- il y a 2 jours
Au moins 18 personnes ont été tuées et plus de 120 blessées vendredi dans des frappes russes en Ukraine, dont une attaque de drones en pleine journée sur un centre commercial de Kryvyï Rig, que le président Volodymyr Zelensky a qualifiée d'"ignoble".
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00:00Il est 20h, bienvenue à tous sur BFM TV. Si vous nous rejoignez à l'instant, c'est la nouvelle
00:04cartouche de Kiev dans cette guerre sans fin contre la Russie.
00:08Un essaim de drones pour paralyser Moscou. On va tout vous expliquer. Dans quelques instants, c'est un plan qui
00:13était censé rester secret et qui est révélé par la presse américaine.
00:17Mais d'abord, l'actualité du jour, toujours dans ce conflit entre la Russie et l'Ukraine, c'est cette
00:21frappe russe aujourd'hui à Kriviri.
00:24On vous retrouve en direct de Kiev. Cyril Amourski, si on parle de cette frappe, c'est que le bilan
00:29monte d'heure en heure. Il est absolument terrible.
00:32On en est à 14 morts désormais et des blessés par centaines.
00:36Absolument. Au moins 14 morts, 103 blessés. Comme vous l'avez dit, le bilan ne cesse d'augmenter.
00:41C'est une attaque très importante qui a eu lieu contre un centre commercial, le plus grand centre commercial de
00:46cette ville.
00:46Rappelons que Kriviri est également la ville natale du président ukrainien. Elle se situe à peu près à 75 km
00:52du front.
00:52Elle est régulièrement ciblée par l'armée russe, mais aujourd'hui, elle a été surtout ciblée en journée, au moment
00:58où des centaines de civils étaient dans ce centre commercial.
01:01Il y a eu une première attaque et une demi-heure plus tard, une deuxième attaque.
01:05C'est une stratégie qu'on appelle une stratégie de double frappe qui est souvent pratiquée par la Russie et
01:11qui consiste tout simplement à faire le plus de victimes,
01:14mais surtout pour éliminer ou en tout cas blesser les sauveteurs, les pompiers qui viennent sur place.
01:20Raison pour laquelle ce bilan est si important et grâce aux vidéos qu'on a pu observer et qui ont
01:25été publiées par les médias locaux à Kriviri,
01:27on sait que c'était une attaque délibérée avec deux drones qui ciblaient très concrètement ce centre commercial.
01:33Il y a également eu d'autres attaques au cours de ces dernières heures en Ukraine.
01:37Et là, à l'instant, on vient d'apprendre qu'un bus a été attaqué par un drone kamikaze dans
01:41la ville de Zaporizhia.
01:42Le gouverneur de la région annonce qu'au moins trois personnes sont dans un état critique.
01:46Merci Cyril, vous restez avec nous à La Poédie. Bonsoir, vous êtes franco-ukrainienne, consultante en développement international,
01:52des civils frappés dans un centre commercial, 14 morts, la ville natale de Zelensky. Le message est très clair.
01:58Chaque fois, le message est très clair. Poutine va aller jusqu'au bout. Poutine va aller en augmentant la terreur.
02:05Et aujourd'hui, c'est la seule stratégie qu'il a parce que sur le front, nous voyons rien ne
02:09bouge.
02:09Le front est figé. Les Russes n'ont pas les moyens pour avancer sur le front. Et Poutine, il veut
02:14poursuivre son objectif.
02:16C'est le message qu'il passe toujours à sa population. On va arriver. Nous sommes forts. Nous allons atteindre
02:22tous nos objectifs.
02:23Il dit toujours que tout se déroule selon un plan. Donc, dans son plan, il y a la terreur de
02:29la population civile.
02:30Il y a 11 enfants qui ont été blessés dans ce centre commercial aujourd'hui.
02:34Et moi, je pense aussi à ma famille parce que j'ai une famille qui est sur place.
02:36– Dans cette ville ? – À Kreverich, oui. Et ils étaient hier dans ce centre commercial.
02:42Aujourd'hui, j'ai parlé avec eux tout de suite après la frappe.
