- il y a 2 semaines
Exfiltré de son domicile en pleine nuit après des menaces par des membres présumés de la DZ Mafia, le maire d'Alès, Christophe Rivenq, raconte son quotidien sous protection policière et son combat contre le narcotrafic face à Marc-Olivier Fogiel.
Regardez Face à Fogiel du 24 août 2026.
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00:01RTL Matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:07Et avec Marc-Olivier Fogiel, face à Fogiel, à 8h18 sur RTL, l'interview de Marc-Olivier.
00:13Ce matin vous recevez Christophe Rivenc, le maire d'Alaise, dans le Gard, un élu de terrain, menacé par les
00:18narco-trafiquants.
00:19Et il prend la parole, Marc-Olivier, pour la première fois depuis qu'il a été exfiltré en pleine nuit
00:23par le RAID.
00:24Bonjour Christophe Rivenc.
00:26Bonjour Marc-Olivier Fogiel.
00:28Merci d'être avec nous ce matin, donc en direct depuis votre mairie d'Alaise.
00:31Vous avez 60 ans, la politique, vous êtes tombé dedans très jeune, à 18 ans, c'était le RPR à
00:36l'époque.
00:36Mais même avec toutes ces années d'engagement, on va dire, vous ne vous étiez sans doute jamais imaginé vivre
00:40ça un jour,
00:41en plein été, le RAID qui vient vous exfiltrer de chez vous, en pleine nuit.
00:47C'est donc ce qui s'est passé cet été, vous allez nous raconter pour la première fois.
00:51Depuis, Christophe Rivenc, vous vivez comment ? Sous protection policière ?
00:56Tout à fait, je suis suivi par les agents du SDLP à la demande du ministre de l'Intérieur.
01:00Je n'ai rien demandé, ça m'était un peu imposé et ça complique très fortement ma vie quotidienne, celle
01:07de mes proches.
01:08Et ce n'est pas facile à vivre.
01:10Vous dites que ce n'est pas facile à vivre d'être protégé, mais vivre également sous la menace.
01:15J'imagine que c'est surtout ça qui n'est pas facile à vivre.
01:18Ça veut dire que vos activités du quotidien et notamment de lutte contre le narcotrafic, on va y venir, vous
01:24le faites, mais sous la menace de mort ?
01:28Oui, ça non plus n'est pas facile.
01:30On s'y prépare peu d'ailleurs, même si on s'attend lorsqu'on se présente à une élection municipale
01:34et qu'on est élu à subir des pressions.
01:36Mais il n'y a pas que sur le narcotrafic.
01:38Toutes les décisions que prend le maire peuvent être susceptibles d'aller à l'encontre d'intérêts particuliers.
01:43Et donc ça peut susciter de la part de certains des pressions, des menaces, des intimidations.
01:48Donc ça j'ai un peu l'habitude.
01:50Et là on est sur des menaces de mort, oui, effectivement.
01:54Donc c'est vrai que ça prend un pas supplémentaire.
01:56Mais j'essaie vraiment d'essayer de faire abstraction de cela.
01:59D'une part je suis protégé, après je fais attention.
02:02Et puis en tout cas ce qui est sûr c'est que ça ne me fait pas lever le pied
02:05sur mes engagements.
02:06Parce que je crois qu'on ne peut pas laisser gagner celles et ceux qui menacent, qui que ce soit.
02:10Et à travers la menace d'un maire, c'est un représentant de l'État.
02:13Puisque les maires sont des représentants de l'État, je suis officier de police judiciaire.
02:16Et donc il faut aussi répondre fortement pour éviter que ça puisse se répandre sur d'autres collègues,
02:21sur des magistrats, des policiers, des préfets ou autres.
02:23On va venir dans un instant voir comment vous luttez encore contre le narcographique.
02:28Mais d'abord les menaces.
02:29Ça démarre le 16 juillet, votre femme qui découvre à votre domicile une aide de menace
02:34avec deux balles de calibre de 9mm et sur les murs de la clôture de votre maison.
02:38Des tags menaçant signés, décès de mafia, nouvelle génération.
02:42Quand vous découvrez ça, vous comprenez que la menace est sérieuse ?
02:47Oui et non.
02:49Parce qu'au départ je me dis, bon c'est l'intimidation tout simplement.
