- il y a 2 jours
Catégorie
📺
TVTranscription
00:08Générique
00:17Bonsoir à tous, ravie de vous retrouver dans ce nouveau carrefour d'informations au menu l'essentiel de l'actualité,
00:25l'invité de Soirinfo, le JT économique et le moment culture.
00:30Et tout de suite, on commence avec les principaux titres de cette édition.
00:36Washington continue de menacer Téhéran de sanctions économiques sans précédent.
00:42Selon le secrétaire d'État américain au Trésor, cette pression économique a pour objectif la chute du régime iranien.
00:51La colonisation israélienne s'accélère en Cisjordanie occupée pour le douzième jour consécutif.
00:58L'armée israélienne continue d'assiéger des maisons à Khosra au sud de Nathlouz.
01:03L'armée israélienne a déclaré d'ailleurs la zone militaire fermée.
01:10En Europe, l'été vire au cauchemar.
01:13Incendie géant canicule à répétition et récolte détruite de la Grèce à l'Espagne.
01:19En passant par la France, les températures extrêmes font des ravages.
01:27Bonsoir à tous.
01:29Je le disais en titre, Washington continue de menacer Téhéran de sanctions économiques sans précédent.
01:35Cette pression économique contre l'Iran a pour objectif la chute du régime iranien,
01:41a précisé ce jeudi le secrétaire d'État américain au Trésor, Scott Bestand,
01:47qui a prévenu que ceux qui ne soutiendraient pas la guerre économique des États-Unis contre l'Iran
01:52seraient considérés comme étant contre les intérêts de Washington.
01:58Le responsable américain a également appelé la Chine à s'aligner
02:02si Pékin veut la réouverture du détroit d'Hormuz et la baisse des prix de l'énergie.
02:12C'est donc une guerre économique, je cite,
02:15« Jamais vœu que Donald Trump promet à Téhéran ».
02:19Le président américain parle de l'opération économique la plus écrasante jamais entreprise.
02:25Les détails avec Papa Al Monsar.
02:29Le point de départ de cette guerre économique a été donné sur le réseau social du président américain.
02:35Objectif pour Donald Trump, intensifier la pression contre Téhéran,
02:40mais surtout avertir la communauté internationale,
02:42« Tout pays qui tendra la main à l'Iran subira selon lui des sanctions massives ».
02:48J'annonce que tout pays qui permettra à ses institutions financières,
02:52à ses entreprises et à ses aéroports ou à ses entités gouvernementales
02:56d'offrir une quelconque forme de boue et de sauvetage à l'Iran
02:59fera lui-même face à de terribles répercussions économiques.
03:04La réplique de Téhéran ne s'est pas faite attendre.
03:07Sur X, le ministre iranien des Affaires étrangères a rejeté ses menaces.
03:11C'est un coup de communication selon la diplomatie iranienne.
03:14Ce soi-disant jour économique est une diversion face à la propre crise de l'Amérique.
03:19Poursuivre dans des politiques vouées à l'échec
03:21ne fera qu'entraîner une nouvelle défaite.
03:24et l'hostilité des Iraniens.
03:26Première conséquence de cette guerre économique,
03:29les cours du pétrole qui grimpent ce jeudi.
03:31Au-delà des marchés énergétiques,
03:33les tensions autour du détroit d'Hormuz
03:35continuent d'inquiéter la communauté internationale.
03:40Les sanctions et les pressions n'aideront pas à résoudre le problème.
03:44La Chine appelle toutes les parties concernées à prendre des mesures responsables
03:48et à résoudre le problème par des moyens politiques et diplomatiques.
03:53Pour le moment, Washington prévient que la pression ira crescendo
03:57tandis que Téhéran assure qu'aucune pression supplémentaire
04:00ne fera plier le pays.
04:03Et conséquence de cette nouvelle escalade,
04:07les cours du pétrole et du gaz qui se sont envolés aujourd'hui.
04:12Le prix du baril du Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre prochain
04:16a pris 3,2% ce matin pour atteindre 94,5 dollars.
04:23Le marché de l'énergie juge que ces nouvelles menaces
04:26du président américain contre l'économie iranienne
04:29ne permettront pas un retour à la normale rapide
04:32des flux pétroliers dans le détroit d'Hormuz.
04:38Les Etats-Unis qui veulent donc isoler encore plus l'Iran
04:43mais des sanctions économiques sont déjà en vigueur depuis des décennies.
04:48Blocus des ports iraniens vers Hormuz,
04:50sanctions ciblées contre le marché du pétrole,
04:52offensives contre le réseau, des crypto-monnaies
04:55ou encore le matériel de drones.
04:57Le point sur la machine de sanctions américaine avec Papa Al-Yonsar.
05:04La guerre en Iran s'accompagne d'un véritable asphyxium économique
05:08orchestré par Washington.
05:10En première ligne, le détroit d'Hormuz sous un blocus strict
05:13qui paralyse les exportations d'énergie pour couper les vivres au régime.
05:18Le trésor américain frappe au cœur du système.
05:21Plus de 40 navires gestionnaires et réseaux de contrebandes de gaz
05:24sont sous le coup des sanctions Cibdi, la finance
05:27et aussi dans le viseur de Washington.
05:30Des réseaux d'affaires majeurs sont verrouillés.
05:32Le trésor américain a sanctionné une dizaine de personnes et d'entreprises
05:35dont plusieurs sociétés basées en Chine et Hong Kong
05:39accusaient d'aider l'Iran à se procurer des armes et des matières
05:43destinées à la fabrication de drones et des missiles balistiques.
05:46L'Iran, un géant énergétique et étouffé par des décennies d'embargos,
05:50depuis le milieu des années 90 et les premières restrictions américaines
05:54renforcées par l'Union européenne en 2011,
05:57le pays vit au rythme des sanctions économiques,
06:00fortes inflations, hausses du niveau de la pauvreté
06:02et dépréciations monétaires.
06:04Malgré tout, la manne pétrolière continue d'irriguer le pouvoir.
06:09La majeure partie de la richesse nationale
06:11demeure verrouillée entre les mains des fondations religieuses
06:14des gardiens de la Révolution.
06:16Un système économique à deux vitesses
06:18où la concentration des richesses protège le régime en place,
06:22tandis que les sanctions continuent d'accessibiliser la population au quotidien.
06:28Et sur le terrain, c'est confirmé,
06:31un nouveau porte-avions de l'armée américaine est arrivé au Moyen-Orient.
06:35L'USS George Washington va remplacer l'Abraham Lincoln,
06:38dont le déploiement en mer depuis des mois
06:41et les conditions de vie à bord avaient suscité des inquiétudes.
06:46Le nouvel équipage va opérer au Moyen-Orient
06:49dans la zone d'opération de Sainte-Com,
06:51a précisé le commandement américain pour le Moyen-Orient.
06:58Sur un autre front, les frappes entre l'Ukraine et la Russie
07:03continuent de s'intensifier.
07:05Une nouvelle nuit de bombardements russes a fait au moins 16 morts
07:09à Kiev et sa région.
07:10Le président Volodymyr Zelensky accuse Moscou d'investir
07:14dans des missiles balistiques
07:16et estime que le Kremlin a fait le choix de l'escalade.
07:19Kiev réclame depuis des semaines des systèmes de défense antiaérienne
07:23aux Etats-Unis pour intercepter les missiles russes
07:26plus difficiles à abattre que les drones.
07:32En Cisjordanie occupée et pour la douzième journée consécutive,
07:39l'armée israélienne continue d'assiéger des maisons à Kusra,
07:42au sud de Naplouse.
07:44Les forces israéliennes et des colons
07:47continuent à empêcher les familles d'y entrer
07:50ou d'en sortir dans l'objectif de s'emparer des habitations.
07:54L'une des maisons a d'ailleurs été transformée en poste militaire
07:57sous contrôle israélien.
07:59La zone L est déclarée zone militaire fermée.
08:03Les familles, pendant ce temps,
08:05les familles assiégées souffrent de pénuries alimentaires
08:07et de médicaments.
08:11Et alors que la colonisation israélienne s'accélère,
08:15Londres hausse le ton en convoquant la chargée d'affaires israélienne.
08:20Le Royaume-Uni demande l'arrêt d'un vaste projet de colonisation
08:24en Cisjordanie occupée après le lancement d'un appel d'offres
08:28pour la construction de plus d'un millier de logements.
08:31Approuvé l'été dernier, le projet prévoit l'édification
08:35de quelques 3 400 logements en Cisjordanie occupés
08:38sur une zone de 12 km² à l'est de l'Hurz.
08:42Ce projet couperait en deux le territoire palestinien,
08:46compromettant ainsi toute continuité territoriale
08:49et un éventuel État palestinien.
08:52Une mesure inacceptable, selon le chef de la diplomatie britannique.
