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  • il y a 2 mois
Ce mardi 25 août, François Sorel a reçu Didier Sanz, journaliste tech ; Thomas Serval, PDG de Baracoda et Frédéric Simottel, journaliste BFM Business. Ils sont revenus sur Apple qui se tourne vers la Chine pour ses puces mémoire, le programme d'Elon Musk sur le lancement de l'IA dans l'espace et la collaboration entre Mistral AI et une entreprise saoudienne, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:05Chaque soir, 19h20h30, on plonge dans l'actualité tech du jour sur BFM Business.
00:10C'est un rendez-vous exclusif, radio, télé, du lundi au jeudi, 90 minutes pour tout comprendre
00:16sur l'actualité de la tech avec des journalistes, des spécialistes, ceux qui font la tech aussi.
00:22Thomas Serval est avec nous, PDG de Baracoda, Didier Sens, journaliste tech,
00:26et bien sûr, Frédéric Simotel, journaliste dans notre belle maison.
00:31Alors, on évoquait justement l'explosion du coût de la RAM.
00:38Évidemment, tous les acteurs de l'électronique grand public trinquent avec cette explosion des tarifs.
00:45Vous savez qu'on risque d'avoir une très mauvaise surprise avec l'arrivée des nouveaux iPhones.
00:51On évoque des tarifs véritablement beaucoup plus élevés que les précédents.
00:56Apple est donc, bien sûr, au cœur de ce problème-là et essaie de trouver justement des alternatives.
01:05Et pourquoi pas la Chine ? Parce que la Chine, on peut trouver des composants de très bonne qualité,
01:10sauf qu'Apple aujourd'hui est confronté à un problème.
01:13Il n'a pas le droit d'acheter des composants électroniques à la Chine.
01:16Voilà. Parce que Trump dit, niais, c'est pas possible.
01:20Et Tim Cook ou John Ternu, je ne sais pas qui, essaie de trouver un terrain d'entente.
01:25Alors, tout ça est éminemment politique aussi, bien sûr.
01:28Comment ça se passe ? Qui commence là-dessus ?
01:31Didier, tu as un petit peu suivi le sujet, puis après Thomas, peut-être ?
01:33Oui, en fait, on le sait que Trump veut boycotter tous les produits qui viennent de Chine,
01:38notamment dans les produits qui peuvent concurrencer l'industrie américaine.
01:41Le problème, c'est que l'industrie américaine du microprocesseur,
01:44ça se réduit à Micron qui, malheureusement, n'a pas les moyens de faire face.
01:48Ou Intel aussi.
01:50Sur les mémoires, moins.
01:52Oui, Intel, oui.
01:54Et donc, bref, Tim Cook, à un moment, a levé le doigt en disant,
02:01bon, on n'arrive plus à trouver de la mémoire, ça coûte trop cher.
02:04Il y a des usines qui, justement, font ça très bien en Chine.
02:08Donc, Trump a tapé du poing sur la table en disant, hors des questions.
02:11Sauf que, là, depuis deux, trois semaines, on commence à parler du prochain sommet
02:16qu'il va y avoir entre la Chine et les États-Unis,
02:21où le président Xi va venir à Washington.
02:25Donc, c'est peut-être l'occasion de réchauffer un peu les relations américano-chinoises,
02:33y compris les relations commerciales et industrielles.
02:36Et donc, à ce moment-là, comme les conseillers de Trump lui expliquent
02:42qu'en gros, il va y avoir un gros problème, effectivement,
02:44d'augmentation des prix chez Apple, de pénurie de mémoire, etc.,
02:49on se dit que ce ne serait pas impossible, connaissant le président américain,
02:54qu'il retourne sa veste et que, finalement, il dise,
02:56OK, vous avez le droit d'exploiter des composants mémoires chinois,
03:01mais il y aurait un mais, et apparemment, il serait question
03:04de n'autoriser Apple à acheter des composants mémoires
03:08que pour ces produits qui seront destinés au marché chinois.
03:12Voilà.
03:12Ah !
03:13Donc, ce qui limite, quand même...
03:14Alors, c'est un gros marché, la chaîne pour Apple.
03:16Ce qui est quand même un soulagement, j'imagine, de stock et de pénurie pour Apple,
03:20mais qui ne réglera pas tous les problèmes.
03:22Non, ça ne réglera pas tous les problèmes.
03:23C'est clair.
03:24Thomas ?
03:24Et après Fred, bien sûr.
03:25Nous, on possède une usine qui s'appelle CareTech,
03:27qui est aux Philippines et qui fournit essentiellement des clients américains.
03:32Et qui fabrique quoi ?
03:33Pardon ?
03:33De la mémoire ?
03:34Qui fabrique de la mémoire ?
03:35Non, qui fabrique des objets connectés avec de la mémoire dedans.
03:37Enfin, ce n'est pas des téléphones, c'est des tablettes, c'est des miroirs intelligents,
03:41c'est toutes sortes de produits pour la beauté connectée, des masques.
03:45On en fabrique une vingtaine de millions de dollars.
03:48Sous d'autres marques, j'imagine.
03:49Sous les marques qu'on ne peut pas donner à la télé, mais on en fabrique beaucoup
03:51et c'est en pleine explosion.
03:52Il y a un an, un an et demi, on avait déjà un problème qui était que les fournisseurs
04:00occidentaux, il faut dire occidentaux parce qu'il n'y a pas que...
04:03Il y a des Japonais, ils commençaient déjà à ne plus fournir et les clients occidentaux
04:09voulaient des prix plus bas.
04:11Parce qu'il faut voir que la crise de la mémoire, elle ne provient pas du fait qu'il
04:13y a une pénurie structurelle, il y a le fait que les acheteurs voulaient toujours des
04:18produits moins chers.
04:20Et inversement, depuis cinq ans, les Chinois, qui faisaient des copies de toutes les puces
04:25pour leur propre marché, sont devenus de plus en plus compétitifs et donc quelque
04:29part pour chaque référence occidentale...
