qui crient
33:14Rabin, Rabin.
33:17Lui,
33:17qui est le contraire
33:18d'un leader populaire,
33:21d'un tribun.
33:22Il est brusquement
33:23transporté
33:24et il se rend compte
33:26qu'il a été
33:26très soutenu
33:27par le peuple
33:28pendant cette période
33:29et que...
33:31c'est pas les autres
33:32qui avaient raison.
33:33C'est lui
33:34et le peuple soutient
33:35et le peuple l'aime.
33:38Sauf ce soir-là,
33:39une personne.
33:41Un homme déterminé
33:41à tuer.
33:43Amir se tient
33:44à l'écart
33:44de cette foule
33:45qu'il doit tout autant haïr
33:46que l'homme
33:47qu'il est venu assassiner.
33:49Il attend son heure
33:50tapis derrière la tribune.
33:52Là où doivent partir
33:53à la fin du meeting
33:54les héros de la soirée.
33:56Rabin, bien sûr,
33:57mais aussi
33:58Shimon Peres,
33:58le ministre des Affaires étrangères.
34:00L'homme
34:01qui a convaincu
34:02Rabin
34:02de négocier
34:02avec les Palestiniens.
34:04Peres,
34:05son rival de toujours
34:06pour la domination
34:07du parti travailliste
34:08et désormais
34:09son compagnon
34:10pour l'histoire.
34:10En fait,
34:13c'était...
34:14Il s'est détesté.
34:15Il faut dire les choses
34:15comme elles sont.
34:16C'était des adversaires
34:18vraiment profonds
34:22avec une espèce
34:23d'incompatibilité
34:25d'humeur,
34:26d'inimitié profonde.
34:28C'est un fait.
34:29Ils étaient compagnons
34:30parce qu'ils ne pouvaient
34:31pas faire autrement.
34:33Et je dirais,
34:35enfin,
34:35c'est l'une des dimensions
34:36de la tragédie
34:36du 4 novembre.
34:37Peut-être la première fois,
34:40peut-être,
34:41où il y a eu
34:42une véritable complicité
34:44amicale.
34:48Et où il y a eu
34:48dans le geste
34:50de l'approchement,
34:51dans la manière
34:51de s'en serrer les épaules
34:52quelque chose
34:53de vrai,
34:53d'authentique,
34:55c'était la nuit du 4.
34:56J'ai été un homme
35:07de 27 ans.
35:11J'ai été un homme
35:11et j'ai été un homme
35:13et il n'y a pas
35:15d'espoir pour la paix.
35:18Je crois que
35:19il y a pas d'espoir pour la paix.
35:22C'est une grande paix.
35:26Donc il fait son discours,
35:33il est tout heureux,
35:34il a l'impression
35:35d'en avoir terminé,
35:37puis il descend,
35:38il me dit,
35:38alors,
35:38j'ai fait mon boulot ?
35:40Et je dis,
35:41non,
35:41il reste quelque chose
35:42à faire,
35:43tout le monde
35:44va chanter une chanson.
35:47Il me regarde
35:48du coin de l'œil,
35:50je lui dis,
35:51qu'est-ce que c'est
35:52cette chanson ?
35:52Je lui dis,
35:53c'est une chanson
35:53pour la paix,
35:54je ne peux pas te dire
35:54les paroles exactement,
35:56mais enfin,
35:57c'est...
35:58C'était un véritable
36:09retournement
36:10de la part
36:11de cet homme,
36:12Rabin,
36:13en train de chanter
36:13la chanson de la paix
36:14qu'il avait interdite
36:16à l'époque
36:16où il était
36:17chef d'état-major
36:18parce qu'on trouvait
36:19que c'était
36:19un peu trop gauchiste.
36:21Maintenant,
36:22lui,
36:22il a chanté
36:22sur l'estrade.
36:25On a eu le sentiment
36:26d'un apaisement
36:26et on a senti
36:28que Yitzhak Rabin
36:28était un homme heureux
36:29ce soir-là.
36:30Il chante le chant
36:31de la paix,
36:32on voit qu'il sourit,
36:33qu'il est épanoui,
36:34car c'était vraiment
36:36un signe de soutien
36:37au processus,
36:38ce qu'il n'avait jusque-là
36:39encore jamais vu.
36:40Il est 21h42.
36:57Shimon Peres
36:58vient de quitter
36:59les lieux.
37:00Yitzhak Rabin
37:00et sa femme
37:01partent dîner
37:02chez les amis,
37:03mais avant de quitter
37:04la cérémonie,
37:05il veut poser
37:05une dernière fois
37:06pour la postérité
37:07avec les organisateurs
37:09de la manifestation.
37:09Je descends
37:19avec Rabin
37:21et marche
37:23et je lui dis
37:24un peu
37:25cherchant le compliment
37:26j'ai dit
37:27alors t'es content ?
