00:00Les élections approchent, l'immigration, c'est un sujet qui revient de manière assez opportune.
00:05Est-ce que vous croyez en sa sincérité sur ces propositions ?
00:09Est-ce que j'ai une tête de blaireau ?
00:14Je me permets de vous poser la question.
00:16Il faut être un cocu chronique pour croire aux promesses d'un homme
00:21qui, lorsqu'il était Premier ministre, n'a rien fait.
00:25Je rappelle quand même qu'Edouard Philippe, que je respecte bien sûr,
00:29n'est jamais allé à Mayotte, jamais.
00:32C'est un des rares Premier ministre à ne s'être point déplacé.
00:37Alors, je connais bien Mayotte, je trouve que je connais bien, je suis allé plusieurs fois,
00:42je suis même allé plaider à Mayotte dans un tribunal absolument insolide, incroyable.
00:46Il y a un seul juge, c'est un pays à l'abandon, c'est un univers particulier.
00:52Les habitants sont désespérés, désespérés.
00:56Et depuis des années et des années, ce n'est pas d'aujourd'hui,
00:59ça remonte sur 10, 15, 20 ans.
01:01On a abandonné le peuple maoréon, on l'a abandonné.
01:06Or, maintenant, parce que les élections arrivent,
01:09parce que le vent électoral souffle,
01:11on voit un Premier ministre qui, lorsqu'il était Premier ministre, n'a rien fait,
01:15s'est même opposé à des mesures,
01:17aller dire sur place qu'il va prendre des mesures radicales.
01:24Bon, personne, du reste, sur place, il y a des collectifs qui rappellent qu'il n'avait résolu aucun problème
01:30quand il était Premier ministre.
01:32Ça bouge sur place.
01:33Bon, alors, en ce qui concerne la suppression du droit du sol,
01:38moi, je suis partisan, de la supprimer d'une manière générale.
01:41Parce que, maintenant, c'est devenu une forme, une forme frauduleuse d'occupation du territoire.
01:49Donc, on n'a plus le choix, quoi, quand on voit ce qui se passe assez tard,
01:53quand on voit ce qui se passe un peu partout, si on remonte dans le temps.
01:56Rappelez-vous Erdogan, qui nous faisait du chantage.
01:59Rappelez-vous qu'il demandait du fric, sinon il lâchait les migrants.
02:02Bon, c'est devenu une arme géopolitique.
02:04Bon, donc, où on se défend, où on va subir, mais subir jusqu'où ?
02:08Moi, ce que je trouve extraordinaire, c'est que nous ayons des hommes politiques
02:12qui sont capables de s'imaginer que l'opinion politique oublie.
02:17Voilà, qu'on va oublier qu'Édouard Philippe a été Premier ministre et qu'il n'a rien fait.
02:21C'est ça qui est extraordinaire.
02:22C'est cet esprit, c'est obscène. Le mot qui a été employé est juste, c'est obscène.
02:28Alors, on pourrait vous rétorquer, Gilbert Collard, que tout le monde peut évoluer,
02:32tout le monde peut changer d'avis. Je me fais l'avocat du diable, bien sûr,
02:36mais que peut-être, à l'époque, il n'avait pas tous les outils,
02:38il n'était pas le président de la République et que si demain, il était à l'Élysée,
02:41il pourrait œuvrer de manière maximaliste sur ces questions.
02:46Je comprends tout à fait votre intervention, mais non seulement il avait tous les outils,
02:50mais on a toute la documentation qui démontre qu'il était parfaitement informé
02:55et qu'il savait très exactement ce qui se passait.
02:58Alors, s'il ne l'a pas fait, c'est peut-être parce qu'il réfléchissait.
03:02Voilà, il réfléchissait.
03:04Alors, maintenant qu'il n'est plus Premier ministre, il a le temps de mûrir sa réflexion.
03:09Mais quand il est Premier ministre, il réfléchissait.
03:12Voilà, voilà.
03:13Oui, si on veut être bienveillant, c'est ce qu'on va dire.
03:15Voilà, et je vous trouve un peu plus bienveillant, en effet, dans cette formule-là.
03:19On rappelle qu'à Mayotte, Gilbert Collard, Marine Le Pen, elle réalise des scores gigantesques.
03:23Elle est vraiment plébiscitée par...
03:2443% au premier tour de l'élection présidentielle de 2022.
03:29C'est ce qui leur fait peur.
03:30C'est ce qui leur fait peur.
03:31C'est ce qui leur fait peur.
03:32Mais ils se rendent compte tous, d'un coup, que le sujet de l'immigration va être fondamental.
03:38Parce que les gens n'en peuvent plus.
03:41Partout, chaque fois qu'on en discute, où qu'on aille, les gens ne comprennent pas qu'on n'ait
03:46pas pris des mesures,
03:47qu'on n'ait pas protégé nos frontières, qu'on n'ait pas protégé nos personnes.
03:52Ils ne comprennent plus.
03:53Donc, l'immigration va être la question qui va faire l'élection.
03:58Alors, maintenant, vous allez voir, ils vont tous être dans la surenchère.
04:02Alors, ceux qui étaient traités de fâcho hier, ils vont être des gentils aujourd'hui.
04:06C'est opportuniste, en fait.
04:08C'est-à-dire qu'à l'approche des élections, le sujet, tout d'un coup, ils s'en souviennent.
04:12Est-ce que, pour autant, ça veut dire qu'il y aura des actions concrètes
04:15lorsque le ou la prochaine présidente sera élue ?
04:18Mais non, non.
04:19En dehors du Rassemblement national, dans l'idée depuis toujours est la suppression du droit du sol,
04:27aucun des partis en lice ne le soutient.
04:31Du reste, Édouard Philippe se limite à Mayotte.
04:35Alors que, pour moi, il faudrait qu'il y ait une suppression du droit du sol
04:42avec des principes d'échange.
04:43Les pays qui ne le pratiquent pas, on fait pareil.
04:47Les pays qui le pratiquent, on fait pareil.
04:49Pour qu'il y ait une équivalence de traitement.
04:51C'est quand même incroyable que dans certains pays, on n'applique pas la règle
04:55et que nous, on s'est obligés de l'appliquer.
04:56Il n'y a aucune réciprocité, là.
04:59Là, encore une fois de plus, c'est comme avec la diplomatie à l'égard de l'Algérie.
05:04On prend des coups et on ne les rend pas.
05:05Oui, mais c'est très intéressant ce que nous dit.