04:31Il y a l'équivalent chinois.
04:32Il y a l'équivalent chinois.
04:33Mais d'aussi bonne qualité.
04:35Alors, quand tu veux faire, je ne sais pas moi, un iPhone, et que ce que tu veux
04:42c'est stocker une image, la qualité de la mémoire, elle n'est pas la même que quand
04:47tu veux faire une puce d'IA hyper rapide.
04:48Il faut que ce soit fiable quand même.
04:49Il y a une question de fiabilité, mais il n'y a pas nécessairement...
04:52Donc il y a des questions de fiabilité, ça ils savent faire, mais ils ne sont pas
04:54aussi fins en gravure, ils ne sont pas...
04:56Donc c'est toujours une ou deux générations derrière ce qui se fait de mieux dans les
05:02japonais ou américains.
05:03C'est-à-dire que pour du stockage simple, ça va ?
05:05C'est du good enough.
05:06Et ce qu'on a depuis deux ans, c'est qu'on est passé de good enough à certaines
05:10puces qui sont à parité quasiment, sauf sur les modèles frontières à cause des
05:15TSMC, etc.
05:17Donc quelque part, aujourd'hui, tu as dans 90% des cas, une puce chinoise équivalente
05:22moins chère que la puce occidentale.
05:23Et c'est ça qui est important, quand ton centre de fabrication, il est dans la zone
05:27Asie, comme le coût du composant, c'est essentiellement de la logistique, parce qu'on
05:30ne comprend pas, on se dit, une puce, ça coûte son coût de fabrication plus la propriété
05:35intellectuelle.
05:35Donc ce qui compte, c'est d'amener la puce vers chez toi et on vend les puces en bobine,
05:39donc il faut les livrer.
05:39Alors à Shenzhen, c'est à dos en vélo, si tu veux, parce que c'est l'usine d'à
05:43côté, mais quand il faut la livrer à l'autre bout du monde, c'est beaucoup plus compliqué.
05:47Donc comme la supply chain d'Apple, elle est chez Foxconn, c'est clair que pour Apple
05:52acheter des composants chinois, c'est une aubaine en termes de coût, même pas le coût
05:58du produit, mais la logistique qui est associée à cette place.
06:00Parce qu'avec un peu de chance, elle est fabriquée à quelques kilomètres de l'arge.
06:03Et si en plus, après, il est rechipé vers les Chinois, tu comprends qu'ils font du circuit
06:07court électronique.
06:10C'est du locavore.
06:11Voilà, et donc en fait, aujourd'hui, tout l'enjeu, c'est que les puces chinoises
06:15ont été, à cause de la pression donnée sur les prix, quand t'es pas régulé, tu
06:20mets de la puce chinoise, il y a des clients, par exemple, sur le Medical Device qui n'en
06:23veulent pas, mais grosso modo, quand tu ne sais pas si c'est de la puce chinoise, quand
06:26tu as un produit premier prix, tu sais que t'es déjà sur des puces chinoises.
06:30Il y a les gros qui sont visibles, type Apple, où on dit « Ah, on veut pas que tu
06:33fasses ça », et donc quelque part, il y a une idée qui est en train de tomber, Apple
06:36n'a pas le choix, et surtout va se retrouver dans une position concurrentielle très
06:40défavorable par rapport à ses concurrents Samsung ou Xiaomi, parce que leur produit
06:46va coûter moitié moins cher avec des fonctionnalités qui ne sont pas équivalentes, plus très
06:51loin, surtout qu'on va faire des écrans flexibles.
06:53Mais on sait qu'Apple a un cahier des charges quand même assez exigeant pour justement
06:57la qualité de ses composants, etc., etc.
06:59Donc ils vont être obligés de baisser un petit peu cette qualité, tu penses ?
07:03Alors moi, ce que j'ai vu quand j'étais dans la supply chain d'une multinationale,
07:07c'est quand une supply chain veut vraiment, elle va voir le fabricant chinois et elle
07:11amène ses ingénieurs pour les aider à s'améliorer.
07:13Des contrôles.
07:14Et donc en fait, ce qui se passe, c'est qu'en fait, et c'est ce qui s'est
07:16passé
07:16depuis toute l'industrie européenne et à transférer son savoir-faire, c'est comme
07:20ça qu'on a appris aux Chinois à faire des téléphones.
07:21C'est Alcatel qui a appris aux Chinois à faire ses téléphones parce qu'on savait
07:24les faire et tout.
07:25Donc quelque part, aujourd'hui, tu vas avoir, une fois qu'Apple aura le droit, des ingénieurs
07:30d'Apple, il y en a une centaine ou même des milliers probablement chez Foxconn, qui
07:34vont arriver pour apprendre à leurs fournisseurs à faire des produits pour qu'Apple puisse
07:38les recevoir.
07:39Et nous, ce qu'on a toujours vécu, c'est quand un grand donneur d'ordre, quel qu'il
07:42soit, te choisit parce que tu as une compétence rare, il amène son savoir-faire pour
07:47t'aider à t'améliorer.
07:48Pour t'apporter vers l'excellence.
07:49On avait une usine qui était une sorte de petite, et là, on a dû livrer un produit
07:54pour Apple, et maintenant, les gens peuvent manger par terre.
07:57C'est-à-dire qu'au part, ce qu'on dit, il n'y a plus une poussière, on est
07:59passé
08:00à 10 niveaux de qualité, 5 certifications de plus, mais derrière, tu peux fournir
08:05Apple.
08:06Après, je pense qu'il y a un point qui commence à être soulevé déjà dans tout un tas
08:10de domaines, mais notamment dans ce domaine-là, ça va être la souveraineté.
08:13Parce qu'aujourd'hui, la souveraineté des données qui circulent, on va préférer
08:17quand même pouvoir contrôler cette chaîne-là.
08:19Bon, nous, ça va être compliqué en Europe, mais c'est quand même un point, je trouve,
08:22qu'on voit ressortir beaucoup plus.
