Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 semaines
Envie de reprendre un peu d’info ? Ça tombe bien c’est le week-end et on peut encore plus prendre son temps. 120 minutes pour revenir sur les événements avec les acteurs de l'actualité.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00On va justement aller en Ukraine. Des images nous sont parvenues et des informations nous sont parvenues d'une frappe
00:05à nouveau en pleine journée sur le sol ukrainien.
00:09C'est une frappe, alors elle est à la fois symbolique, mais on va voir qu'elle est aussi très
00:12destructrice, symbolique.
00:15D'abord, Cyril Amoursky, vous êtes notre correspondant à Kiev. Merci d'être avec nous parce que cette frappe a
00:21visé la ville natale du président Zelensky.
00:24Oui, tout à fait. On a appris cela il y a quelques minutes. D'ailleurs, en ce moment, il y
00:28a toujours une alerte aérienne dans la ville.
00:30Il y a donc plusieurs drones qui ont attaqué, notamment un centre commercial de la ville de Kreverich, la ville
00:34natale du président Zelensky,
00:36qui se situe à peu près à 70-75 km du front. C'est une ville qui est régulièrement déjà
00:41attaquée par l'armée russe pour des raisons différentes,
00:44mais aussi parce qu'il y a une industrie très importante métallurgique sur place.
00:49Mais aujourd'hui, il n'y a absolument aucun doute sur ce qui a été ciblé. Il s'agit donc
00:53d'un centre commercial le plus important de la ville,
00:55qui s'appelle Galerie, qui a été attaqué par au moins deux drones en pleine journée, alors que des civils
01:00étaient dedans.
01:01Et donc, on a des images qui nous sont parvenues de chaînes Telegram, mais aussi de médias locaux,
01:05qui montrent très exactement ce moment et l'usage de drones à réaction, c'est-à-dire des drones qui
01:10sont extrêmement rapides.
01:12Et compte tenu de la petite distance entre le front, les rampes de lancement et surtout la géolocalisation de cette
01:18ville,
01:19l'armée ukrainienne n'a pas réussi à intercepter ces drones. On parle de deux morts, 52 blessés,
01:24et ce bilan pourrait malheureusement augmenter dans les minutes à venir.
01:27Et merci Cyril, on voit les images, évidemment, alors que vous nous parlez.
01:33Jour, nuit, désormais, les frappes de drones, les frappes de missiles en provenance de Russie, c'est non-stop ?
01:41Oui, c'est des frappes beaucoup plus écrasantes du côté ukrainien par les russes que l'inverse.
01:47Mais j'allais dire, et il faut le souligner quand même, parce que c'est très important,
01:52évidemment le talon d'Achille de l'Ukraine, c'est sa capacité de défense, c'est le ciel ukrainien, comme
01:58vous le dites,
01:59cette capacité à résister aux attaques russes.
02:02Mais il faut souligner que du côté russe aussi, c'est le talon d'Achille,
02:06c'est-à-dire qu'on a vu ces derniers jours et ces dernières semaines une montée en puissance de
02:11la capacité des Ukrainiens
02:12à frapper en profondeur le territoire.
02:16Plus tard qu'il y a quelques heures, 1600 kilomètres à l'intérieur du territoire russe pour toucher une raffinerie.
02:22Pour toucher une raffinerie.
02:23Et on ira en Russie dans un instant.
02:24Voilà, et donc ça montre aussi le talon d'Achille des Russes,
02:27c'est-à-dire que si les Russes abusent dans leur frappe contre l'Ukraine,
02:31évidemment les Ukrainiens vont aussi en riposte, en réciprocité,
02:36attaquer de plus en plus profondément le territoire russe et dont ils ne pourront pas se défendre.