02:46Et c'est vrai que la femme de neveu de ma maman, qui a pleuré, qui m'a dit
02:52« Mais on était hier là-bas avec les enfants. »
02:55Donc, vous pouvez imaginer l'horreur que vivent les gens tous les jours.
02:58L'objectif, c'est quoi ? C'est bien sûr de plier la population pour que, comme Poutine s'imagine,
03:03que les Ukrainiens commencent à exiger de Président Zelensky, stop, arrêtons tout,
03:09rendons-nous peu importe quoi qu'il arrive, mais on veut la paix.
03:12Mais ça n'arrivera pas parce qu'avec chaque frappe, les Ukrainiens ont encore plus de haine
03:16et encore plus d'envie d'arriver au bout de cet État terroriste et mafieux qui est la Russie.
03:21Je salue Nicolas Tenzer, enseignant en géostratégie à Sciences Po.
03:25Soyez le bienvenu.
03:27Ronald Atto, professeur de Relation Internationale à Sciences Po.
03:30Bienvenue également à Ulrich Buna, analyste géopolitique.
03:33Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, vient de réagir il y a quelques instants.
03:37Écoutez ces mots.
03:40Chers Ukrainiens, chères Ukrainiennes, une opération de secours est actuellement en cours à Kriviri,
03:45après une frappe contre un centre commercial.
03:47Toutes les forces nécessaires sont mobilisées.
03:49Malheureusement, de nombreuses personnes ont été blessées.
03:52Plusieurs drones russes ont frappé de manière délibérée et lâche l'un après l'autre.
03:57Nous savons déjà que 14 personnes ont été tuées.
04:00Plus de 100 personnes ont été blessées.
04:02Parmi elles, on sait qu'il y a 11 enfants.
04:04Les informations sont en cours de vérification concernant toutes les personnes
04:07qui pouvaient se trouver dans ce centre commercial.
04:10C'est une cruauté absolue de la part des Russes.
04:12Ce sont tout simplement des monstres.
04:14Nous répondrons assurément.
04:15Ce sont des monstres.
04:17Ulrich Buna, il y a une forme de colère dans cette déclaration du président.
04:20Oui, mais qui peut tout à fait se comprendre.
04:22Effectivement, viser un centre commercial en pleine journée,
04:24il n'y a aucun objectif militaire derrière ça.
04:26Donc ça peut tout à fait se comprendre.
04:27Et effectivement, ça ne va faire qu'alimenter le ressentiment et la colère des Ukrainiens
04:32contre l'agression russe.
04:33Mais ce que ça illustre aussi, c'est qu'effectivement,
04:35les Russes, en quelque sorte, franchissent des caps.
04:38Alors, parce qu'on parle souvent, il y a des frappes de drones tous les jours, etc.
04:40Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est que jusqu'à très récemment,
04:42la plupart des frappes de drones, c'était la nuit.
04:44C'était sur des objectifs, certes civils, mais aussi militaires.
04:48Là, en fait, on a des frappes désormais la journée sur à peu près toutes les villes du pays.
04:51On en a eu hier à Kiev notamment.
04:53Et donc, en fait, on voit que la Russie décide en quelque sorte
04:57de monter d'un cran, en quelque sorte, sur sa terreur de bombardement,
05:00en bombardant des cibles complètement civiles la journée,
05:02pour en quelque sorte rendre le quotidien et la vie impossibles pour les Ukrainiens.
05:05Ce qui veut dire, Ronald Dato, que Poutine ne se cache plus.
05:08Il massacre de jour, il massacre des civils de jour et des enfants de jour.
05:12Et les doubles frappes, comme on a parlé tout à l'heure,
05:15c'est une tactique qui est utilisée surtout par les terroristes en Afghanistan.
05:21Vous savez, ils attendent que les secours arrivent.
05:23ils refrappent une deuxième fois au même endroit.
05:26Donc, c'est du terrorisme, clairement.
05:28Est-ce que Poutine risque de se retrouver avec un...