08:24Alors là, comme tu l'as dit, ou c'est Didier qui l'a dit, Apple va récupérer des composants,
08:30mais pour les Chinois, donc là, pas de souci.
08:33Maintenant, avant qu'il les récupère pour les États-Unis ou pour d'autres pays,
08:37et même en France, on commence à...
08:39Enfin, moi, je te dis, j'ai discuté aujourd'hui avec des fournisseurs intégrateurs, tout ça,
08:44qui travaillent sur tout ça.
08:46Le critère souveraineté, ça devient quand même...
08:48Le problème, c'est la matière première.
08:50En Europe, on n'a pas la matière première pour faire des puces, des mémoires surtout.
08:53Mais tu vois, ce côté souveraineté, c'est pour ça que la partie chinoise,
08:57alors même si on fait de moins en moins confiance aux Américains,
09:02alors là, pour le coup, les Chinois, on ne leur fait pas du tout confiance.
09:04Donc, on va... Enfin, il ne faut pas se dire que la Chine va nous sauver de tout ça.
09:09Il va falloir... Et là, c'est vrai qu'aujourd'hui, on a une discussion très technique sur ce sujet
09:13-là.
09:13Mais est-ce qu'à ton avis, Trump va autoriser Apple, justement, à HCC ?
09:16Est-ce qu'ils ont le choix ou pas ? C'est ça, la question.
09:18Mais c'est...
09:19Parce que tu disais que...
09:20C'est même pas rationnel, je veux dire, c'est même pas...
09:22Non, non, non, c'est pas rationnel.
09:23C'est ce que je veux dire, c'est Trump, du jour au lendemain, il peut dire oui, et...
09:26Mais je ne sais pas si vous vous souvenez, parce que Trump est allé, donc, en Chine,
09:30rencontrer le président chinois.
09:34Deux jours après...
09:34C'est bien passé avec Poutine aussi, hein ?
09:36Non, et puis deux jours après, il y avait... En fait, il a explosé le coût de la douane.
09:42Enfin, il y a eu des pourcentages de douane qui ont été...
09:44Mon expérience de la douane, c'est ce que je dis, ça n'a rien de rationnel.
09:46Il n'y a rien de rationnel.
09:47Alors, Trump, lui, c'est jamais rationnel, c'est toujours...
09:52Mais derrière Trump, il y a Big American Business.
09:56Et tu verras qu'à chaque fois qu'une décision de Trump, au-delà des effets d'annonce,
10:00c'est-à-dire ce qui se fait réellement et ce que nous disent...
10:02C'est vrai qu'il y a le précédent de Nvidia.
10:03Non, mais je parle en connaissance de coût, je ne peux pas tout raconter à la télé, etc.
10:08Mais grosso modo, il y a derrière Trump des hommes d'affaires extrêmement charpes,
10:16qui savent quand et comment dire, et Trump ne va jamais contre l'intérêt du business américain.
10:23D'accord.
10:23America First, c'est d'abord le business américain.
10:27Donc, il trouve toujours des solutions.
10:29Elles ne sont pas toujours publiques, d'accord ?
10:31Trump, il y a ce qu'il dit et ce qu'il fait.
10:32Et dans toute la politique américaine aujourd'hui, il y a un énorme décalage.
10:38Par exemple, tu vois les effets des droits de douane.
10:41Le big business américain, il n'a pas été embêté, paradoxalement.
10:45Et en plus, on est maintenant dans la course au minterme, où grosso modo, Trump, c'est le pouvoir d
10:52'achat de l'américain qui va compter.
10:54Qui n'est pas flamboyant en plus.
10:56Non, c'est une catastrophe, parce que quelque part, donc à mon avis, tout ce qu'il va redonner du
11:00pouvoir d'achat à ses électeurs potentiels, il va faire ce qu'il faut.
11:04Il va continuer à faire son Trump, mais quand c'est sérieux, les Américains, c'est business first.
11:11Et donc, il ne faut pas trop réagir ou surréagir aux annonces de Trump.
11:14— Certes, mais encore une fois, il peut très bien décider que c'est la Chine et que la Chine,
11:22c'est hors de question, etc., etc.
11:24— Il y a toujours, toujours un deal avec Trump.
11:28Et d'une manière très surprenante, moi, j'ai vu une grosse boîte publique chinoise avoir une capacité à faire
11:35du business avec absolument tous les fournisseurs.
11:38Je ne vais pas donner le nom de la boîte, parce qu'on a des endis avec eux.
11:42Et ils sont dans un tiers des écrans dans le monde, et ils sont en train de faire du business
11:45like nobody.
11:46Et ils appartiennent au gouvernement de Pékin.
11:48— OK. Et ils vendent aux États-Unis sans problème.
11:52— On a des moyens détournés, j'imagine.
11:53— Il y a toujours une manière de faire des affaires avec les Américains, si...
11:58— Même si on est chinois.
11:59— Mais, moi, je te dis, on va quand même avoir...
12:03Enfin, cette histoire de souveraineté, les gens commencent à regarder un peu plus les entreprises.
12:07— Oui, mais on regarde et on se rend compte qu'on est à poil.
12:10— Ouais. — Parce que quand tu regardes...
12:11Moi, j'ai fait un papier, là, sur le truc.
12:13Quand tu regardes très, très sérieusement, ligne par ligne, où est-ce que tu es,
12:18en fait, ton seul problème et ta seule manière de faire, c'est d'avoir un truc type ASML en
12:21Europe
12:22pour avoir une sorte de monnaie d'échange pour que...
12:25Et c'est ce que Trump va dealer.
12:26Je crois qu'ils vont dire, voilà, tu veux de la mémoire pour Apple ?
12:28Ben, très bien.
12:29Dans ces cas-là, tu nous donnes des puces Nvidia.
12:32Enfin, les Chinois sont des commerçants.
12:34Trump est un commerçant.
