Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 mois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Mais d'abord, l'édito international d'Europe 1.
00:02Bonjour Vincent Hervouette.
00:04Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:05Vincent, vous nous parlez ce matin du Conseil européen de fin d'année aujourd'hui et demain à Bruxelles.
00:11Les dirigeants des 27 sont en train d'arriver, prêts à se battre.
00:13Tous les spécialistes le disent, ça va être l'un des sommets les plus tendus de ces dernières années.
00:18Oui, alors il y a toujours un peu de dramatisation avant le lever de rideau.
00:21Des capitales cléronnes, retenez-moi où je fais un malheur.
00:24Et c'est une bonne manière de se faire écouter.
00:26C'est de la négo avant les négo, l'Europe aime le théâtre.
00:30Mais c'est vrai, jamais un Conseil européen n'échoue.
00:34Les chefs d'État sont entourés de professionnels de la magie,
00:38qui savent mieux que personne, mettre la poussière sous le tapis,
00:41différer la solution, arrondir les angles, découper le dilemme insoluble en tranches si fines qu'ils s'évanouissent.
00:48Bracadabra, ce sont des champions.
00:50Après les prolongations d'usage, tout le monde rentrera chez soi.
00:54La tête est haute, ou du moins en sauvant la face.
00:57Mais, mais, les 27 sont rarement opposés de manière aussi frontale,
01:03et sur autant de sujets que ce matin, ça va être sportif.
01:06Alors il y a deux dossiers urgents notamment à régler, et à chaque fois deux camps bien tranchés.
01:11Il y a d'abord le traité de libre-échange avec le Mercosur, on vient d'en parler.
01:14En chantier depuis 26 ans, autant dire depuis toujours, l'Allemagne tempête, le chancelier s'impatiente.
01:20Avec ses alliés espagnols et scandinaves, il aura toujours assez de courage pour supporter la souffrance des éleveurs français.
01:27Ils veulent signer tout de suite, avec les latino-américains, pour relancer l'économie européenne.
01:33Et la Commission est d'accord.
01:34Ursula von der Leyen a déjà pris son billet pour le Brésil.
01:37Lula dit que c'est maintenant ou jamais.
01:39Alors elle s'envole samedi pour Fosse des Iguassus, à la frontière du Brésil, de l'Argentine, du Paraguay,
01:45les chutes d'eau les plus spectaculaires du monde.
01:48Mais elle a pris dès hier une douche froide avec le ralliement de Georgia Meloni
01:53à la position des Français, des Polonais, des Hongrois.
01:56Ensemble, ils ont une minorité de blocage.
02:00Meloni veut plus de garanties pour le secteur agricole.
02:03Ursula von der Leyen a du coup, sans doute, pris un billet qui doit être remboursable.
02:08Au du moins, on l'espère.
02:09Il y a d'autres sujets dans Poignade, Vincent.
02:12Il y a le cadre budgétaire, le déficit commercial avec la Chine,
02:15qui est aussi vertigineux que les gorges du Yunnan.
02:19Mais le financement de la guerre en Ukraine est le vrai casse-tête.
02:23Les Américains ayant cessé de payer, il y a deux options.
02:25Un emprunt de 90 milliards, la Hongrie met son veto.
02:29Et l'autre, fondé sur les actifs russes, les 210 milliards déposés par la Banque centrale de Russie en Belgique
02:37et qui ont été bloqués dès le début de la guerre.
02:41Il y a trois bonnes raisons de mettre la main dessus.
02:43C'est toujours ça que les Américains n'auront pas, puisque Donald Trump l'ordiait le magot
02:47en envisageant de le partager avec le Kremlin pour financer des projets communs.
02:51Secondo, on se donne l'illusion de faire les poches à Vladimir Poutine.
02:55Et cette bonne blague a un inconvénient, c'est qu'elle n'amusera pas les tribunaux internationaux
03:01que saisiront sans aucun doute les entreprises russes, si on pille leur avoir.
03:06Ça risque de coûter cher à la Belgique, qui est vraiment un vent debout.
03:09Et ça risque aussi de ruiner le crédit de l'Europe sur les marchés.
03:12Enfin, le troisième argument, c'est qu'il n'y a pas le choix.
03:16L'Europe n'a pas les moyens de financer toute seule la guerre en Ukraine,
03:19d'autant moins qu'elle se termine et qu'il va falloir assurer la suite, la reconstruction et puis la sécurité aussi.
03:26Les technos ont inventé un mot pour ce fric-fra, qu'ils parlent d'un prêt de réparation.
03:31Alors les Belges, je vous l'ai dit, n'en veulent pas en entendre parler.
03:34Les Tchèques, les Hongrois, les Slovaques, les Bulgares, j'ai dû en oublier, les Italiens sont contre aussi.
03:39Et puis il y a tous les autres qui ne disent rien, mais qui redoutent la réaction de Donald Trump.
03:43Le Conseil doit durer deux jours, il pourrait déborder sur le week-end et pourquoi pas jusqu'à Noël.
03:48Après tout, les Européens croient très souvent au Père Noël.
03:52Signature Europe 1, ainsi va le monde, Vincent Hervouet. Merci Vincent.

Recommandations