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  • il y a 5 semaines
Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, était invité sur le plateau de BFMTV, ce mercredi 19 août. Il s'est notamment exprimé sur la guerre en Ukraine et son évolution depuis le début du conflit. 

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Transcription
00:00Vous parlez de la Russie, Bruno Tertré, ces derniers jours, la région de Moscou a été visée par un déluge
00:05de drones ukrainiens.
00:06Dans la nuit d'avant-hier et hier, il y a eu 600 drones qui ont visé cette région.
00:10Une partie a intercepté, mais de nombreux drones ukrainiens ont réussi à toucher leur cible,
00:15et notamment des entrepôts de commerce.
00:17On va en parler, mais est-ce que c'est...
00:19On a du mal, au bout de 4 ans de guerre, à comprendre dans quelle phase on est.
00:22Est-ce que c'est une accélération de la guerre ?
00:24C'est une accélération de la guerre aérienne.
00:26Sur le front, au sol, les choses ne sont pas totalement figées.
00:31Mais ce qui s'est passé depuis le début de l'année 2026, c'est finalement une sorte de...
00:35Pardon pour cette analogie, un match nul.
00:38C'est-à-dire que les Russes ont avancé de plusieurs centaines de kilomètres.
00:41Ils ont occupé plusieurs centaines de kilomètres carrés.
00:44Et les Ukrainiens eux-mêmes ont, par des manœuvres assez habiles, je dois dire, récupéré l'équivalent ailleurs.
00:51Et donc, si vous voulez, la ligne de front, elle est à peu près, non pas tout à fait la
00:54même,
00:55mais en tout cas, en termes de territoire gagné ou perdu, c'est à peu près la même.
00:58C'est toujours une sorte d'équilibre, un équilibre sanglant, malheureusement,
01:01parce que ces combats sont extrêmement durs et extrêmement difficiles pour les forces ukrainiennes
01:07et pour les Russes également, qui, à une certaine époque, perdaient plusieurs centaines d'hommes par jour.
01:13Et comme le front quasiment ne bouge plus beaucoup, en tout cas, ne bouge pas,
01:18et bougera peut-être après une éventuelle mobilisation, on en parlera peut-être,
01:22mais en revanche, la guerre aérienne, elle s'intensifie.
01:27Elle s'intensifie pourquoi ?
01:28D'une part, parce que justement, au sol, ça ne bouge pas,
01:30et surtout parce que les Ukrainiens eux-mêmes ont développé des moyens
01:34de produire très rapidement des milliers et des milliers de drones,
01:38ainsi que leurs propres missiles.
01:40Et ça, c'est quelque chose qu'ils ne savaient pas faire encore il y a deux ou trois ans.
01:45Tout cela permet de faire mal à la Russie, à son économie,
01:48mais est-ce que des drones, même par centaines, même par milliers,
01:51peuvent permettre à Volodymyr Zelensky de gagner la guerre ?
01:54Tout dépend de ce qu'on appelle gagner la guerre.
01:56En tout cas, de conduire à une situation dans laquelle Poutine serait obligé,
02:01se sentirait obligé pour maintenir son pouvoir,
02:04d'annoncer qu'il a gagné, même si ce n'est pas vrai,
02:07ce qui serait une forme de demi-victoire, au moins, pour l'Ukraine.
02:10Et on entrerait enfin dans une discussion sur les termes d'un armistice,
02:16je ne dis pas de la paix, la paix n'est pas possible avec Vladimir Poutine,
02:20mais au moins d'un armistice que tout le monde espère,
02:23notamment les populations civiles ukrainiennes,
02:26ça, c'est une stratégie de l'Ukraine qui pourrait fonctionner
02:30dans la mesure où, avec ces centaines de drones qui arrivent sur Moscou,
02:34la guerre est arrivée désormais dans le quotidien des populations urbaines
02:38et de la classe moyenne et de la classe supérieure,
02:40de la Russie, ça n'était pas le cas il y a encore un an.
02:43À Moscou et à Saint-Pétersbourg, certes, il y avait des affiches
02:46pour recruter, engagez-vous, engagez-vous.
02:48Mais la guerre, c'était loin.
02:49Mais la guerre, c'était loin.
02:51Aujourd'hui, quand vous voyez des centaines de drones arriver,
02:53même si de très nombreux d'entre eux ont été interceptés,
02:57eh bien la guerre, elle est là.
02:59J'ai du mal à croire que quand s'ajoute à cela
03:02le problème de la disponibilité du carburant,
03:05quand s'ajoute à cela les 30% des entrepôts de Wildberries,
03:09vous savez, cet Amazon russe...
03:10L'Amazon russe.
03:11Voilà, on va dire l'Amazon russe,
03:12qui ont été détruits.
03:14J'ai du mal à croire que ça ne finira pas par avoir
03:16un effet psychologique et donc politique, peut-être,
03:19sur la population.
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