05:32Le paradoxe là-dedans, c'est que plus on frappe la population civile,
05:37souvent et moins le peuple se révolte contre le gouvernement.
05:42Mais ça renforce la cohésion de la population.
05:45On l'avait vu en 1999 en Serbie.
05:48C'est l'effet qu'on appelle en anglais le rally round the flag.
05:51On se rallie au drapeau.
05:53L'effet drapeau.
05:54L'effet drapeau.
05:55Donc, finalement, les Ukrainiens, ça les renforce, à mon avis,
05:58dans leur volonté de résister et de se battre encore plus fortement
06:03contre l'envahisseur russe.
06:05Nikola Tenzer, les Ukrainiens qui regardent ces informations-là,
06:08c'est-à-dire ce désastre, ce bain de sang dans le centre commercial,
06:12aujourd'hui, ce soir, ils disent quoi ?
06:13Ils disent qu'on en finisse avec cette guerre ou ils disent qu'il faut gagner ?
06:16Écoutez, je reprendrai la phrase, il y a quelques mois,
06:19d'une députée ukrainienne qui disait
06:22si nous continuons à résister, nous allons perdre des milliers des nôtres,
06:26nous le savons, mais si nous nous rendons, nous en perdrons des millions.
06:29Et je crois que ça résume aujourd'hui parfaitement l'état d'esprit des Ukrainiens.
06:33Il n'est pas question de se rendre, il n'est pas question de céder du territoire.
06:37Ils savent parfaitement que Poutine, depuis le début,
06:40depuis le début, parce que ses frappes, effectivement,
06:42se sont intensifiées depuis quelques mois,
06:43mais elles existent depuis déjà, je dirais, 2022,
06:46même déjà dans la période antérieure.
06:48Mariupol, il ne faut pas l'oublier, c'est plus de 70 000 civils ukrainiens assassinés.
06:54Donc, on est dans cette guerre d'extermination,
06:56puisqu'il y a un but de Poutine qui est d'annihiler,
06:59je dirais, totalement le peuple ukrainien.
07:01C'est vraiment cela.
07:02Et je crois que ça veut dire aussi que l'idée même,
07:04qu'il pourrait y avoir un compromis quelconque,
07:06un compromis territorial, un accord de paix,
07:10ou que sais-je encore, de manière à la Russie ne veut pas en entendre parler,
07:12est totalement illusoire.
07:14Parce que, je termine sur un point,
07:15c'est que dans les territoires occupés aussi,
07:19Poutine mène une politique de terreur,
07:21par le viol de masse,
07:23par la torture systématique,
07:26par les exécutions sommaires,
07:28par la déportation d'enfants,
07:30ce qui est un crime de génocide en vertu de la Convention du 9 décembre 1948.
07:33L'assimilation.
07:34Voilà, l'assimilation, la russification.
07:36Et le début, d'ailleurs, de l'enrôlement de ces enfants
07:39dans l'armée russe,
07:41pour en faire de la chair à canons.
07:42Donc, il n'est pas question de céder.
07:44Et ça, les Ukrainiens, très majoritairement, sont sur cette ligne.
07:47Pendant ce temps, on sait que Volodymyr Zelensky
07:48cherche à affaiblir, à continuer d'affaiblir le régime russe.
07:52Cyril Amorsky, on vous retrouve toujours à Kiev,
07:54puisque la presse américaine révèle le plan d'attaque de Volodymyr Zelensky.
07:59Il s'agirait d'envoyer, en même temps,
08:01des centaines, peut-être même des milliers de drones
08:03pour paralyser entièrement la capitale russe,
08:07paralyser entièrement Moscou.
08:10Absolument.
08:10C'est ce qui a été révélé aujourd'hui par le journaliste Simon Schuster,
08:14qui est un journaliste dans le média américain The Atlantic.
08:17Et ce qu'il explique, c'est qu'au cours de ses échanges
08:19avec des sources différentes,
08:20il a pu apprendre qu'il y avait apparemment ce plan,
08:22qui n'a pas été confirmé, il faut le dire,
08:24par la présidence ukrainienne,
08:26de lancer des centaines de drones,
08:28comme vous l'avez dit, par essaim en direction de Moscou,
08:30et en particulier envers ses aéroports et ses aérodromes.