02:53Et donc j'essaie de faire face et de rester debout et droit.
02:56Et je m'occupe de mes proches puisque c'est mon épouse qui a été particulièrement impactée.
03:00Elle l'est encore d'ailleurs par cette affaire et c'est ma préoccupation.
03:03Elle est choquée, voilà.
03:04C'est ma préoccupation première, mes proches bien sûr.
03:06C'est normal puisque c'est au domicile, voilà.
03:09Mais après, effectivement, je préviens la sécurité, les forces de l'ordre, les magistrats.
03:16Et puis voilà, tout s'enclenche.
03:18Mais c'est-à-dire que dans la nuit du 20 au 21 juillet, on a tous été interpellés.
03:22Moi, quand j'ai entendu ça à la radio sur RTL, un maire exfiltré en pleine nuit, ça se passe
03:27comment ?
03:28Ben voilà, c'est ça.
03:29Le choc est là puisqu'après le 16, on reste à la maison tous les deux avec mon épouse
03:35sans... en faisant attention tout simplement, sans protection particulière.
03:38Mais c'est à partir du 20 et de l'exfiltration.
03:40Ben ça se passe que le ministre m'appelle personnellement sur mon portable à 23h et 2 minutes.
03:46On est allé se coucher avec mon épouse et là il me dit, écoutez, monsieur le maire,
03:49on a des informations qui sont un peu inquiétantes.
03:51Je ne veux pas prendre de risques et donc, écoutez, ne bougez pas.
03:55Le préfet vient, j'envoie leur aide et on vous exfiltre dans un lieu sécurisé.
04:03Et là, c'est là où effectivement la sidération, c'est là où je commence à comprendre
04:07que ça prend des proportions quand même un peu importantes.
04:10Et c'est là où mon épouse, effectivement, au-delà de la sidération, commence à être en grand stress.
04:16Le lieu sécurisé, c'est quoi ?
04:17Donc vous partez en pleine nuit, en longtemps, à 23h, vous, votre épouse, avec le RAID,
04:22des hommes du RAID, on imagine donc quand même le stress que vous racontez.
04:26Comme à la télé.
04:27C'est un film.
04:28On vous emmène où ?
04:30On nous emmène dans un endroit sécurisé à 50 km, puisque je dis,
04:34bon, je n'ai pas d'endroit particulier, on va aller à l'hôtel, surtout pas.
04:36On nous emmène dans un endroit qui n'est pas secret, mais qui est effectivement,
04:40comme on m'a demandé, de ne pas dévoiler.
04:42Et donc, dans un endroit où on peut dormir, mon épouse et moi, sans prévenir personne.
04:46Voilà, c'est deux estafettes.
04:48Quatre agents du RAID, policiers du RAID dans la première, quatre dans la seconde,
04:52deux dans la voiture qui m'emmènent.
04:55Et là, le chef de mission me dit, écoutez, en cas de problème, vous ne bougez pas,
04:59vous avez gilet pare-balles, vous me regardez et on gère le reste.
05:02Et c'est là où, là, ça prend des proportions.
05:04Bon, ils ont été top, et je veux les remercier d'ailleurs,
05:07parce qu'avant d'oublier dans l'interview où les policiers, les magistrats,
05:10tout le monde a été formidable préfet, bonnet à l'époque, la nouvelle prophète.
05:14Voilà, merci à eux, parce qu'ils ont été une réactivité, le ministre.
05:17Voilà, il faut savoir dire merci aussi.
05:19Est-ce que vous vous dites à ce moment-là, monsieur le maire,
05:22c'est cher payé au quotidien, j'arrête ?
05:26Alors, je ne dis pas j'arrête, je dis c'est cher payé, oui,
05:30mais globalement, je dis au contraire, ça motive.
05:32Moi, vous savez, plus on menace, plus je deviens un peu cascaboulon,
05:35comme on dit chez nous, donc voilà, il n'est pas question pour moi d'arrêter,
05:38ce serait donner la victoire à ces gens-là.
05:42Après, c'est sûr, si mon épouse m'avait dit c'est la mairie ou moi,
05:45peut-être que je ne serais posé la question,
05:46mais elle ne me l'a pas dit, elle ne me l'a pas demandé,
05:49et donc à partir de ce moment-là, il n'y a aucune raison que je n'arrête.
