00:00Annalisa Capellini, au Mali, des attaques coordonnées de groupes djihadistes et rebelles
00:03visent ces derniers jours plusieurs villes du pays.
00:06Des attaques qui fragilisent l'agente militaire qui est au pouvoir, mais aussi la Russie.
00:10Oui, c'est peut-être le début de la fin de l'influence russe au Mali
00:13parce que ce qui se passe n'est pas simplement une confrontation
00:16entre les rebelles et l'agente militaire au pouvoir.
00:19Donc ce n'est pas seulement une affaire purement intérieure,
00:21c'est aussi la preuve de la fragilité russe au Mali.
00:24Ces attaques dont vous parliez ont commencé samedi.
00:26Elles sont menées par les djihadistes du JNIM, c'est la branche locale d'Al-Qaïda,
00:30avec les indépendantistes Touareg.
00:32C'est une des offensives les plus efficaces de ces dernières années
00:34parce que là, elle a visé le cœur même du régime.
00:38Le ministre de la Défense a été tué, le chef du renseignement serait mort lui aussi
00:42et le président Assimi Goïta n'a pas été vu en public depuis les attentats de samedi.
00:47Sur le terrain, en revanche, c'est un peu plus compliqué d'avoir une vraie lisibilité.
00:50On a des informations contradictoires au fur et à mesure des heures.
00:53Il y a une information en revanche qui est claire parce qu'elle est reconnue par tout le monde.
00:58C'est que les forces gouvernementales et donc les forces russes ont perdu la ville de Kidal.
01:03Kidal, c'est une ville qui se trouve au nord du Mali.
01:06Elle n'est pas loin de la frontière désertique avec l'Algérie.
01:08Elle n'est pas loin de la frontière avec le Niger à l'Est.
01:12Et c'est une ville qui est symbolique parce que c'était la capitale officieuse des rebelles Touareg
01:17jusqu'en 2023 quand les forces maliennes l'ont conquise, donc avec le soutien précieux des forces russes.
01:23Aujourd'hui, trois ans plus tard, elle retombe dans les mains des Russes.
01:26Un revers donc symbolique pour les Russes.
01:28Oui, exactement. C'est un revers symbolique.
01:30C'est un échec opérationnel et ça pose même la question de la présence des Russes au Mali
01:35puisque le modèle proposé par Moscou est toujours le même.
01:38Moscou offre un soutien sécuritaire, opérationnel, un soutien politique aussi quelque part
01:43et d'un autre côté, un excès privilégié aux ressources.
01:47Donc vous voyez là, si au fond, si la sécurité n'est pas garantie,
01:49à quoi ça sert d'avoir des Russes sur le territoire ?
01:52Si la Russie n'arrive plus vraiment à stabiliser la situation au Mali,
01:55pourquoi continuer à s'appuyer sur elle ?
01:57Les Russes, eux, se défendent.
01:59Des responsables militaires russes cités par le journal russe commerçante
02:03disent que ce sont les soldats de Moscou qui ont tenu toutes les positions,
02:07toutes les bases aériennes importantes
02:08et que les pertes terroristes dans toutes les villes ont été très importantes.
02:12Elles s'élèvent à plus de 1000 morts.
02:13En gros, la situation aurait été encore plus catastrophique pour le régime
02:17si les Russes n'avaient pas été là.
02:18Ce revers au Mali, il remet en question toute la stratégie de la Russie au Sahel ?
02:22Oui, vous avez raison de parler de Sahel
02:24parce que c'est les trois pays qui sont touchés.
02:28Le Mali en 2021, le Burkina Faso en 2022, le Niger en 2023.
02:32Les trois pays ont vécu des coups d'État
02:34qui ont expulsé les forces françaises et américaines,
02:36les forces occidentales qui étaient présentes sur place.
02:39Et ces trois pays se sont tournés vers la Russie.
02:42En réalité, ce qu'on voit, c'est que trois, quatre, cinq ans après,
02:45la Russie peine aujourd'hui à maintenir le contrôle militaire.
02:48Pourquoi ? Parce qu'au contrôle, au centre de cette stratégie russe,
02:52il y a l'Africa Corps, qui est ce réseau paramilitaire russe,
02:56qui a pris la relève du groupe Wagner.
02:58Sauf que contrairement à Wagner, qui était beaucoup plus indépendant,
03:01l'Africa Corps, elle, elle est placée directement sous le commandement du ministère russe de la Défense.
03:06Ça n'a pas la même force de frappe, ça n'a pas la même capacité sur le terrain
03:09qu'avait le groupe Wagner. Et donc, tous ces régimes se retrouvent aujourd'hui
03:13face à une vague d'insécurité qu'ils ont du mal à contenir
03:15et que même le rallye russe n'arrive pas à endiguer.
03:19Donc vous voyez, au-delà du Mali, c'est vraiment toute l'influence russe au Sahel,
03:23en Afrique, qui commence à décliner.
03:25Et c'est normal, parce que la guerre en Ukraine mobilise énormément de ressources,
03:28militaires, financières, humaines.
03:30Et donc, ça limite la capacité de Moscou à projeter la puissance ailleurs.
03:33On en parlait en début de semaine, on voit la même chose en Asie centrale.
03:37Ce qu'on comprend aujourd'hui, c'est que le modèle d'influence russe,
03:39qui était basé sur la sécurité, sur la force, aujourd'hui est très fragilisé.
03:44Le Monde qui bouge, c'est à retrouver un replay, un podcast sur l'application BFM Business.
03:47Et aussi, votre podcast à vous, L'Ordre du Monde.
03:50Le podcast est de manière de géopolitique.
03:52Aujourd'hui, on parle de quoi ?
03:53Aujourd'hui, on va parler de temps, parce que c'est le temps aujourd'hui
03:55qui est important dans la guerre en Iran.
03:57Combien de temps l'Iran peut tenir sous les attaques américaines ?
04:00Combien de temps Donald Trump peut justifier encore sa guerre ?
04:02Combien de temps le monde peut tenir sans le pétrole d'Hormuz ?
04:05Tout est une question de temps.
04:07Et je reçois Adèle Bakawan, que vous connaissez,
04:09qui est un des meilleurs experts en ce moment sur cette zone du monde.
04:13Et donc, il va tout nous expliquer,
04:15qui va nous aider à comprendre pourquoi le temps est si important.