02:42– Oui, Philomène et Ulrich…
02:46– Non, avant de rebondir sur les frappes en profondeur des Ukrainiens en Russie quand même,
02:50là, moi je voulais m'arrêter deux secondes sur cette frappe en plein jour en fait,
02:54parce qu'ils ont fait la même chose hier dans la capitale à Kiev,
02:57après une attaque de 8 heures qui a duré toute la nuit,
03:01et en fait là on est à un retour de cette…
03:03il n'y a pas vraiment eu de pause, mais on est monté en intensité dans les frappes
03:07et aussi dans ce régime de la terreur face à la population,
03:10une population qui a de plus en plus peur,
03:13parce qu'elle a bien compris qu'il y avait ce talon d'Achille dans la défense aérienne ukrainienne,
03:17et quand même, dans la nuit de mercredi à jeudi, je voudrais rappeler ça,
03:20il y a 40 000 personnes qui sont redescendues dans le métro pour se protéger,
03:24dont 2 000 enfants, et en fait un tel nombre de personnes,
03:27on n'avait pas vu ça depuis longtemps quand même,
03:29parce qu'au bout de 4 ans et demi, les gens se lassent un petit peu de la guerre,
03:32et se disent « bon, on ne va pas redescendre à chaque alerte »,
03:34ça, ça dit quelque chose quand même dans le baromètre de la crainte
03:37de ce régime de la terreur que la Russie est en train de faire en ce moment en Ukraine.
03:42Je viens vers vous, Ulrich, mais on va retrouver, puisque vous évoquez la terreur,
03:46que vivent à nouveau, presque comme au premier jour de la guerre,
03:50Cyril Amorsky, les habitants de Kiev que vous côtoyez,
03:53mais plus globalement, les Ukrainiens.
03:57Absolument, c'est tout à fait juste à la poédie, la vie.
03:59D'ailleurs, aujourd'hui, c'est un jour de deuil dans la région de Kiev et à Kiev même.
04:03L'ambassade française par Solidarité a également abaissé le drapeau français.
04:07On parle quand même de 16 personnes qui ont été tuées dans la nuit entre le 19 et le 20
04:11août.
04:11En plus de cela, ça a été mentionné également en plateau,
04:14il y a une autre personne qui a été tuée en pleine journée par un drone.
04:17Comme le disait Philomène, c'est quelque chose qui a lieu de plus en plus régulièrement en journée.
04:21C'est-à-dire qu'en Ukraine, on est habitué à avoir des attaques en pleine nuit,
04:25souvent après le couvre-feu, c'est-à-dire après minuit.
04:27Mais depuis quelques jours, on voit qu'il y a non seulement une intensification des frappes
04:31contre les commerces, contre le secteur privé, avec un usage accru de missiles balistiques,
04:35on voit aussi que désormais, la Russie souhaite perturber la vie quotidienne des Ukrainiens,
04:39que ce soit tout simplement en forçant les Ukrainiens à déclarer une alerte aérienne.
04:46Et donc cela perturbe fortement le fonctionnement des commerces.
04:50Les stations d'essence sont fermées, les centres commerciaux normalement sont fermés eux aussi,
04:53d'autres commerces sont fermés.
04:54Et en plus de cela, vous voyez ces images à Cléverir.
04:57Là, une fois de plus, il n'y a aucun doute, c'est un crime de guerre net, clair,
05:01qui a été filmé tout simplement par des civils qui étaient quelque part dans le secteur.
05:06Et des dizaines et des dizaines de civils étaient dans ce centre commercial.
05:10Raison pour laquelle, une fois de plus, à ce stade, nous avons un bilan
05:12de deux personnes tuées et de 52 blessées.
05:15Mais ce bilan pourrait augmenter malheureusement dans les minutes à venir.
05:20Pour m'inscrire dans ce qui vient d'être dit, en fait, cette frappe sur le centre commercial
05:24à Cléverir, elle est vraiment caractéristique d'une escalade de la Russie.
05:27Je sais qu'on parle souvent des frappes de drones, etc.
05:30Mais là, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que jusqu'à très récemment,
05:32les frappes de drones, sauf dans la zone très proche de la ligne de front,
05:35c'était essentiellement la nuit.
05:37Pareil pour les missiles.
05:37Donc en fait, on voit que la Russie escalade un peu sous azimut.
05:40Il y a plus de missiles balistiques.
05:41Il y a plus de missiles de croisière.
05:43Les drones ont changé.
05:44Ils sont plus performants qu'avant.
05:46Et surtout maintenant, on a des frappes en plein jour sur des cibles civiles,
05:49complètement civiles, des centres commerciaux, etc.