09:00L'actualité dans le continent à présent,
09:03Ebola progresse dangereusement.
09:05L'Organisation mondiale de la santé tire la sonnette d'alarme
09:08face à la propagation du virus en République démocratique du Congo.
09:13Le bilan inquiète les autorités sanitaires.
09:16Il dépasse aujourd'hui les 5000 cas confirmés.
09:19Le point avec Papa Al-Noussar.
09:24C'est dans la province de Litori et puis centre de la crise que la situation est la plus critique.
09:29Dans les centres de traitement de Bounia,
09:32le personnel médical se bat sans relâche équipé de combinaisons de protection intégrale.
09:37Mais sur le terrain, les obstacles s'accumulent pour lutter contre Ebola.
09:42L'OMS a déjà ajouté 100 experts épidémiologistes supplémentaires
09:47qui seront déployés sur le terrain au niveau des zones de santé appuyées par près de 500 agents de santé
09:53communautaires.
09:54Ils effectueront le suivi des contacts et identifieront les cas
09:57afin de convaincre les gens d'accepter d'être suivis.
10:01En plus du défi médical, les équipes de secours doivent faire face à un climat de violence extrême.
10:06À Haru, une équipe de riposte a été prise pour cible.
10:09Trois ambulances ont été détruites et un chauffeur a été blessé.
10:13Ces attaques, couplées aux exactions des groupes armés dans la zone,
10:17paralysent l'aide humanitaire et mettent en danger des milieux de civils.
10:23Le coordonnateur principal de l'ONU pour Ebola a déclaré
10:27que les dommages causés aux ambulances privent évidemment les habitants de services de santé vitaux.
10:33Cette attaque intervient alors que les travailleurs humanitaires et de la santé
10:37intensifient leurs efforts pour renforcer la riposte contre Ebola
10:42et dans des conditions de plus en plus difficiles.
10:46Face à l'urgence, l'ONU lance un appel à toutes les parties au conflit
10:50pour cesser les violences et garantir un accès sécurisé aux soignants.
10:54Pour le moment, le risque de voir le virus se propager au-delà des frontières congolaises
11:00devient chaque jour plus imminent.
11:04Direction l'Europe.
11:05En Grèce, en Espagne ou encore en France,
11:08les incendies se multiplient cet été sur des sols desséchés
11:12par les vagues de chaleur successives.
11:14Plus de 550 000 hectares ont été brûlés depuis le début de l'année,
11:19des centaines de milliers de personnes évacuées et plus de 20 morts.
11:23Hier en Espagne, au moins 700 personnes ont été évacuées
11:26dans la province de Caceres.
11:29Auprès de 2 000 hectares ont été touchées.
11:32Mais les incendies ne sont pas les seuls dégâts liés à la chaleur.
11:36En France comme ailleurs, la chaleur frappe aussi les cultures
11:39et réduise les rendements.
11:41Les agriculteurs européens doivent désormais s'adapter
11:45pour préserver les récoltes.
11:50Et au Maroc, on revient sur cette loi 19-25
11:55sur la prise en charge des animaux errants
11:58et qui fait couler encore beaucoup d'encre.
12:00La loi encadre désormais la prise en charge des animaux errants
12:04et l'interdit également de les nourrir.
12:07Pour certains, ce texte constitue une avancée.
12:10Pour d'autres, il est jugé trop strict
12:12au regard des enjeux de protection animale.
12:15C'est un reportage de Mahajamal Edrisbiyod.
12:18Le récit est de Papa Alionsar.
12:22C'est désormais officiel la loi qui encadre la protection
12:25des animaux errants et entrés en vigueur.
12:28Au cœur du texte, une interdiction claire,
12:30fini le nourrissage, l'hébergement ou les soins sauvages
12:34dont les effaces publiques et les copropriétés.
12:37Pour les contrevenants, la sanction est immédiate
12:39avec des amendes allant de 500 à 2 000 dirhams.
12:45Le cadre juridique actuel a porté une série de dispositions
12:49perçues comme positives.
12:50L'une des avancées majeures est l'introduction
12:52d'un texte de loi définissant précisément
12:55ce qu'est un animal domestique,
12:57une définition qui n'existait pas auparavant.
13:00Ces textes législatifs visent à instaurer un équilibre
13:02entre, d'une part, la préservation de la santé
13:05et de la sécurité des citoyens dans l'espace public
13:08et, d'autre part, la préservation des animaux errants.
13:12Un texte pensé pour préserver la santé publique
13:15et le bien-être animal, mais il peine encore
13:17à convaincre l'ensemble du corps médical et juridique.
13:21Plusieurs professionnels de la justice
13:23pointent déjà du doigt certaines zones d'ombre.
13:27Si les bénévoles ou les intervenants
13:29craignent d'être pénalisés pour leurs actions,
13:32cela provoquera un repli et découragera
13:34les initiatives volontaires visant à prendre soin
13:37des animaux, l'acte de compassion
13:39ne devrait pas être considéré comme un délit.
13:42Du côté de la société civile,
13:44on salue la volonté de mettre fin
13:46au désordre ambiant, seule condition avancée
13:49par les défenseurs des animaux,
13:51que les décrets d'application s'adaptent
13:53aux réalités du terrain
13:54et aux besoins de chaque espèce.
13:57Les chats ne sont pas faits pour vivre en cage
13:59ou en refuge de manière permanente.
14:02Ils y deviennent malheureux,
14:03se battent contre eux
14:04et finissent par dépérir.
14:05Si un animal comme le chien, par exemple,
14:08doit être placé en refuge,
14:09cela ne devrait être que temporaire.
14:15Pas question pour autant
14:16de parler de prohibition totale.
14:18La loi pose un cadre réglementaire strict.
14:21Le relais sera désormais pris
14:23par des centres agréés.
14:24Leur mission consistera à capturer,
14:26vacciner et stériliser
14:27et identifier les animaux errants
14:30dans le respect des normes légales.
14:33Voilà, donc, pour l'essentiel de l'actualité,
14:36place à présent à l'invité de Soirinfo.
14:46Les consommateurs marocains doivent une nouvelle fois
14:50composer avec la hausse des prix des carburants.
14:53Après une augmentation d'un dirham début août,
14:56le gasoil subit une nouvelle hausse de 0,65 dirham le litre.
15:01Cette semaine, cette nouvelle hausse intervient
15:03alors que le marché pétrolier international
15:06connaît lui aussi une nouvelle poussée de tensions.
15:09Ce jeudi, le Brent évolue autour de 94 dollars le baril,
15:15soit son plus haut niveau depuis environ trois semaines
15:18sur fond d'escalade entre Washington et Téhéran,
15:21impliquant le détroit d'Hormuz.
15:23Alors, pour un pays importateur comme le Maroc,
15:26la question est double.
15:28Jusqu'où cette remontée des cours internationaux
15:31peut-elle se répercuter sur les prix à la pompe ?
15:34Et les automobilistes marocains doivent-ils
15:36se préparer à de nouvelles hausses
15:38si les tensions géopolitiques persistent ?
15:41Alors, au-delà de la conjoncture internationale,
15:44cette nouvelle hausse relance également le débat
15:46sur le mécanisme de fixation des prix des carburants au Maroc
15:49et sur la nécessité de le réformer.
15:52Et pour en parler, pour en débattre,
15:54nous recevons Moustapha El-Jaye,
15:56économiste et professeur universitaire.
15:59Moustapha El-Jaye, bonsoir
16:01et merci d'avoir accepté notre invitation.
16:04Bonsoir madame, merci pour l'invitation.
16:07Alors, peut-être pour commencer,
16:10en moins d'un mois,
16:11les automobilistes marocains ont subi
16:13deux hausses à la pompe ce mois d'août.
16:16Comment déjà expliquer ces nouvelles augmentations ?
16:20Alors, comme vous l'avez dit dans votre introduction,
16:25ces deux augmentations successives
16:28sont dues aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient
16:33et notamment dans le conflit États-Unis-Iran.
16:37Comme vous le savez,
16:39le cours du Brent a atteint un niveau pratiquement record
16:43depuis ces dernières semaines.
16:46Il est à 94,5.
16:48Chaque jour, les tensions se ravivent.
16:51Cela se repercute sur le cours du brut
16:55et la structure des prix au Maroc.
16:57Je la rappelle rapidement.
16:59Donc, il y a bien évidemment
16:59le coût du pétrole importé,
17:03parce que malheureusement,
17:04comme vous l'avez dit,
17:05nous l'importons donc raffiner.
17:08Nous n'avons plus de raffinerie,
17:09comme vous le savez.
17:10À cela s'ajoute donc tout ce qui est
17:13coût de logistique, de stockage.
17:15Et il y a deux taxes.