12:35Et à la fin, aujourd'hui, les deux pays n'ont pas envie de faire la guerre.
12:39— Surtout pas les Chinois.
12:40— Non, mais les deux, les Américains, ils veulent pas la guerre.
12:43Et ils veulent même pas la guerre qu'ils ont déclenché.
12:46Donc, les deux pays ne veulent pas la guerre.
12:48— Tu parles du gouvernement ou du peuple ?
12:51— Les deux.
12:52Les deux.
12:53Aujourd'hui, les Américains qui ont voté pour Trump sont contre la guerre.
12:56Et le gouvernement américain a interdit à Trump de faire la guerre.
13:01Dans le cas de l'Iran.
13:02Donc, quelque part, il n'y a pas de gros conflits, à part attaque directe sur le soldat américain.
13:06Ils veulent faire du business et augmenter leur pouvoir d'achat.
13:09Ça va être le leitmotiv pour sauver les midterms pour Trump.
13:14— Intéressant.
13:15On va voir comment tout ça va évoluer.
13:17Je pense que ça bougera dans les semaines qui viennent.
13:20On reste aux États-Unis avec le dernier projet d'Elon Musk qui est peut-être en train de se
13:27concrétiser.
13:28En tous les cas, il a communiqué là-dessus sur X, bien sûr.
13:32Vous savez qu'aujourd'hui, cette course au data center pose, en tout cas sur Terre, de gros problèmes.
13:38Ça prend de la place.
13:39Ça pollue.
13:40Ça consomme beaucoup d'énergie.
13:42Parfois au détriment des riverains et des personnes qui sont tout autour.
13:46Ça fait du bruit.
13:47Enfin bref.
13:47Voilà.
13:49Et Elon Musk, depuis un certain temps, dit
13:51« C'est pas grave.
13:52Dans quelque temps, nos data centers seront dans l'espace, en fait.
13:55Ce seront comme d'immenses satellites qui feront des sommes de calculs phénoménales.
14:01Et toute cette intelligence redescendra la vitesse de la lumière sur Terre.
14:05Ce qui fait qu'en fait, on va déplacer les data centers et les mettre dans l'espace, tout simplement.
14:10Ça avance puisque, visiblement, le passage à l'échelle est prévu au quatrième trimestre 2027
14:17où la première entité de ce data center pourrait être lancée par Elon Musk, en partenariat avec Nvidia.
14:24Alors, ce seraient des trucs monstrueux.
14:27En fait, des satellites.
14:28C'est même pas des satellites.
14:29J'ai l'impression qu'on dirait des ISS, quoi, finalement.
14:31des gros trucs avec énormément de...
14:3570 mètres sur 20.
14:36Voilà.
14:37Non, mais rien que le radiateur, déjà, c'est 110 mètres.
14:40110 mètres.
14:40Vous vous rendez compte ?
14:41Donc, ça sera au-dessus de nos têtes à quelques centaines de kilomètres d'altitude.
14:46Et, visiblement, tout le monde est d'accord, quoi.
14:49C'est-à-dire qu'Entropique va louer de la puissance de calcul là-dessus.
14:54Enfin, voilà.
14:54Donc, il y a déjà un business model.
14:57Google prépare le projet identique.
15:00Et donc, c'est en train de se mettre en place.
15:02Et pour Elon Musk, tout va s'accélérer fin 2027 et en 2028.
15:07Ouais, c'est...
15:08Qu'est-ce que tu en penses, Disier ?
15:09Tu sais ce que j'en pense, moi, le problème, c'est que les Américains sont en train de privatiser
15:14l'espace d'une manière qu'on n'a jamais vue.
15:16On sait très bien que cette solution-là, pour que ça marche, comme il n'y a pas...
15:20C'était Yves qui expliquait ça la dernière fois.
15:22Comme il n'y a pas d'air dans l'espace, c'est génial de dire, oui, regardez, ils vont
15:26se refroidir naturellement puisque l'espace est froid.
15:32Non, il faut une dissipation thermique qu'il n'y a pas puisqu'il n'y a pas de circulation
15:35d'air.
15:36Donc la dissipation thermique, elle est dépendante de la chaleur que dégage le serveur.
15:43Et plus le serveur...
15:43Ça veut dire par là qu'il peut faire chaud à l'intérieur de ces entités, et très froid à
15:47l'extérieur, c'est pas pour autant que ça va se refroidir.
15:49J'imagine que les ingénieurs ont trouvé une solution quand même.
15:52Comme avec les microprocesseurs sur une carte mère, il faut des radiateurs qui dissipent la chaleur.
15:57Et la taille de ces radiateurs est proportionnelle à la quantité de chaleur que dégage le data center, d'où
16:02ces panneaux de 110 mètres.
16:04Qu'est-ce que ça veut dire ? Il veut mettre un million de ces data centers dans l'espace,
16:10qui sont ces énormes satellites qui font, dit-il, 110 mètres, mais qui vont faire beaucoup plus.
16:14Parce qu'à mesure qu'on va avoir besoin de puissance de calcul, ils vont produire de plus en plus
16:17d'énergie.
16:17Parce que d'après ce que j'ai compris, ils seront modulaires.
16:19C'est-à-dire qu'après on pourra les...
16:22Modulaire à la fois pour les agrandaires, et modulaire à la fois aussi pour la maintenance.
16:26Et oui, parce que les cartes, au bout de deux ans, elles sont obsolètes.
16:30Là, on a quand même un peu de data, de choses.
16:34Quand on voit la station spatiale, on voit un peu le vieillissement des choses.
16:38Mais on va quand même aussi un peu dans l'inconnu.
16:40Je suis sûr qu'ils ont modélisé tout ça par rapport à l'atmosphère, etc.
16:44Mais on connaît pas bien le niveau.
16:47Tu parlais des différences de température.
16:49Quand d'un coup le soleil donne sur toi, et puis quand il fait nuit noire,
16:53le vide sidéral, il n'y a pas d'air.
