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- il y a 3 mois
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ÉducationTranscription
00:02bonjour une personne m'a posé la question de savoir ce que signifie faire le deuil en effet
00:09elle a vécu la perte d'un enfant et l'idée que l'on puisse passer à autre chose comme
00:14s'il ne
00:15s'était rien passé la choc oui répondre à cela de mon point de vue implique de développer l'idée
00:23d'intégration d'un traumatisme notion complexe susceptible d'intéresser beaucoup de monde
00:29d'où cette vidéo qu'est ce que l'intégration d'un traumatisme et pour répondre à ça d'abord
00:35qu'est ce que c'est qu'un traumatisme pour répondre à qu'est ce que c'est qu'un
00:39traumatisme il y a pas
00:40mal d'éléments à positionner le premier c'est que depuis notre vie embryonnaire nous sommes en
00:47mouvement nous sommes mouvement on pourrait dire même la première cellule le zigote c'est une première
00:54cellule avant que ensuite ça se divise etc elle est en mouvement un mouvement extension contraction ce
01:01mouvement il est très très important il est présent dans tout l'organisme à l'embryon à 32 cellules
01:07comme une fraise bien chaque cellule à ce mouvement alors avec des spécialistes de l'embryon ils vont
01:18vous dire à 32 cellules toutes les cellules sont identiques n'empêche que il y a certaines cellules
01:24qui ont des mouvements plus amples on dit qu'elles sont plus musclées alors qu'elles sont identiques bien
01:30plus amples que les autres et donc ce sont ces cellules qui ont un mouvement extension contraction
01:37ouverture fermeture comme on veut qui sont plus plus fortes qui vont devenir l'embryon alors que les
01:44autres vont devenir le placenta c'est à dire que cette notion de mouvement elle est super important
01:49bon et c'est présent tout au long de la vie si on prend d'autres cultures c'est pratiqué
01:56du qigong du
01:57tai chi etc c'est tout le temps là voilà ouverture contraction etc ça c'est la première notion elle
02:04est
02:04super importante cette notion d'ouverture et de contraction vous pouvez faire une lecture de plein
02:10de choses avec ça c'est passionnant bien autre chose nous évoluons dans un monde traversé de
02:17forces alors je parle pas de trucs complètement barré etc je veux dire la pression atmosphérique
02:25c'est une force quand j'étais au lycée ont des petits vecteurs ont dessiné etc c'était des
02:30forces etc c'est à dire que la notion de force est quelque chose courant évidemment il ya des
02:35forces enfin etc il ya des forces électriques des forces physiques des forces physiologiques ça
02:39voilà ces forces forces de coriolis génère des mouvements permanents ça bouge tout le temps ces
02:48mouvements sont plus ou moins rapide plus ou moins long et l'amplitude est plus ou moins grande notre
02:57corps évidemment se développe en adéquation à ses forces sinon il irait pas bien loin bien c'est à dire
03:04qu'il se développe en adéquation à des mouvements dans ce cadre je vais m'appuyer sur benjamin vato il
03:17est important de considérer que le bien-être peut être envisagé comme la capacité attention on y va
03:26non à conserver une forme ce qui est souvent l'idée qu'on a des notions de bien-être de
03:33santé de
03:33etc on est sur une notion de conserver une forme non mais la capacité à pouvoir se laisser transformer
03:42en permanence sans en être désorganisé ça on est avec cette notion de mouvement etc et ben le bien
03:50être du coup n'étant plus alors que le résultat n'étant plus alors le résultat d'une action mais
03:59le bien-être
