00:00En fait, il faut voir ça comme un business, c'est du marketing, vous faites une belle opération, vous communiquez
00:06autour d'elle et il y a plus d'opportunités qui se présenteront à vous, on vous appellera pour en
00:11faire d'autres, donc vous pourrez également recruter les meilleurs qui voudront rejoindre votre équipe, il faut voir ça comme
00:18un business, ni plus ni moins.
00:19Oui, parce que les anciens hackers étaient plus discrets, vous êtes d'accord avec moi, ils étaient plus discrets, là
00:24ils communiquent d'ailleurs, ce sont eux qui ont communiqué les premiers en disant on a hacké, c'est nous.
00:30Oui, tout à fait, ça fait partie de la marque de fabrique des nouveaux hackers.
00:34Et en fait, leur objectif c'est quoi ? C'est de devenir star, c'est ça aussi ?
00:38Pas seulement, c'est aussi de pouvoir être appelé sur des contrats plus intéressants, d'être repéré par des unités
00:46d'État pour certains d'entre eux et encore une fois pour attirer les meilleurs talents au sein de leur
00:50équipe.
00:51Alors, jouer qu'on vient donc sur la décision de Sébastien Lecornu de créer une nouvelle unité cyber, est-ce
00:57que c'est nécessaire selon vous, alors que la France dispose déjà de l'Agence nationale de sécurité des systèmes
01:04d'information
01:04et d'unités spécialisées, notamment dans la police, la gendarmerie et la défense ? Est-ce que c'est bien
01:09utile tout cela ?
01:11En fait, ce qui interpelle, c'est que sa lettre décrit précisément une unité qui existe sous ce nom au
01:17sein de l'ANSI depuis 2014, donc le CERT-FR, et qui existait déjà dans les années 2000 sous le
01:21nom du CERTA.
01:23Ce qui va être important à suivre, à mon sens, c'est de voir comment avec un mandat quasiment identique,
01:28on va espérer obtenir des résultats radicalement différents.
01:32On parle de lutter contre des attaquants qui vont à la vitesse de machines et pas à la vitesse de
01:37l'administration française.
01:38Qu'est-ce que vous avez compris, vous précisément, qui êtes un expert dans cette mesure ? Comment ça va
01:44marcher ? Qu'est-ce qu'il veut faire, Sébastien Cornugé ?
01:47On a besoin d'avoir quelques éclairages et je pense que les téléspectateurs qui nous regardent, eux aussi.
01:54Eh bien, ils espèrent une meilleure coordination entre les équipes en charge de la cybersécurité.
02:02C'est un constat qui avait déjà été posé par la Cour des comptes en juin 2025, donc il y
02:07a plus d'un an,
02:09qui appelait justement à une meilleure coordination, une meilleure partage de l'information
02:14et augmenter la réactivité, donc pas seulement la préparation et le durcissement des systèmes d'information,
02:23mais également la détection et la réaction.
02:25Là, le constat est sans appel avec les piratages en série d'il y a plus d'un an maintenant,
02:32le dispositif actuel ne suffit pas.
02:34Donc, il appelle à renouveler un dispositif plus resserré, plus réactif pour réagir à des attaques toujours plus rapides.
02:43Alors, j'ai deux questions, ou plutôt une ou deux questions en une.
02:46Est-ce que cette annonce répond à une véritable évolution de la menace cyber
02:49ou est-ce que ça révèle vraiment des failles dans nos protections actuelles ?
02:55Je pense que ça révèle plus de failles que de réactions à un changement d'échelle de la cybersécurité.
03:03Il le constate lui-même dans sa lettre, peu de ministères sont au niveau requis.
03:09Il envisage qu'ils atteignent 5% de leur budget IT dédié à la cybersécurité.
03:15Donc ça, pour vous donner un comparatif, 5% de budget dédié à la cybersécurité,
03:22c'est la fourchette basse en production d'une entreprise.
03:26C'est le minimum requis, presque.
03:28Là, on a non seulement un retard à rattraper,
03:31de par la très grande réogénité des systèmes d'information de l'État.
03:39Et on n'en est qu'au constat.
03:41Donc non, on est vraiment en train d'essayer de rattraper un retard et pas de s'adapter.
03:45Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires