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  • il y a 6 semaines
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce vendredi, 62 migrants ont débarqué sur les côtes espagnoles vers Murcia.

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00:00Je salue les invités qui m'accompagnent ce matin, Sabrina Medjeber, bonjour, très heureux de vous retrouver ce matin, tout
00:06comme Raphaël Steinville, bonjour, vous allez bien ?
00:08Bonjour Thomas, très bien.
00:09On a énormément de sujets à aborder, on parlera bien sûr d'Olivier Faure qui fait la course derrière la
00:14France Insoumise, j'entendais qu'il était l'expression la voiture balai de la France Insoumise, on verra si c
00:19'est vrai, mais en tout cas, on a bien compris que les élections arrivaient quand on entend Olivier Faure.
00:22Mais on va commencer par le sujet de l'actualité qui fait la une ce matin, c'est la situation
00:28en Espagne, on vous a beaucoup parlé de Ceuta, et il se passe encore beaucoup de choses en ce moment,
00:33mais pas seulement à Ceuta, même dans la péninsule ibérique, avec ces images, on va décrire aussi pour les auditeurs
00:38d'Europe 1, de ce bateau qui est arrivé sur la plage, en plein après-midi, il y avait des
00:43vacanciers qui étaient sur la plage, et puis d'un coup, 60 migrants à bord d'un bateau qui débarquent,
00:47une image qui a provoqué beaucoup de réactions, qui a choqué bien sûr les vacanciers sur lesquels on va beaucoup
00:52revenir ce matin. Alors, parallèlement à ça, il y a l'annonce aussi par le gouvernement espagnol des centres d
00:57'hébergement à Ceuta,
00:58parce qu'ils sont bien obligés de réagir finalement à cette crise. Regardons quand même et écoutons les explications de
01:05Nicolas Roger qui revient sur les derniers développements concernant la crise migratoire en Espagne.
01:09Les migrants gagnent les côtes espagnoles. Ici, ils sont une dizaine à débarquer aux abords d'Algézira, à 30 kilomètres
01:17environ de Ceuta, avec l'aide de ces embarcations.
01:21Plus au nord, toujours en Espagne, ce mercredi, les passeurs utilisent d'autres bateaux plus puissants, dotés de quatre moteurs
01:28pour rejoindre cette fois-ci la plage d'Atamaria, située à plus de 300 kilomètres à vol d'oiseau de
01:34Ceuta.
01:34Il s'agit là d'une organisation rodée, mais surtout d'un business très fructueux. Dans une enquête publiée en
01:412025, l'agence de police européenne Europol a révélé le prix exigé par une organisation de trafic de migrants,
01:48opérant à l'époque entre le Maroc et l'Espagne. Pour rejoindre Al-Gézira via Ceuta et à bord d
01:54'embarcations de plaisance, les criminels recevaient 14 600 euros par migrant,
02:00avec un logement décrit comme précaire et un accès limité à la nourriture, compris dans le tarif.
02:05Pour les migrants, l'Espagne devient ensuite une voie potentielle vers le reste de l'Europe. Ce mardi, et avec
02:11l'aide des autorités françaises,
02:13la police nationale espagnole a annoncé le démantèlement d'un réseau de passeurs de migrants qui s'est vissé entre
02:19l'Espagne et la France.
02:21On va donc s'intéresser à cette scène, ce bateau qui débarque sur cette plage.
02:24Ça se passe près de la ville de Murcia, on est dans le sud-est de l'Espagne et on
02:28n'est pas vraiment à côté de Ceuta d'ailleurs.
02:31Alors on a notre équipe qui est sur place justement, à quelques encablures de cette plage.
02:35Thibaut Marcheteau, Fabrice Elsner qui sont en direct avec nous. Bonjour Thibaut.
02:40Est-ce qu'on a plus de détails, plus d'informations sur cette vidéo, peut-être la provenance de ce
02:45bateau ?
02:49Écoutez Thomas, on se trouve à Cartagène dans la région, vous l'avez dit, de Murcia,
02:54où avec Fabrice Elsner nous sommes allés ce matin sur cette plage qui est à quelques kilomètres de l'endroit
02:59où nous nous trouvons.
03:00On a effectivement un petit peu plus de détails sur cette vidéo, on sait qu'elle a été prise mercredi
03:04dernier,
03:05aux alentours de 13 heures. Et donc voilà pourquoi il y a autant de touristes sur cette plage.
03:10On est en plein milieu du mois d'août, au sud d'Alicante, sur une côte très prisée des touristes.
03:14Voilà pourquoi il y a énormément de vacanciers sur cette plage qui assistent à cette scène ébahie.
03:19On apprend également par les informations locales espagnoles qu'il y a 62 migrants qui sont descendus de ce bateau,
03:2645 hommes majeurs, 2 femmes et 15 hommes mineurs.
03:30Ils ont tous été interpellés, déjà pris en charge par la Croix-Rouge, puis ensuite remis aux autorités espagnoles.
03:36Et enfin, on apprend que les procédures d'expulsion ont été entamées pour ces 62 migrants.
03:43Mais évidemment, la population est choquée par ces images et ce bateau qui est arrivé juste à côté de cette
03:49plage,
03:49un semi-rigide très puissant et qui n'était... Pourtant, on est très très loin des côtes africaines,
03:54200 kilomètres des premières côtes africaines et 450 kilomètres des côtes de Séouta.
03:59La trappe, Thibault Marchoteau, c'est la géographie. Vous l'avez dit, on est dans le sud-est de l
04:04'Espagne.
04:04On est à quasiment 500 kilomètres de Séouta, 200 kilomètres des côtes africaines.
04:10Est-ce qu'on a une idée d'où est parti ce bateau ? D'où venait-il ?
04:18Alors non, pour l'instant, impossible de savoir quel était le point de départ de cette embarcation.
04:22Mais effectivement, les distances sont cette fois-ci gigantesques. Pourtant, entre Séouta et Al Jazeera, il y a environ 30
04:28kilomètres.
04:29Cette fois-ci, on parle de plusieurs centaines de kilomètres, ce qui peut interroger effectivement sur ces routes empruntées par
04:34les passeurs.
04:35On peut penser qu'évidemment, il y a beaucoup plus de gares de côtes espagnoles qui se sont massées dans
04:39le détroit de Gibraltar,
04:40ce qui pourrait donc motiver ces passeurs à emprunter de nouvelles routes, certes beaucoup plus longues, mais avec un taux
04:45de réussite sûrement plus important.
04:47Ce qui est important également à notifier, c'est que nous sommes dans une région qui est connue notamment pour
04:51son activité maraîchère
04:53et qui est réputée pour embaucher de la main-d'œuvre clandestine, ce qui pourrait d'ailleurs expliquer la raison
04:59de la venue de ce bateau dans cette région, bien précise, ici en Espagne.
05:02Merci, merci beaucoup Thibaut Marcheteau, en direct de Cartagène en Espagne avec Fabrice Elsner derrière la caméra.
05:09Images qu'on a déjà vues en Espagne, Raphaël Steinville, mais là, il y a vraiment un symbole très fort
05:14en plein dans cette crise migratoire.
05:16Vous avez cette plage, des vacanciers tout tranquillement installés à la plage et d'un coup, la réalité de cette
05:21crise migratoire qui arrive avec ce bateau
05:22et à son bord, 62 migrants, je note quand même, 62 migrants, deux femmes dans le bateau.
05:27Oui, ça démonte d'abord la capacité de projection qu'ont aujourd'hui ces passeurs qui parviennent à franchir des
05:38distances très conséquentes
05:39depuis le Maroc ou depuis l'Algérie, on ne sait pas.
05:42Ce que l'on sait en revanche, c'est que sur la foi des messages qui avaient circulé avant le
05:4815 août pour appeler à se rendre à Ceuta depuis le Maroc,
05:55c'est que nombre des indicatifs téléphoniques qui apparaissaient étaient ceux de l'Algérie.
