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  • il y a 2 jours
Alors que le narcotrafic gagne du terrain, Jean-Michel Verne, journaliste d'investigation et écrivain, précise : «C'est une hyperviolence incontrôlée». 

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Transcription
00:00Oui, ça c'est, on l'a vu aussi de mémoire à Cavaillon, on a dans d'autres villes du
00:08Vaucluse des attitudes comme ça qui consistent à venir en aide entre guillemets aux habitants, en fait on crée une
00:18sorte de mode d'organisation sociale, la mafia c'est ça, ça a été ça, c'est simile, calabre c
00:27'est pareil,
00:28on vient pallier les défaillances de l'État, alors ce qui est assez étrange à Nîmes c'est qu'en
00:36même temps, souvenez-vous, on a eu droit l'année dernière à un communiqué des dealers qui ont menacé les
00:47habitants,
00:47on leur a dit ne sortez pas, on va vous tuer, on va tuer vos enfants. Donc on voit qu
00:53'en matière de stratégie, on n'est quand même pas dans un niveau de stabilité, de clarté,
01:00et c'est un peu aussi ce qui désarme la police parfois.
01:03Vous parliez de défaillance de l'État parce qu'on est obligé de se dire que si ces narcotrafiquants peuvent
01:08prendre autant de place, peuvent imposer leurs lois, leurs règles,
01:12par exemple quand ils demandent aux habitants de vérifier qui rentre dans les immeubles, ils peuvent aussi le faire parce
01:18que soit l'État a été impuissant,
01:21soit en fait ces mafias aujourd'hui, elles sont plus puissantes et elles ont des armes au sens propre et
01:26au sens figuré bien plus puissantes que celles que n'a l'État.
01:30Alors là justement c'est une question qui se pose, c'est la puissance économique et financière de ces organisations
01:38criminelles,
01:39et surtout leur pouvoir de corruption. Ça c'est quelque chose qui inquiète beaucoup les autorités.
01:46Au parquet de Marseille, il y a une unité spéciale qui a été mise en place pour pallier justement ces
01:53risques de corruption.
01:55Oui, c'est un, je dirais que, comme je l'ai dit auparavant, un mode d'organisation sociale qui essaye
02:02de grimper, si vous voulez, des étages.
02:06Jadis, le milieu corseau-marseillais avait des contacts étroits avec des politiques, c'était leur savoir-faire,
02:16mais aujourd'hui ces gens du narcotrafic n'ont pas encore, je dirais, les mêmes relais, mais ils aimeraient bien
02:23les avoir.
02:25Et donc on va grimper petit à petit vers effectivement une pénétration du monde associatif, du monde politique,
02:33et encore une fois c'est quelque chose qui ne semble pas réversible.
02:38Qui ne semble pas réversible, et puis on a l'impression, Jean-Michel Verne, qu'on passe un peu des
02:43étapes année après année.
02:44On a commencé à découvrir, malheureusement avec effroi, des victimes collatérales, comme cet enfant de 10 ans à Pisevin.
02:51On a ensuite vu des sortes de crimes d'intimidation.
02:55On a ensuite vu un maire à Alès, exfiltré parce qu'il est menacé par la DZ mafia.
02:59On voit aussi qu'on passe des étapes et qu'on a des narcotrafiquants qui, avant, et ce n'était
03:04pas non plus évidemment une bonne chose,
03:06réglaient leur compte en fait entre eux, aujourd'hui peuvent s'en prendre plus ou moins à tout le monde
03:10ou à n'importe qui.
03:12Juste une personne qui se trouve là au moment où il y a un échange de tir.
03:16Ah oui, ça, la victime collatérale, malheureusement, je veux dire, on va en avoir d'autres.
03:23On va en avoir d'autres, c'est une évidence.
03:25Quand on arrive sur un point de l'île et qu'on rafale, pour impressionner et pour montrer sa puissance,
03:32on risque forcément de blesser ou de tuer quelqu'un qui n'a strictement rien à voir avec ce...
03:38Je le crois que c'est une hyper-violence incontrôlée, quelque part.
03:44Merci beaucoup Jean-Michel Verne d'avoir été avec nous sur ce...
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