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  • il y a 4 mois
Ce vendredi 19 juin, Christopher Dembik présente Quand le monde s'affole dans l'émission Tout pour investir, la masterclass, sur BFM Business. Retrouvez l'émission tous les vendredis à 11h.

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Transcription
00:00Tout pour investir, la masterclass, quand le monde s'affole.
00:05Le G7, aujourd'hui, effectivement, on a vu même quelques accords au niveau du G7,
00:11on parle d'un succès sur plusieurs points, notamment sur l'IA, l'Ukraine,
00:15les déséquilibres macroéconomiques, mais il y a un peu de scepticisme, peut-être, non ?
00:19Il faut être lucide, non ?
00:21Je reste quand même assez sceptique, parce que ça a été présenté, ce G7,
00:25comme un énorme succès diplomatique.
00:27En général, à la fin d'un G7, il y a juste le président du pays qui préside ce G7
00:33qui signe et présente un document au nom de tout le monde.
00:36Là, ça a été signé par tout le monde, et il y a eu neuf textes différents.
00:40Et surtout, Donald Trump est resté jusqu'au bout.
00:43Il a même prolongé pour aller jusqu'à Versailles.
00:45Donc, d'un point de vue, comment dire, protocolaire, texte signé, etc.,
00:49oui, vu l'instabilité du moment, c'est présenté comme un succès.
00:53Après, pour avoir couvert pas mal de sommets institutionnels de ce type,
01:00pas mal de G20, de conseils européens, etc.,
01:03il faut vraiment se méfier de ces effets d'annonce,
01:05surtout dans cette période si instable et si fragile.
01:09Là, qu'est-ce qu'on voit ?
01:10On voit que, sur l'Ukraine, Trump revient dans le jeu européen.
01:14C'est peut-être l'annonce la plus importante et la plus symbolique.
01:18Surtout que les États-Unis et les pays du G7
01:22annoncent qu'ils vont produire sous licence en Ukraine
01:24des missiles de longue portée et des systèmes de défense anti-aérienne.
01:29Donc ça, c'est un soutien.
01:30On a le sentiment, quand on lit ça,
01:32que les États-Unis, qui étaient en train de refermer le parapluie,
01:35sont en train de rouvrir un peu le parapluie sécuritaire sur l'Europe.
01:38Maintenant, si on regarde dans le rétroviseur,
01:41qu'est-ce qu'on voit ?
01:42Récemment, le nombre de vols de face et d'humiliation
01:45qu'a pu subir Vladimir Zelensky avec Donald Trump.
01:49Un jour, Donald Trump nous dit, il y a quelques semaines,
01:51qu'il va retirer 5000 soldats du sol de la Pologne,
01:56de soldats américains.
01:57Le lendemain, il dit que finalement, il va en rajouter 2500.
02:01On voit qu'un jour, Donald Trump organise un sommet historique,
02:05une rencontre en tête-à-tête en Alaska, à Anchorage,
02:08avec Vladimir Poutine, pour négocier tout seul,
02:12enfin à deux, de l'avenir de l'Ukraine.
02:15Le lendemain, Donald Trump, qui fait savoir à Vladimir Poutine
02:20que finalement, il s'impatiente et qu'il pourrait même,
02:23pourquoi pas, prendre un petit bout de territoire russe s'il le fallait.
02:27Tout ça donne une impression d'imprévisibilité absolument énorme.
02:32Et en fait, le mouvement de fond sur le dossier ukrainien,
02:36ça reste quand même, et on en parle régulièrement,
02:39ça reste quand même celui d'un retrait stratégique américain
02:43du sol européen.
02:45Ce message-là, il ne date pas de Donald Trump,
02:47il a commencé avec le pivot asiatique sous Barack Obama,
02:51et c'est ça le mouvement de fond.
02:53Le reste, c'est presque, j'allais dire, l'écume des choses.
02:56Et alors effectivement, ça s'accélère avec Donald Trump,
02:58qui demande à l'Europe d'accélérer son autonomie stratégique,
03:02ce qui est peut-être d'ailleurs une bonne chose.
03:05Donc si vous voulez, c'est pour ça que je me méfie
03:07quand on dit, ça y est, les Américains reviennent
03:10sur le dossier ukrainien, etc.
03:12Attention, le vrai sujet, c'est que...
03:14Entre la communication et la stratégie de l'Ontario...
03:15Exactement, le vrai sujet, vous le savez très bien,
03:18on en parle régulièrement, le vrai sujet,
03:19c'est que la priorité de Donald Trump, c'est l'Indo-Pacifique,
03:22ce n'est pas ce qui se passe chez nous.
03:23Et en plus, la parole de Trump est un peu démonétisée,
03:26finalement, on s'en rend compte.
03:27Elle est totalement démonétisée.
03:31Vous regardez sur l'Iran, combien de revirements ?
03:33On a compté presque 40 annonces d'accords imminents
03:38avant le fameux accord de la semaine dernière,
03:41où là, ça y est, tout le monde,
03:43les dirigeants du monde entier et les marchés
03:45se sont dit, ça y est, on va enfin mettre sur les rails
03:49une négociation de 60 jours
03:51et on va débloquer le détroit d'Hormuz, etc.