05:52Et puis, voilà, il faut régler cette affaire.
05:56Alors, on va régler cette affaire, mais est-ce que vous savez précisément
05:58si aujourd'hui, c'est la DZMafia qui vous a menacé, où en est l'enquête ?
06:02Parce que la DZMafia, assez vite, a dit, ah ben non, ce n'est pas nous,
06:04à travers un de ses représentants, évidemment, clandestins à Marseille.
06:07Est-ce qu'aujourd'hui, c'est établi que c'est la DZMafia, ou ce n'est même pas sûr
06:10?
06:11Alors, secret de l'instruction, je n'ai pas beaucoup plus d'éléments que la presse, en l'occurrence.
06:14Il semblerait que ça avance.
06:16Est-ce que c'est la DZMafia, est-ce que c'est la drogue,
06:18est-ce que c'est la petite mafia alésienne, ou pas ?
06:21Personne n'en sait rien.
06:22C'est pour ça que je ne me suis jamais exprimé durant ce mois sur le fond de l'enquête,
06:25parce que, voilà, je n'aime pas parler sans savoir,
06:28et à partir de ce moment-là, j'attends que les magistrats du PNACO qui ont été saisis...
06:32Le parquet, donc ?
06:33Le parquet national, quand même, puisque c'est monté au niveau national.
06:39Elle s'exprime le moins venu, donc je ne parlerai pas du fond de l'affaire,
06:41parce que, d'une part, secret de l'instruction, je ne suis pas plus informé que vous de ce qui
06:44se passe.
06:44Mais chez vous, à Alès, c'est quoi le narcotrafic, concrètement ?
06:47Des chiffres ? Parce que je voyais que depuis janvier 2026,
06:50les forces de l'ordre ont procédé à plus de 270 interpellations,
06:54avec, à la clé, des saisies d'argent, de véhicules, de dizaines de kilos de cannabis.
06:59Une ville comme la vôtre, vous êtes, comme beaucoup,
07:02au milieu de ce narcotrafic ?
07:05Oui, oui, et comme beaucoup, comme vous l'avez dit,
07:08ni plus ni moins, c'est vrai qu'aujourd'hui,
07:10le trafic de drogue engraine aussi les villes à taille humaine,
07:12les villes moyennes, voire les villages et la ruralité,
07:15et Alès ne fait pas exception, malheureusement.
07:17Après, Alès est une ville beaucoup plus tranquille qu'il n'y paraît.
07:21C'est aussi pour ça que j'ai souhaité accepter votre invitation
07:23pour reparler de cette magnifique ville qui est Alès,
07:25où il fait bon vivre, une ville à taille humaine,
07:27où on trouve tous les services publics,
07:28j'y reviendrai, j'espère, avant la fin de l'interview,
07:30mais par rapport au narcotrafic, effectivement,
07:32s'il y a autant d'interpellations,
07:33c'est qu'il y a une action publique coordonnée
07:36entre l'État, le parquet, la police nationale et la mairie,
07:40qui est assez importante.
07:41Et c'est vrai que ce n'est peut-être pas le cas dans toutes les villes.
07:44Il y a peut-être des endroits où les magistrats ne sont pas aussi efficaces,
07:48les policiers n'ont pas autant l'envie,
07:50les maires ne sont pas aussi motivés.
07:51Donc vous payez, en fait, votre efficacité d'une certaine manière.
07:53Ben, je me l'explique comme ça, voilà.
07:56Et donc, toutes les personnes qu'on enlève du trafic,
08:00après, les points de deal dont on parle ne sont pas énormes,
08:01comparé à d'autres villes que je ne citerai pas,
08:03pour ne pas faire de la concurrence déloyale.
08:06Mais voilà, à l'Est, c'est une ville tranquille,
08:08une ville où il y a des problèmes d'insécurité, bien sûr,
08:10mais où les problèmes sont moindres qu'ailleurs.
08:13Et donc, c'est aussi ça que je veux essayer de changer,
08:16et faire de cette mauvaise aventure,
08:19la chance de faire rebondir cette ville qui en vaut la peine,
08:23celle pour qui j'ai décidé de me mobiliser,
08:26alors que j'aurais pu faire plein d'autres choses.
08:27J'ai choisi de m'occuper de cette ville que j'aime,
08:29de ces habitants que j'aime,
08:30et je veux continuer, justement, à me mobiliser,
08:32pour continuer à la promouvoir.