05:59Donc, on a beaucoup mis en accusation le gouvernement espagnol à la fin du mois de juillet lorsqu'il avait
06:07finalement laissé faire
06:08et permis que plus de 80 000 migrants investissent l'enclave de Ceuta.
06:15Je pense qu'aujourd'hui, la crise, elle est beaucoup plus large, c'est-à-dire que le Maroc est
06:20concerné, l'Algérie probablement.
06:22Et donc, l'espèce d'appel d'air que Pedro Sanchez a créé en régularisant, voilà quelques mois, 500 000
06:31migrants
06:32a été très bien compris par un certain nombre de candidats à l'exode et à la ruée vers l
06:43'Eldorado européen
06:44et ont ciblé principalement l'Espagne pour être comme porte d'entrée vers l'Espagne Schengen et l'Europe.
06:52On va parler bien sûr de ces enjeux géopolitiques, diplomatiques qui sont clés dans cette crise migratoire.
06:56Mais sur ces images, sur cette scène, Sabrina Medjeber, c'est-à-dire qu'on parle de crise migratoire.
07:02J'entendais Ceuta, c'est loin, c'est une enclave espagnole dont beaucoup ignoraient l'existence avant même cette crise.
07:08Là, on est sur les plages, sur la côte espagnole très fréquentée, prisée par les touristes, nous disait Thibaut Marchoto.
07:14Et c'est donc ces côtes-là qui sont rattrapées par cette réalité migratoire.
07:17Oui, en effet, la distance entre Morsia et Ceuta est assez conséquente.
07:23Et lorsque l'on voit ces images, on ne peut pas s'empêcher à une sorte de colonisation comme ça,
07:28sporadique et inopinée,
07:30qui arrive en Occident de manière totalement décomplexée.
07:35Il semble, d'après votre reportage, que tout cela a été méticuleusement organisé, que tout cela a un coup,
07:43qu'il y a en effet autour de ce bateau qui a cheminé à 62 migrants, dont deux femmes, comme
07:49vous le rappeliez,
07:50a été l'objet d'une volonté extra-territoriale.
07:56Alors, s'agit-il du ressort des Marocains ? S'agit-il du ressort des Algériens ?
08:00Alors, s'agit-il du ressort des deux ? Ce qui est sûr, c'est qu'en arrière-fond, il
08:04y a une crise diplomatique importante
08:07entre le Maroc et l'Espagne.
08:10Si vous reprenez les dernières déclarations, par exemple, du ministre de la Justice marocain,
08:15Abdelatif Wachich, qui a déclaré qu'il fallait que Ceuta soit et reste une enclave marocaine,
08:23en conséquence de quoi la ministre de la Défense espagnole, Margarita Robles, a estimé que Ceuta et Melilla étaient espagnolilès,
08:31donc c'est-à-dire plus espagnol qu'espagnol.
08:33Donc, on comprend à travers les déclarations des officiels qu'il y a un vrai bras de fer diplomatique
08:38qui est engagé sur cette question-là de la souveraineté de Ceuta,
08:43dont profitent consécutivement, évidemment, d'autres États, singulièrement le Maroc, en imaginant, en supposant,
08:50et plus largement l'Algérie, puisque vous savez également que Pedro Sanchez s'est rendu en Algérie
08:55et qu'il y a le sujet du Sahara occidental qui noyote ce conflit tripartite, si j'ose dire.
09:02Donc, il y a certainement des volontés politiques de déstabilisation de l'Espagne
09:08à travers l'appel d'air dont a œuvré M. Sanchez, mais plus largement l'Occident,
09:13puisque l'espace Schengen n'est pas, enfin, l'espace Schengen est complètement atone,
09:18est complètement amorphe, est complètement incapable, aujourd'hui, de cloisonner ces frontières,
09:24puisqu'il n'y a pas de consensus, ou en tout cas de politique consensuelle,
09:26sur la gestion de ces flux migratoires.
09:29Donc, eh bien, ces passeurs, ces passeurs très organisés,
09:32s'immiscent dans les interstices de nos lois européennes,
09:36profitant, en effet, de la possibilité de pouvoir circuler librement en Europe,
09:41à partir du moment où ils mettent un pied à Schengen.
