00:00Vous avez eu un téléphone grand danger, comme on dit ?
00:02Vous, vous n'en avez pas eu ?
00:03Je n'en ai pas eu, parce qu'il n'y en avait plus.
00:05Alors, vous êtes interrogée durement aussi.
00:08Moi, c'est ça qui me frappe dans votre livre.
00:10Je vous le dis, ça m'a vraiment un peu plus pincé le cœur.
00:14Au procès, aux assises, vous êtes la victime qui se retrouve finalement à devoir s'expliquer
00:19et de manière cohérente auprès du juge, sous peine de passer pour quelqu'un qui exagère.
00:24C'est fou, ça.
00:26Racontez-nous cette personne.
00:27Alors, déjà, on se prépare.
00:28Je me suis préparée, et heureusement, avec mes psychologues et psychiatres.
00:31Et heureusement, j'étais prête, parce que je ne m'attendais pas du tout à ça.
00:35Effectivement, un président de cour d'assises, il est là pour juger, et il doit être impartial.
00:40Mais lorsqu'on entend des phrases...
00:42Alors, est-ce que vous êtes sûre qu'il vous a dit ça comme ça ?
00:45Comment est-ce que vous étiez habillée cette journée-là ?
00:47Oui, c'est à vous de vous justifier en permanence.
00:49Tout le temps, tout le temps.
00:51Vous avez eu un procès ouvert, comme on dit.
00:53C'est ce qu'avait souhaité Gisèle Pellicot, plutôt qu'un huis clos.
00:57Expliquez votre volonté.
00:58Il y avait un qualificatif de viol qui était retenu, c'est pour ça.
01:00Oui, tout à fait.
01:01Donc, j'avais refusé au départ.
01:02Je voulais un huis clos.
01:04Et puis, mon avocate m'a dit, écoutez, moi, je serai vous.
01:07Donc, on a discuté longuement.
01:08Pour votre vie de femme future, pardon.
01:11Ce n'est pas à vous d'avoir honte, c'est à lui.
01:15Donc, on y va.
01:17Donc, vous n'avez pas eu honte.
01:18À ce moment-là, vous aviez surpassé.
01:19Oui, exactement.
01:19J'avais travaillé suffisamment là-dessus pour pouvoir être...
01:23On y reviendra tout à l'heure avec le psychologue, en effet.
01:25Mais ce sentiment de honte, je pense que c'est important de s'arrêter sur ça
01:29et de faire en sorte que ça s'arrête tout court.
01:32Le procès, donc, il est condamné.
01:34Et alors, vous m'avez dit quelque chose d'édifiant,
01:35parce que le livre ne le raconte pas, ça.
01:37Il n'est pas allé en prison.
01:39Mais comment est-ce possible, Marie-Christine ?
01:41Parce qu'il a pris cinq ans.
01:43Et il avait fait un an de détention provisoire.
01:47Il était sorti avant le procès.
01:49Il s'est trouvé un CDI.
01:51Et avec ce CDI, son avocate a fait son travail.
01:54Il n'est pas retourné en prison.
01:55Il a eu un bracelet.
01:56Donc, vous êtes en train de nous dire que cet homme...
01:58Corrigez-moi, si je me trompe.
02:00Cinq ans de prison, deux avec sursis.
02:03Il a effectué un an de détention provisoire.
02:06Et donc, à ce titre, il a été remis en liberté sous bracelet.
02:09Qu'on a mis le bracelet bien après, quand même.
02:11Parce que c'était en décembre et le bracelet, il l'a eu en avril.
02:14Il faut lire le livre de Marie-Christine pour prendre la mesure de ce qu'elle a subi.
02:18Et je vous assure que si cet homme-là n'est pas allé en prison...
02:23Alors vraiment, je ne sais pas ce qu'il faut pour aller en prison aujourd'hui.
02:26Je vous le dis comme je le pense.
02:27Marie-Christine, vous restez bien sûr avec nous,
02:29parce qu'on a plein de questions à vous poser aussi avec les autres invités.
02:32Moi, j'ai envie de vous dire, on a envie de vous prendre dans vos bras
02:34et vous dire qu'on vous aime parce que vous êtes dignes d'être aimées.
02:37Et que ce qui vous est arrivé, c'est juste indécisible.
02:40Pardon, ça me donne vraiment envie de chialer, comme on dit communément.
02:45Bon, on va étendre le sujet.
02:47En tant qu'avocate, qui est spécialiste en plus, Nathalie Tomasini, de ce genre d'affaires,
02:53c'est pas...