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00:04RTL Matin 7h41, langue éco maintenant avec vous François Langlais.
00:10Le président américain Donald Trump espère cette fois faire tomber l'Iran,
00:14mais sans frappe, en menant une guerre économique contre son adversaire.
00:18Est-ce que ça peut marcher ?
00:19Non, non, non, ça ne va pas fonctionner.
00:22En fait, l'Amérique de Trump n'en a pas les moyens,
00:24et je vous dirais même, si elle les avait, elle hésiterait à les utiliser.
00:28Et pourtant, les responsables américains ont utilisé des mots très durs,
00:32ils ont même comparé au D-Day, le débarquement de 44 ans en Europe,
00:35les sanctions économiques qu'ils prennent.
00:37C'est du baratin, parce que les Etats-Unis butent sur deux difficultés.
00:42D'abord, l'Iran a une économie qui s'est construite autour des sanctions.
00:46Il faut rappeler que celles-ci sont en vigueur depuis 1979,
00:50avec quelques brèves interruptions.
00:52Le pays a donc développé d'innombrables canaux parallèles de transactions financières,
00:57via le Moyen-Orient, la Chine, et puis d'autres places offshore.
01:01Il a fait de même pour le transport des marchandises qu'il vend et qu'il achète,
01:04en transbordant en bateau, d'un bateau à l'autre,
01:07les marchandises à mesure que les partenaires sont identifiés et sanctionnés.
01:10Et ça fait 50 ans que ça dure.
01:12Dès qu'un intermédiaire est identifié, il est remplacé par d'autres.
01:16L'autre problème de l'Amérique, c'est la Chine.
01:19Pourquoi la Chine ? Qu'est-ce qu'elle vient faire là-dedans ?
01:21Pour isoler économiquement l'Iran, Washington prend ce qu'on appelle des sanctions secondaires,
01:27qui frappent ceux, entreprises ou individus, qui commercent avec les mollas.
01:32Ces sanctions, c'est l'interdiction d'utiliser les systèmes financiers internationaux,
01:36contrôlés de facto par l'Amérique.
01:38C'est l'interdiction d'utiliser le dollar, bien sûr de faire du commerce aux Etats-Unis.
01:43Et à ça peut s'ajouter une pénalité financière.
01:46Or, le plus gros partenaire commercial de Téhéran, c'est Pékin, qui absorbe entre 80 et 90% du pétrole
01:53iranien.
01:54Au cours du mois d'août, le mois d'août actuel, la Chine a ainsi acheté 500 000 barils par
02:00jour à l'Iran.
02:01Toujours avec ces circuits parallèles très mobiles, où les acteurs de l'ombre se substituent les uns aux autres.
02:07En bonne logique, Washington aurait dû frapper à la tête de ce système les banques chinoises, qui financent ce trafic.
02:13Ce qui aurait été un gigantesque problème pour elles, parce qu'elles ont besoin du dollar et des paiements internationaux.
02:18Mais Trump ne l'a pas fait.
02:19Il a tapé d'obscures sociétés de Hong Kong, des Chinois aussi, mais pas les gros.
02:24Et pourquoi il ne le fait pas ? Qu'est-ce qu'il retient ?
02:26La dernière fois qu'il s'est mesuré au président chinois Xi Jinping, c'était au moment de la guerre
02:31des tarifs, souvenez-vous.
02:32Il a dû en rabattre, parce que l'autre menaçait de couper l'approvisionnement en terres rares.
02:36Ce sont des matériaux essentiels pour l'industrie de pointe américaine.
02:40En plus, il y a un sommet entre les deux chefs d'État le mois prochain.
02:44Bon, ce n'est pas le moment de se brouiller.
02:46Et puis, il y a une dernière raison.
02:48À son habitude, Trump braille sur les réseaux sociaux avec des termes insultants.
02:52Mais en réalité, il compte sur la Chine.
02:55Le seul pays qui peut exercer une influence modératrice sur l'Iran.
02:59Quant aux Chinois, s'ils protègent l'Iran, ils aimeraient aussi voir la situation s'apaiser et les prix du
03:05pétrole redescendre.
03:06Parce qu'ils restent les plus gros acheteurs de bruts du monde.
03:09Merci François Langlais.