00:01En France, il y a des adultes qui ont passé des années à l'école et parfois même à l
00:05'université
00:06sans maîtriser les compétences écrites d'un enfant de 10 ans.
00:09Je referme les guillemets de ce constat glaçant dressé par un directeur de l'OCDE.
00:14Le classement PISA révèle d'année en année que le niveau chute,
00:17préfigurant évidemment un chômage grandissant à mesure que l'intelligence artificielle
00:22se substituera à des individus pas assez performants.
00:25La France est ainsi devenue le pays européen où la proportion des 15-24 ans
00:29à la recherche d'un emploi a le plus fortement augmenté en 2025, dépassant les 20% contre 3%
00:35en Suisse.
00:36Ainsi va notre école, à force de vouloir s'occuper de tout, elle finit par oublier l'essentiel, la transmission.
00:42De circulaire en décret, de suppression de postes en préoccupation sociétale
00:46qui remplace trop souvent la transmission du savoir,
00:49le pays de l'instruction obligatoire n'instruit plus dignement les élèves.
00:53On sait pourtant que l'ignorance est le terreau de la violence.
00:56Crise d'autorité et de transmission, abandon du personnel chargé d'enseigner,
01:01la France assiste à l'explosion des démissions.
01:03Plus 679% en 15 ans.
01:06Un de nos auditeurs, rappelez-vous Robin Desarbres, nous disait récemment
01:09dans une émission consacrée au naufrage de l'école vouloir partir à la retraite
01:13plus tôt en raison de cette augmentation incessante des attaques au couteau.
01:17Alors que s'achève une période d'examen pour nombre d'élèves français,
01:20je reçois de nouveau Joachim Lefloquimade pour nous poser une question douloureuse.
01:25Quand la moitié des élèves de 6e ne lisent pas correctement,
01:28peut-on encore parler de démocratie ou de liberté ?
01:31Nos impôts financeraient-ils, somme toute, la liberté d'être bête ?
01:342026, sera-t-elle encore une année de perdu pour l'éducation nationale ?
01:39Bonjour Joachim Lefloquimade.
01:40Bonjour Marie-Astelle Dupont et merci pour votre invitation.
01:43Bonjour Joachim.
01:43Alors je rappelle quand vous avez reçu en août l'année dernière,
01:48au tout début de la saison, pour la sortie de votre livre,
01:51qui va ressortir à la rentrée en version augmentée,
01:55Mains basses sur l'éducation nationale aux éditions du CERF.
01:58J'aurais été extrêmement heureux, Marie-Astelle, de venir dans votre émission aujourd'hui
02:02pour vous expliquer que le diagnostic que j'avais formulé en août dernier
02:05dans mon ouvrage Mains basses sur l'éducation nationale n'était plus d'actualité.
02:09Je crains malheureusement que l'essentiel de mes analyses ait été confirmé au cours des 12 derniers mois
02:15et je ferai trois remarques en ce sens.
02:18La première, c'est que tous les mots qui rongent le système éducatif se sont aggravés.
02:21Alors vous en avez cité un certain nombre, l'effondrement du niveau,
02:24l'explosion des violences, la maltraitance des professeurs par l'institution.
02:27On aura, je crois, l'occasion d'y revenir plus en détail pendant l'émission.
02:30La deuxième remarque, c'est que l'impuissance du politique et son muselage
02:33par ce que j'ai appelé l'État dans l'État se sont exacerbés,
02:36si bien qu'auparavant, je disais en main bas sur l'éducation nationale,
02:41qu'on avait une technostructure qui gouvernait dans l'ombre,
02:43que maintenant elle gouverne en pleine lumière
02:46puisqu'on a mis un bureaucrate en la personne d'Edouard Geoffray
02:49à qui je ne fais aucun procès d'intention.
02:51C'est un individu, je crois, sincère, extrêmement vif intellectuellement.
02:56Simplement, je constate qu'il n'y a pas les mains libres,
02:58que dans la configuration politique actuelle,
03:00il ne peut rien faire d'autre qu'organiser l'immobilisme
03:02et gérer les affaires courantes, non sans une certaine difficulté,
03:06d'ailleurs, à être le maître de son administration.
03:08On a vu cette semaine encore comment les consignes données
03:10sur la notation au baccalauréat
03:12et la prise en considération de l'orthographe
03:14ont été détricotées académie par académie.
03:17Et la troisième remarque que je formulerai,
03:19c'est que les politiques de rupture que j'appelais de mes voeux
03:21pour arracher notre école au suicide
03:23n'ont pas du tout été mises en œuvre
03:24et qu'on a passé l'année, encore une fois,
03:26à débattre du sexe des anges
03:28pendant que l'école s'effondre.
03:30De quoi a-t-on parlé ? On a parlé d'éducation à l'alimentation,
03:33d'éducation à la sexualité.
03:35On a un obscur conseil, le Conseil supérieur de l'éducation,
03:37qui a proposé de rebaptiser les vacances de Noël
03:40et les vacances de la Toussaint.
03:41On a pondu des normes.
03:43300 modifications du code de l'éducation
03:44depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron.
03:46Est-ce qu'on n'a pas l'impression
03:47que le code de l'éducation n'est pas assez saturé comme ça
03:50et qu'il ne faudrait pas réhabiliter les fondamentaux ?
03:52Voilà toutes les questions que je pose.
03:55Et je conclurai ce propos liminaire
03:57par un message très rapide.
03:59C'est que cette situation, vous l'avez dit à Marie-Estelle,
04:01ne peut plus durer, que la crise de l'école
04:03n'est pas une crise parmi d'autres,
04:04mais qu'elle est une véritable bombe à retardement pour la nation
04:07et qu'il y a une urgence au sursaut,
04:09que cette urgence est plus impérieuse que jamais.
04:110-1-80-20-39-21.
04:13Si vous voulez échanger avec Marie-Estelle Dupont,
04:15on parle aujourd'hui du naufrage du système scolaire.
04:17Et nous...
04:18...
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