05:51Il y a une volonté de détruire l'économie ukrainienne.
05:53Il y a une volonté aussi d'empêcher en quelque sorte la vie quotidienne
05:55de se poursuivre au moins en journée en Ukraine.
05:58Et on parlait effectivement des frappes miroirs de l'Ukraine.
06:00Les frappes miroirs de l'Ukraine ne sont pas exactement de la même façon.
06:02On essaye de perturber la vie économique de la Russie en visant des centres industriels.
06:06Il n'y a pas de frappe délibérée sur les civils.
06:08Là, en fait, on est vraiment très clairement du côté russe sur une volonté de montrer
06:11qu'en quelque sorte, on peut aller encore plus loin dans l'escalade
06:14pour frapper tout le temps les principales villes ukrainiennes
06:17et du coup, forcer en quelque sorte les gens à avoir une vie impossible.
06:20Puisque vous parlez de cette force de frappe,
06:22on va voir la photo de ce nouveau missile nord-coréen.
06:25Les renseignements ukrainiens considèrent que ça y est.
06:29Il est certain d'entre eux, en tout cas, sont en possession des Russes.
06:33Alors, on dit que c'est un KN-30 ou un Wasong-11C
06:38qui a une capacité bien plus importante
06:41que les autres missiles nord-coréens utilisés par la Russie, Ulrich ?
06:45Alors, surtout, ce qui est intéressant, c'est que c'est un missile
06:47qui, à la base, est un KN-23 amélioré.
06:50Et ce qui est assez intéressant, c'est que le KN-23 a une petite dizaine d'années.
06:54Celui-ci a commencé à être développé en 2021-2022.
06:57Donc, c'est vraiment une arme extrêmement nouvelle.
06:59Et finalement, l'Ukraine, en fait, sert de test, de bande-test pour ce missile Wasong-11C.
07:04Donc, finalement, ce que ça démontre aussi, c'est que c'est tout l'intérêt,
07:07en quelque sorte, de gagnant-gagnant entre Pyongyang et Moscou.
07:10C'est-à-dire que Moscou récupère plus de missiles balistiques
07:12et donc, effectivement, peut frapper plus durement l'Ukraine.
07:14Et d'un autre côté, l'arsenal nord-coréen, lui, se modernise,
07:17marche à grande vitesse, en tous les cas.
07:19Et donc, du coup, effectivement, en fait, il faut mettre ça aussi en reliance par rapport.
07:22– Mais simplement, ce missile, c'est l'adaptation, en fait, améliorée d'un missile soviétique.
07:29– Alors, c'est à la base, c'est l'Iskander qui est devenu KN-23,
07:33qui lui-même est devenu KN-30.
07:35Mais en tous les cas, oui, donc, effectivement, on voit qu'il y a une amélioration continue
07:39de l'arsenal russe, mais aussi nord-coréen, du coup, par percolation.
07:43Et en fait, ça ne peut que 4 millions en relief de la posture de Donald Trump vis-à-vis
07:47de Kim Jong-un.
07:48Lorsqu'il offre, en quelque sorte, un rameau d'Olivier à Kim Jong-un,
07:51il faut bien comprendre que, de son côté, Kim Jong-un modernise son arsenal balistique,
07:55modernise son arsenal tout court, avec aussi des soldats qui reviennent formés du terrain ukrainien.
07:59Et donc, en fait, tout ça, mis bout à bout, rend encore plus ubuès que la position de Donald Trump.
08:03– Des soldats qui reviennent formés et des soldats nord-coréens,
08:06là, qui continuent à entrer sur le sol russe pour se battre aux côtés des troupes de Vladimir Poutine.
08:14Il y en aurait un nouveau contingent qui pourrait être déployé d'ici novembre
08:17entre 30 et 50 000 hommes venus de Corée du Nord.
08:23C'est l'illustration concrète, en fait, de ce partenariat d'accord stratégique
08:27qui a été signé entre la Russie et la Corée du Nord en 2024.
08:30C'est ce qui fait dire au président ukrainien, et ça fait écho à ce que vous disiez,
08:33Donald Trump veut absolument le rencontrer.