37:29Il me dit
37:29qu'est-ce que ça veut dire
37:30content ?
37:31Je te dois
37:32les deux meilleures heures
37:33de ma vie.
37:39Je vois le premier ministre
37:50qui descend.
37:52Il arrive dans ma direction.
37:54Il regarde à gauche,
37:55à droite.
37:57Il y a un homme
37:57de la sécurité.
38:00Il devait arriver
38:00du côté droit
38:01mais en fait
38:01il arrive de mon côté.
38:05Il serre des mains,
38:06il regarde de tous les côtés
38:07et finalement
38:08il arrive à une autre porte,
38:09celle de la droite.
38:09derrière.
38:13Et soudain
38:13surgit ce meurtrier maudit
38:15qui commence à tirer.
38:17Il tire
38:18et il tire
38:18et moi je crie
38:20qu'est-ce que c'est que ça ?
38:21Qu'est-ce que ça veut dire ?
38:23Il est 21h47.
38:26Yig Al-Amir
38:27déjoue la surveillance
38:28des cinq gardes
38:28du corps de Rabin.
38:30S'approche
38:30dans le dos
38:31du premier ministre
38:31et là-bas
38:32à bout portant.
38:34Trois coups
38:34de feu retentissent.
38:39Rabin s'écroule
38:39touché à l'abdomen
38:40et à la colonne vertébrale.
38:42La troisième balle
38:43blesse un de ses gardes
38:44du corps
38:44qui arrive malgré tout
38:45à pousser Rabin
38:46dans sa voiture.
38:47J'ai mis la première
38:52et j'ai démarré
38:53en trombe.
38:54J'ai mis la sirène
38:55à fond.
38:57Dans les premiers regards
38:59je vois qu'il ne réagit pas.
39:00Il fait
39:00« Ah ! »
39:01Vous savez
39:02il bégaye comme ça
39:02à quelques mots
39:03incompréhensibles.
39:07Alors le garde du corps
39:08me dit
39:08« Fonce à l'hôpital ! »
39:11« Fonce à l'hôpital ! »
39:12La cadillac blindée
39:16arrive à l'hôpital
39:16le plus proche
39:17quelques minutes
39:18après l'attentat.
39:19Le garde du corps
39:20est blessé à l'épaule.
39:21Yitzhak Rabin
39:22est inconscient
39:23et dans un état critique.
39:26Sur les lieux
39:27de l'attentat
39:27la foule
39:28prise de panique
39:29se disperse
39:29dans tous les sens.
39:31Garde du corps
39:31et policiers
39:32ont immédiatement
39:33maîtrisé Yigal Amir
39:34et le plaquent
39:35maintenant contre un mur.
39:36Je rejoins mon caméramen
39:39et puis on voit
39:41effectivement un type
39:42qui est collé
39:42contre le mur
39:43et je lui demande
39:46« T'as filmé ? »
39:47Il me dit
39:47« Oui, j'ai filmé. »
39:49Et c'est qui ?
39:50C'est un type là-bas.
39:52Il est palestinien,
39:53juif,
39:53je crois que c'est un juif.
39:56Impression confirmée
39:57par les papiers
39:58de l'assassin
39:58qui s'exclame
39:59« Je ne suis pas un arabe,
40:01je suis un étudiant juif. »
40:04Yigal Amir
40:05est transporté
40:05au quartier général
40:06de la police
40:07puis transféré
40:08au centre d'interrogatoire
40:09du Shinbeth.
40:12Des informations
40:13contradictoires
40:14circulent sur l'état
40:15de santé
40:15du Premier ministre.
40:16Léa Rabin
40:17arrive à l'hôpital
40:18tandis que la population
40:19de Tel Aviv
40:19commence à affluer
40:20sans savoir
40:21que le cœur
40:22d'Itsak Rabin
40:23a cessé de battre
40:24à 22h30.
40:26Les dernières tentatives
40:27des médecins
40:28pour le réanimer
40:28restent vaines.
40:30« Ce que j'ai ressenti,
40:55il est inutile
40:56de le décrire.
40:59Le traumatisme
40:59a été terrible,
41:01un cauchemar imprévisible.
41:03Ce soir-là,
41:03ça nous est tombé dessus
41:04comme une profonde catastrophe.
41:08Je ne pense pas
41:09qu'il soit besoin
41:10de préciser davantage.
41:11C'est suffisamment clair
41:12la puissance
41:13de cette catastrophe
41:13pour notre famille. »
41:33« C'est très difficile.
41:35Très difficile pour moi.
41:37Pendant trois jours,
41:38je ne m'en suis pas remis.
41:40Très difficile.
41:41Un homme avec lequel
41:42vous travaillez
41:42toute votre vie
41:43comme un père pour moi.