08:35Et au moins que ce passage sur votre antenne me le permette.
08:37Vous le faites ce matin,
08:38mais quand vous luttez contre le narcotrafic,
08:40justement pour que cette ville puisse vivre paisiblement,
08:42j'imagine que vous lutterez aussi contre ces ados
08:45qui sont recrutés via les messageries cryptées,
08:47comme Telegram ou Snapchat,
08:48puisque c'est ça, les points de deal,
08:50c'est des ados qui sont là,
08:51et c'est souvent des mineurs, donc.
08:55C'est ça, et c'est pour ça,
08:56c'est aussi l'un de mes engagements,
08:58c'est-à-dire qu'il faut,
08:59et en tant que président de l'agglomération,
09:00maire d'Alès,
09:01j'ai mis en place avec des CLSPD,
09:03des CISPD,
09:04c'est des conseils de lutte contre la prévention,
09:06la délinquance,
09:07qui permet aussi d'être dans la prévention,
09:08parce que moi,
09:09il y a toute une génération qui se perd aujourd'hui,
09:11à la fois entre ceux qui choisissent de vendre
09:13et ceux qui choisissent de consommer.
09:15Parfois ce sont les mêmes.
09:16Et c'est ça mon combat aussi,
09:17vous savez,
09:18pas de consommateur égale pas de dealer.
09:21Et un maire travaille sur tout ça,
09:23parce que je ne suis pas ni magistrat,
09:25ni policier,
09:26je suis juste quelqu'un
09:27qui doit travailler,
09:28comme tous les maires de France,
09:29sur la tranquillité publique, certes,
09:31mais surtout sur la qualité de vie.
09:33Et moi, la prévention,
09:34j'y crois également beaucoup,
09:35mais la prévention doit aussi,
09:37doit aussi,
09:38pour être efficace,
09:41être en lien avec aussi la répression.
09:43Et donc, bien sûr,
09:44toute cette génération.
09:45Moi, je veux travailler pour ces jeunes.
09:46C'est ça l'engagement d'un maire aujourd'hui.
09:48Et les maires sont très importants en France,
09:50et que cette mauvaise histoire
09:53puisse permettre de l'importance des maires,
09:54au-delà de moi-même.
09:56On l'a bien entendu.
09:56C'est aussi un de mes messages.
09:58On l'a bien entendu.
09:58C'est là où l'État n'est pas présent,
10:00les maires sont là.
10:00On l'a en vue cet été,
10:02notamment avec les incendies,
10:03les maires qui étaient au front.
10:04Pour terminer,
10:04il nous reste 30 secondes,
10:06M. le maire.
10:06Vous dites pour que les habitants d'Alès
10:08vivent paisiblement.
10:10Vous, quand vous allez acheter le pain paisiblement,
10:12vous avez une protection policière derrière vous ?
10:14Eh oui, j'ai toujours pour l'instant
10:16trois officiers de sécurité qui me suivent.
10:18Je suis dans une voiture blindée.
10:20Tous mes déplacements doivent être prévus.
10:22Et voilà, c'est pas simple à vivre,
10:23mais je veux les remercier aussi
10:24de la sécurité qu'ils m'apportent.
10:26Et ça durera, le temps que ça durera,
10:27tant que cette affaire ne sera pas résolue.
10:30Et voilà.
10:31Donc on fait avec,
10:32on vit avec,
10:33on reste debout.
10:33Vous voyez,
10:34je me suis arrêté une seule semaine,
10:35comme d'habitude,
10:35chaque année.
10:36Et je travaille depuis,
10:37je suis présent.
10:38Et là, je vais à la foire d'Alès,
10:39celle du 24 août de la Saint-Barthélemy,
10:41pour rencontrer les habitants
10:42qui, du coup,
10:43sont aussi tout à fait adorables avec moi.
10:46Et ça, ça fait du bien aussi.
10:47Merci, ça fait du bien de vous entendre.
10:49Votre détermination ce matin sur RTL.
10:50On remercie Manon Meillère,
10:51la correspondante de RTL à Marseille,
10:53qui était à vos côtés pour la liaison technique.
10:54Merci, monsieur le maire.
10:55Merci beaucoup.
10:56Et merci.
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