17:17Il y a la TIC,
17:19ce qu'on appelle la taxe intérieure de consommation,
17:21qui est aux alentours de 20-25 %,
17:23une TVA de 10 %
17:25et une marge distributeur
17:27qui est, comme vous le savez,
17:29libre depuis 2025.
17:34Et cette marge,
17:36elle est aux alentours de 1,50, 1,60
17:39pour chaque litre.
17:41Donc, cela explique qu'à chaque fois
17:44qu'il y a une augmentation du cours du Brent,
17:48forcément, le prix à la pompe augmente,
17:51surtout qu'il n'y a plus de mécanisme de subvention
17:55depuis la libéralisation de 2015.
17:58Et donc, c'est le consommateur, malheureusement,
18:00qui supporte le prix fort.
18:02Et pas que le consommateur particulier,
18:04il y a aussi les entreprises
18:06et avec tous les effets d'entraînement économiques
18:08que cela porte à notre économie.
18:11Alors, vous nous avez expliqué les paramètres.
18:13On reviendra pour parler de certains.
18:17Alors, faut-il s'attendre, à votre avis,
18:19à une hausse plus importante
18:20lors de la prochaine révision des prix,
18:23sachant qu'aujourd'hui,
18:25les prix à l'international sont orientés à la hausse,
18:28je le disais tout à l'heure,
18:29depuis trois semaines
18:30et que les répercussions se ressentent justement
18:32après quelques semaines, voire quelques mois
18:34sur le consommateur marocain ?
18:37Tout à fait.
18:37Donc, tout dépend un petit peu de ces tensions,
18:41comment elles vont évoluer.
18:42Il ne faut pas oublier que cette guerre
18:45qui, comme je le disais tout à l'heure,
18:49entre l'Iran et les États-Unis
18:51et avec son impact sur le détroit d'Hormoz,
18:54qui représente 20 %, si vous voulez,
18:57du transit du pétrole mondial.
18:59Donc, tout le pétrole qui est produit
19:01dans les pays du Moyen-Orient
19:03et bien sûr même l'Iran
19:05passe par ce détroit
19:07et comme ce détroit est bloqué,
19:08forcément, quand l'offre est réduite
19:13ou elle est bloquée,
19:14la demande est toujours là
19:16et bien évidemment,
19:17il y a des tensions à la hausse.
19:20On va voir comment les choses vont évoluer
19:23et nous avons vu que maintenant,
19:26il y a pratiquement un blocage
19:27entre les deux parties,
19:29ce qui peut raviver davantage
19:31ce qu'on appelle une prime de risque géopolitique
19:35et bien évidemment,
19:36les traders qui sont sur les cours,
19:39si vous voulez, du pétrole,
19:42cela va répercuter par une hausse
19:44et forcément, cette hausse aura un impact
19:47malheureusement sur l'économie marocaine,
19:50sur le consommateur marocain,
19:51sur les entreprises marocaines
19:53et sur l'ensemble, je dirais,
19:56qui va avec.
19:58Tout l'écosystème, si vous voulez,
20:00des inputs au niveau également des entreprises,
20:04l'énergie,
20:06au niveau aussi coût de la logistique,
20:08le fret,
20:09tout augmente,
20:10tous les intrants augmentent
20:11et forcément,
20:12on va raviver des tensions inflationnistes
20:15avec un risque d'inflation
20:17qui peut impacter le pouvoir d'achat
20:20du citoyen marocain.
20:22Alors, vous l'avez dit,
20:23tout dépend de ce conflit
20:26qui s'enlise aujourd'hui.
20:28Alors, si les tensions au Moyen-Orient persistent,
20:30la question se pose,
20:31jusqu'où le prix du baril
20:34pourrait-il augmenter ?
20:36Est-ce qu'il y a des études
20:37au niveau international même
20:39qui se basent sur ce scénario ?
20:43Tout à fait.
20:44Au début de la guerre,
20:47si je m'abuse,
20:47c'était le 28 février,
20:49en plein mois de mars,
20:51il y avait même,
20:52quand le cours de pétrole avait dépassé,
20:53si vous rappelez les 110,
20:55même 114 dollars,
20:57certains économistes le prévoyaient
20:59jusqu'à un cours maximum de 150,
21:01ce qui serait une catastrophe
21:03pour l'économie mondiale
21:04et aussi l'économie du Maroc,
21:08surtout les pays importateurs de pétrole,
21:10comme le cas du Maroc.
21:12Maintenant, moi, je pense que,
21:15et j'espère qu'on ne va pas en arriver là,
21:17que la sagesse,
21:19j'espère qu'elle va un petit peu
21:21prendre sa place,
21:22parce que c'est aussi
21:24une crise mondiale
21:26qui peut arriver.
21:29Et je pense que,
21:31pour revenir au Maroc,
21:33à mon humble avis,
21:35on peut avoir des mécanismes
21:37de protection du consommateur,
21:39on peut agir
21:42sur peut-être la TVA
21:44pendant un large de temps déterminé,
21:46on peut pendant,
21:47par exemple,
21:47dans certains pays,
21:49pendant deux, trois mois,
21:51l'État peut faire un effort
21:52pour s'abstenir de la TVA 10%,
21:55réduire la TIC,
21:57agir sur ces mécanismes fiscaux
21:59qui représentent pratiquement,
22:01je dirais,
22:0240%,
22:03entre 30 et 40%
22:05des intrants
22:07du prêt du pétrole,
22:09et au moins le faire
22:10momentanément.
22:11Et à mon avis,
22:12je vais encore plus loin
22:13dans le raisonnement,
22:14au lieu que l'État continue
22:16à subventionner les transporteurs
22:17avec une efficacité
22:19qui peut-être
22:20n'est pas totalement avérée,
22:22on pourrait,
22:24voir,
22:25moi j'ai les chiffres
22:26sous les yeux,
22:28faire un effort
22:29et s'abstenir
22:31de la TIC et de la TVA,
22:32comme l'ont fait
22:33certains d'autres pays,
22:34pendant un large de temps
22:36déterminé,
22:36pendant un mois,
22:37deux mois,
22:38le temps d'avoir
22:39plus de visibilité,
22:40même si bien malin
22:42à celui qui pourra vous dire
22:43ce que cette écriture
22:44qu'on vous l'avait dit
22:45va s'enliser,
22:46ou bien nous l'espérons,
22:47qu'elle va s'arrêter
22:49dans l'intérêt de tout le monde.
22:50Et qu'on trouve
22:52pardon,
22:53allez-y.
22:54M. Tafajay,
22:54vous avez évoqué
22:57les leviers
22:58à activer,
22:59notamment pour
23:01le Maroc,
23:02dans ce cas-là,
23:02on y reviendra,
23:04mais juste une question
23:04pour un pays importateur
23:06du pétrole
23:06pour le Maroc,
23:07quelles seraient
23:08les conséquences
23:09si rien n'est fait
23:10d'un baril durablement
23:12situé entre 90
23:13ou 100 dollars ?
23:16Alors,
23:16les conséquences
23:17que je vous ai dit
23:18sur l'économie marocaine,
23:19elles seront un petit peu,
23:20je dirais,
23:23assez lourdes.
23:25D'abord,
23:26en termes
23:27d'inputs,
23:28de coûts de production,
23:29en termes de pouvoir d'achat,
23:31tension inflationniste,
23:33vous avez également,
23:34ça va ponctionner
23:35nos réserves,
23:36nos abarons de vise.
23:37Le Maroc,
23:38le Maroc,
23:39maintenant,
23:40a des abarons de vise,
23:41nous sommes dans
23:42une situation confortable,
23:43cela est dû
23:44au transfert
23:45des Marocains du monde,
23:46au tourisme,
23:47mais cela,
23:48c'est une facture énergétique
23:49que nous payons
23:50en dollars,
23:52aux alentours
23:52de 15 milliards de dollars
23:53que nous payons
23:54chaque année.
23:55Il faut savoir
23:56que chaque augmentation
23:57de 10 dollars
23:58sur le baril de pétrole
24:00coûte,
24:01au Royaume,
24:0215 milliards de dirhams.
24:03Donc,
24:04vous voyez un petit peu
24:05l'impact.
24:05Il y a également
24:06le déficit commercial
24:07qui va s'alourdir.
24:08Nous avons déjà
24:09un déficit abyssal
24:10et il va s'alourdir
24:12davantage.
24:13Nous avons également,
24:15et le plus,
24:16le plus,
24:16le plus,
24:17je dirais méchant
24:18pour les citoyens,
24:19c'est la détérioration
24:20de leur pouvoir d'achat.
24:21Tout va augmenter
24:23parce que,
24:24je parle notamment
24:25des matières premières
24:26de base.