16:55Il y a des micro-météorites qui défilent.
16:59Quel va être le comportement un peu de ces matériaux, de cette ingénierie,
17:03au bout de deux ans, trois ans dans l'espace.
17:05Ça pousse beaucoup.
17:07Thomas Pétine, il n'en peut plus.
17:08Il a envie de prendre ma part.
17:10Je finis avec ça.
17:12On a déjà le problème avec la constellation de satellites qu'il y a au-dessus de notre tête.
17:15On sait très bien qu'au bout d'un moment, parfois au bout d'un an,
17:19au bout de deux ans, au bout de trois ans, il se casse la gueule.
17:21Et quand il se casse la gueule, il y a deux solutions.
17:23Soit ils sont désintégrés et ils finissent en poudre, etc.
17:27Soit il y a des particules qui n'arrivent pas à se désintégrer
17:30et qui finissent dans les déserts, dans la mer, etc.
17:35Le problème, c'est que les scientifiques n'ont mesuré que n'importe quel satellite
17:39qui se désagrège.
17:41Ils produisent des vapeurs de je ne sais plus quoi, d'aluminium, de silicium, de cuivre, etc.
17:46qui modifient la couche d'ozone et qui contribuent encore plus à sa dégradation.
17:54Donc, ça serait bien de faire une espèce de moratoire et de dire
17:57« Ok, vos idées futuristes, c'est génial.
18:02Effectivement, on pensait peut-être avoir trouvé la solution idéale
18:06pour mieux refroidir les data centers,
18:08éviter les problèmes de pollution d'énergie, etc.
18:12Mais laissez-nous le temps d'étudier la faisabilité
18:15et surtout les risques que ça peut produire pour la planète
18:17et pour l'environnement, c'est tout. »
18:21Non, non, ce n'est pas ça.
18:22Les Américains, mon avis sur ce sujet, c'est que, d'abord,
18:25chapeau l'artiste de vendre quelque chose que tous les physiciens t'expliquent
18:28que ce n'est pas possible.
18:30Mais, d'une certaine manière, ça me rappelle,
18:32pour faire écho au début de l'émission,
18:33ça me rappelle quand on a fait le projet Wing
18:35avec ses fameux drones en disant « On va essayer de… »
18:39Elon Musk, au début de ses projets,
18:41il y a plein de spécialistes qui disaient que ça ne marcherait jamais.
18:44Des lanceurs qui réatterrissent.
18:46Je me souviens qu'à l'AISA, là, ici,
18:49ils disaient que ce n'était pas possible.
18:50Mais c'est pour ça qu'il y a toujours une différence
18:51entre la science et l'ingénierie.
18:53Je pense que c'est très intéressant pour le progrès humain
18:57qu'on tente ça, puisque ce que dit la science…
19:00Il n'y a pas de progrès humain si on n'arrive plus
19:01à avoir les rayons de soleil tellement il y a cette téléconnerre.
19:04Ce n'est pas le progrès humain.
19:06Le progrès humain, c'est d'avoir des mini-centres de données
19:09de plus en plus réduits et qui consomment de moins en moins d'énergie.
19:13Les découvertes qui ont été faites dans la station spatiale
19:15pour faire des expériences,
19:17elles ont été rendues à l'humanité d'une certaine manière.
19:20Là, il y a eu vraiment des découvertes
19:22qui ont été faites sur la science des matériaux
19:23qu'on y a dans…
19:24Ça n'a rien à voir avec une exploitation commerciale de l'espace.
19:26Mais là, on n'est pas du tout à l'exploitation commerciale de l'espace.
19:28L'exploitation commerciale de l'espace,
19:30on l'a déjà malheureusement perdue,
19:31parce qu'avec l'incapacité qu'a eu l'Europe
19:34à défendre OneWeb contre Starlink
19:36alors qu'on avait tout ce qu'il fallait,
19:38maintenant, on va se retrouver avec un million
19:40de satellites au-dessus de la tête.
19:41Est-ce qu'on a les moyens d'en empêcher ?
19:43Non.
19:45C'est les Chinois qui vont peut-être faire un peu la guerre dans l'espace,
19:47mais nous, on n'a pas les moyens d'en empêcher.
19:49Il y a effectivement un challenge de science
19:52qui est aujourd'hui, ce que dit la science,
19:54c'est ce qu'ils racontent, ça ne marche pas.
19:57Et donc, est-ce que les ingénieurs vont trouver une solution
20:00pour que la science, qui a quand même la tête dure,
20:03parce que tu commences à expliquer,
20:04mais je peux te donner aussi tous les problèmes d'amplitude, de température.
20:07Si les côtés soleil, on est à 200…
20:09on est à peut-être de 500 degrés,
20:11et quand on est côté on, on est à moins de 260.
20:14Donc, quelque part, on a tellement d'amplitude thermique
20:17qu'aujourd'hui, les matériaux,
20:18on ne sait pas vraiment comment ils vont régler le problème.
20:20On se dit, il faut qu'il y aura beaucoup de pollution,
20:23parce qu'il y aura…
20:24Donc, on sait qu'il y a énormément de problèmes.
20:27Après, moi, je pense que si ce produit commence à arriver,
20:31il va y avoir des bénéfices à prendre,
20:33à résoudre certains nombres de problèmes,
20:34parce que ce qu'achète NVIDIA,
20:36et c'est là, il ne faut pas se tromper,
20:37ce qu'achète NVIDIA, Anthropix,
20:39que ce problème d'avoir de la capacité de calcul
20:42qui ne coûte pas trop cher,
20:43qui ne coûte pas cher,
20:44ça reste un problème endémique aujourd'hui
20:47de l'ensemble de l'industrie de l'IA.
20:49Donc, je pense qu'il ne faut pas surinterpréter
20:52ce que racontent les mecs qui disent…
20:54Moi, quand j'étais chez Google, j'ai vécu ça.
20:55Les gens te disent, j'ai un truc qui peut faire ça.