04:00étant la manifestation du bon fonctionnement de cette capacité d'adaptation à la permanence de
04:06l'environnement dit simplement se sentir bien serait ainsi le reflet de la fluidité de l'organisme à se
04:14laisser transformer par les mouvements de la vie sans lutter très important cette notion de pas de lutte si
04:22on lutte c'est le bord d'alticose bien autre notion lors de les développe de leur développement à partir
04:32d'un certain niveau de complexité les organismes développent des capacités à se protéger pas que l'être humain même
04:41un brin d'herbe l'objectif de cette protection étant de conserver leur intégrité et leur stabilité structurelle on parle
04:50d'autopoyèse alors
04:52je vous renvoie aux travaux de maturana et varela
05:00autopoyèse a u t o p o etc
05:03ainsi apparaissent des systèmes plus ou moins complexes visant à garantir la survie
05:12plus ou moins longue de l'organisme
05:15certains de ces systèmes sont extrêmement élaborés et complexe avec des systèmes de défense des mécanismes d'alerte à plusieurs
05:22niveaux une mémorisation du moindre agresseur ou de la moindre situation d'agression
05:29chez l'être humain même une mémorisation des ambiances pendant les agressions
05:35une agression étant un événement venant interrompre ou perturber l'adaptation c'est à dire le fait de se laisser
05:43transformer par les mouvements
05:44donc si ça perturbe l'adaptation ça perturbe le mouvement
05:50voilà
05:51donc fréquemment une agression déclenche un arrêt du mouvement accompagné d'un arrêt de la pensée
05:59chez l'être humain on parle de sidération
06:02quelque chose se fige
06:04alors lors d'une sidération
06:07il y a plusieurs choses
06:09lors d'une sidération la pensée est bloquée
06:12la personne sidérée se trouve donc vulnérable aux ordres qu'elle peut recevoir
06:20cette intrusion mentale est souvent utilisée dans les pratiques de manipulation
06:27mais aussi dans
06:28donc là on est dans un cadre pervers
06:30mais aussi dans des cadres hypnothérapeutiques
06:32par exemple rupture de pattern machin etc
06:34bien
06:35ça pose question
06:37lors d'une sidération
06:40si l'organisme agressé en possède et c'est le cas de l'être humain
06:45les neurones miroirs fonctionnent
06:48alors les neurones miroirs ce sont le fait que quand on regarde quelque chose notre cerveau le reproduit
06:53c'est à dire qu'on fait ce que l'autre fait
06:54bien
06:55ainsi
06:56lors d'une agression
06:59le cerveau va reproduire l'effet et geste de l'agresseur
07:06pour le cerveau cela crée la possibilité de reproduire le comportement de l'agresseur
07:12donc ça veut dire quoi
07:14ça veut dire qu'une personne qui est agressée
07:16non seulement elle est victime
07:18mais en plus son cerveau reproduisant les gestes
07:23même si la personne ne bouge pas
07:25c'est le cerveau juste qui reproduit
07:27et bien après le cerveau considère que la personne elle est tout à fait apte à agresser
07:34on voit des personnes par exemple venir en me disant
07:36enfin moi j'en vois
07:38disant
07:39j'ai vécu tel traumatisme etc
07:41truc horrible etc
07:42j'ai été agressé
07:44j'ai travaillé avec différents
07:47pâtissiens
07:47thérapeutes etc
07:48sur le fait d'être une victime
07:50je vais mieux
07:51mais quelque chose n'est pas réglé
07:53quelque chose est là
07:54je sens bien
07:55ça n'a pas été jusqu'au bout
07:56en fait oui parce que la personne
07:59malgré elle
08:00j'insiste sur le malgré elle
08:02c'est un mécanisme au niveau du cerveau
08:04elle est dans la capacité d'être un agresseur
08:07évidemment ça développe plein d'images négatives de soi
08:10et plein de peur de faire du mal aux autres