08:35Aujourd'hui, Volodymyr Zelensky dit, mais en fait, la Corée du Nord aussi nous fait la guerre.
08:39– Vous savez, le sentiment souvent chez les Ukrainiens, que bien sûr, je suis toujours en contact,
08:45ils disent, seulement si l'Ukraine pouvait avoir les partenaires aussi fiables que la Russie,
08:50comme la Corée du Nord pour la Russie, si nous, on avait aussi les partenaires aussi forts et aussi fiables.
08:55Malheureusement, cette impunité, c'est quand même frappant aujourd'hui.
09:00Dans notre XXIe siècle, où la guerre se déroule sur le sol européen,
09:04il y a un pays qui est ouvertement hostile à notre monde démocratique, à notre monde civilisé,
09:11qui participe pour faire des essais, pour détruire les Ukrainiens.
09:15Les Nord-Coréens, je pense, c'est pas, peut-être, ils améliorent leur propre armée, c'est ça qui compte.
09:23Et avec tout ça, il n'y a pas de réponse occidentale.
09:26C'est l'impunité qui joue aujourd'hui.
09:28L'Occident doit absolument prendre un peu son courage en main, peut-être réfléchir,
09:34peut-être trouver les meilleurs experts, conseiller à tous les décideurs qui n'arrivent pas à prendre les bonnes décisions.
09:40Parce qu'aujourd'hui, nous nous retrouvons dans une situation absolument inacceptable.
09:44L'Occident est en train de signer son arrêt de mort.
09:47Parce que de tous les côtés, il y a les menaces.
09:48Nous avons un leader, soi-disant, du monde démocratique, Donald Trump,
09:53qui arrête même le développement de cette force de système sans pilote au sein de l'armée américaine.
10:02Donc c'est quelque chose qui aurait pu montrer éventuellement l'ouverture pour la future armée qui peut résister à
10:11l'armée russe.
10:12Mais non, il y a une sorte de recul invraisemblable.
10:15Et j'ai l'impression que rien ne bouge.
10:17On constate, on s'indigne et finalement, c'est les Ukrainiens qui meurent tous les jours dans les frappes,
10:23dans les doubles frappes et dans les frappes tout simplement de missiles balistiques
10:28contre lesquelles il n'y a absolument aucune défense.
10:30Je me tourne vers vous dans un instant, Sébastien Regnaud.
10:33Mais à nouveau, on va retrouver notre correspondant en Ukraine parce qu'ensuite, il faut vous libérer, Cyril,
10:38et que je ne veux pas vous faire attendre.
10:40Cyril, pour parler avec vous d'une nouvelle menace.
10:43Alors là, c'est une menace d'un autre genre, une menace qui pourrait venir de biolaboratoires sur lesquels travaillerait
10:49la Russie.
10:51Alors vous savez, on a souvent entendu parler de ces fameux biolaboratoires en Ukraine avec une coopération américaine.
10:58Ça n'a jamais vraiment donné quoi que ce soit en termes de résultats et en termes d'enquête tout
11:01simplement,
11:01parce qu'il s'agissait d'une coopération médicale plus qu'autre chose.
11:04Mais là, ce qui nous est donné comme information par le renseignement militaire ukrainien,
11:08c'est que la Russie, depuis quelques mois, enfin à fortiori depuis quelques mois,
11:12et en tout cas depuis un certain temps, possède un complexe militaire secret de biolaboratoires sur l'île Lycée,
11:20qui se situe dans la région de Tver.
11:22Et effectivement, l'un des buts de ces centres, c'est de tester des pathologies différentes,
11:27de tester des virus différents.
11:29Pour l'instant, on ne sait pas exactement à quoi cela pourrait servir.
11:32Le renseignement militaire ukrainien ne dit pas que la Russie va forcément s'en servir
11:37pour pouvoir déployer un virus ou une maladie en Ukraine.
11:40Mais ce qu'ils indiquent, c'est que c'était un projet qui a été ordonné par le président Vladimir
11:45Poutine lui-même.
11:46Et ils disent d'ailleurs qu'il y a peut-être une corrélation avec un virus
11:49qui avait touché des centaines de milliers de vaches, de bétail, il y a quelques mois en Russie.