08:33Le but est, en tout cas, c'était l'idée de cette opération,
08:36était de perturber évidemment le trafic aérien
08:38pour créer une pression psychologique,
08:41mais aussi économique sur la Russie et sur le gouvernement,
08:43et donc forcer le gouvernement russe
08:45à réfléchir à sa position de négociation,
08:48puisqu'on le sait, aujourd'hui,
08:49la Russie ne souhaite absolument pas négocier,
08:51alors que l'Ukraine propose depuis très longtemps
08:53la possibilité de mettre un terme à cette guerre
08:55sur les lignes de front actuelles.
08:57Apparemment, c'était une idée qui était portée
08:58par l'ancien ministre de la Défense,
09:01Mikhailo Fedorov,
09:01et il a pris fin, ce plan,
09:03en tout cas, son développement,
09:05à partir du moment où il a été limogé,
09:08c'est-à-dire vers la mi-juillet.
09:09Une fois de plus, ce plan n'a pas été confirmé
09:11par les sources différentes
09:13dans l'entourage du président,
09:15mais ça a été quelque chose
09:16qui a été quand même communiqué à ce journaliste,
09:18et apparemment, le président ukrainien,
09:20dans un premier temps, s'était méfié de cette idée,
09:23parce qu'il estimait que le coût humain
09:25pourrait être important,
09:26avec des drones qui pourraient potentiellement
09:28attaquer des avions civils,
09:30raison pour laquelle, pour l'instant,
09:32on n'a pas vu ce plan se matérialiser,
09:34et on ne sait pas si un jour, il aura lieu.
09:36Merci beaucoup Cyril Lamorski.
09:38Mille drones simultanément lancés
09:40sur l'aéroport de Moscou
09:41pour paralyser la vie politique et économique
09:44de la Russie.
09:46On entend que Volodymyr Zelensky
09:47retient son bras,
09:48par crainte de dégâts civils également.
09:51Quelle serait l'ampleur de ce plan ?
09:54Déjà, les Ukrainiens ont cette capacité
09:55à envoyer un millier de drones,
09:57peut-être pas tous les jours,
09:58mais en tous les cas,
09:59de façon extrêmement régulière,
10:00sur Moscou.
10:01Après, Moscou est une ville
10:02extrêmement bien protégée,
10:03donc il est probable que sur les mille,
10:05il n'y en aurait pas mille
10:06qui arriveraient jusqu'aux différents
10:06aéroports de Moscou.
10:07Je crois qu'il y a quatre aéroports à Moscou.
10:09Mais effectivement,
10:10en tous les cas,
10:10ça perturberait fortement le trafic aérien,
10:12c'est une évidence.
10:13Et je rappellerai juste un chiffre.
10:15Actuellement, il y a déjà des perturbations
10:16sur le trafic aérien.
10:17Et quand on regarde les statistiques,
10:19le trafic aérien entre Saint-Pétersbourg
10:20et Moscou a baissé de 20%
10:21depuis plusieurs mois,
10:23justement en raison du fait
10:24que les aéroports sont obligés
10:26de farmer assez régulièrement
10:27à cause des frappes de drones sur Moscou.
10:28On est avec le général Bernard Norlin.
10:30Bonsoir, général ancien commandant
10:31de la Force aérienne de combat.
10:33Ce plan ukrainien,
10:35qui est pour l'instant mis en mode pause,
10:39la présidence ukrainienne réfléchit
10:41à le lancer ou pas,
10:42prévoit donc d'envoyer chaque nuit,
10:44consécutivement,
10:45un millier de drones
10:46pour pilonner les aéroports de Moscou
10:48par intelligence artificielle.
10:50Est-ce que vous pouvez nous expliquer
10:51comment ça fonctionne ?
10:53Écoutez, le concept d'emploi
10:56des drones en essaim
10:57est un concept qui est connu
11:00depuis le début des drones.
11:02C'est-à-dire que l'usage de drones
11:06ne se justifie que...