03:54Bon, ben, regardez, il y a quelques heures,
03:56on annonce un report s'inédié
03:59de la première rencontre entre Djid Evans
04:03et son homologue iranien à Genève
04:05qui devait marquer le top départ des 60 jours de négo.
04:08Donc, en fait, même avant que ça commence,
04:10on a déjà un faux départ.
04:12Oui, parce qu'un protocole d'accord, finalement,
04:14ça n'engage à rien tant que...
04:16Un protocole d'accord n'engage à rien.
04:17Et si vous voulez, là-dessus, sur le dossier iranien,
04:20la réalité, et je reviens encore à tous les cotillons
04:24qu'on a vus partir de cette conclusion du G7,
04:27si vous regardez le dossier iranien,
04:30la réalité, c'est que les Iraniens
04:34ont totalement lié les pourparlers
04:39et l'avenir des pourparlers à la situation au Liban
04:43et que tant qu'Israël bombarde le Liban,
04:46on a du mal à voir les gardiens de la révolution
04:49entamer des pourparlers.
04:51C'est ce qui s'est passé cette nuit.
04:52Il y a encore eu des frappes israéliennes
04:55dans le sud du Liban qui ont fait 16 morts.
04:57Et on voit bien que, d'ailleurs,
04:58Donald Trump et Djid Evans s'impatientent
05:02et commencent à envoyer des messages
05:04de plus en plus agressifs verbalement
05:08vis-à-vis de Netanyahou et de son gouvernement
05:10parce qu'ils sont en train de geler
05:14toute mise sur les rails
05:18de négociations entre les États-Unis et l'Iran.
05:22Donc, la situation, pour l'instant,
05:25elle en est là.
05:26On a un peu l'impression quand même
05:28que cet accord, il faudra voir
05:29s'il est mis en application,
05:30en tout cas, on est au protocole d'accord,
05:32a été un peu mal ficelé.
05:34C'est-à-dire que, quand on regarde quand même,
05:36les États-Unis ont l'air un peu moins bien
05:37s'en sortir que les Iraniens.
05:39Je crois que vous le disiez dans certaines émissions,
05:41c'est-à-dire qu'on peut avoir la force de frappe militaire,
05:44mais derrière cela, il faut être en mesure
05:45de faire l'après-guerre,
05:46de négocier à la table des négociations.
05:48Là, les Iraniens avaient la main forte.
05:50Trump a dit, il y a quelques jours de cela,
05:51et ça m'a interpellé, il disait
05:52qu'on n'avait pas d'autre choix que de négocier
05:54parce qu'on avait aussi un problème
05:55en termes de réserve stratégique de pétrole.
05:57Et on peut peut-être ajouter
05:58le calendrier électoral.
05:59Est-ce que tout ça, ça n'a pas pesé fortement
06:00dans la balance,
06:01ce qui fait que le protocole
06:02part un peu déséquilibré ?
06:03C'est ça, ça a totalement pesé,
06:05et ça montre une fois de plus
06:08qu'à l'origine,
06:11Donald Trump et Benjamin Netanyahou
06:13avaient des intérêts communs,
06:17mais un calendrier totalement différent.
06:21Il y en a un,
06:22ils ont deux élections,
06:24il y en a un, il faut mieux qu'il y ait la guerre
06:25qui continue, enfin,
06:26le côté israélien, il faut mieux que la guerre continue
06:28pour qu'il y ait toujours cette stature
06:29de chef de guerre,
06:30alors que Trump ne peut pas se permettre
06:32vraiment d'arriver...
06:33C'est ça, c'est-à-dire que pour Benjamin Netanyahou,
06:38lui, il est engagé,
06:39c'est une crise existentielle, en fait.
06:42C'est l'avenir d'Israël
06:44qui est en jeu dans ce dossier iranien,
06:46et c'est un sujet qu'il porte
06:48et qui est au cœur de son ADN politique
06:49depuis plus de 40 ans.
06:52Donc lui, en fait,
06:53il n'a pas un agenda
06:56où il doit sortir de là au plus vite.
06:58Au contraire, il doit finir le job
07:00quoi qu'il en coûte,
07:02et quel que soit le temps que ça prendra.
07:04Lui, Donald Trump,
07:05il a effectivement ses élections de mid-terms,
07:08il a quand même...
07:11Il y a quand même dans la psyché collective américaine
07:14le précédent du Vietnam,
07:16de l'Irak, de l'Afghanistan,
07:18et envoyer ces boys
07:20pendant plusieurs milliers de jours
07:23loin de chez soi,
07:25dans des terrains hostiles,
07:29c'est quelque chose,
07:30on réfléchit à deux fois
07:31avant d'y retourner,
07:32et Donald Trump était très clair là-dessus.