09:44Ça, c'est pour la partie, on va dire, organisationnelle.
09:47Et ensuite, le sujet, il est éminemment sécuritaire et culturel.
09:51On a parlé des viols de Ceuta.
09:54Ça ne fait malheureusement que commencer.
09:57C'est pour ça que je vous parle de colonisation sporadique,
09:59puisque, en réaction de la première submersion,
10:02Pedro Sanchez a fait l'amour.
10:04Il est devenu complètement mutique.
10:05Il est même parti en vacances.
10:06Il est toujours en vacances.
10:07Là, au moment où on se parle, il est en vacances.
10:08Il est au TikTok, voilà, où il nous explique qu'il écoute de la musique,
10:12qu'il y délivre et c'est magnifique.
10:13Presque qu'il pourrait nous parler de brainwashing,
10:15à l'instar de notre président de la République.
10:17Et donc, en conséquence de ce mutisme,
10:19eh bien, les passeurs, eux, les criminels, ne dorment pas.
10:22Ils s'agitent et ils continuent.
10:24Ils continuent d'envahir le territoire espagnol et, a fortiori, européen.
10:28Il y a de quoi nous inquiéter, parce que face à cela,
10:30aucune réponse, aucune réponse concrète, pragmatique, n'est apportée.
10:35Je vous le disais, il est encore en vacances, Pedro Sanchez.
10:38Il s'en moque.
10:38Écoutez, Grégoire Dobini, de l'Institut, de l'Observatoire de l'immigration
10:42et de la démographie qui réagissait justement à cette scène.
10:47Les flux d'immigration illégale se poursuivent.
10:50En réalité, tout ça ne tombe pas du ciel,
10:53mais résulte aussi de décisions politiques espagnoles
10:55qui n'engagent pas seulement l'Espagne,
10:58mais l'ensemble de l'Union européenne en général
11:00et la France en particulier.
11:01Vous avez d'abord cette annonce de 500 000 régularisations
11:05de la part du Premier ministre espagnol
11:07qui a entraîné un véritable appel d'air.
11:10En réalité, on pourrait être au-delà de 800 000 régularisations
11:13puisque ce chiffre de 500 000 n'est pas un plafond,
11:17mais une estimation.
11:18Et dès lors que vous remplissez les critères,
11:20vous serez régularisé et vous aurez le droit
11:23de circuler dans tout l'espace Schengen.
11:25On le dit à chaque fois, mais les réseaux de passeurs
11:27sont très connectés aux décisions politiques en Europe
11:29et ils ont vu qu'il y avait une ouverture en Espagne.
11:32Donc les réseaux, les flux migratoires
11:34arrivent principalement beaucoup en Espagne en ce moment.
11:37On est connectés avec François Constantini
11:39qui est géopolitologue pour aborder justement
11:41la question diplomatique.
11:42Et vous avez déjà commencé à en parler.
11:44Bonjour, merci d'être en direct avec nous dans l'heure des pros.
11:46La question qu'on se pose,
11:47pour l'instant on n'a pas de réponse,
11:48mais c'est d'où venait ce bateau ?
11:50D'où venaient ces migrants ?
11:52Et la question qui se pose en filigrane,
11:53c'est est-ce que c'est instrumentalisé d'une certaine manière
11:56par le Maroc ou par l'Algérie ?
11:58Oui, bonjour Thomas.
12:00Alors, on n'a pas de...
12:00Je n'ai pas plus que vous de renseignements
12:02sur l'origine du bateau.
12:04Probablement des côtes marocaines
12:06puisque c'est une embarcation assez frêle.
12:08Apparemment, je ne sais pas si c'est un canot pneumatique.
12:11En tout cas...
12:11Un semi-rigide.
12:14Un voyage relativement court.
12:17Alors, qui instrumentalise ?
12:18Alors, c'est vrai, comme disait Sabrina,
12:20disait tout à l'heure qu'il y avait en effet un bate-fort,
12:22un jeu à trois avec le Maroc,
12:24l'Algérie et l'Espagne.