20:57Je te dis, si jamais ça marche,
20:59je mets de l'argent.
21:00Ça ne m'engage à rien.
21:01Ça ne m'engage juste à te laisser prendre le risque,
21:04de voir si tu peux me prouver que ça marche.
21:05– Bien sûr, je te récompense si ça marche
21:08en rachetant ce que tu es en train de faire.
21:09– Ou je te prends de la capacité.
21:11– Oui, je prends de la capacité.
21:11– Et donc, c'est bien que ça existe comme ça.
21:13Ça fait, à ce stade, pas de mal à la planète,
21:16même si, si jamais ça marche,
21:18il faudra quand même se poser la question.
21:19Et il est probable que, un, ça ne marche pas
21:21tel que c'est prévu,
21:22mais qu'il n'est pas impossible
21:23qu'on trouve des choses très intéressantes
21:25pour avancer la science
21:26qui pourraient nous servir
21:27dans l'ensemble des choses qui existent sur Terre.
21:29– Bon, écoutez, là aussi…
21:30– Je suis contre le principe de précaution.
21:31– Fin 2027, mais je suis persuadé
21:33qu'Elon Musk a déjà craqué le truc.
21:35Ce n'est pas possible.
21:35– Fin 2027.
21:36– Et puis, il y aura la réglementation aussi.
21:39– Mais pour l'instant, il craque aussi.
21:41– La réglementation à Elon Musk, franchement…
21:42– C'est l'administration Trump qui…
21:44– Exactement.
21:48On revient en France
21:49avec ce joli deal signé Mistral,
21:54notre champion français de l'IA,
21:56parce que c'est vrai que, depuis tout à l'heure,
21:57on met à mal quand même
21:58toute l'innovation européenne
22:00et toute notre capacité quand même
22:03à nous défendre face aux géants américains et chinois.
22:06Mais on a quand même des choses sympathiques.
22:08Et notamment Mistral
22:10qui annonce cette collaboration stratégique
22:12de plusieurs centaines de millions d'euros
22:14pour développer et déployer
22:15des solutions d'intelligence artificielle
22:17en Arabie Saoudite.
22:19Et tout ça, évidemment, a été,
22:21on va dire, concerté
22:23et synchronisé
22:25avec la visite de Mohamed Ben Salman.
22:28C'était il y a quelques jours
22:29avec, évidemment, le président Macron.
22:31Je voulais avoir votre point de vue là-dessus
22:33parce que c'est plutôt pas mal.
22:36On voit que Mistral enchaîne les deals,
22:39hein, Fred ?
22:40C'est plutôt cool.
22:41– On enchaîne les deals
22:42à la fois avec des institutions privées.
22:44– Oui, Microsoft, on se souvient,
22:45justement, on était.
22:46– Là, ils ont signé une Microsoft
22:48pour 10 ou 12 milliards.
22:49– Oui, c'est énorme.
22:50– Il faut qu'ils cherchent.
22:53Mistral ne s'en sortira pas
22:54juste avec du service
22:56ou avec ses frontières modèles.
22:58Il faut qu'il ait du compute.
23:01Donc, voilà, il faut qu'il ait des clients
23:02qui fassent tourner des choses
23:03sur ses machines.
23:04Donc, il est en train de monter
23:06ses data centers à droite gauche.
23:07Là, il y a quand même
23:08ce débouché sur la partie saoudienne.
23:13Et on peut imaginer que...
23:15Parce que Mistral vend beaucoup ça.
23:16Moi, je reviens sur mon thème
23:17de la souveraineté.
23:18Mais il vend beaucoup ça.
23:19Il va dire, regardez-nous,
23:20on le fait en France.
23:21En Arabie Saoudite,
23:22il faut que vous ayez des trucs
23:23avec votre langue,
23:24avec votre culture et tout ça.
23:26Et la Mistral peut vous aider
23:27à développer ça.
23:29– D'accord.
23:30– Non, mais ça tombe bien
23:31parce que l'IA,
23:33c'est quand même au cœur.
23:34Enfin, les Saoudiens,
23:34parmi les pays producteurs de pétrole,
23:37c'est parmi les seuls
23:38qui sont en train d'avancer
23:40un peu dans cet univers.
23:41Les autres essaient encore
23:42de jouer sur leur ronde,
23:43de voir comment ils vont pouvoir...
23:45Eux, ils investissent vraiment énormément
23:47avec des projets parfois avortés
23:48et tout ça,
23:49mais qui commencent à avancer.
23:51Et voilà,
23:52donc ça leur fait un accès
23:53à un nouveau marché.
23:55maintenant, voilà,
23:56il faut passer à l'échelle.
23:58– Thomas, Mistral ?
24:00– Alors...
24:03– Bonjour.
24:05– Bon, Mistral,
24:07d'abord, il faut faire attention,
24:09c'est une très belle boîte française.
24:11Elle doit réussir,
24:13pour justifier sa valorisation,
24:14de 12 milliards de faire une IPO.
24:16Et à la fin des fins,
24:18pour qu'une boîte survive,
24:19il faut qu'elle gagne de l'argent.
24:20Et donc, aujourd'hui,
24:21elle coûtait beaucoup d'argent.
24:24Elle a un problème
24:25de business model fondamental.
24:26C'est-à-dire, quelque part,
24:27avant, elle vendait,
24:28qu'elle faisait des modèles,
24:29on s'est rendu compte,
24:30puisqu'ils l'ont annoncé,
24:30que ce n'est pas leur modèle.
24:32Ce sont des modèles chinois
24:33qui sont entraînés
24:34sur des données européennes.
24:36Donc, c'est là où il faut commencer.
24:38C'est ce genre de souveraineté.
24:39La réalité, c'est que malheureusement,
24:41on est dans un monde interdépendant
24:43et que notre souveraineté...
24:43– Je crois que souveraineté,
24:44c'est l'exploitation des datas.
24:45– D'accord.