11:55Effectivement, il y avait un événement assez important en Russie
11:57qui avait fait beaucoup réagir la population à l'époque,
11:59puisque tout ce bétail-là ensuite a été tué par le gouvernement.
12:03Et donc, le renseignement militaire ukrainien dit que peut-être il y a eu une fuite à ce moment-là
12:09de ce centre de pathologie, ou en tout cas peut-être qu'il y a eu un test de ce
12:13virus
12:13sur tout un type de bétail pour voir si ça fonctionnait ou pas.
12:17Et évidemment, le risque premier, tout simplement, c'est de voir une fuite d'une pathologie,
12:23d'un virus depuis ce laboratoire.
12:24Pour l'instant, nous n'avons absolument aucune autre information.
12:27Ce qu'on sait, dernière chose, c'est que c'est un centre qui est tout à fait protégé par
12:32l'armée russe
12:32et qu'il a développé ses activités véritablement au cours des dernières semaines, des derniers mois.
12:37Merci beaucoup Cyril pour ces différentes interventions ce soir sur l'antenne de BFM TV.
12:43Balistique, bactériologique, drone, ça va dans le sens de ce que vous disiez,
12:47c'est une espèce de course folle à tous les types d'armement.
12:52Oui, tous les types d'armement, ça va tous azimuts et c'est en développement
12:56parce que c'est le moment où les pays sont en guerre qu'ils peuvent tester les arsenaux dont ils
13:02disposent.
13:03C'est là où d'ailleurs on voit, d'ailleurs l'armée ukrainienne a fait d'énormes progrès à l
13:08'occasion de cette guerre.
13:10La guerre, c'est vraiment, vous savez, les pays en paix ont des armes qu'ils n'utilisent pas
13:15et sur lesquelles ils n'ont pas beaucoup de recul parce qu'ils n'en font pas assez des essais
13:21pour pouvoir vraiment évaluer leur performance et leur fragilité.
13:26Au moment d'une guerre, c'est le moment où tout est testé, tout est organisé
13:30pour faire de l'apprentissage organisationnel, de l'apprentissage industriel
13:35pour rendre les armes encore plus performantes.
13:39Mais je reviens sur ce que disait ma voisine, c'est-à-dire que le maillon faible au sein de
13:46l'OTAN,
13:46c'est Donald Trump, c'est les Etats-Unis en ce moment, c'est-à-dire leur crédibilité,
13:51leur fiabilité et leur volonté d'aider l'Ukraine et l'OTAN à se défendre contre la position russe.
14:01Et comme c'est le pays le plus puissant de l'OTAN, ça pose un énorme problème.
14:05Mais vous savez que lundi, il y a une réunion des volontaires, d'une coalition des volontaires pour l'Ukraine
14:11qui est co-présidée par la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne.
14:16Les Européens font ce qu'ils peuvent pour essayer d'aider l'Ukraine,
14:21mais les Européens sont à portée de tir des Russes.
14:25Et tout le problème est le passage du soutien dans la logistique, etc.
14:31Et puis ce qui peut être vu par les Russes comme une belligérance.
14:33Parce que quand on rentre dans une belligérance, là, le schéma change complètement vis-à-vis de la Russie.
14:40Guillaume Ancel, vous êtes également avec nous ce soir.
14:43Bonsoir, on a beaucoup parlé de cet arsenal militaire russe qui se renforce.
14:49On parle de cette brèche que la Russie essaie de creuser, de ce coin que la Russie essaie de planter,
14:54de plus en plus profond entre les membres de l'OTAN,
14:58ou en tout cas avec des provocations qui se répètent, elles aussi, pas tous les jours, mais presque.
15:05Oui, on est dans une situation qui est très complexe, que je qualifierais de dangereuse.
15:11C'est qu'il y a une escalade actuellement forte entre l'Ukraine,
15:16parce que l'Ukraine s'est ripostée,
15:18et la Russie qui n'arrive pas à imposer sa volonté après quatre ans et demi de guerre,
15:23c'est le cinquième été de guerre.
15:24Mais le problème, c'est que dans la nouvelle stratégie ukrainienne,
15:28qui consiste à riposter coup par coup contre la Russie jusqu'à 1600 kilomètres,
15:35et en se concentrant sur Moscou,
15:37évidemment, ils mettent le président Poutine en grande difficulté.