11:09Le meilleur emploi qui puisse être fait
11:12des drones,
11:12c'est de l'employer en essaim,
11:14c'est-à-dire en quantité
11:15la plus importante possible,
11:17d'une part pour atteindre,
11:20avoir la meilleure efficacité
11:22sur l'objectif,
11:23et surtout l'objectif,
11:24c'est de saturer les défenses aériennes,
11:27donc de pouvoir mieux passer
11:30toutes ces défenses antiaériennes
11:32qui sont extrêmement concentrées
11:33autour de Moscou,
11:35d'ailleurs, je dirais,
11:36presque exclusivement autour de Moscou,
11:40aux dépens des autres villes importantes russes.
11:45Donc voilà, alors maintenant,
11:47le fait que l'intelligence artificielle
11:48soit largement déployée
11:51dans l'utilisation de ce drone,
11:53évidemment, ça permet de...
11:57si je puis dire,
11:58de rendre intelligents les drones
12:00et de les programmer
12:01et de gérer ces essais de drones
12:05par l'intelligence artificielle,
12:07tout simplement,
12:07avec des algorithmes,
12:08et bon, voilà,
12:09c'est quelque chose
12:10qui est très bien fait.
12:11Regardez simplement
12:14comment se font
12:15ces feux artifices en Chine
12:17avec des milliers de drones aussi.
12:19Voilà, donc c'est un concept d'emploi
12:21qui est bien connu
12:23au plan du concept,
12:25mais qui, au plan de la réalité,
12:28arrive à beaucoup éter
12:31et beaucoup développer
12:32grâce à l'intelligence artificielle.
12:34Voilà, donc c'est quelque chose
12:35de... technologiquement,
12:37c'est très complexe,
12:38comme vous l'imaginez,
12:39mais bon, maintenant,
12:40ça fait partie
12:41de la réalité
12:43des conflits actuels.
12:44Et sur mille drones lancés,
12:46même avec les défenses russes
12:47aujourd'hui,
12:4850, 100 ou 150
12:49arriveraient sur leurs cibles.
12:51C'est le but.
12:52Vous savez,
12:52ce qui est intéressant
12:53avec les drones lancés,
12:55peu importe combien
12:56arrivent aux cibles,
12:58mais il faut qu'il y a
12:58quelques-uns arrivent.
12:59Parce qu'on peut lancer
13:00mille et s'il y a 10
13:01qui arrivent,
13:02c'est déjà une énorme réussite.
13:03Parce que les drones
13:04ne coûtent pas très cher
13:05et 10 drones,
13:065 drones,
13:07ça fait des dégâts
13:08et souvent des dégâts
13:08très importants
13:09au niveau des coûts économiques,
13:11notamment pour le pays terroriste
13:12qui est la Russie.
13:14Et en ce qui concerne ce plan,
13:16en fait,
13:16cette idée,
13:17ça flotte déjà en l'air
13:18depuis longtemps
13:19chez les Ukrainiens
13:20parce qu'il n'y a pas de raison
13:21que les aéroports ukrainiens
13:23ne marchent pas
13:23et les aéroports russes
13:24fonctionnent toujours.
13:27Mais avant,
13:27il n'y avait pas
13:28de possibilité technique.
13:30Les Ukrainiens
13:30n'avaient pas
13:31des drones suffisamment puissants
13:32qui allaient aussi loin
13:33pour détruire ces aéroports.
13:35Aujourd'hui,
13:36il y a cette possibilité technique
13:37mais il y a encore
13:38quelques défenses aériennes
13:39autour de Moscou
13:40qui tiennent tant bien que mal
13:41parce que,
13:42n'oublions pas
13:43que les Ukrainiens
13:44arrivent déjà à viser
13:45même la ville de Moscou.
13:46Il y a eu le drone
13:47qui est arrivé
13:47pas très loin de Kremlin.
13:49Donc,
13:50techniquement,
13:50ça devient possible.
13:51Je pense que c'est juste
13:52la question du temps.