12:25Assez compliqué parce qu'en effet,
12:27c'est plutôt l'Algérie qui avait une certaine rancœur
12:29avec l'Espagne, avec la position,
12:31notamment de l'Espagne sur le Sahara occidental,
12:32qui est une question extrêmement sensible.
12:34Je rappelle que la plupart du temps,
12:36la frontière entre le Maroc et l'Algérie
12:37reste fermée justement en raison
12:39de la caution du Sahara occidental.
12:41Mais aujourd'hui, en tout cas, il y a des pressions.
12:43Mais comme vous l'avez signé vous-même, Thomas,
12:45comme l'a dit Raphaël Steinville,
12:47c'est que quand même aujourd'hui,
12:49l'origine de la crise,
12:50quand même aujourd'hui,
12:51c'est la décision de régularisation
12:53de Pédo Sanchez,
12:54de 500 000 migrants illégaux.
12:57Il faut quand même savoir qu'aujourd'hui,
12:59il y a un mécano qui s'appelle Schengen
13:01et il y a également un autre mécano
13:03qui s'appelle le pacte à zélémigration.
13:05Et le problème, c'est que ces mécano,
13:06si vous avez une roue qui casse,
13:08eh bien c'est l'ensemble du mécano qui s'écroule.
13:10Aujourd'hui, une roue,
13:12une dent qui n'est pas la moindre,
13:14qui est la dent espagnole,
13:14elle s'est cassée et vous avez en effet
13:16tout un édifice qui tombe
13:18et les pays qui sont en train de se retrouver
13:20face à eux-mêmes justement,
13:22face notamment à une crise migratoire
13:24qui aujourd'hui, par la force des choses,
13:26n'est pas seulement une crise espagnole,
13:27mais européenne.
13:28On nous dit que cette crise,
13:29c'est un avertissement,
13:30c'est que le début, François Constantini.
13:33Est-ce que ça veut dire que cette arme,
13:35puisqu'il s'agit d'une arme diplomatique,
13:37peut être à nouveau utilisée contre l'Espagne,
13:39contre d'autres pays ?
13:40Pourquoi pas d'ailleurs ?
13:41Oui, souvenez-vous,
13:42vous savez qu'il n'y a pas solta,
13:43il y a Melilla également
13:44qui est une autre enclave
13:45qui a déjà été la cible des passeurs,
13:48des organisations criminelles de passeurs
13:52précédemment.
13:53Ce n'est pas la première fois,
13:55vous savez qu'on a déjà refoulé à cet état,
13:57on a mis des gangrillages,
13:59on a creusé un fossé,
14:01on a bâti une digue,
14:03on met des ballons,
14:04on met une espèce de digue flottante
14:08au large de ce tas,
14:09au plus de 100 mètres.
14:11Il est certain qu'aujourd'hui,
14:12c'est un point de passage,
14:14essentiel,
14:15et que si cette crise n'est pas jugulée,
14:17c'est-à-dire d'une part,
14:18par une politique ferme des Européens,
14:20notamment à l'égard de l'Espagne,
14:21je rappelle que contre l'avis de Bruxelles,
14:23l'Espagne a rapatrié sur son continent
14:27500 jeunes filles immigrantes illégales,
14:31mineures,
14:32reste à poser la question,
14:33alors qu'il faut quand même savoir
14:34que de l'autre côté de la frontière,
14:35à cet état,
14:35il y a des familles marocaines
14:37qui sont à la recherche quand même
14:39de leurs enfants mineurs.
14:41Donc que s'est-il passé ?
14:42Il y aurait-il eu des enlèvements ?
14:43Il y aurait-il eu des passages forcés ?
14:45On ne sait pas ce qui se peut passer là-dessus,
14:46personne n'en parle.
14:47C'est dramatique,
14:48il y a des familles marocaines
14:48qui sont le nom des Arrois,
14:49il faut penser à elles aussi.
14:51Elles veulent peut-être,
14:52elles,
14:52que ces enfants,
14:53ces mineurs,
14:54soient rapatriés sur le territoire marocain.