08:12et la personne ne s'en rend pas compte parce qu'elle ne connaît pas le mécanisme
08:14voilà
08:14donc ça c'est
08:16neurones miroirs
08:16bon
08:18et donc
08:19une sidération
08:22ça peut entraîner un mal-être
08:24à cause des neurones miroirs
08:25pendant parfois de très très longues périodes
08:30après une sidération
08:31le cerveau
08:32par le mécanisme d'apprentissage
08:33qui fait qu'à chaque fois qu'on est confronté à quelque chose
08:36on va chercher
08:36ce qu'on a déjà vu
08:37qui ressemble
08:38et souvent ça va prendre la place du réel
08:41donc après une sidération
08:42le cerveau par son mécanisme d'apprentissage
08:44va chercher s'il a déjà vécu des sidérations ressemblantes
08:50ainsi
08:51une sidération
08:53peut
08:53en rouvrir de plus anciennes
08:56et déclencher des malettes profondes
08:58qui semblent disproportionnelles par rapport à l'agression
09:01la sidération évoquée
09:02ok
09:03la personne dit je comprends pas
09:04il y a eu que ça qui s'est passé
09:05bah oui
09:06ça a rouvert
09:08ou alors
09:09je vais faire un truc de spectacle
09:11il y a eu une tacle rupture de pattern machin
09:13sidération
09:14et depuis je vais pas bien
09:15bah oui
09:16une sidération ça
09:17prend le risque de rouvrir
09:19d'autres sidérations
09:21très attention
09:22très très dangereux les sidérations
09:23pas toujours
09:24mais ça peut l'être
09:26alors bon
09:27dans la mesure où elle se glisse partout
09:29autre chose
09:31la culpabilité comme d'habitude
09:35va venir se mettre là dedans et souvent suite à une sidération il y a une culpabilité qui va trouver
09:42le moyen de s'installer
09:45en continu
09:48après une agression
09:54si les choses se battent bien
09:56il y aura
09:58une reprise de l'adaptation comme s'il ne s'était rien passé
10:03ou une modification non structurelle ou très locale de l'organisme qui continuera son adaptation en ayant intégré les modifications
10:14consécutives à l'agression
10:19en ce deuxième cas
10:22donc si l'organisme
10:27c'est modifié mais pas de façon structurelle j'emploie le terme de bifurcation
10:35alors ça c'est si les choses se passent bien
10:38si les choses se passent mal
10:40il y aura un arrêt plus ou moins important de l'adaptation
10:45certaines zones de l'organisme cessant de s'adapter
10:48ou la totalité de l'organisme se figeant dans la posture présente lors de l'agression
10:54cela conduira plus ou moins rapidement à un processus morbide et éventuellement à la mort de l'organisme
11:02je relis ce petit machin là parce qu'il est super important
11:06après une agression il y aura
11:09si les choses se passent bien
11:11soit une reprise de l'adaptation comme s'il ne s'était rien passé
11:16soit une modification non structurelle ou très locale de l'organisme
11:23qui continuera son adaptation en ayant intégré les modifications consécutives à l'agression
11:32pour ce deuxième cas
11:34bifurcation
11:36si les choses se passent mal
11:38il y aura un arrêt plus ou moins important de l'adaptation
11:42certaines zones de l'organisme cessant de s'adapter
11:46ou la totalité de l'organisme se figeant dans la posture présente lors ou juste avant de l'agression
11:56cela conduira plus ou moins rapidement à un processus morbide
12:01et éventuellement à la mort de l'organisme
12:03c'est à dire qu'il y a des personnes ça va finir par
12:06indirectement mais ça va finir par les tuer
12:10alors
12:13ce dont je suis en train de parler c'est du corps
12:14chez l'être humain
12:16l'adaptation
12:17ça ne se fait pas par le mental
12:19ça se fait par le corps
12:22trois points importants
12:24les neurosciences
12:25notamment les travaux de Antonio Rodelgo