24:45– Parce que, quelque part,
24:47tout le monde utilise ce mot
24:49et donc, il faut être assez précis.
24:50Donc, aujourd'hui,
24:51c'est un champion français
24:53qui fait un deal.
24:53Moi, ça me ressemble énormément
24:54au deal militaire.
24:56Ils ont acheté des Mirages,
24:58ils ont acheté des Rafales.
24:59L'Arabie Saoudite a gardé cette logique
25:01de ne pas être que dépendant
25:02de leurs grands fournisseurs américains.
25:05Ils envoient un message
25:06qui plaît politiquement à la France
25:08de dire,
25:08j'ai acheté à Thalès des Radars,
25:10j'ai acheté à Mistral,
25:11qui est maintenant une boîte
25:12du portefeuille
25:13de la souveraineté française.
25:14Et c'est très bien.
25:16– Un truc très important
25:18chez les Saoudiens,
25:18j'ai dirigé cette région
25:19quand j'étais chez Google,
25:21il y a une très grosse différence
25:22entre l'annonce d'un deal,
25:24la signature du deal,
25:26l'exécution de ce deal
25:28et le paiement de ce deal.
25:30Et chacun est un autre deal.
25:32– D'accord.
25:33Donc, tu veux dire par là
25:34que les centaines de millions
25:35d'aujourd'hui
25:37ne sont pas garantis
25:39lorsqu'il s'avancera ?
25:40– À chaque fois que j'ai traité
25:42dans cette région-là,
25:46entre signer le contrat,
25:47le faire exécuter,
25:49se faire payer,
25:50c'était un autre contrat.
25:52– Ok.
25:52– Donc, il faut faire attention
25:54parce que moi,
25:54actionnaire demain,
25:55potentiellement de Mistral
25:56qui veut votre ordre de rembourse,
25:57les effets d'annonce,
25:59c'est ce que ces royaumes…
26:00– Donc ce parc d'attraction
26:01en région parisienne,
26:02on n'est pas près de l'avoir alors ?
26:03– Je ne sais pas,
26:04mais il y a…
26:05– Parce que ça fait partie
26:06du deal aussi
26:07qu'il y a eu entre les deux pays.
26:08– Oui, il y a une volonté
26:09politique forte aujourd'hui
26:10de l'Arabie Saoudite
26:12supportée par la politique
26:13très réussie
26:14d'Invest in France
26:15dans Macron.
26:17Il faut quand même reconnaître
26:18qu'il y a des fois…
26:19On a rendu la France attractive,
26:20on a besoin
26:21que les investisseurs étrangers
26:22investissent dans la techno française.
26:24Maintenant,
26:24si on regarde les montants
26:26et puis après,
26:26si on regarde entre l'annonce
26:27et ce qui va être effectivement fait,
26:29ce qui manque le plus
26:30dans ces trucs-là,
26:31c'est qu'est-ce qui se passe
26:31entre l'annonce
26:32et la réalisation.
26:33Et c'est ça le truc
26:34sur lequel il faut
26:35qu'on soit vigilant.
26:35– Alors, moi,
26:36il y a un truc qui me choque,
26:37c'est…
26:38Alors, donc, effectivement,
26:39il faut remettre l'idée
26:40de souveraineté un peu
26:41là où elle est normalement.
26:42Quand on parle de souveraineté,
26:43c'est vraiment
26:44sur les technologies de base
26:45et là, on n'y est pas entièrement.
26:46– Moi, je parle de l'adaptor
26:47encore une fois.
26:47– Mais je suis d'accord.
26:48Je suis d'accord.
26:49Mais c'est pour les spectateurs
26:50qui comprennent bien,
26:51on ne parle pas forcément
26:52de la même chose.
26:53Maintenant, ce deal,
26:55on n'a pas de détails.
26:56Qu'est-ce qu'ils nous disent ?
26:56Ils nous disent
26:57« On va développer et déployer
26:59des solutions d'intelligence artificielle
27:00en Arabie Saoudite. »
27:01Tu remplaces Arabie Saoudite
27:03par Capgemini,
27:06par Crédit Lyonnais,
27:07par…
27:07– BNP ?
27:08– BNP.
27:09Ils vont faire quoi ?
27:09Ils vont faire un deal
27:11pour aller jouer les ESN,
27:13donc les sociétés
27:14de services numériques,
27:15dans un pays
27:16et leur fournir
27:17des ingénieurs,
27:20des solutions
27:21et des machins qui…
27:22– Oui, mais c'est l'accès
27:23au PIF, là,
27:24comment ça s'appelle ?
27:25– Au fonds public
27:27et à l'Arabie Saoudi.
27:27– Au fonds publics.
27:28– Non, mais ce que veulent
27:30les Saoudiens,
27:30c'est du transfert de technologies.
27:32Ils veulent s'autonomiser
27:33sur ce domaine-là.
27:34C'est une très bonne question
27:35pour savoir ce qui va se passer.
27:36– C'est là où je te dis,
27:37c'est pour ça,
27:38pour traiter leur data,
27:39parce qu'aujourd'hui,
27:40tous les biais,
27:41tout ce qu'on peut connaître
27:43culturellement avec l'IA,
27:44dans les pays arabes,
27:48les pays d'Afrique,
27:50la culture,
27:50elle se transmet beaucoup
27:51par la voie.
27:52– Non, ça, c'est un gros sujet,
27:53mais je ne suis pas sûr
27:53qu'on le traite en 2020.
27:55– J'ai une chose,
27:56on a quand même
27:56quelques précisions
27:57concernant la nature
27:58de ce deal.
27:59Les entreprises travailleront
28:01sur des modèles
28:02dédiés à la cybersécurité,
28:04reconnaissance vocale
28:05et à la langue arabe.
28:06– Ça existe déjà ?
28:07– Oui, non,
28:08c'était pour préciser
28:10un petit peu ce que tu disais.
28:11On a quand même
28:11quelques pistes.