13:53La guerre des drones,
13:55la guerre des missiles,
13:56la guerre des intercepteurs,
13:57on a beaucoup parlé
13:57des fameux patriotes
13:58qui manquent tant
13:59en ce moment
14:00à l'armée ukrainienne
14:01et puis il y a également
14:01la guerre des satellites.
14:02Pour ça,
14:03pour essayer de le comprendre,
14:04on va aller du côté de Washington
14:06où nous attend Antoine Delar.
14:07Volodymyr Zelensky,
14:08le président ukrainien,
14:09demande depuis des semaines
14:10aux Etats-Unis
14:11de pouvoir utiliser
14:12le réseau Starlink,
14:13le réseau de satellites
14:15d'Elon Musk
14:15pour pouvoir aller frapper
14:17plus loin
14:17et toujours plus loin
14:18en Russie.
14:19D'après les dernières informations,
14:22Donald Trump
14:22vient de lui dire non.
14:26Oui, alors il faut rappeler
14:28d'abord que les Ukrainiens
14:29utilisent le réseau Internet
14:31par satellite Starlink
14:32à l'intérieur de leurs frontières.
14:34C'est devenu un outil indispensable
14:36qui permet notamment
14:36de guider très précisément
14:38les drones.
14:39Ce que voudraient
14:39les Ukrainiens désormais,
14:40c'est de pouvoir utiliser
14:41Starlink à l'extérieur
14:42de leurs frontières
14:43pour aller frapper
14:44des cibles en Russie
14:45dans un rayon
14:46de 200 km
14:47au-delà de la frontière ukrainienne.
14:49Très précisément,
14:50Volodymyr Zelensky
14:51souhaiterait utiliser Starlink
14:53pour aller frapper
14:54les lanceurs
14:55de missiles balistiques,
14:56ces missiles qui font
14:57beaucoup de dégâts
14:58en Ukraine actuellement.
15:00Il faut pour cela
15:01obtenir le feu vert
15:02du patron de Starlink,
15:03Elon Musk.
15:04Il y avait une personne
15:05au sein du gouvernement
15:06ukrainien
15:06qui avait de très bons rapports
15:07avec le milliardaire,
15:08c'est Fedorov,
15:09l'ancien ministre
15:10de la Défense.
15:11Le problème,
15:12c'est que Fedorov
15:12a été licencié
15:13au mois de juillet
15:14et aujourd'hui,
15:15il n'y a plus
15:16de ligne directe
15:17entre Kiev et Elon Musk.
15:19Et c'est donc pour cette raison
15:20que vous le dire,
15:21mais Zelensky s'est tourné
15:22vers Donald Trump
15:23pour que le président américain
15:24joue un peu
15:24les intermédiaires.
15:26Zelensky a officiellement
15:27formulé cette demande
15:28d'utilisation Starlink
15:29à l'extérieur des frontières
15:30fin juillet
15:31lorsqu'il est passé
15:32par la Maison-Blanche.
15:33Le problème,
15:34c'est que Donald Trump
15:35n'a pas semblé
15:36très convaincu
15:36par cette demande
15:37et selon plusieurs médias,
15:39The Atlantic
15:39ou encore The Financial Times,
15:41Donald Trump
15:42n'a pas donné suite.
15:43Alors,
15:43il n'a pas dit non
15:43formellement,
15:44mais c'est tout comme.
15:46Quant à Elon Musk,
15:47il serait très réticent
15:48à entreprendre
15:49tout ce qui pourrait
15:50ressembler à une provocation
15:51par Vladimir Poutine
15:54à un moment
15:55où dans les services
15:56de renseignement occidentaux
15:57circule l'information
15:58selon laquelle,
15:58en représailles,
15:59Poutine pourrait mettre
16:00au point une arme
16:01destinée à détruire
16:02les satellites d'Elon Musk,
16:04ce qui se crée
16:04une catastrophe
16:04pour le milliardaire
16:06mais aussi pour les Etats-Unis
16:07puisque Musk travaille
16:08en étroite collaboration
16:09avec le Pentagone.
16:10Merci beaucoup Antoine Hollard
16:11en direct de Washington.