12:28Damasio ont montré que l'influx nerveux dans le cerveau
12:32traverse trois grandes zones
12:34d'abord les sensations
12:36ensuite les émotions
12:37et enfin seulement en dernier il y a la pensée
12:41Damasio disait, écrivait
12:43les pensées sont des effets secondaires des émotions
12:49si on suit le truc et ça a été fait après Damasio
12:51cela introduit que les émotions sont les effets secondaires des sensations
12:57pour modifier les pensées il suffit de modifier les sensations
13:00c'est à dire qu'il s'agit de travailler sur le corps et non pas sur l'intellect
13:03bien
13:05autre élément qui va dans le même sens
13:06la théorie polyvagale d'Anna et Porgès
13:10montre que le cerveau est d'abord un récepteur d'informations
13:14il y a 80% des informations qui montent vers le cerveau
13:17et ensuite seulement c'est un émetteur d'informations
13:20il y a 20% qui redescend
13:24Ainsi, le reste du corps mène le cerveau
13:28et nous on inverse comme vous le croyez jusqu'à récemment
13:31très important
13:32le corps, le corps, le corps
13:34bien
13:34troisième point
13:37ces travaux
13:40remettent en cause en profondeur la croyance
13:43que la pensée et l'intelligence pourraient tout résoudre
13:50et surtout
13:51ces travaux montrent la nécessité de moments
13:56dans lesquels les productions mentales
14:00arrêtent de venir interférer
14:03sur les capacités spontanées d'adaptation du corps
14:08d'où le recours à des pratiques relevantes
14:13vous pouvez calvauder mais il est quand même pratique
14:16d'une lâcher prise c'est à dire
14:18des pratiques dans lesquelles l'individu
14:22arrête de lutter contre les mouvements du vivant
14:27et au contraire se laisse transformer par eux
14:33mais non, je pense pas du tout à l'hymothérapie
14:35pas du tout
14:36bien
14:38alors, autre élément
14:40la notion de psychisme
14:43s'appuyant à la base
14:44sur une séparation entre somatique et psychique
14:50il y a le psychique, il y a le somatique
14:52bien
14:53quand on va voir les psys et qu'on leur dit
14:55qu'est-ce que c'est que le psychisme
14:57ils nous répondent voilà comment ça fonctionne
14:58non non, qu'est-ce que c'est ?
15:00et bien le psychisme à la base c'est un métaire
15:04c'est-à-dire un gaz
15:05cette notion-là
15:07ça ne résiste pas à l'avancée
15:10des neurosciences et des sciences en général
15:14ainsi apparaît l'hypothèse
15:16d'un système immunitaire comportemental
15:20comme ça je l'appelle
15:22pourquoi système immunitaire ?
15:25comportemental parce que ça fonctionne en miroir
15:27et en complémentarité avec le système immunitaire habituel
15:31ce système immunitaire
15:33donc un système de protection, autopoyèse, etc.
15:37s'appuie au point de vue de la mémorisation des agressions
15:42sur le système des faciats
15:43nous sommes vraiment dans la matière
15:47la mémoire d'agression, d'ambiance d'agression
15:52ou d'agresseur
15:54se faisant par assèchement, perte de souplesse
15:58parfois inflammation des faciales
16:00le mouvement ne se fait pas
16:02c'est-à-dire qu'on n'est pas dans des trucs qui est erré totalement
16:05où on fume la moquette
16:06on est très concrètement dans de la physiologie
16:10avec cette notion de système immunitaire comportemental
16:15c'est un système de protection de l'être humain
16:18ça amène à tout reconsidérer
16:21je passe des heures à le faire
16:22mais c'est passionnant
16:23alors, tous ces éléments-là
16:26ça permet enfin de définir un traumatisme
16:29que c'est que le traumatisme
16:32il y a traumatisme lorsque
16:35suite à une modification rapide de l'environnement
16:39par exemple une agression, un accident, un décès, etc.