24:27Vous savez que
24:28les matières premières
24:29de base,
24:30des tomates,
24:32la consommation quotidienne
24:33des citoyens marocains,
24:35ça voyage,
24:37il y a un coût
24:37du transport
24:38et forcément,
24:39quand le transporteur
24:40paye plus cher
24:41le carburant,
24:42il va le répercuter
24:43et parfois,
24:44avec des abus,
24:46malheureusement,
24:46sur le prix,
24:48je dirais,
24:50que le consommateur
24:51doit payer.
24:52Il y a des conséquences
24:54macroéconomiques,
24:55comme que j'ai cité,
24:57des abords de vise,
24:58des pifites
24:58et il y a également
25:00des répercussions
25:01de tensions inflationnistes,
25:03pouvoir d'achat
25:03qui va se détériorer.
25:06Et pas uniquement
25:07en Maroc.
25:08C'est un phénomène.
25:09Pardon ?
25:10L'économie marocaine,
25:11selon vous,
25:12Mstafa Jai,
25:12peut subir ce choc,
25:16faire face
25:16à ce choc
25:17aujourd'hui
25:19de la hausse
25:19de l'énergie.
25:20En revanche,
25:21l'impact,
25:21il est plus visible
25:22au niveau
25:23des consommateurs,
25:24finalement.
25:26C'est au niveau
25:27de l'inflation
25:27que ça se ressent.
25:29Exactement.
25:30Il y a une résilience.
25:31Heureusement
25:31qu'avec la vision royale,
25:33il y a un mix énergétique.
25:35Le Maroc avance
25:37très très bien
25:38dans ce créneau,
25:39tout ce qui est
25:39énergie solaire,
25:40oédien,
25:41pour essayer
25:42de se déconnecter
25:43de cette dépendance,
25:44si vous voulez,
25:45de l'énergie fossile.
25:46Et j'espère
25:48que bientôt,
25:49je pense l'horizon 2030,
25:50le Maroc,
25:51le mix énergétique
25:52se rapproche
25:53de 80%.
25:54Comme ça,
25:55on n'aura pas
25:55une dépendance totale
25:56pratiquement 90%
25:58de nos besoins
26:00en énergie
26:01sont importés,
26:02ce qui affecte
26:04et qui pèse lourdement
26:05sur la balance
26:07des paiements marocains,
26:08sachant que
26:09nous n'avons plus
26:10de raffinerie,
26:10comme vous le savez.
26:11Et donc,
26:12c'est une autre
26:13grande question
26:14qu'on se pose
26:15pour un raffineur national
26:16parce que
26:17nous importons
26:20les produits
26:20déjà raffinés.
26:22Il y a aussi
26:22la problématique
26:23du stockage nécessaire.
26:24Il y a un minimum
26:25de stockage
26:25d'un mois
26:26où il y a
26:27plusieurs aspects
26:28qui rentrent
26:29dans ce cadre-là
26:30et qui,
26:31je dirais,
26:32qui compliquent
26:33davantage l'équation.
26:35Donc,
26:35selon vous,
26:36si on a une raffinerie,
26:38le coup peut être
26:39peut-être
26:39moins important.
26:41Il n'y aura pas
26:42un coût de raffinage
26:43qui va exploser
26:44comme aujourd'hui
26:45quand on importe ?
26:47Tout à fait.
26:49Et surtout,
26:49le stockage.
26:50On aura un stock
26:53suffisant,
26:53un stock initial
26:54au minimum
26:55pour les produits
26:57qui sont directement
26:59raffinés
27:00et destinés
27:01à la consommation.
27:03Or que maintenant,
27:04nous importons
27:04tous nos produits
27:05déjà raffinés
27:06avec tous les aléas
27:08et avec ces tensions
27:10géostratégiques
27:11et politiques
27:12qu'on voit depuis,
27:12pas maintenant,
27:13depuis,
27:14je dirais,
27:15déjà les 2020,
27:17depuis la guerre
27:18avec Russie-Ukraine,
27:20après la guerre
27:21au Moyen-Orient,
27:22il y a des accalmies,
27:23ça reprend.
27:24Honnêtement,
27:25il n'y a pas
27:26de visibilité
27:27et malheureusement,
27:28nous subissons
27:29tous ces aléas,
27:30tous ces chocs externes
27:31qui impactent
27:33notre économie marocaine
27:35et qui impactent
27:35surtout,
27:36surtout
27:37la classe moyenne
27:38et le citoyen marocain.
27:39Alors,
27:42ces chocs externes
27:43relancent également
27:44la question
27:45du mécanisme
27:46de fixation
27:47des prix
27:48à la pompe.
27:49Aujourd'hui,
27:50est-ce que le système
27:51actuel au Maroc
27:52permet réellement
27:53de refléter
27:54de manière transparente
27:56l'évolution
27:56des cours
27:57à l'international ?
28:00Oui,
28:01moi,
28:01je pense,
28:02comme je vous l'ai dit,
28:03c'est des inputs
28:04et des outputs.
28:05Si les prix
28:05à l'international
28:07augmentent,
28:07forcément,
28:08ça se répercute
28:09avec,
28:09comme vous le savez,
28:10avec maintenant
28:11une révision des prix
28:12tous les 15 jours.
28:14Donc,
28:14il y a un délai
28:15de transmission
28:15de l'augmentation.
28:17Honnêtement,
28:18comme je l'ai dit,
28:19il y a des mécanismes
28:20que le gouvernement
28:22peut utiliser
28:23s'il veut atténuer
28:24ces chocs
28:25en faisant un effort
28:27sur un des aspects,
28:28soit réduire un peu
28:29la TIC
28:30ou limiter la TVA,
28:31au moins pour un laps
28:32de temps donné,
28:34quitte à ce qu'on annule
28:36ces subventions
28:36ou comme je dis
28:37aux transporteurs
28:38qui, a priori,
28:40ne donnent pas
28:40de résultats,
28:41je dirais,
28:42avérés
28:42ou des résultats
28:43probants.
28:44Donc,
28:45c'est des calculs
28:46à faire,
28:46ce n'est pas évident.
28:47C'est que
28:49à chaque fois
28:50que le cours
28:51du Brent augmente,
28:52les recettes fiscales
28:53augmentent
28:54parce que c'est
28:55corrolé
28:55au cours du Brent.
28:57Est-ce que vous me suivez ?
28:59Donc,
29:00certains pays
29:00ont fait l'effort
29:02aussi bien
29:03au niveau de l'État,
29:04ils ont
29:06pratiquement
29:06annulé
29:07ou réduit
29:08au minimum
29:09notamment
29:10la TVA,
29:11mais ils ont aussi
29:12demandé
29:13aux distributeurs
29:13de faire un effort.
29:15Ils leur ont dit
29:16vous avez suffisamment
29:17gagné d'argent
29:17pour plusieurs décennies,
29:19vous pouvez faire
29:20un effort
29:20et réduire vos mâches.
29:22Au Maroc,
29:22on parle de 1,50 dirhams
29:24par litre.
29:24On peut dire,
29:26même si c'est vrai
29:27que c'est libre,
29:28chacun fait ce qu'il veut,
29:29mais on peut leur dire
29:29de faire un effort
29:30pendant trois mois
29:32et de se limiter
29:33à 50 centimes
29:35pour limiter
29:36un peu
29:36le prix
29:38sorti
29:38consommateur.
29:40Maintenant,
29:40ces distributeurs aussi,
29:41ils ont des charges,
29:42ils ont du personnel,
29:44c'est des calculs
29:45à faire,
29:45mais il y a
29:46quelques petits leviers
29:47sur lesquels
29:48on peut agir,
29:49mais c'est vraiment
29:49très limité.
29:53Alors,
29:54Mstapha,
29:54vous privilégiez
29:56si vous permettez
29:57d'une baisse
29:59des ressources
29:59fiscales étatiques
30:01pour maintenir
30:02justement le pouvoir
30:03d'achat
30:04des citoyens
30:04qui n'est pas provisoirement,
30:06oui, provisoirement
30:06que ce soit aujourd'hui.
30:08Donc, oui,
30:09pour maintenir
30:10le pouvoir d'achat
30:11des citoyens marocains
30:13et ne pas avoir
30:14une inflation
30:15assez forte.
30:16Alors, une question
30:16aussi se pose aujourd'hui,
30:17les prix pratiqués
30:18par les différents opérateurs
30:19restent souvent
30:20très proches.
30:21Pourquoi la concurrence
30:22ne joue pas davantage
30:24dans ces prix ?
30:26Je pense que le conseil
30:27de concurrence
30:28a un peu son rôle,
30:29il les a déjà interpellés,
30:30il y a même,
30:30je pense,
30:31des amendes,
30:32il y a eu plusieurs débats
30:33sur ces amendes,
30:34on est passé de 9,4,
30:36je pense,
30:36à 1,5 milliard.
30:40Il y a quand même
30:41une quasi-entente
30:43parce qu'on voit
30:43qu'il y a des marges
30:46ou des prix à la pompe
30:48qui sont plus ou moins
30:49identiques
30:49à quelques centimes près.