07:35Il était totalement galvanisé
07:37par le succès de l'opération vénézuélienne,
07:41qui était une opération éclair,
07:43et il est parti en Iran
07:46en étant persuadé que
07:49l'attaque éclair
07:50et que la décapitation du régime
07:53en 24 heures
07:54allait forcer
07:55un changement de régime
07:57et que ça se ferait
07:58dans un délai assez court.
08:01On a juste une succession
08:02qui s'est bien plus...
08:02Et en fait,
08:03ils ont totalement été pris de court
08:05par la stratégie de guerre
08:08asymétrique
08:09menée par
08:13les gardiens de la révolution
08:14qui ont tout de suite compris
08:16que c'était très facile
08:18de bloquer le détroit d'Ormuz
08:21et de paralyser l'économie mondiale.
08:23Ils ont tout de suite mis en place aussi
08:25une stratégie sur laquelle
08:26un peu comme Netanyahou
08:27qui se prépare à cet affrontement
08:28depuis 40 ans,
08:29c'est pareil côté iranien.
08:30Et donc ça fait 40 ans
08:31qu'ils mettent en place
08:32des stratégies militaires
08:33avec une stratégie dite mosaïque,
08:35avec si un responsable,
08:38un chef
08:40est neutralisé,
08:41vous avez potentiellement
08:42plusieurs,
08:437 ou 8 remplaçants
08:44qui sont dans des endroits différents
08:46en Iran.
08:47Et donc en fait,
08:48tout est totalement décentralisé
08:50et si vous décapitez le régime
08:52à Téhéran,
08:52c'est ce qui s'est passé au début,
08:53vous avez potentiellement
08:55autant de cellules actives
08:58et autonomes
08:59que de régions en Iran.
09:01Et chacun des chefs
09:03dans ces régions iraniennes
09:04peut tout seul,
09:06sans en référer à Téhéran,
09:08appuyer sur un bouton
09:09pour envoyer un missile
09:10n'importe quand,
09:11n'importe où,
09:12sur n'importe qui.
09:14Donc si vous voulez,
09:15ça complique...
09:17Et quand je parlais
09:18de guerre asymétrique,
09:19avec aussi tout un arsenal
09:20des drones type
09:22Shahed, etc.,
09:23où on est sur
09:24des productions
09:26low cost
09:27qui peuvent déstabiliser
09:28les bases iraniennes,
09:29etc.
09:30Et donc ils ont su
09:30très vite,
09:31les Iraniens,
09:34déporter
09:35le conflit
09:36sur le terrain
09:37du commerce international
09:38et sur le terrain
09:39de la stabilité régionale
09:41en frappant
09:42les bases américaines
09:42qui étaient sur tous
09:43les pays du Golfe
09:44aux alentours,
09:46d'un coup remettant
09:47en cause aux yeux
09:47du monde entier
09:48un modèle économique
09:50construit depuis
09:51une trentaine d'années
09:53de tous ces pays du Golfe
09:54qui visent à se projeter
09:56sur l'après-pétrole
09:58et de dire
09:59voilà,
10:00the place to be,
10:01ça va être un endroit
10:01aussi chez nous
10:03qui ne repose pas
10:04que sur le pétrole
10:04mais aussi sur
10:05énormément d'activité
10:07et la clé de voûte
10:09de cette stratégie
10:10c'est la sécurité
10:11et la stabilité
10:12et les gardiens
10:13viennent de péter
10:14cette clé de voûte
10:15en fait.
10:16Et donc on est vraiment
10:17sur une leçon
10:20de guerre
10:21de guerre asymétrique
10:22qui force Donald Trump
10:24justement
10:24pour revenir à ce que vous disiez
10:26qui force Donald Trump
10:28à constater
10:31cette impasse-là
10:32où il se retrouve
10:33devant deux choix.
10:34Le premier choix
10:35c'est de passer
10:37la vitesse supérieure
10:38c'est-à-dire
10:40de renforcer encore
10:41les bombardements aériens
10:43mais de l'accompagner
10:45par des offensives terrestres
10:47et à ce moment-là
10:48c'est assumer
10:48de rentrer dans une optique
10:50nouvel Irak,
10:51nouvel Afghanistan,
10:52nouveau Vietnam
10:52mais c'est une option
10:53ou sinon
10:54j'essaye de brandir
10:57l'accord
10:59le moins
11:00mauvais possible
11:02et on vient sur
11:05cet accord
11:05dont vous parliez
11:06des 14 points
11:06ce qui explique
11:07pourquoi on se retrouve
11:08c'est presque un retour
11:09à la case départ
11:10le régime est le même
11:11la répression
11:13est la même sur place
11:13et en plus
11:14il va falloir payer
11:15la reconstruction
11:16etc.
11:18Il se retrouve
11:19dans cette situation-là
11:20et avec
11:21Benyamin Netanyahou
11:22qui pour l'instant
11:22continue à bombarder
11:23le Liban
11:24et il reste
11:24drivé
11:26par un objectif
11:30guidé
11:31par
11:33une véritable
11:35crise existentielle
11:36qu'il a diagnostiquée
11:38vis-à-vis de l'Iran.
11:39Merci beaucoup
11:40Mathieu Jolivet
11:41et on

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