15:43Leur objectif, c'est que Poutine accepte enfin d'ouvrir une négociation,
15:47parce que je rappelle que c'est Poutine qui refuse d'ouvrir une négociation
15:50sur la fin de la guerre qu'il a lui-même déclenchée.
15:53Mais en attendant d'être obligé d'aller sur une négociation,
15:57il se venge sur l'Ukraine,
15:59et il se venge sur les pays européens,
16:03dont il estime que c'est leur soutien à la résistance ukrainienne
16:06qui le met en difficulté.
16:07Je rappelle que Poutine, aujourd'hui, n'avance pas sur le front,
16:10et qu'il reçoit des coups tous les jours jusqu'à Moscou.
16:14Par conséquent, il est dans une impasse,
16:16une impasse militaire et une impasse politique,
16:18qui peut lui coûter très très cher.
16:21Et donc c'est pour ça qu'on attend avec inquiétude ses réactions,
16:25parce que comme l'a expliqué Sébastien,
16:28bien sûr qu'il s'en prend aux Ukrainiens,
16:29ça il n'a jamais cessé de le faire en quatre ans et demi,
16:31mais il commence à s'en prendre directement aux pays européens,
16:36en tout cas ceux qui sont le plus emblématiques,
16:38pour les mettre au pied du mur et leur dire
16:40maintenant qu'est-ce que vous faites contre moi ?
16:42Vous êtes qu'au belligérant ou vous vous repliez timidement
16:46parce qu'en fait vous avez peur de vous affronter à la Russie de Poutine.
16:51Vous évoquiez aussi ces frappes en profondeur,
16:54on l'a dit, une raffinerie visée aujourd'hui,
16:561600 kilomètres à l'intérieur du territoire russe,
17:00c'est aussi pour les Ukrainiens une façon de se dire
17:03est-ce qu'à force de frapper ce type d'infrastructure,
17:06qui, ces frappes ont une incidence sur la vie quotidienne des Russes,
17:10c'est aussi une façon d'essayer de contraindre Vladimir Poutine
17:13à rejoindre une éventuelle table des négociations
17:16et on va prendre la direction de Moscou,
17:18où l'on vous retrouve, j'en dis des Revoins,
17:19bonsoir, vous êtes notre correspondant.
17:22Ces frappes ukrainiennes, elles font du mal à l'économie russe,
17:25est-ce qu'au quotidien cela se sent,
17:29on a vu des files d'attente devant les raffineries,
17:31mais est-ce que cela se sent plus profondément
17:33et est-ce que cela se voit ?
17:35Eh bien oui, si vous avez vu les files de voitures
17:37devant les stations service à Moscou,
17:39ça veut dire que c'est visible
17:41et Moscou étant privilégiée par rapport au reste du pays,
17:43ça veut dire que la situation région doit être encore pire.
17:47Ce qu'on peut dire, c'est qu'effectivement,
17:48ces frappes ukrainiennes perturbent surtout
17:51l'approvisionnement logistique,
17:52alors on parle de perturbation d'approvisionnement de carburant
17:54dans tout le pays,
17:57en temps de guerre c'est particulier,
18:00ça pose des problèmes dans la mesure où il faut ravitailler
18:03les forces armées avant le reste de la population,
18:05ce qui peut expliquer les pénuries,
18:07et Vladimir Poutine le reconnaissait lui-même,
18:09il y a effectivement des perturbations dans l'approvisionnement
18:12en carburant du pays,
18:13et puis si on a des problèmes de carburant,
18:15tous les transports sont également renchéris,
18:18ce qui veut dire que le prix des biens qu'on achète partout
18:20augmente parce que leur coût de transport est plus important,
18:23il y a donc une inflation qui progresse,
18:26des difficultés d'approvisionnement,
18:27on voit aussi que le fait d'avoir frappé des sites logistiques,
18:32du géant du commerce en ligne russe,
18:34Wildberries,
18:35perturbe les chaînes d'approvisionnement,
18:37provoque des problèmes pour les particuliers
18:39qui utilisaient cette plateforme pour vendre des produits,
18:43et donc effectivement la situation économique se complique,
18:45Vladimir Poutine le reconnaît,
18:47mais on ne peut pas dire que l'économie russe
18:49est à deux doigts de s'effondrer,
18:51dans la mesure où l'essentiel de ce qui fait l'économie de guerre,
18:55qui permet à la machine productive militaire de fonctionner,
18:58fonctionne, on le voit avec l'arrivée sur le front de ces nouveaux drones.