14:56Mais en tout cas,
14:56si rien n'est jugulée,
14:57c'est une politique à la fois
14:59de coopération,
15:00mais également de fermeté
15:01avec le Maroc,
15:02n'est pas mise en place.
15:04Justement,
15:04je pense que ça ne sera pas
15:06une crise.
15:06Une crise,
15:07vous savez,
15:07c'est par définition
15:08quelque chose de passager.
15:09Ce sera en quelque sorte
15:10une catastrophe continue.
15:12Restez avec nous,
15:13François Constantini.
15:13J'aimerais qu'on parle justement
15:14de la réaction de Bruxelles.
15:15François le rappelait.
15:17500 mineurs,
15:18jeunes filles mineures,
15:19vont être évacuées
15:20vers la péninsule ibérique,
15:22le continent espagnol,
15:22parce qu'elles sont en danger
15:23à Ceuta.
15:24Il y a eu 15 affaires
15:25d'agressions sexuelles au moins.
15:27Et Bruxelles dit non.
15:28Bruxelles dit non.
15:29Vous n'avez pas à ramener
15:30des migrants de Ceuta
15:31vers le continent espagnol.
15:33Donc,
15:34il va y avoir là aussi,
15:34on le dit,
15:35un bras de fer
15:36entre Pedro Sanchez
15:36et l'Union européenne.
15:38Oui,
15:38mais à l'aune
15:39de ce que dit
15:40François Constantini
15:41et de la recherche
15:44désespérée
15:45de ces familles
15:46qui tentent
15:47de retrouver leurs enfants,
15:49on peut s'interroger
15:50sur l'opportunité
15:51du gouvernement espagnol
15:53de finalement
15:54rapatrier
15:55sur le sol continental
15:57ces jeunes filles
16:00qui,
16:01pour les mettre,
16:01alors il est vrai,
16:02à l'abri
16:03de ces prédateurs
16:04qui aujourd'hui,
16:05pour beaucoup,
16:06ont agressé sexuellement
16:08ces jeunes filles.
16:10C'est très,
16:11j'avoue que c'est une question
16:13extrêmement compliquée
16:15parce que,
16:16autant il s'agit
16:17de se montrer
16:17d'une extrême sévérité
16:19et fermeté
16:19pour empêcher,
16:21endiguer
16:21la possibilité
16:23de nouveaux flux
16:24vers Ceuta
16:25et l'autre enclave
16:28de Mélila.
16:29Pour autant,
16:30s'agissant de mineurs
16:31et il est avéré,
16:32en tout cas pour ces jeunes filles,
16:33on parle de jeunes filles
16:34de 10 ans
16:34qui ont été agressées
16:36sexuellement,
16:37de les laisser
16:38dans l'enclave
16:39de Ceuta
16:39alors même
16:40que les conditions
16:41ne permettent pas
16:42de les accueillir
16:43humainement,
16:44j'avoue que
16:45je suis très partagé,
16:47peut-être que je fais preuve
16:48d'une immense faiblesse
16:49et que je tombe
16:50dans le jeu
16:52très probable
16:54des passeurs
16:55qui ont anticipé
16:55ce genre de dilemme
16:56que se posent
16:58les occidentaux.
16:58Mais l'urgence,
16:59vous avez raison,
16:59l'urgence c'est de les mettre
17:00en sécurité.
17:01Ça c'est le premier réflexe
17:02humain de tout le monde.
17:03La question c'est que
17:04à Ceuta,
17:06aujourd'hui,
17:07rien ne permet
17:07de garantir
17:08la sécurité
17:09de ces jeunes filles
17:10et de ces femmes
17:11qui,
17:12pour beaucoup,
17:13et tous les journalistes
17:15qui ont pu se rendre
17:17sur place à Ceuta
17:18et qui ont pu découvrir
17:20l'ampleur
17:22de ceux
17:23qui restent encore,
17:24alors qu'on nous a expliqué
17:25que l'immense majorité
17:27de ces clandestins
17:28étaient repartis
17:29et avaient été expulsés,
17:30restent encore
17:31un certain nombre
17:32de femmes
17:33au milieu de centaines
17:34et de milliers d'hommes
17:35et qui sont,
17:36pour beaucoup,
17:37en danger.