30:51Mais comme je vous ai dit,
30:53la marge de ces distributeurs
30:55est aussi limitée.
30:57Donc, elle est à 1,48,
30:581,50.
30:59Est-ce que ceux-là,
31:02ils peuvent aussi faire un effort,
31:04ils peuvent voir
31:05en termes de coûts
31:06de structure
31:07de chaque distributeur ?
31:09Mais sur la réalité,
31:11elle est là.
31:12Il y a une quasi-entente
31:15entre les différents opérateurs
31:18et les différences
31:21sont vraiment
31:22de limites
31:22à quelques centimes.
31:24Ça fait que vous avez relevé
31:25beaucoup de mécanismes
31:27et de leviers
31:27à activer
31:28et peut-être même
31:29de manière temporaire
31:30lors de cette crise énergétique
31:32qu'on vit aujourd'hui.
31:33Mais sur le long terme,
31:35entre davantage de concurrence,
31:36plus de transparence,
31:37éventuellement,
31:38un mécanisme
31:39d'amortissement
31:40des chocs internationaux,
31:42quelle serez-vous,
31:43selon vous,
31:44la réforme prioritaire
31:45afin de protéger
31:46le consommateur marocain ?
31:49Alors, la grande réforme
31:51qui est déjà entamée,
31:52c'est le mix énergétique,
31:54c'est accélérer
31:55tous les chantiers
31:55et structures
31:56renoncés par sa majesté,
31:57l'éolien,
31:59le solaire
31:59et surtout
32:00l'hydrogène vert,
32:02donc l'offre hydrogène
32:03vert Maroc
32:04qu'il faut donc activer
32:05pour nous permettre
32:07de ne pas dépendre
32:08de ces tensions
32:10géostratégiques,
32:11de ces conflits
32:12qui sont toujours là,
32:14qui peut-être vont s'enliser
32:15et qui impactent,
32:17je pense,
32:17c'est la meilleure réponse
32:19à la situation
32:22que connaît le monde
32:23depuis pas mal d'années,
32:25voire pas mal de décennies.
32:26Il y avait des premiers chocs
32:27déjà pétroliers,
32:3073, 74, 79
32:32et ces derniers chocs
32:34qu'on voit maintenant
32:35et qui sont en train
32:37de s'enliser
32:38et on voit un petit peu
32:39leur impact
32:39sur l'économie mondiale,
32:42on ne parle pas que du Maroc
32:43et surtout, surtout
32:45les pays importateurs
32:46comme malheureusement
32:47le cas du Maroc.
32:48Donc pour moi,
32:49la meilleure réponse,
32:50c'est d'accélérer
32:51les chantiers structurants
32:52par sa majesté
32:53pour augmenter
32:56ou améliorer
32:57le mix énergétique
32:57au Maroc.
32:59Diversifier les sources
33:00de l'énergie,
33:01Mstapha Jai,
33:02je rappelle que vous êtes
33:03économiste et professeur
33:05universitaire,
33:05merci d'avoir répondu
33:06à nos questions aujourd'hui.
33:08Merci à vous.
33:10Voilà, c'était donc
33:11l'invité de Soir Info,
33:12tout de suite,
33:13le journal de l'économie
33:14avec Dina Mbreni.
33:25Bienvenue sur Médian TV,
33:27tout de suite,
33:27votre journal économique.
33:29À la une de l'actualité,
33:31l'Agence nationale des ports
33:32accélère la modernisation
33:34de la gestion
33:35de son patrimoine portuaire.
33:37La NP vient de lancer
33:39un nouvel appel d'offres
33:40pour élaborer
33:41un schéma directeur
33:42destiné à mettre en place
33:44un système moderne
33:45d'examen des ouvrages portuaires.
33:47Quai,
33:48appontement
33:49ou encore terre-plein
33:50seront ainsi placés
33:52sous une surveillance
33:53renforcée.
33:54L'objectif est de détecter
33:56plus rapidement
33:56les signes de dégradation,
33:58d'anticiper le vieillissement
34:00des infrastructures
34:01et d'améliorer
34:02leur maintenance.
34:03Le futur dispositif
34:05devra également permettre
34:06de collecter
34:07et d'exploiter
34:08les données
34:09sur l'état des ouvrages
34:10et d'optimiser
34:11les investissements.
34:13Une feuille de route
34:14est prévue
34:14pour le déploiement
34:15du système
34:16dans dix ports du Royaume.
34:17L'étude s'étalera
34:19sur huit mois.
34:21Après les infrastructures
34:23portuaires,
34:24cap à présent
34:24sur les finances publiques.
34:26Le déficit budgétaire
34:28marocain
34:28poursuit son amélioration
34:30à fin juillet dernier.
34:31Il s'est établi
34:32à 48 milliards de dirhams
34:34à fin juillet 2026,
34:36contre 53 milliards
34:37à la même période
34:38un an auparavant.
34:39Soit une amélioration
34:41de près de 5,5 milliards
34:43de dirhams
34:44sur un an.
34:45Cette évolution
34:46intervient malgré
34:47une progression
34:48des dépenses.
34:49Les recettes ordinaires
34:50ont atteint
34:51261 milliards de dirhams
34:53en hausse
34:54de 8,3%.
34:55Soutenu notamment
34:57par les recettes fiscales
34:58qui progressent
34:59de près de 13%.
35:01Le besoin
35:02de financement
35:03du Trésor
35:03s'est également
35:04nettement réduit
35:05à 54 milliards
35:07de dirhams
35:07contre 74 milliards
35:091,7 milliards
35:10un an plus tôt.
35:12L'investissement public,
35:13lui,
35:14poursuit sa progression
35:15avec 72 milliards
35:17de dirhams
35:18de dépenses
35:18à fin juillet.
35:21Et puis,
35:22dans l'actualité
35:23internationale,
35:24l'inflation atteint
35:252,9%
35:26sur un an
35:27en juillet
35:27dans la zone euro.
35:29Mais derrière
35:29cette moyenne,
35:30se cache une réalité
35:31très différente
35:32selon les pays.
35:33En France,
35:35la hausse des prix
35:36se limite
35:36à 2,4%
35:38tandis qu'elle atteint
35:395,6%
35:40en Lituanie.
35:42Un écart
35:42qui se traduit
35:43directement
35:44dans le quotidien
35:45des ménages.
35:46Les dépenses
35:47progressent
35:47deux fois plus vite
35:48en Lituanie
35:49qu'en France.
35:50Les différences
35:51concernent notamment
35:52l'énergie,
35:53le logement
35:53et l'alimentation.
35:54Des postes
35:55particulièrement sensibles
35:57pour les ménages modestes.
35:58Selon la Banque Centrale Européenne,
36:01le défi
36:01est donc de taille.
36:02Elle doit fixer
36:03une politique monétaire
36:04commune
36:05pour des économies
36:06qui ne subissent
36:07pas la même pression
36:08sur les prix.
36:09Une équation complexe
36:11alors que son objectif
36:12reste de ramener
36:13durablement
36:14l'inflation
36:15à 2%.
36:19Direction à présent
36:20les Etats-Unis
36:21où la dette publique
36:22franchit
36:22un seuil symbolique.
36:24Elle dépasse
36:25pour la première fois
36:25les 40 000 milliards
36:27de dollars.
36:28Un niveau inédit
36:29dans l'histoire du pays.
36:30Cette progression
36:32intervient
36:32alors que les Etats-Unis
36:34continuent
36:34d'accumuler
36:35d'importants déficits
36:36budgétaires.
36:37En juillet,
36:38le déficit mensuel
36:40a atteint
36:40environ 432 milliards
36:42de dollars
36:43selon les données
36:44du Trésor américain.
36:45Cette hausse
36:46de la dette
36:47alimente
36:48les inquiétudes
36:48concernant
36:49le poids
36:50des intérêts
36:50et la capacité
36:52de Washington
36:52à maîtriser
36:53durablement
36:54ses finances publiques.
36:55La dette fédérale
36:56approche désormais
36:57d'un niveau équivalent
36:58à plus de 120%
37:00du PIB
37:01selon les estimations
37:03disponibles.
37:06Autre indicateur
37:07de tension financière,
37:09cette fois-ci
37:09en Asie
37:10et particulièrement
37:11en Corée du Sud
37:12où l'endettement
37:13des ménages
37:14continue d'augmenter.
37:15La progression
37:16du crédit
37:17est notamment alimentée
37:18par la reprise
37:19du marché immobilier
37:20et par une demande
37:22accrue de prix.
37:23Les autorités
37:24sud-coréennes
37:25maintiennent
37:25leur objectif
37:26de limiter
37:27la croissance
37:28annuelle
37:28des prix
37:29aux ménages
37:29à 1,5%
37:31alors que
37:32le ratio
37:32de leurs dettes
37:33rapportées
37:34au PIB
37:34reste particulièrement
37:36élevé,
37:37proche de 80%.