28:12– Oui, mais c'est vrai
28:13que c'est quand même
28:13très général.
28:14– C'est très large.
28:15Encore une fois,
28:16c'est des missions
28:16qu'on confie à Capgemini
28:18ou à...
28:20– Mais c'est très bien,
28:20il ne faut pas qu'on fasse
28:22tourner les Français.
28:22C'est formidable,
28:24il faut qu'on fasse
28:24plus de deals comme ça
28:25et il faut qu'il n'y ait pas
28:26que Mistral.
28:27Pour moi, aujourd'hui,
28:28le plus grand risque
28:29aujourd'hui qu'à l'Europe,
28:30c'est de dire...
28:31Parce qu'il y avait en Europe
28:32sur les modèles
28:33soi-disant souverains,
28:34il en restait deux.
28:35Il y en avait un
28:35qui s'appelait Aleph Alpha,
28:36qui était allemand,
28:37qui vient d'être racheté
28:38par des Canadiens,
28:39Coïr,
28:39et puis il y avait Mistral.
28:41Donc moi,
28:41ça m'inquiète plus
28:42de voir que,
28:44contrairement à la Chine,
28:44on voit de plus en plus
28:45de labos d'IA arriver,
28:46on va probablement faire
28:47des choses dans ce domaine,
28:48arriver sur le marché,
28:51on voit que l'écosystème
28:53européen,
28:54derrière Mistral,
28:54qui est un peu le...
28:56C'est en train de se...
28:58de s'affaisser,
29:00en fait, tout simplement.
29:01Avec, d'un côté...
29:02Bon, il y a la promesse
29:02d'Amy Labs,
29:03de Yann Lequin.
29:04Oui, mais là, c'est de la R&D,
29:05c'est pas encore du business.
29:06Mais on peut imaginer
29:08que demain,
29:08ce sera un business.
29:09Oui, mais en même temps,
29:11t'as, je crois,
29:1365% des modèles
29:13de point de source.
29:14Mais si on ne le fait pas,
29:15si on n'y va pas,
29:16si on ne le fait pas,
29:17on dira...
29:17Non, mais il faut y aller.
29:18Aujourd'hui, sur le cloud,
29:19tu vois, c'est là où je dis
29:20qu'il faut...
29:21Moi, je suis...
29:22Avec toutes les réserves
29:23qu'on peut avoir,
29:24mais moi, je dis qu'il faut
29:24soutenir tout ça.
29:26Parce qu'à un moment,
29:27on pourrait dire aussi,
29:27attendez, ça sert à quoi
29:28de filer 2 milliards
29:30à Mistral,
29:31alors qu'avec 2 milliards,
29:32on va mettre des climatisations
29:33dans toutes les écoles,
29:34tous les hôpitaux et tout ça.
29:35Oui, mais si on ne fait pas ça...
29:37Je dis exactement
29:38la même chose que toi.
29:39Je dis, ce qui manque,
29:40ce n'est pas que Mistral signale
29:41il, c'est qu'il manque
29:42une centaine de bouts
29:43de sociétés d'IA
29:46qui exploitent verticalement.
29:47On n'a pas la taille
29:48pour avoir une centaine de...
29:49Bien sûr que si.
29:50On a un marché
29:50sur lequel les Américains
29:51prennent 80...
29:52450 milliards.
29:53Oui, mais nous,
29:54aujourd'hui, qu'est-ce qu'on a ?
29:54Tous nos polytechniciens,
29:56je vois,
29:58tous les petits jeunes,
29:59sur quoi ils sont aujourd'hui ?
30:00Ils sont en train de monter
30:01tous des petites boîtes de cloud,
30:03des néoclouds et tout ça,
30:04d'investir des centaines de millions
30:05pour avoir de l'infrastructure
30:06en compute.
30:07C'est ça, notre problème aussi,
30:08c'est que ce qui rapporte
30:09de l'argent aujourd'hui,
30:10c'est de faire du compute,
30:11de proposer
30:12de la ressource de calcul.
30:14Et donc,
30:15ils s'engouffrent tous là-dedans
30:16et c'est sûr
30:17que la couche au-dessus,
30:18on y est moins.
30:20Et Mistral trouve son...
30:22Pour moi,
30:22Mistral va trouver aussi
30:23sa rentabilité
30:24à avoir
30:25ses infrastructures
30:26de calcul.
30:28Et du coup,
30:28être sans doute
30:29un peu moins bon
30:30sur un modèle frontière global,
30:32mais ça, on le sait.
30:33Par contre,
30:33en allant dans des niches
30:36vers des industriels,
30:38vers des pays de l'Etat,
30:38ils peuvent s'en sortir.
30:39Rapidement, Thomas,
30:40s'il te plaît.
30:41La réglementation européenne,
30:42notamment pour tous
30:43les domaines réguliers,
30:44force l'ensemble
30:45des fournisseurs
30:45à avoir plusieurs fournisseurs.
30:47Aujourd'hui,
30:47on a même un problème,
30:48si je suis une banque,
30:49aujourd'hui,
30:49j'ai une réglementation
30:50qui s'appelle Dora,
30:51j'ai Mistral,
30:52et je n'ai pas d'alternative.
30:54Si, mais elle n'est pas française.
30:55Non, mais je n'ai pas
30:56d'alternative européenne,
30:57etc.
30:57Et en fait,
30:57on se retrouve avec
30:58des règlements AI Act,
31:00etc.,
31:00qui demandent
31:01d'avoir des fournisseurs
31:01et on n'a pas été foutus
31:03alors qu'on a
31:03l'environnement réglementaire
31:04d'avoir des offres
31:11qui va être investi
31:11dans la souveraineté
31:12juste de la finance
31:14en France seulement.
31:15Donc, quelque part,
31:16il y a des choses à faire.
31:17Effectivement,
31:17il faut envoyer
31:17les bons signaux
31:18aux entrepreneurs
31:19pour qu'ils aillent
31:19sur les bons sujets.

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