41:45Il s'inquiète des enfants,
41:46tout ça,
41:46tous les matins.
41:47Comment allez-vous ?
41:48Comment va la famille ?
41:49J'ai perdu un père,
41:51sans exagérer.
41:52Je me suis senti très mal,
41:53vraiment très mal.
42:00Les banderoles de la fête
42:01sont déjà en Berne
42:02quand le président des Etats-Unis
42:04livre son chagrin au monde.
42:08« J'ai admiré
42:09et j'ai aimé
42:11et j'ai aimé
42:12beaucoup.
42:14Parce que les mots
42:15ne peuvent pas
42:16exprimer
42:16mes sentiments
42:17de vérités.
42:19Je vais juste dire
42:20« Shalom,
42:23Javier. »
42:25« Au revoir, ami. »
42:26puis c'est au tour
42:27de Yasser Arafat
42:28en état de choc.
42:29« Je suis très triste
42:31et très choqué
42:34pour ce terrible
42:37et terrible
42:38crime. »
42:4448 heures après l'attentat,
42:51Yitzhak Rabin est inhumé
42:53sur le mont Herzl
42:54à Jérusalem,
42:56aux côtés des pères fondateurs
42:57du sionisme
42:57et d'Israël.
43:00Pour des raisons
43:01de sécurité,
43:03Yasser Arafat
43:03est resté chez lui.
43:05C'est à la télévision
43:06que le chef de l'OLP
43:07assiste aux funérailles.
43:09Une cérémonie
43:10où se sont donnés
43:11rendez-vous
43:1187 chefs d'État.
43:16Les horizons funèbres
43:17se succèdent.
43:19Bill Clinton,
43:20Shimon Peres,
43:21mais aussi des proches
43:22comme Eitan Haber
43:23qui brandit le texte
43:25de la chanson
43:25de la paix
43:26retrouvée gorgée
43:27de sang
43:27dans la poche
43:28du costume
43:28de son patron
43:29et ami.
43:32Et puis surtout,
43:32il y a Noah,
43:34la petite fille
43:34du défunt
43:35dont les mots
43:36et les pleurs
43:36bouleversent le monde.
43:38«T'essalichez-moi
43:40que je ne veux pas
43:41parler de la paix
43:42je veux parler
43:43de mon père.
43:50Si tu es malaché
43:51de la chanson
43:52qui vous envoie
43:52à toi
43:53aujourd'hui,
43:55je veux que tu
43:56oubliez
43:57à toi.
44:01Oubliez
44:02à toi
44:02bien,
44:04car tu es
44:04ravi
44:04de la chanson
44:05comme ça.
44:08Là, il y a eu un problème en fait journalistique.
44:21On a tous parlé de la petite fille, le discours émouvant.
44:26Alors qu'à ces funérailles s'est déroulé un événement incroyable, impossible à imaginer, quelques semaines plus tôt.
44:35On avait le tiers de la ligue arabe qui était sur le mont Herzl à 50 mètres de la tombe du fondateur du sionisme.
44:45Imaginez Hosni Moubarak, le roi de Jordanie, le roi de Jordanie à qui Rabin, chef d'état-major de la guerre de six jours, a pris Jérusalem-Est, a pris les saintes mosquées.
44:59Et le roi de Jordanie est là.
45:05J'ai pensé qu'un moment s'est venu, quand j'aurai souffert l'attention d'un frère, un collègue et un ami.
45:23Ils avaient une vision et ils avaient un commitment à la paix.
45:27Rabin a été le premier mort qu'on plorait les deux communautés.
45:36Et là encore, au lieu de bâtir là-dessus, on a laissé un peu se perdre tout ça dans le sable.
45:41Quatre jours après les obsèques, un homme escorté de quelques gardes du corps, vêtu d'un chapeau, d'un imperméable et de lunettes noires, frappe à la porte de les Arabines.
45:56C'est Yasser Arafat, venu en personne présenter ses condoléances à la famille du défunt.
46:00Fait exceptionnel, c'est la première fois de sa vie qu'il pénètre dans l'état d'Israël.
46:07Une visite clandestine et déguisée qui le dépouille peut-être aussi pour la première fois de son éternel kéfier.
46:14Ce soir-là, Yasser Arafat pressent-il qu'avec la mort d'Itsak Rabin, c'est la quête de la paix qui va en prendre aussi un sacré coup.
46:29Chagrin, incompréhension et désarroi.
46:32Le peuple d'Israël porte le deuil de son premier ministre.
46:36Un état pleure son innocence perdue.
46:39Les Israéliens veulent comprendre.
46:41Une commission d'enquête est mise en place.