16:46donc, suite à une modification rapide de l'environnement
16:49le corps réagit par une sidération
16:56et que cette sidération a laissé une trace
17:00qui s'est engrammée, qui s'est inscrite dans les fascias
17:04il y a deux trucs
17:04il faut les deux conditions pour que l'on parle de traumatisme
17:10alors, les neurones miroirs, la culpabilité, le réveil des sidérations passées
17:14sont des intensificateurs du traumatisme
17:20ils ne sont pas présents dans tous les traumatismes
17:24cela implique qu'en lieu et place de l'adaptation
17:30a eu lieu un arrêt du mouvement, un figement
17:35c'est la première condition
17:37et qu'au cours de la sidération
17:40le corps a été envahi par l'ambiance dans laquelle s'est déroulée cette sidération
17:47c'est cette ambiance, l'intensité de cette ambiance
17:53qui va déterminer si le traumatisme va laisser des traces ou pas
18:00la présence des traces de la sidération dans les fascias
18:03est donc la deuxième condition de la création de traumatismes
18:09bien entendu, il arrive qu'une sidération ait lieu dans une ambiance
18:13qui ne déclenche pas l'apparition de traces dans le corps
18:17des fois on reste à l'arrêt comme ça
18:19et puis l'ambiance étant superbe
18:21du coup, voilà, il n'y a pas de traumatisme
18:24ce n'est pas parce qu'il y a une sidération qu'il y a un traumatisme
18:28alors, du coup, on peut arriver maintenant de quoi on parle
18:31lorsqu'on parle de l'intégration du traumatisme
18:36comme nous l'avons vu, une sidération peut déclencher divers conséquences
18:41s'il n'y a pas de traces, donc pas de traumatisme
18:43il y aura une reprise de l'adaptation comme s'il ne s'était rien passé
18:49s'il y a traumatisme, il y aura un arrêt plus ou moins important
18:52dans l'adaptation, certaines zones de l'organisme cessant de s'adapter
18:56ou la totalité de l'organisme se figeant dans la configuration présente
19:01lors de l'agression
19:03cela se conduira plus ou moins rapidement à l'apparition de symptômes
19:07plus ou moins handicapés
19:09en tous les cas, quelque chose se sera arrêté dans la vie de la personne
19:14restera coincé à l'instant de la sidération
19:17et cela agira de façon douloureuse sur la vie de la personne
19:23dans certains cas, avec ou sans accompagnement
19:26ça dépend des personnes, des circonstances, des histoires
19:29ce qui était figé, pardon, peut se remettre en mouvement
19:35cela constitue donc une bifurcation
19:42ce qui était figé se remet en mouvement
19:46dans ce cas, il y aura eu un temps d'arrêt du mouvement
19:51puis une reprise
19:54simplement, comme il y aura eu ce temps d'arrêt
19:57l'adaptation se fera différemment que s'il n'y avait pas eu cet arrêt
20:02la personne adoptera des mouvements internes différents
20:06que s'il n'y avait pas eu cet arrêt
20:09c'est ce qui s'opère, par exemple, lors d'un suivi en éno
20:14la résolution du traumatisme ne fait pas revenir la personne
20:19dans la configuration qui était la sienne avant le traumatisme
20:23il n'y a pas un continuum bien linéaire, il y a bifurcation
20:28la personne est changée en profondeur par l'expérience vécue
20:32son corps n'aura pas effacé le traumatisme
20:36il l'aura intégré, dissous
20:39nous pouvons alors parler évidemment
20:42d'intégration du traumatisme
20:44par exemple, un deuil, puisque c'était le point de départ
20:48un deuil, suite au décès prématuré d'une personne proche
20:52est souvent un traumatisme
20:55le passage de la situation
20:57l'autre est vivant à l'autre est décédé
21:00est de toute une façon une modification profonde et brutale
21:04de l'environnement, même s'il y a eu un travail de préparation
21:09il est fréquent de rencontrer des familles
21:11chez lesquelles le décès n'a pas été intégré
21:14la souffrance est trop forte et elle empêche la reprise d'une grande partie de l'adaptation
21:19par exemple, un enfant, quoique mort, occupe une place dominante dans la vie familiale
21:25au détriment des autres enfants vivants
21:28ou une personne ressasse en boucle les événements de la vie de l'enfant
21:32comme si, depuis son décès, il ne s'était rien passé
21:36ou encore, un enfant a été conçu afin de remplacer l'enfant disparu
21:41et ce nouvel enfant porte le poids de l'absence de l'enfant décédé, etc.