17:38Comment vous appréhendez
17:40cette situation,
17:41Sabrina Medjeber ?
17:41En fait,
17:42on est effectivement partagé,
17:43c'est-à-dire qu'il faut
17:43mettre en sécurité
17:44ces jeunes filles,
17:45donc ça nous paraît
17:46du bon sens,
17:46on ne peut pas les laisser
17:47face à ces difficultés,
17:49face à ces dangers
17:50et en même temps,
17:51c'est le départ,
17:52c'est le début
17:52du fait qu'on va amener
17:54un certain nombre
17:54de migrants
17:54sur le continent espagnol
17:56et ça,
17:57c'est vrai que Bruxelles
17:57s'en inquiète.
17:58Je partage la position
18:00de Raphaël,
18:01c'est-à-dire que je suis
18:01très dubitative
18:03pour deux raisons
18:04mais je pencherais plutôt
18:06pour l'aide
18:07et le secours
18:08de ces jeunes femmes.
18:09Je rappelle que
18:09les mêmes
18:10qui agitent en permanence
18:11le droit international
18:12comme bouclier idéologique
18:14devraient se rappeler
18:14qu'il y a une convention
18:15internationale
18:16qui protège les enfants,
18:17la CIDE,
18:18dont l'article 34
18:19précise notamment
18:20que les états signataires
18:22doivent protéger
18:23les jeunes filles
18:23contre les violences
18:24sexuelles
18:25et c'est ce qui se passe
18:27précisément
18:27dans le cas
18:28de Ceuta.
18:2915 jeunes filles
18:31ont été violées
18:33dont certaines
18:34ont à peine 10 ans.
18:35Certaines se sont réfugiées
18:37sous les camions
18:38de la Guardia Civil
18:40ou de la Police Nationale
18:41plus largement
18:42parce qu'elles étaient
18:43tétanisées.
18:44Elles étaient tétanisées
18:45pourquoi ?
18:45Parce que dans ces logiques
18:46de prédation,
18:47les jeunes filles
18:48échappent au clan familial
18:49et donc sont livrées
18:51malheureusement
18:52ou à elles-mêmes
18:53ou à ces clans
18:54qui,
18:55parce qu'une fois violées,
18:56vont évidemment
18:57les exploiter
18:58à travers des filières
19:00de trafic prostitutionnel
19:02et voire même
19:03de trafic humain
19:04plus largement.
19:05C'est une réalité crue
19:06mais c'est une réalité.
19:08Donc ces jeunes filles
19:09sont de la chair à canon
19:10malheureusement aujourd'hui.
19:11Elles vont être
19:13plongées dans un écosystème
19:15criminel.
19:17C'est évidemment
19:19le problème d'ailleurs
19:20que pose
19:21la condition des femmes
19:23à travers ces flux migratoires.
19:24Il y a eu plusieurs rapports,
19:25vous savez.
19:26Je l'avais déjà évoqué
19:27dont un de l'ONU
19:28qui date de l'année dernière
19:29qui précise que 90%
19:31quand même des femmes
19:33qui traversent
19:34certaines zones
19:34et notamment
19:35les zones méditerranéennes
19:37à travers ces flux migratoires
19:38et bien font le fruit
19:39ou sont l'objet
19:41de violences sexuelles.
19:43Donc il y a un vrai sujet
19:44sur la condition des femmes
19:46dans ce contexte-là
19:48de flux migratoires
19:49et je m'étonne beaucoup
19:51que la Commission européenne
19:52décide de refouler
19:54500 jeunes filles
19:55parce que violées
19:57au nom précisément
19:58de la lutte contre l'immigration.
19:59Après, en effet,
20:00il y a aussi
20:01ce que souligne Raphaël,
20:02c'est-à-dire
20:03l'ensemble.
20:05Est-ce qu'on doit prendre
20:06finalement singulièrement
20:07chaque cas
20:08et traiter singulièrement
20:10chaque cas
20:12de personnes
20:13qui subissent des violences
20:14ou alors
20:14est-ce qu'on a une lecture
20:16et une pratique globalisante
20:18sur ces flux migratoires ?