46:43« Pourquoi et comment Yigal Amir, un juif, a-t-il pu tuer leur premier ministre ? »
46:52Et je pense que là, le chine-bête, la sécurité en général,
46:59a erré non pas par manque d'organisation,
47:04c'était pas une faute technique, c'était une faute conceptuelle.
47:08La faute était dans la tête.
47:10C'est-à-dire le terrorisme, un coup, ne peut venir que des Arabes.
47:16Un juif ne peut pas faire ça.
47:17Le chine-bête est sur la sellette.
47:22Comment Amir, filmé ici lors d'une reconstitution,
47:25a-t-il pu échapper à la liste noire des services secrets ?
47:28Pourtant alerté par un informateur d'un projet d'assassinat sur Rabin.
47:32Aucune enquête et aucune trace d'Amir dans les fichiers.
47:36Puis le scandale, quand l'enquête révèle que le mouvement Eyal auquel appartenait l'assassin
47:43était en fait infiltré et manipulé par le chine-bête.
47:47De quoi nourrir la théorie d'un complot organisé pour tuer Rabin.
47:51Et pour moi, l'assassin n'est pas venu comme ça.
47:59Ce n'est pas un martien débarqué qui tout à coup amé une type a été allé tuer le premier ministre.
48:03Il procède d'un mouvement.
48:07Il y a eu diverses théories qui n'ont jamais été creusées,
48:09selon laquelle il aurait été effectivement envoyé par des rabbins.
48:13On n'a jamais eu de preuves.
48:15Mais je pense qu'il était moralement au moins le représentant de tout un mouvement
48:21qui voulait tout faire pour que cesse, pour que s'interrompe le processus de négociation avec les palestiniens.
48:30Finalement, la commission d'enquête conclut à la thèse de l'acte isolé.
48:33Amir n'est qu'un fanatique qui aurait agi de son propre chef.
48:37L'assassin déclaré parfaitement sain d'esprit ne cesse de revendiquer son crime
48:42au nom d'une meurtrière trinité, le peuple, la Torah et la terre d'Israël.
48:50Le 28 mars 1996, Amir est condamné à la prison à vie
48:54à l'issue d'un procès expédié en une quinzaine d'audiences.
48:58Comme si la société israélienne voulait exorciser au plus vite le traumatisme
49:03sans vraiment faire son examen de conscience.
49:06L'ombre du meurtre d'Itsak Rabin plane toujours sur nous
49:12et influence toujours beaucoup ce que nous faisons,
49:15la manière dont nous agissons.
49:20Nous prenons toujours en considération ce qui est arrivé il y a dix ans.
49:24Yig Alamir, soumis à un strict isolement, n'a aucun espoir de grâce à ce jour.
49:33Il s'est marié par correspondance et dix ans après son jugement,
49:37la Cour suprême lui a même octroyé le droit d'avoir un enfant par insémination artificielle.
49:43Cet enfant, s'il voit jamais le jour,
49:45apprendra-t-il les conséquences désastreuses de l'acte commis par son géniteur ?
49:49À l'époque où c'est arrivé, je me faisais l'illusion,
49:58et là c'était vraiment, je m'étais complètement planté,
50:01je m'écris ces choses-là,
50:03que le processus est trop avancé pour que l'homme seul,
50:07la disparition de l'homme seul puisse le remettre en cause.
50:10et j'ai eu tort.
50:12Non pas que je pense que ce processus entier soit remis en cause,
50:15je ne le pense pas,
50:16mais il a été durement, durement retardé,
50:21et la mort de Rabine aura eu un effet beaucoup plus dévastateur
50:24sur le processus que je ne le pensais.
50:27Le temps pour la paix s'est venu.
50:41Nous vous disons aujourd'hui,
50:44en une voix claraise et claraise,
50:48suffit de sang et de peau.
50:51Encore !
50:53Hélas, ces mots qui résonnent dans toutes les mémoires
50:56n'ont pas encore trouvé d'écho.
50:57Les espoirs des accords de Washington se sont vite évanouis.
51:01La multiplication des attentats suicides du Hamas
51:04a précipité la défaite électorale de Shimon Peres.
51:08Ses successeurs, de gauche ou de droite,
51:10ont dû se résoudre à mettre leur pas dans ceux de Rabine,
51:13même ceux qui surfaient sur la vague de la haine.
51:16Benyamin Netanyahou, devenu Premier ministre,
51:18a lui aussi serré la main de Yasser Arafat.
51:20Moins d'un an après la mort de son adversaire.
51:24Autre ironie de l'histoire,
51:26Ariel Sharon, pour avoir démantelé de force
51:29les colonies juives de la bande de Gaza,
51:31est devenu à son tour l'homme le plus détesté du pays.
51:36Mais dix ans après la mort d'Ytta Krabine,
51:38tous, israéliens et palestiniens,
51:41ont échoué à faire la paix.

Recommandations