00:00Alors moi, je me suis installée à Paris à l'âge de 21 ans,
00:03et ma mère a dû penser que j'étais partie en colonie de vacances.
00:06En tout cas, toutes les semaines, elle m'envoyait des colis
00:07avec des tomates, des cerises, des figues, de l'huile d'olive,
00:10que des trucs qui coulent.
00:13Non, c'est vrai, à la poste, il m'appelait Mademoiselle Coolissimo.
00:17Alors, j'ai compris très vite que Paris était divisé en deux catégories de parisiens.
00:21À l'Est, nous avons ce qu'on appelle les bourgeois bohèmes, les bobos.
00:26Voilà, et ce soir, c'est vous.
00:29Tandis qu'à l'Ouest, nous avons les bourgeois non-bohèmes, les bonobos.
00:36Et ce soir, c'est vous, jusque là-haut.
00:38Alors donc, ici, on va dire que nous avons le capital culturel,
00:41et ici, le capital économique.
00:47Télérama, les échos.
00:53Islamobochistes, fascistes.
00:55Je schématise, bien sûr.
00:56Voilà, le voile, les vapeurs.
01:00Pour ceux qui vont à Trouville.
01:02Voilà.
01:02Steak de soja, côte de bœuf.
01:04Alors, il n'y a pas très longtemps, je me suis installée chez vous, les bonobos.
01:08Et là, j'ai remarqué que toutes mes voisines s'appelaient Diane, Hortense, Marie-Alix.
01:16Et leurs enfants s'appellent Sixtine.
01:21Anguéran !
01:22Jean-Molouda !
01:24Et oui, il y a des familles recomposées.
01:27Et le truc incroyable, c'est qu'elles ont toutes des sacs de luxe avec leurs initiales dessus.
01:32Et moi, je m'appelle Sandrine Saroche.
01:36Voilà.
01:37Autant vous dire qu'avec des initiales pareilles, quand on est enfant, on ne joue pas à la poupée Barbie.
01:45Vous avez vu comment ils ont beaucoup mieux compris de ce côté-là.
01:48Il n'y a jamais de hasard dans le placement d'une salle.
01:51Voilà.
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