21:46il y a plein de stratégies
21:48ces familles n'ont pas vécu de bifurcation
21:51le temps, le mouvement s'est arrêté au décès de l'enfant
21:57pour d'autres familles, un processus va avoir lieu avec ou sans accompagnement
22:02parfois peu de temps après le décès, parfois des années après
22:08le processus dit processus de deuil
22:11comprend des étapes qui ont été fréquemment documentées
22:14moi, les plus connues que je recommande, si vous voulez vous intéresser là-dessus
22:18c'est les étapes du deuil de Kubler-Ross
22:22ces étapes visant à arriver à ce qui est appelé
22:25phase d'acceptation
22:27alors je n'aime pas le terme acceptation parce que je trouve ça
22:30mon point de vue, trop connoté intellectuellement
22:33il ne s'agit pas de comprendre puis d'accepter
22:35il s'agit d'une transformation profonde du corps
22:39qui s'est adaptée à cet autre monde
22:43un monde sans l'enfant vivant
22:47d'où ma préférence pour l'usage du terme intégration
22:52autre exemple de traumatisme
22:55lors d'un viol
22:56alors, petit aparté
22:59plein de personnes me racontent
23:01je me suis fait violer
23:03non !
23:05cette façon de dire les choses est une façon chargée de culpabilité
23:09lorsqu'on s'est fait quelque chose, on y est pour quelque chose
23:12une personne a subi un viol
23:15elle est innocente, elle n'est pas coupable
23:18c'est comme les personnes âgées qui disent
23:20je me suis cassé de col du fémur
23:22à chaque fois que je leur répondais avec un marteau
23:24ben non, le col du fémur s'est cassé tout seul
23:28bien !
23:29donc, lorsqu'une personne subit un viol
23:34les mécanismes seront les mêmes
23:36on est dans l'analyse
23:38sidération, apparition de traces
23:42la sortie du traumatisme
23:45qu'un syndrome de 13 post-traumatique
23:48se soit installé ou pas
23:51la sortie du traumatisme
23:53impliquera ainsi
23:55une profonde réorganisation du corps de la personne
23:59évidemment, en Aïno
24:01une attention particulière sera portée aux traces d'ambiance
24:06à l'effet des neurones miroirs
24:08à la culpabilité
24:10l'objectif n'étant pas d'effacer ce qui s'est passé
24:14mais de permettre une intégration
24:17qui se traduise par une bifurcation
24:21en conclusion
24:24en soi-roustant
24:25nous invitait toujours à distinguer
24:30la perception
24:32perception des formes
24:33de la perceptude
24:35perception du fond
24:37il insistait sur la présence permanente
24:40de deux rapports au monde
24:43en même temps
24:45dans mes travaux
24:46je travaille sur deux consciences
24:48alors, on peut distinguer
24:50on peut discuter là-dessus
24:51c'est peut-être pas deux consciences
24:53c'est peut-être deux modalités
24:55deux aspects de la conscience
24:57ça se discute tout ça
24:58bon, c'est pas là que ça se passe
25:02lors de la période qui va de la vie embryonnaire
25:06du zygate
25:08à quelques mois
25:11après la naissance
25:12apparaît puis est présente
25:14une conscience
25:15sans pensée
25:19évidemment
25:20puisque pour qu'il y ait une pensée
25:21il faut qu'il y ait des mots
25:22il faut qu'il y ait un truc de séparation
25:24alors que toute cette période
25:26de vie intra-utérine
25:28dès la stade embryonnaire
25:30jusqu'à quelques mois après la naissance
25:32on est dans l'indifférenciation
25:36avec le développement du cerveau
25:38après la naissance
25:39quelques mois après
25:40se développe une conscience
25:41avec pensée
25:44ces deux consciences
25:46cohabitent ensuite
25:47avec une dominante