16:12Nicolas Tenter,
16:13ça veut dire que quelque part,
16:14Elon Musk a peut-être
16:16le sort
16:17ou un bout du sort
16:17de la guerre
16:18entre les mains.
16:18Oui,
16:19déjà il l'a montré
16:20puisque effectivement
16:21à la demande de Fedorov,
16:22ça a été rapidement rappelé,
16:24en fait,
16:25Starlink a désactivé
16:26l'accès des Russes,
16:27je dirais,
16:28aux satellites
16:28et ça,
16:29ça a été quelque chose
16:29qui était très important
16:30que Fedorov a véritablement
16:32obtenu de Musk.
16:33Alors,
16:33la deuxième chose,
16:34c'est qu'il faut voir aussi
16:35quelles seront les relations,
16:36quelles sont les relations
16:37d'ailleurs entre Musk et Trump
16:38qui sont un peu compliquées.
16:39Au début,
16:39ils étaient très amis.
16:40Un peu moins aujourd'hui.
16:41Un peu moins aujourd'hui.
16:42Donc,
16:42Musk peut aussi
16:44parfaitement dire à Trump,
16:45écoutez,
16:45moi je suis à la tête
16:46d'une entreprise privée,
16:47je fais ce que je veux,
16:49quelles que soient par ailleurs
16:50les options idéologiques de Musk,
16:52ça n'a rien à voir.
16:53Donc,
16:53c'est tout à fait possible.
16:54Troisièmement,
16:55ce que ça révèle en tout cas
16:56avec les déclarations de Trump,
16:57c'est que,
16:58en tout cas,
16:58Trump n'a aucune volonté,
17:00il faut le répéter toujours,
17:01d'aider l'Ukraine.
17:02Trump est clairement,
17:03totalement,
17:04du côté de la Russie.
17:05Encore aujourd'hui ?
17:09Je dirais qu'on entend
17:10sur Trump peut-être,
17:11aujourd'hui,
17:13je dirais,
17:14ce serait éloigné de Poutine,
17:16se rapprocherait de Zelensky,
17:17qu'il considère,
17:18parce qu'effectivement,
17:19c'est un vainqueur,
17:20alors que Poutine apparaît
17:21comme un loser,
17:22pardon de l'expression.
17:23Je crois que tout ceci,
17:24aujourd'hui,
17:24est totalement faux.
17:26C'est que,
17:26tout simplement,
17:27on aperçoit que Trump
17:28a toujours considéré
17:29que finalement,
17:30c'était la guerre
17:31de deux personnes.
17:32Il parlait de cours d'école,
17:33vous savez,
17:33pour caractériser leur combat.
17:34Les crimes de guerre
17:35contre l'humanité
17:36et des génocides
17:37commis par les ruches
17:37ne lui importent absolument pas.
17:39Le droit international,
17:40on sait,
17:41on en a mis exemples,
17:42qu'il s'en moque complètement.
17:43Donc,
17:44je crois qu'il faut bien aussi
17:45voir que cette position de Trump
17:46est très révélatrice
17:47et je pense que les Ukrainiens
17:49n'ont aucune illusion,
17:50même s'ils cherchent encore
17:51à le courtiser,
17:52sur l'attitude de Trump.
17:53Sans Starlink,
17:54sans le réseau d'Elon Musk,
17:56les Ukrainiens
17:58ne peuvent pas faire quoi exactement ?
17:59Parce que des frappes
18:00à 1 600 km aujourd'hui
18:03à l'intérieur de la Russie,
18:03il y en a quasiment tous les jours.
18:05De quoi ça les prive ?
18:06En fait,
18:06ça les prive d'un guidage
18:07beaucoup plus précis.
18:08En gros,
18:09les Ukrainiens ont effectivement
18:09des capacités à frapper
18:11dans la profondeur,
18:11ça ils le peuvent,
18:12ils peuvent envoyer des drones
18:13qui ont grosso modo
18:14des centrales inertielles,
18:15donc ils savent à peu près
18:15où est-ce qu'ils se trouvent,
18:17qu'ils peuvent aussi avoir
18:18des caméras embarquées
18:18avec des logiciels IA
18:19pour qu'ils font de la reconnaissance
18:20de terrain.