19:01Merci beaucoup Jean-Didier, en direct de Moscou,
19:04Ulrich.
19:04Juste pour ajouter une chose,
19:06c'est ça, c'est-à-dire qu'il y a un impact économique réel,
19:09que ce soit directement avec ces files d'attente,
19:12on estime qu'il y a à peu près maintenant un quart des stations,
19:14uniquement un quart des stations essence en Russie
19:16qui sont correctement approvisionnées,
19:18on est passé de 40% à un quart en une dizaine de jours,
19:22il va y avoir cet impact qui va aller en augmentant,
19:24puisque ça va être la période des moissons et des semis bientôt,
19:27et il y a énormément de consommation de gazole,
19:28il y a un pic de consommation de gazole en Russie à ce moment-là,
19:31mais en revanche ça ne fait pas bouger d'un yotard Vladimir Poutine,
19:33c'est ça en fait,
19:34on va dire la limite de cette campagne de frappe massive des ukrainiens,
19:38c'est que pour l'instant,
19:39et d'ailleurs Vladimir Poutine l'a dit je crois pas plus tard qu'il y a 48 heures,
19:41c'est oui il y a des difficultés en Russie,
19:43mais ça ne change rien,
19:44le cap reste le même,
19:45et s'il y a des difficultés économiques,
19:48une fois qu'il en soit ainsi,
19:49mais je ne dévie pas de mon cas,
19:50et je récupérerai le Donbass quoi qu'il arrive.
19:52Alors vous luiz tous le doigt, Philomène Rémy.
19:54Oui, non, en revanche,
19:55en venant frapper la Russie sur ses raffineries,
19:58il réussit quand même quelque chose,
20:00déjà il y a une sorte quand même d'humiliation,
20:02parce que la Russie,
20:03troisième producteur mondial de pétrole qui doit importer de l'essence,
20:06il y a eu 68 000 tonnes d'essence qui sont arrivées d'Inde,
20:09il y a déjà un aspect psychologique,
20:11et puis il y a quelque chose d'autre en fait,
20:12il y a des files d'attente devant les stations-service,
20:15le Amazon russe Wildberries qui est frappé,
20:19en fait il vient aussi faire rentrer cette guerre dans le quotidien des Russes,
20:23ce qui n'était vraiment pas le cas avant,
20:25et ça c'est un vrai changement,
20:26parce que cet aspect psychologique pour Zelensky,
20:29c'est très important,
20:30il vient dire à Vladimir Poutine,
20:31c'est ma population qui subit la guerre depuis 4 ans et demi,
20:34et bien maintenant cette guerre,
20:35elle va arriver dans votre quotidien,
20:37et dans votre portefeuille.
20:38– Oui, et dans votre portefeuille,
20:40et dans votre portefeuille de la banque au portefeuille,
20:43parce qu'on a aussi pas mal d'informations,
20:45disons que les Russes retirent massivement leur liquidité des banques,
20:50ne faisant plus vraiment confiance ni au système bancaire,
20:53ni à l'administration russe,
20:55qui peut-être pourraient piocher dans leur épargne pour financer l'effort de guerre.
20:59– Et bien voilà, c'est qu'en fait il y a tout un repli,
21:01quand il y a une économie de guerre, si vous voulez,
21:03c'est l'instinct de survie qui prend le dessus,
21:06sur, j'allais dire, la société de consommation,
21:09et donc ça impacte terriblement l'économie russe.
21:13Mais si on prend un peu de recul, si vous voulez,
21:15bon, Poutine n'est pas éternel,
21:18dans quel état il va laisser la Russie dans quelques années,
21:21si un jour il y a un changement de pouvoir ?