25:49de la conscience avec pensée
25:56mais il y a des pratiques
25:57qui permettent de se laisser envahir
26:01par la conscience sans pensée
26:02par exemple les pratiques méditatives
26:05et bien entendu la immunothérapie
26:08ça permet de laisser
26:10et il y en a d'autres
26:11ça permet de laisser la conscience sans pensée
26:15reprendre le dessus
26:19se cantonner à la pensée
26:22ou à l'imaginaire
26:23pour travailler sur un traumatisme
26:25c'est toujours confondre
26:26la cause et l'effet
26:28c'est travailler sur les conséquences du traumatisme
26:33les symptômes
26:34et non sur la cause
26:36c'est à dire sur la présence
26:38des traces laissées dans le corps
26:41par le traumatisme
26:43alors cela aide à contourner
26:46des répercussions du traumatisme
26:47des traces du traumatisme
26:49créer des manifestations
26:50et s'occuper de ces manifestations
26:52aide les gens
26:53mais dans le fond
26:56rien n'est résolu
26:57il n'y a pas de bifurcation
27:01en tant que praticien
27:04l'intégration du traumatisme
27:07demande de passer à une autre dimension
27:09de ne pas rester sur l'aménagement
27:12autour du symptôme
27:13il s'agit
27:19de permettre un état de trance
27:23qui lui-même permettra
27:25l'accès à la conscience sans pensée
27:28c'est ce que nous faisons en Aïno
27:31les traces du traumatisme perdurent
27:36et elle perturbe l'accès à la conscience
27:40sans pensée
27:42une tension très forte
27:44s'impose dans la personne
27:45le patient
27:47dès qu'on commence à être tendu
27:49lâcher prise
27:50c'est à dire qu'on commence à sortir de la pensée
27:56dans ce qu'on a pu constater
27:58dans ce qu'on a expérimenté
27:59et c'était le travail que développait Roustan
28:02la seule façon de retrouver l'accès
28:05à la conscience sans pensée
28:07c'est à dire sans les traces du traumatisme
28:09donc la seule façon de sortir du traumatisme
28:12est de laisser l'attention
28:15attention c'est un mouvement à l'arrêt
28:17faire ce qu'elle a à faire
28:22ça implique l'acceptation par le patient
28:25de sa vulnérabilité
28:27soit dit en passant pour que ce soit possible
28:29il faut que ce soit possible aussi chez le praticien
28:32mais l'acceptation de la vulnérabilité
28:35que ce soit chez le patient
28:37ou chez le praticien
28:38ça veut dire l'acceptation
28:41à ce moment là
28:42de n'avoir pas d'importance
28:45de se laisser faire
28:46c'est pas moi qui décide
28:49moi
28:50plus d'importance
28:54alors quand ça se fait en séance
28:56après un temps plus ou moins long
28:57la tension diminue
29:00puis disparaît
29:02le mouvement de la vie se reprend
29:04c'est pas magique
29:05parfois il faut le faire plein de fois
29:08encore une fois
29:09cela suppose
29:11l'acceptation de la vulnérabilité
29:15et l'acceptation de vivre une expérience désagréable
29:19parce que les tensions c'est pas agréable
29:20et ça peut durer un temps plus ou moins long
29:24ce qui est difficile pour beaucoup de personnes
29:29alors
29:31je vais voir un praticien parce que je n'arrive plus à vivre
29:36je veux prendre soin de moi
29:37je suis dans une démarche dans laquelle je prends soin de moi
29:43alors on pourrait dire bah oui mais si tu prends soin de toi
29:45c'est que tu t'attaches de l'importance
29:47évidemment que je m'attache de l'importance
29:49et voilà que pour vivre à nouveau
29:54il va me falloir ne plus m'attacher d'importance
30:00au moins pendant un moment
30:04magnifique paradoxe de l'accès au bien-être
30:08au moins ?
30:09merci