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  • il y a 6 semaines
Michel Mouly, gynécologue, réagit à l'installation refusée de deux gynécologues à Paris et déplore : «La femme est l'horloge de la vie, et on doit lui donner une santé».

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Transcription
00:00On est là sur une incohérence entre une réglementation immobilière et l'accès aux soins.
00:05Vous l'avez plusieurs fois dit, je l'ai plusieurs fois dit sur vos plateaux.
00:10On est en France devant des déserts médicaux, mais surtout des déserts gynécologiques.
00:15C'est-à-dire qu'on a des femmes qui attendent parfois 18 mois pour une consultation.
00:20On a 12 départements sans gynécologue.
00:23On a 93% des gynécologues qui ont plus de 60 ans.
00:27Et là, on a deux jeunes gynécologues qui veulent s'installer, reprendre un bureau de gynécologie pour refaire de la
00:34gynécologie.
00:35Ce qui veut dire à peu près plus de 12 000 à 13 000 patientes suivies par deux gynécologues.
00:41Et on leur dit, ben non, pas plus de 50 mètres carrés.
00:44Alors, quand on sait que bientôt il va y avoir une loi sur le consentement, sur l'intimité,
00:49vous vous rendez compte ? 50 mètres carrés, ça veut dire, c'est pas 25 mètres carrés par médecin.
00:54C'est 50 mètres carrés en tout.
00:57C'est-à-dire qu'il faut un cabinet examen, un cabinet de déshabillage, un appareil d'échographie.
01:04Il faut des sanitaires.
01:05Il faut probablement un secrétariat.
01:07Il faut respecter l'intimité, la confidentialité de la patiente.
01:11Et on vous met 25 mètres carrés.
01:13Alors que dans une rue à côté, qui n'est pas le huitième arrondissement,
01:17on leur dit, eh bien là, vous pouvez prendre 100 ou 150 mètres carrés.
01:21On est vraiment, on marche sur la tête.
01:23On a la chance d'avoir des gynécologues qui reprennent.
01:27C'est-à-dire qu'on va transformer un local médical en médical.
01:30On ne va pas transformer de l'appartement en un bureau ou un Airbnb,
01:35ce qui est totalement anormal.
01:37Et donc, là, on est vraiment sur un vrai problème.
01:41En plus, on demande à ces gynécologues 130 000 euros de compensation
01:45pour pouvoir s'installer dans un état où on est actuellement
01:48dans une demande de la continuité des soins.
01:51Et là, on avait vraiment la situation parfaite.
01:54Donc, je pense que c'est normal d'avoir une réglementation sur l'immobilier,
01:59de ne pas transformer de l'habitation en bureau ou autre chose.
02:02Mais là, on transforme un cabinet médical en cabinet médical.
02:05Et vous avez presque 12 000 patients suivis par deux gynécologues
02:09qui vont se retrouver comme ça, sans suivi, sans rien.
02:14Alors, Michel, pour les téléspectateurs,
02:15parce que je cherche à comprendre, qui nous regardent,
02:18ce qui est valable dans le huitième n'est pas valable, par exemple,
02:21dans le dixième.
02:22C'est ça, l'histoire ?
02:24Exactement.
02:25On a réglementé.
02:26Vous savez que dans le huitième arrondissement,
02:28il y a beaucoup de bureaux et on veut mettre de l'immobilier.
02:31Mais OK, très bien qu'on le fasse, qu'on fasse attention.
02:34Mais là, on est dans une continuité du soin,
02:37dans ce qu'on appelle, vraiment, on manque de médecins.
02:40On est devant, on a des déserts gynécologiques.
02:43Je vous rappelle que 12 départements français sont sans gynécologue.
02:47Pour venir voir Michel Mouly, il faut attendre plus de 18 mois.
02:51Pour voir n'importe quel gynécologue, il faut presque entre 6 mois et 1 an.
02:55Alors que là, on assurait une continuité des soins, ce n'est pas normal.
02:59Alors, je comprends, il faut mettre du bon sens dans la réglementation,
03:02mais il ne faut pas être aussi rigoureux, aussi rigide.
03:07C'est quoi la possibilité pour ces deux jeunes gynécologues ?
03:12L'histoire est totalement foutue, si je puis me permettre d'expression ?
03:17Ou il y a une petite chance que du côté du huitième,
03:21on se dise quand même que c'est important d'avoir de gynécologues jeunes
03:24qui s'installent et qui ont envie de travailler ?
03:27Exactement.
03:28Alors, vous montrez la photo de la mairie.
03:29La mairie est d'accord.
03:30Alors, c'est déjà bien que la mairie soit d'accord.
03:32En plus, ce sont des médecins qui s'installent en rez-de-chaussée.
03:35Il faut savoir que nous avons des réglementations pour l'accessibilité
03:40pour les personnes à mobilité réduite.
03:43Donc, vous vous rendez compte, 50 mètres carrés pour des médecins
03:45qui veulent s'installer dans le huitième.
03:47Moi, tous les médecins parisiens ont des femmes qui viennent de toute la France.
03:53Il n'y a plus de gynécologues en France.
03:55On est devant des déserts gynécologiques.
03:57Et pour moi, la femme, c'est l'horloge de la vie.
04:00Et la femme, on doit lui donner une santé.
04:02Elle a des responsabilités.
04:03Elle a tellement de choses.
04:04Et on la néglige complètement.
04:06On avait la chance d'avoir deux femmes.
04:08Et la mairie de Paris dit non.
04:10Le huitième arrondissement, 50 mètres carrés par médecin.
04:13Si vous voulez, vous payez 130 000 euros.
04:16Sous-titrage Société Radio-Canada

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