37:39Les autorités
37:40financières
37:41restent donc
37:42vigilantes,
37:42notamment face
37:43à la hausse
37:44des prix immobiliers
37:45à Séoul
37:46et aux risques
37:47liés
37:47à un endettement
37:48excessif.
37:49La Banque de Corée
37:50considère d'ailleurs
37:51la dette des ménages
37:52et le marché
37:53immobilier
37:54parmi les principaux
37:55risques persistants
37:56pour la stabilité
37:57financière
37:58du pays.
37:59C'est la fin
38:00de votre journal
38:01économique.
38:01Merci de l'avoir suivi.
38:03Très bonne suite
38:04des programmes
38:04sur Médien TV.
38:08Et à présent
38:09l'instant culture
38:09de ce carrefour
38:11avec Meryem
38:12Khemnichi
38:13qui reçoit
38:14Hicham Bukiran
38:15mentaliste
38:16et illusionniste.
38:29Mesdames et messieurs,
38:30bonjour et bienvenue
38:31dans l'invité culture.
38:32Mon invité aujourd'hui
38:33possède un pouvoir rare,
38:35celui de suspendre
38:36le temps
38:37et de faire vaciller
38:38nos certitudes
38:40illusionnistes,
38:40mentalistes,
38:42magiciens.
38:42il a longtemps
38:44habité le monde
38:45de la logique pure
38:46et des algorithmes
38:47avant de choisir
38:48une autre forme
38:49de codage,
38:50celui de nos perceptions
38:51et de nos émotions.
38:53Aujourd'hui,
38:53il parcourt
38:54les scènes du Maroc,
38:55d'Europe
38:55et des Etats-Unis
38:56en se donnant
38:57la mission
38:58de transformer
38:59l'éphémère
38:59d'un événement
39:00en une expérience
39:01mémorable,
39:02vivante
39:03et profondément
39:04interactive.
39:05Hicham Bukiran,
39:06bonjour à vous,
39:07c'est un plaisir
39:07de vous avoir avec moi
39:08aujourd'hui.
39:09Bonjour Meryem
39:10et merci beaucoup
39:11pour l'invitation,
39:12un vrai plaisir
39:12d'être avec vous
39:13aujourd'hui.
39:13Merci de l'avoir accepté.
39:15Alors,
39:16première question
39:17qui me vient à l'esprit,
39:18c'est comment on passe
39:18du monde
39:19des algorithmes,
39:20de l'ingénierie,
39:21de la rigueur,
39:22de la logique,
39:23de tout ce qui est carré
39:24à cet émerveillement
39:27qu'apporte la magie
39:28et puis le monde
39:30de l'illusionnisme.
39:32Oui,
39:32écoutez,
39:32c'est une très bonne question.
39:33Il y a beaucoup de gens
39:34qui pensent que
39:35j'ai fait un switch
39:37très brutal,
39:38que je suis passé
39:39de mon métier
39:40dans l'informatique
39:43sans transition
39:45à ce que je fais
39:46aujourd'hui
39:46en tant qu'illusionniste
39:47et mentaliste.
39:49En réalité,
39:49ça ne s'est pas passé
39:50exactement comme ça.
39:51C'est quelque chose
39:52que j'ai pratiqué
39:54de manière
39:55semi-professionnelle
39:56pendant de nombreuses années
39:58à côté de mon boulot,
39:59c'est-à-dire que j'avais
39:59ce que j'appelais à l'époque
40:00mon métier de jour
40:02et mon métier de nuit
40:04et puis à un moment
40:05entre les emplois
40:06du temps,
40:08les responsabilités
40:09familiales,
40:09etc.
40:11Il est venu un moment
40:12où je devais faire
40:12un choix,
40:13je pense.
40:13Et c'est à ce moment-là
40:14que je me suis dit
40:15« Allez,
40:16on va voir ce que ça
40:16pourrait donner »
40:17et c'est là
40:18que je suis devenu
40:20mentaliste,
40:20illusionniste
40:21à plein temps
40:22pour mon plus grand bonheur.
40:23C'était une décision
40:26qui comportait une part
40:27de risque
40:28mais qui est l'une
40:28des meilleures décisions
40:29que j'ai prises de ma vie.
40:30De toute façon,
40:31il faut toujours
40:31prendre des risques.
40:32Absolument.
40:33Ça en vaut souvent la peine.
40:34Sinon, on n'avance pas.
40:35Sinon, on n'avance pas.
40:36En tout cas,
40:37on entend les coachs
40:38parler de sortir
40:38de sa zone de confort
40:39donc on est un petit peu
40:40dans cet état d'esprit.
40:42Être illusionniste
40:43aujourd'hui
40:44ou quand on parle
40:44de mentaliste,
40:46c'est quoi exactement ?
40:47Est-ce que vous pouvez
40:48nous expliquer ?
40:49Alors,
40:51quand on parle
40:51d'illusionnisme
40:52ou de mentalisme,
40:52déjà pour faire
40:53un petit point
40:55sur la terminologie,
40:57pour moi,
40:58tout ce que je suis amené
40:59à faire,
40:59c'est l'illusionnisme.
41:00C'est-à-dire que
41:01je vous donne l'illusion
41:01de pouvoir faire des choses
41:03qui sont soit impossibles,
41:05soit incroyables
41:06alors qu'en réalité,
41:07je suis régi
41:07par les mêmes règles
41:08que tout le monde.
41:11Mais voilà,
41:11l'idée,
41:11c'est de pouvoir tromper,
41:13donner l'illusion
41:13à votre cerveau
41:14que je vais lire
41:15dans vos pensées,
41:16de pouvoir donner
41:17l'illusion à vos yeux
41:18qu'une chose
41:19va apparaître
41:20ou disparaître
41:21ou se transformer.
41:22Et donc,
41:23pour moi,
41:23quand on parle
41:23de magicien
41:24ou d'illusionniste,
41:25on parle souvent
41:25de choses visuelles.
41:27Et quand on parle
41:28de mentaliste,
41:29on parle d'expériences
41:30liées à l'esprit,
41:31que ce soit
41:32le fait de pouvoir
41:34lire dans vos pensées
41:35ou pouvoir essayer
41:36de vous influencer
41:37vers certains choix.
41:39donc ça,
41:40c'est un petit peu
41:40la différence
41:40entre les deux.
41:42Et en ce qui concerne
41:44ma pratique
41:45de ceci en tant que métier,
41:49c'est aujourd'hui,
41:50j'interviens essentiellement,
41:51on va dire que 80-90%
41:53de mon activité,
41:54c'est d'aller intervenir
41:55sur des soirées
41:56que vont organiser
41:57des entreprises
41:58pour lancer un produit,
42:00pour un team building
42:01pour leurs équipes,
42:03pour quelque chose
42:04pour leurs clients.
42:05et donc je vais aller
42:06faire des animations
42:07qui sont thématisées
42:09ou pas
42:11sur des éléments
42:13qu'ils souhaitent
42:13mettre en avant
42:14ou des produits
42:14qu'ils souhaitent
42:15mettre en avant.
42:16Et comment justement
42:17réussit-on à traduire
42:18des messages corporels
42:20dans, on va dire,
42:23des expériences finalement ?
42:25On en fait des expériences
42:27vivantes.
42:29Est-ce que le message
42:30passe mieux
42:32à travers ce...
42:33À travers ce canal-là ?
42:35Ce canal, oui.
42:36Écoutez, en fait,
42:37l'idée, c'est vraiment
42:38de pouvoir...
42:40Alors, pourquoi est-ce
42:41que ça passe bien déjà ?
42:42Parce que ce que je fais,
42:43j'ai la chance
42:44de pratiquer une activité
42:46qui est génératrice
42:47d'émotions.
42:49La surprise
42:51fait partie
42:52des émotions
42:54principales
42:55qui sont
42:57répertoriées
42:57chez l'être humain
42:58et c'est une émotion
43:00souvent positive.
43:02Et donc,
43:02comme il y a une émotion
43:03importante
43:04quand je fais quelque chose,
43:05c'est essentiellement
43:06de la surprise
43:07que je suis amené
43:08à générer,
43:10l'émotion va pouvoir
43:11ancrer des éléments
43:13en mémoire.
43:13Et donc,
43:14quand une entreprise
43:15veut mettre en avant
43:16tel ou tel message
43:17ou telle valeur
43:18de l'entreprise,
43:19le fait de pouvoir
43:20l'amener en magie
43:21ou en mentalisme,
43:22c'est quelque chose
43:24qui va pouvoir
43:25être ancré
43:26de manière plus durable
43:26dans l'esprit
43:28des personnes
43:28qui vont être amenées
43:29à vivre
43:31cette expérience.