18:21Donc ça,
18:21ça fonctionne,
18:21mais si vous voulez,
18:22la solution ultime,
18:23c'est effectivement d'avoir
18:24un guidage en temps réel
18:25via le satellite
18:26et voire même avec éventuellement
18:28une communication
18:28avec un pilote
18:29pour savoir exactement
18:30où se trouve le drone
18:30et donc pouvoir frapper
18:31finalement encore plus précisément.
18:33La seule limite qu'il y a,
18:34c'est que déjà Elon Musk
18:35avait interdit aux Ukrainiens
18:36de frapper la Crimée
18:38au tout début de la guerre
18:39en utilisant le Starlink
18:40justement parce qu'il ne voulait
18:41pas en quelque sorte
18:42servir d'intermédiaire
18:43dans cette guerre.
18:43Donc il est quand même
18:44peu probable
18:44que Elon Musk
18:47change de posture.
18:49Le seul point
18:49qu'il faut aussi garder en tête,
18:50c'est qu'il est probable
18:51que M. Fedorov,
18:52donc l'ancien ministre
18:52de la Défense ukrainienne,
18:54se rendra aux Etats-Unis
18:54très prochainement,
18:55probablement la semaine prochaine,
18:56qu'il va sans doute
18:57rencontrer Elon Musk
19:00Général Norlin,
19:01pour gagner la guerre,
19:02il faut les meilleurs hommes,
19:03les meilleurs drones
19:04et aussi les meilleurs satellites.
19:06Oui, vous savez,
19:08ce qui vient d'être dit,
19:09ça démontre une chose,
19:10c'est qu'on assiste
19:11à une militarisation croissante
19:14de l'espace.
19:15Ce n'est pas nouveau,
19:16bien sûr,
19:16mais là,
19:17c'est de plus en plus effectif
19:20sur le terrain,
19:21si je puis dire.
19:22Donc c'est ce qu'on appelle
19:24une arsenalisation de l'espace
19:26et c'est tout à fait contraire
19:28au droit international de l'espace
19:29puisque maintenant,
19:30tous les pays qui ont
19:31une industrie spatiale
19:33développent des capacités
19:35non seulement d'observation,
19:37non seulement de protection
19:38de leurs missiles,
19:39mais aussi de pouvoir confier
19:44des missions offensives
19:45de destruction de satellites.
19:47C'est ce que la Chine
19:48a démontré il y a quelque temps
19:49en faisant une démonstration
19:51de destruction d'un satellite.
19:52Donc voilà,
19:53c'est vraiment quelque chose
19:54de très important.
19:55et bien sûr,
19:56ça veut dire que l'espace
19:58est devenu un espace
20:00complètement indispensable
20:03non seulement à notre vie quotidienne,
20:04ça on le sait bien,
20:06mais aussi à la conduite
20:07des conflits modernes
20:09et des conflits actuels.
20:11Donc voilà,
20:12c'est quelque chose
20:12qui est quand même très important
20:14et bien sûr,
20:15je confirme tout à fait
20:16ce qui a été dit,
20:16c'est-à-dire qu'il ne faut rien
20:17atteindre de Trump,
20:19ce n'est pas sa guerre,
20:20il se déintéresse complètement
20:21des Ukrainiens,
20:22il préfère se rapprocher
20:24de Poutine,
20:25tout ce qui peut le rapprocher
20:26de Poutine
20:26et lui permettre
20:27de discuter avec lui
20:28comme il voudrait le faire
20:29avec le président nord-coréen.
20:31Voilà,
20:31donc il y a vraiment
20:33un aspect à la fois
20:34politique,
20:34géopolitique
20:35et aussi opérationnel
20:38dans ces démonstrations.
20:41On voit bien
20:41que le conflit en Ukraine
20:42est vraiment révélateur
20:43des tendances modernes,
20:45malheureusement,
20:45dans le domaine
20:46de la géostratégie notamment.
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