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00:09Dalida Habiba, entre Égypte et Italie, ta lumière éternelle flamboît.
00:15Tu es la femme de toutes les femmes en moi.
00:19Ta beauté singulière, moderne, immuable m'interpelle.
00:24Je suis une petite brune aux cheveux courts,
00:26aux physiques indéfinies quand pour la première fois je te découvre.
00:30Blonde, sublime, fine, élégante comme une lionne, lumineuse comme une fée,
00:37triste comme une étoile solitaire, trop perchée pour le genre humain.
00:41Ta apparence très entourée, en réalité si seule, sous une voûte de ciel marine.
00:52Ta voix particulièrement timbrée et colorée par ton accent unique m'émeut.
00:57Lorsque j'entends ma mère parler avec un peu de cet accent du sud de l'Italie qui est le
01:00tien,
01:01je me sens encore plus proche de toi.
01:03Mais c'est en grandissant, et après ton départ intolérable, que je m'accroche à ton histoire.
01:10Tu as aimé avec le cœur d'une adolescente, même quand la femme en toi le réfutait.
01:14C'est ta générosité naturelle et la pureté dont tu étais faite qui m'ont fait aimer inconditionnellement.
01:19Tu es devenu mon repère quand tout comme toi, j'ai aimé un peu trop fort,
01:23et lutté avec ma tête contre mon propre cœur.
01:27Quand l'amour est une chimie qui nous suspend au-dessus de la réalité,
01:31nos chairs se gonflent d'un sang nouveau et enivrant.
01:34Et quand la vie nous arrache cet amour-là, la douleur est insurmontable.
01:38La crise de folie devient notre compagne.
01:41Tu sais cela mieux que personne.
01:49A cause de ce geste qui nous a fait te perdre,
01:51j'ai réalisé comme après un accident grave que l'amour ne peut être une souffrance,
01:55il doit être avant tout d'une intarissable simplicité.
02:00Celle qui te caractérisait, et que tu aurais tant voulu pouvoir partager.
02:09Je t'écris là-haut désormais.
02:11Sache qu'ici bas, ton regard continue d'irradier mon chemin chaque jour qui passe.
02:15Chaque jour qui passe, où l'amour gagne sur la souffrance,
02:19est signé par ta mémoire.
02:37Il venait d'avoir 18 ans, il était beau comme un enfant,
02:43fort comme un homme.
02:47C'était l'été, évidemment, et j'ai compté en me voyant, une nuit d'automne.
02:58J'ai mis de l'ordre à mes cheveux, un peu plus de noix sous mes yeux.
03:06Ça l'a fait rire.
03:10Quand il s'est approché de moi, j'aurais donné n'importe quoi, pour le séduire.
03:21Il venait d'avoir 18 ans, c'était le plus bel argument de sa victoire.
03:32Il m'a dit, j'ai envie de toi, il avait vu au cinéma, le blé en aile.
03:54Un creux d'un lit improvisé, j'ai découvert des merveillées que le ciel s'y allait.
04:15Il venait d'avoir 18 ans, c'est un grand, presque insolent, de certitude.
04:25Et pendant qu'il se réveillait déjà, vaincu, je retrouvais ma solitude.
04:36J'aurais voulu le retenir, pourtant je l'ai laissé partir, sans faire un geste.
04:48Ma vie, c'était pas si mal, avec la candeur inférieure de sa jeunesse.
04:59Je vis de l'or à mes cheveux, comme peu plus de noir sur mes yeux.
05:07Leur habitué, je vais oublier simplement.
05:14J'avais deux fois, 18 ans.
05:24J'avais deux fois, 18 ans.
05:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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