00:00Est-ce que l'institution, selon vous, a véritablement conscience
00:06de la souffrance, en fait, qui est en train de gagner la police aujourd'hui ?
00:12Non, je le dis, je dis non, mais non, vraiment très, très appuyé.
00:17Très appuyé parce qu'on considère que, bon,
00:20on est presque payé pour filtrer toutes ces violences physiques et verbales.
00:26Je dis non, pourquoi ?
00:27Et le constat, il est affligeant, il y a eu des efforts de fait
00:30avec la mise en place de cellules psychologiques dans la police,
00:34mais il en faudrait trois, quatre fois plus.
00:35Vous avez aujourd'hui des policiers qui n'ont pas vu de médecins de prévention
00:39depuis plus de 20 ans.
00:40Ce n'est pas à cause du policier, c'est bien parce que l'institution
00:43ne donne pas les moyens, justement, à toute cette médecine de prévention,
00:47à élargir aussi le nombre de psychologues pour être, justement, proches de nous
00:51et de déceler lorsque ça ne va pas, parce que le mal, il est profond,
00:54il arrive tout doucement, nous sommes en contact avec la mort en permanence,
00:58nous allons sur des accidents mortels,
01:01nous allons faire des autopsies d'enfants de deux, trois ans,
01:04et vous avez en plus cette violence qui s'exprime à notre endroit
01:09et on doit en plus se montrer très rassurant vis-à-vis de la famille.
01:13On est obligé d'en subir les conséquences psychologiquement
01:16quelques années après un début de carrière.
01:19C'est obligatoire, c'est incontournable et on ne nous donne pas les outils
01:22pour justement mieux nous encadrer, mieux nous entourer
01:25et donc mieux nous protéger.