43:34Parce que ça suscite
43:35des émotions fortes
43:36qui font qu'on va
43:37mieux,
43:38en tout cas,
43:38mémoriser,
43:39où le cerveau
43:40va capter
43:41l'information.
43:42Absolument.
43:42Et en neurosciences,
43:44je suis un passionné
43:45aussi de neurosciences,
43:48on dit beaucoup
43:49que le fait
43:51d'avoir une émotion,
43:51qu'elle soit positive
43:52ou négative d'ailleurs,
43:53est vraiment
43:54quelque chose
43:55qui permet
43:56de sécréter
43:57des endorphines,
43:59mais en tout cas
43:59quelque chose
44:00qui permet
44:00l'ancrage
44:01en mémoire,
44:01réellement.
44:01Donc il y a
44:02une vraie réaction chimique
44:04qui se passe
44:04dans notre cerveau
44:05qui nous permet
44:05de mémoriser les choses
44:07quand on a une émotion
44:08qui est liée.
44:08Mais par rapport à vous,
44:09quand même,
44:09ça doit être un travail
44:11énorme,
44:12un entraînement,
44:12c'est-à-dire
44:13pour pouvoir
44:14créer cette surprise,
44:16susciter ce genre
44:17d'émotions fortes.
44:18Quand on parle
44:19de mentalisme,
44:20on est face
44:20à des personnes
44:21des fois qu'on ne connaît pas,
44:22qu'on rencontre
44:23pour la première fois
44:24sur scène.
44:25et avoir cette capacité
44:26de réaction
44:27et de comprendre
44:28aussi l'état d'esprit
44:30de la personne
44:30qu'on a face à nous,
44:31de la lire
44:32d'une certaine manière,
44:33de manière quasiment
44:34instantanée,
44:36ce n'est pas évident.
44:37Non,
44:37ce n'est pas toujours évident.
44:38Moi,
44:39c'est ce que j'aime beaucoup
44:40dans la pratique,
44:41ce qu'on appelle
44:42le close-up.
44:43Le close-up,
44:43c'est quand je vais aller
44:44passer en déambulatoire
44:46parmi les groupes de gens
44:47pour faire des expériences
44:48de très près.
44:50Et donc,
44:51j'ai très peu de temps
44:53pour essayer
44:54de jauger les gens,
44:55voir quel genre de choses
44:56ils vont plutôt aimer
44:58et essayer de leur proposer
45:00quelque chose
45:00qu'ils vont apprécier.
45:02Parce que moi,
45:02quand je me balade,
45:03je ne sais pas à l'avance
45:04ce que je vais proposer
45:06à mon public.
45:07Quand je suis sur scène,
45:08c'est autre chose.
45:08Quand je suis sur scène,
45:09on est sur quelque chose
45:10d'écrit et de structuré.
45:12Mais quand j'arrive
45:13en close-up,
45:13je rencontre les gens
45:14et j'ai quelques secondes
45:16pour prendre une décision
45:18de faire quelque chose
45:20de visuel,
45:20on va plutôt faire
45:21quelque chose de mental,
45:22on va plutôt utiliser
45:24un objet qui ne m'appartient pas,
45:26qui leur appartient.
45:26Ou alors,
45:27je vais rester sur des choses
45:28qui m'appartiennent
45:28parce que je sens
45:29que ça va être
45:31une meilleure idée
45:32par rapport à ces personnes-là.
45:33Et donc,
45:33oui,
45:34mon but,
45:35ça va être,
45:36comme je l'ai dit,
45:37de lire les gens,
45:38d'essayer de les jauger
45:39pour leur proposer
45:40la meilleure expérience possible.
45:41Et à côté de ça,
45:42il y a un travail de fond
45:45énorme.
45:45Moi,
45:45j'ai commencé ma pratique
45:49de la magie
45:50et de l'illusionnisme
45:51il y a 18 ans,
45:5219 ans.
45:53Quand même.
45:54Quand même,
45:55je le faisais au début
45:56pour moi et pour mes copains.
45:58Ça ne s'est pas arrivé
45:59tout de suite
46:00dans des situations professionnelles.
46:01Mais j'ai énormément
46:03de bagages
46:03que je suis capable
46:04de déployer
46:05en fonction des personnes
46:06qui peuvent m'aider.
46:09En tout cas,
46:10avant de commencer
46:11cette interview,
46:12vous avez sorti
46:12votre ardoise
46:13et votre créée.
46:14Donc,
46:14vous préparez quelque chose
46:15pour moi,
46:15j'imagine.
46:16Oui,
46:16on peut tenter
46:17une petite expérience
46:18rapidement.
46:19J'ai hâte.
46:21On n'a rien préparé
46:22à l'avance.
46:22Très,
46:22très important.
46:23Oui,
46:24évidemment.
46:24Ce que je vais vous demander,
46:26Meryem,
46:26je vais vous demander
46:27quelque chose
46:27de très,
46:28très simple.
46:29Je vais vous demander
46:29de penser
46:30à un nombre
46:31entre 1 et 100,
46:32n'importe quel nombre
46:32entre 1 et 100.
46:341 et 100.
46:34D'accord.
46:36Vous avez un nombre
46:37en tête ?
46:37Oui.
46:37Oui.
46:38Regardez-moi,
46:39essayez de me l'envoyer
46:39et je vais juste
46:40vous demander
46:40de compter
46:41à voix haute
46:42de 1 à 9.
46:44Je vous l'envoie,
46:45c'est-à-dire
46:45mentalement ?
46:46Oui,
46:46exactement.
46:46Le chiffre que j'ai choisi ?
46:47Le nombre que vous avez choisi
46:48et vous comptez
46:49à voix haute
46:49de 1 à 9 rapidement
46:50juste pour que je puisse...
46:511,
46:532,
46:543,
46:554,
46:555,
46:566,
46:577,
46:588 et 9.
46:59Ok.
47:01Ok,
47:01j'ai quelque chose
47:02qui arrive.
47:03Je vais tenter ceci.
47:06Mais pour moi,
47:07c'est écrit.
47:08Donc,
47:09on va pouvoir vérifier
47:10si j'ai bon.
47:11Est-ce que vous pouvez me dire
47:11le nombre que vous aviez en tête ?
47:1386.
47:1486 ?
47:15Oui.
47:15Ok,
47:15alors c'est marrant
47:16parce que ce n'est pas une expérience
47:17qui fonctionne à tous les coups.
47:19Ceci dit,
47:19aujourd'hui,
47:20ça a fonctionné
47:20parce que j'avais justement
47:21noté le numéro 86.
47:23Oui.
47:24Donc,
47:24c'est bien.
47:25Vous l'avez vraiment
47:26super bien envoyé,
47:27du coup.
47:27C'est vrai ?
47:28Je ne comprends pas
47:28comment j'ai fait
47:29pour l'envoyer.
47:30mais bon.
47:31Quelque part,
47:31on pourrait penser
47:32que je suis un chanceux professionnel.
47:35C'est incroyable.
47:36Effectivement,
47:37il y a cet effet de surprise.
47:38absolument.
47:39Bon,
47:40écoutez,
47:42ça donne un petit aperçu
47:43de ce que vous faites.
47:45est-ce qu'il y a une astuce
47:46derrière ce tour-là déjà ?
47:49Alors,
47:50je vais répondre
47:51de manière un peu plus large.
47:54Je suis comme tout le monde,
47:56comme tous les illusionnistes
47:57et mentalistes,
47:58on ne donne pas les ficelles
47:59de ce qu'on fait.
48:01Mais ce que je peux dire,
48:02c'est qu'on parle beaucoup
48:03de pouvoir lire
48:05dans les micro-expressions
48:06des gens,
48:06faire de la PNL,
48:07essayer de lire
48:08réellement les gens.
48:09C'est quelque chose
48:10que j'essaye réellement de faire.
48:12Ceci dit,
48:13dans un cadre de spectacle,
48:15quand même,
48:16si j'ai 75%
48:20de réussite,
48:21ce n'est pas suffisant
48:22pour faire un bon spectacle.
48:23Je suis quand même,
48:24c'est important
48:25de pouvoir avoir
48:26un taux de réussite
48:27qui soit au moins
48:28de 95% à 100%.
48:30Et donc,
48:31dans ce que je fais
48:31dans un cadre de spectacle,
48:32je m'aide
48:33de petites ficelles
48:35en plus
48:36de la psychologie pure.
48:38En tout cas,
48:40j'avais beaucoup hésité
48:41entre celui-ci
48:42et un autre chiffre.
48:43C'est vrai ?
48:43Oui.
48:44Et même en commençant,
48:45j'avais l'autre chiffre
48:46en tête,
48:46mais quand j'ai commencé
48:49à compter de 1 à 9,
48:51j'ai arrêté
48:53sur le premier choix
48:54qui était 86.