21:24C'est toujours, si vous voulez, le jusqu'au-boutisme russe,
21:27qu'on connaît depuis déjà plus d'un siècle,
21:30de grandeur et de décadence,
21:32c'est-à-dire que cette tendance toujours à aller jusqu'au bout
21:35d'un processus qui montre une forme de puissance,
21:39et puis après, c'est des colosses au pied d'argile,
21:42des sociétés qui s'effondrent.
21:44C'est-à-dire que la Russie, avec cette économie de guerre,
21:48a évidemment énormément d'armes,
21:50a évidemment de l'essence et du pétrole,
21:52mais pour le reste, les infrastructures,
21:54tout ce qui fait les infrastructures civiles, organisationnelles,
21:58d'une société normale, etc., sont vraiment à bout de course,
22:03et c'est un pays relativement pauvre.
22:05Je rappelle que la Russie a un PIB qui est inférieur à celui de l'Espagne.
22:10Donc vous vous rendez compte dans quel pays,
22:13dans quel état il va laisser le pays à la fin de ce conflit.
22:17C'est vraiment toujours,
22:19dès Staline jusqu'au Tsar,
22:21jusqu'à aujourd'hui avec Poutine,
22:22c'est toujours cette tendance très cyclique des Russes
22:25d'être entre grandeur et complet des cadences.
22:29Il nous reste quelques minutes,
22:30et je voudrais profiter de votre présence,
22:32Guillaume Ancel, pour vous poser une question.
22:34Je vais regarder votre réaction sur le plateau,
22:36si je vous dis le plan MNMS.
22:38Je ne sais pas si ça vous dit quelque chose,
22:40mais Guillaume, vous allez pouvoir nous éclairer.
22:42Alors c'est un projet qui a été abandonné,
22:44mais c'est quand même un projet,
22:46ça mérite quand même d'être expliqué,
22:48parce que les Ukrainiens avaient une idée un peu folle,
22:521000 drones par nuit sur Moscou.
22:55Oui, en fait, les Ukrainiens visent la saturation
22:59des défenses antiaériennes russes,
23:02et ils se sont fixés comme plafond 1000 drones.
23:06Mais pour eux, comment dire,
23:08s'ils se concentrent uniquement sur Moscou,
23:11ils arrivent aujourd'hui à produire à peu près
23:13un millier de drones de longue portée par jour.
23:16Mais en fait, ils savent très bien
23:17que s'ils ne tapent que sur Moscou,
23:19c'est là où il y a le plus de défenses antiaériennes,
23:21ils ont peut-être une centaine de drones
23:23qui ne vont toucher pas plus.
23:24Donc en fait, il faut un équilibre
23:26qu'ils calculent par intelligence artificielle
23:29pour savoir quel est l'optimum en termes de frappe.
23:32Et en gros, aujourd'hui,
23:33ils consacrent presque la moitié de leurs engins
23:37à aller frapper des cibles à haute valeur ajoutée,
23:40des infrastructures pétrolières,
23:41les Whiteberries et quoi d'autre,
23:43et pour aller frapper Moscou.
23:46Donc Moscou, c'est un impact politique qui est évident.
23:48L'impact économique,
23:50que décrivait Sébastien à l'instant,
23:52il est évidemment, quand on va frapper jusqu'à Kerm,
23:56à Perm, pardon,
23:58vous vous rendez compte,
23:58à 1600 kilomètres de la frontière ukrainienne.
24:03Et juste avant de terminer, pour qu'on comprenne bien,
24:06vous avez l'explication,
24:07vous savez pourquoi, Philomène,
24:09ce plan s'appelle le plan M&M's.
24:11M&M's, comme les petits bonbons en fait,
24:13et parce qu'il voulait du coup envoyer
24:15effectivement 1000 drones sur la capitale,
24:18sur Moscou,
24:19des petits drones bon marché,
24:21comme des petits M&M's,
24:22mais avec un objectif bien simple,
24:24arrêter le trafic aérien,
24:26comme il l'avait déjà fait d'ailleurs
24:27à plusieurs reprises en juin et juillet de l'année dernière.
24:31Merci beaucoup, merci à tous les quatre
24:32d'avoir été avec nous en cette fin d'après-midi
24:35sur BFM TV.

Recommandations