20:19C'est toute la question
20:20et ça passe évidemment
20:22par le fait
20:23d'être très vitilleux
20:24sur l'identification
20:25des personnes
20:26qui arrivent sur le territoire,
20:28les âges,
20:29les nationalités
20:30et dans le but
20:33de pouvoir,
20:34comme le signalait
20:35tout à l'heure François,
20:36les ramener à leurs familles
20:37qui visiblement aujourd'hui
20:38sont inquiètes
20:38de leur disparition.
20:39Bien sûr.
20:40Le mot de la fin avec vous,
20:41François Constantini,
20:42ça pose la question aussi
20:42du rôle de l'Union européenne,
20:44la Commission européenne.
20:45On a l'impression
20:45qu'elle est à côté du sujet
20:47depuis le départ en fait.
20:48C'est-à-dire qu'elle a dit
20:49que la crise était réglée,
20:50ce n'est pas le cas.
20:51Maintenant,
20:51elle s'oppose à une décision.
20:53On se dit,
20:53bon, il y a quand même là,
20:54peut-être,
20:55c'était plutôt pertinent.
20:56Enfin, voilà,
20:56qu'est-ce que vous en pensez ?
21:00Asile et migration,
21:01notamment les pouvoirs
21:02exorbitants de la Commission européenne,
21:03alors que vous savez
21:04que la question de migratoire,
21:05la question de l'asile,
21:06ce sont des questions régaliennes.
21:08Ce qui peut marcher en Europe,
21:09ça ne peut être déjà
21:09que de l'intergouvernemental,
21:11pas forcément,
21:12notamment du supranational.
21:14C'est-à-dire,
21:18comment sont européens,
21:19mais l'action sur le terrain,
21:20à part bien sur Frontex,
21:22mais l'action sur le terrain,
21:23elle est essentiellement faite
21:24quand même
21:24des forces de police,
21:26des polices aux frontières,
21:27des douanes,
21:28voire des militaires.
21:29Donc,
21:29ça ne peut être
21:30que l'intergouvernemental
21:31et c'est plutôt
21:32au gouvernement européen
21:33au sein du Conseil
21:34de se regrouper,
21:35de prendre des décisions.
21:36Le problème qu'il y a,
21:37c'est que souvent,
21:37ces décisions sont limitées
21:38et vous avez un certain nombre
21:39de pays qui bloquent,
21:40notamment comme l'Espagne,
21:41mais la France également.
21:42On n'oublie encore quand même
21:43qu'Emmanuel Macron,
21:45une question d'ailleurs
21:45pour le moins étonnante,
21:47refuse notamment
21:48d'appliquer
21:49le règlement en recours.
21:50C'est quand même
21:51une amélioration,
21:52y compris dans les conditions humaines,
21:54notamment de retour
21:55des migrants et de l'écho
21:56de l'endroit,
21:57si ce n'est chez eux,
21:57de l'endroit où ils sont partis.
21:58Vous avez raison de le rappeler,
21:59Emmanuel Macron s'est mis
22:00dans les pas de Pedro Sanchez
22:01dans cette affaire.
22:02Ayons ça en tête,
22:03ayons ça en tête.
22:04Merci beaucoup François Constantin
22:05d'avoir été en direct
22:06avec nous dans l'heure des pros.
22:07On va marquer une pause,
22:08on va parler de Mayotte.
22:09Mayotte, c'est intéressant.
22:10Estelle Youssoufa,
22:10la députée de Mayotte,
22:12dit Mayotte,
22:14c'est Ceuta et Melilla au carré.
22:16En fait,
22:16on a les mêmes difficultés,
22:17la même chose à Mayotte.
22:18Il se trouve que vous avez
22:20un candidat à l'élection présidentielle
22:21qui se rend à Mayotte,
22:22le ministre ira aussi,
22:23dont acte,
22:24on verra quelles seront les annonces.
22:26On en parle juste après la pause
22:27dans l'heure des pros,
22:27à tout de suite.

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