48:55On peut tenter un truc
48:56très très rapidement.
48:58Est-ce que...
48:58trouver le deuxième chiffre ?
49:00Je ne vais pas le faire
49:00exactement comme ça,
49:01mais on va...
49:02Je vais simplement voir
49:03si je peux avoir
49:05un petit peu de chance.
49:06Je vais écrire ici
49:08une information
49:10qui est un peu plus importante
49:11qu'un chiffre,
49:12mais qui va avoir un lien.
49:17Je ne sais pas
49:18si il y a une caméra
49:18à qui je peux montrer,
49:19mais sans vous montrer à vous,
49:21on va partir là-dessus.
49:22Oui, moi, je ne regarde pas.
49:24Allez, ne regardez pas.
49:25On a tout, tout, tout.
49:26Voilà.
49:27Donc ça,
49:28c'est la célébrité
49:29que j'ai en tête.
49:30La célébrité ?
49:31J'écris le nom
49:31d'une célébrité.
49:32Je ne vais pas vous demander
49:33de penser à une célébrité
49:33parce qu'il y aurait
49:34beaucoup trop de chances
49:35que vous n'arriviez pas
49:36à celle que j'ai écrite.
49:39Mais vous avez un nombre en tête
49:40et moi, j'ai une liste
49:41de célébrités sur mon téléphone.
49:43J'ai une liste de célébrités
49:44sur mon téléphone
49:45qui est juste là.
49:46Pour la première fois,
49:47c'est quoi le nombre
49:48que vous aviez en tête,
49:49l'autre nombre,
49:50pas le 86 ?
49:51Le 7.
49:51Le 7.
49:52Alors, le 7,
49:54c'est marrant
49:55parce que si on regarde ici,
49:56j'ai une liste
49:57de célébrités internationales.
49:59Je vais vous la montrer
50:00et je vais vous demander
50:01de me dire,
50:02juste de confirmer
50:03que toutes les célébrités
50:04sont différentes.
50:05Michael Jackson,
50:06Tom Hanks,
50:06Kim Kardashian
50:07et la célébrité
50:08numéro 86,
50:09par exemple,
50:09ça aurait été
50:11Harrison Ford.
50:13Mais vous,
50:13vous avez pensé
50:14au 7.
50:15Qui est ?
50:17Qui est ?
50:21Marilyn Monroe.
50:22Marilyn Monroe.
50:23Et moi,
50:23j'avais montré
50:24à nos chers téléspectateurs
50:26une célébrité
50:27juste avant
50:27qui était exactement
50:28Marilyn Monroe.
50:30C'est fou.
50:31En tout cas,
50:32je confirme
50:32le fait de surprise.
50:33C'est sûr.
50:35D'accord.
50:36Quand vous avez commencé
50:37à écrire,
50:37je me suis dit,
50:39on ne va pas
50:40rester sur,
50:41on ne va pas
50:42transformer l'interview
50:43en spectacle
50:44sinon vous allez trouver
50:45encore ce à quoi
50:45j'ai pensé.
50:46Je préfère le garder
50:47pour moi,
50:47pour être honnête.
50:49Alors justement,
50:50quand on est dans
50:52cette improvisation,
50:53on va dire,
50:57permanente,
50:57comment on fait
50:58pour préparer
50:58un spectacle ?
50:59Quand on prépare
51:00un spectacle,
51:01il y a des choses
51:02qu'il faut absolument
51:05structurer.
51:06En général,
51:07quand je fais un show
51:09surtout en corporate,
51:11la difficulté,
51:12c'est que les gens
51:12ne viennent pas voir
51:13ce que je fais.
51:14Les gens viennent
51:15pour assister
51:17à la soirée
51:18de leur entreprise.
51:19Ce qui a une dynamique
51:20complètement différente
51:21que quelqu'un
51:21qui vient dans une salle
51:22de spectacle
51:23pour apprécier
51:24le travail d'un artiste.
51:25Pas du tout la même chose.
51:26Donc j'ai quelques secondes
51:27pour gagner l'intérêt
51:30des gens.
51:31Surtout que quand on parle
51:32de magicien en général,
51:33on a des préconceptions
51:35qui ne sont pas forcément
51:36en notre faveur.
51:38Mais bon,
51:38ça c'est un autre débat.
51:40Et donc,
51:41ce que j'ai tendance à faire,
51:43je structure les choses
51:44parce que je sais
51:45qu'il faut que j'ai
51:46un impact rapide
51:47dans un premier temps.
51:48Quelque chose
51:48qui me permette
51:49de pouvoir faire quelque chose
51:51dans la première minute.
51:52Quelque chose
51:53qui va impacter les gens.
51:55Percutant, oui.
51:55Percutant.
51:56Et puis ensuite,
51:57ce qui va me donner
51:57cinq minutes au moins
51:58de leur attention
51:59qui fait que si dans ces cinq minutes
52:01je refais quelque chose de sympa,
52:03je vais avoir l'attention des gens
52:05pendant 25, 30, 45 minutes,
52:07une heure,
52:08c'est dépendamment du temps
52:09qu'on a déterminé,
52:11qu'on a défini
52:11avec le client.
52:13Et puis,
52:14quand on est face à un public,
52:15on a un public
52:17qui vient en étant prêt
52:18à être émerveilleux,
52:20mais en même temps
52:20qui cherche un petit peu
52:22la chuce derrière chaque tour.
52:23Donc il y a ce jeu aussi.
52:25Ça peut arriver, oui.
52:27Il y a des gens
52:27qui ont un esprit cartésien
52:29et qui tout de suite
52:31vont essayer de comprendre
52:32comment je fais.
52:34Je ne peux pas leur en vouloir.
52:36je suis moi-même ingénieur de formation
52:40et j'ai été dans le domaine
52:43pendant longtemps.
52:44Donc je suis quelqu'un
52:44qui cherche à comprendre
52:46comment les choses fonctionnent.
52:48Donc je ne peux vraiment pas
52:49en vouloir aux gens
52:49de chercher à comprendre
52:50comment ça marche.
52:52Moi, mon intérêt,
52:54ce qui est important pour moi,
52:56c'est...
52:56Je vais vous donner une analogie.
52:59Si vous êtes dans une maison
53:01qui fait noir
53:01et que vous montez un escalier
53:03que vous connaissez par cœur,
53:06il peut arriver que vous savez
53:07cette dernière marche
53:08qu'on va rater
53:08et qui nous surprend.
53:11Et votre réalité,
53:13elle va se transformer
53:13pendant quelques secondes.
53:15Et ensuite,
53:15vous allez simplement
53:16vous souvenir que,
53:17ah bah oui,
53:18j'ai simplement raté la marche
53:19et votre vie suit son cours.
53:21Mais moi,
53:21ce qui m'intéresse,
53:22c'est vraiment ces quelques secondes.
53:23C'est-à-dire,
53:24si j'arrive à surprendre
53:26et à émerveiller
53:27pendant ces quelques secondes,
53:28si le cerveau cartésien,
53:30si le raisonnement cartésien
53:31de la personne
53:33revient derrière
53:33pour essayer d'avoir
53:35des théories
53:35sur comment je fais,
53:36bah c'est pas très grave.
53:37L'essentiel,
53:38c'est qu'elle a passé
53:38un bon moment,
53:39qu'elle a été émerveillée
53:40pendant ces quelques secondes.
53:41Et puis c'est vrai
53:41que mon but principal,
53:43c'est de passer un bon moment.
53:45Mon vecteur,
53:46c'est l'illusionnisme,
53:48mais ma vraie valeur ajoutée,
53:51c'est de faire passer
53:51un bon moment.
53:52D'accord.
53:53Merci à vous.
53:54En tout cas,
53:54on a passé un très bon moment
53:55avec vous aujourd'hui.
53:56Merci.
53:56Lors de cet échange,
53:58cet entretien.
53:59Et c'est un plaisir
54:00de vous présenter
54:00à nos chers téléspectateurs.
54:01Merci beaucoup
54:02de m'avoir reçu.
54:03Et qui sait,
54:04une autre partie
54:05de ce que je fais,
54:05c'est du spectacle
54:06dans le public.
54:07Quand il y aura des dates,
54:09suivez-moi sur les réseaux
54:10pour voir un petit peu
54:11où est-ce que je pourrais
54:12me produire
54:12dans les mois qui viennent.
54:13En tout cas,
54:13le prochain,
54:14c'est prévu pour septembre.
54:15C'est une période
54:16à peu près septembre, octobre.
54:21À peu près,
54:23Merci beaucoup.
54:23Fin d'Invité Culture
54:24pour aujourd'hui.
54:25Très bonne journée.
54:31Nous arrivons ainsi
54:32à la fin
54:33de ce carrefour d'informations.
54:34Merci de l'avoir suivi.
54:53Merci.
Commentaires