00:00Tout est choquant de A à Z.
00:02Il y a tout dans cette histoire, absolument tout.
00:03Il y a l'âge de la victime qui est évidemment traumatisé.
00:07On parle, et on a raison d'insister sur le profil de l'auteur,
00:09mais il faut aussi voir le profil de la victime, traumatisé,
00:12parce que c'est toujours pareil, la vulnérabilité de cette dame,
00:14à aucun moment ça ne va le retenir.
00:16C'est le prétexte, c'est l'opportunité.
00:18Et c'est ce qui explique que vous avez des très jeunes victimes,
00:20comme de très vieilles victimes.
00:21Derrière, il y a effectivement le profil du monsieur,
00:23c'est-à-dire qu'on est un multi-récidiviste.
00:25Chaque fois qu'on a un multi-récidiviste,
00:26c'est la preuve que le système ne fonctionne pas.
00:28Quelqu'un qui a été interpellé,
00:29qui a déjà passé entre les mains de la justice,
00:31il a reçu une condamnation,
00:32il a même reçu une interdiction du territoire français.
00:34Qu'est-ce qu'il fait là ?
00:35C'est aussi simple que ça.
00:36Mais là où on doit s'interroger,
00:38c'est quoi ce principe des ITF,
00:40des interdictions du territoire français ?
00:42Ce n'est pas la notification administrative de l'OQTF.
00:44C'est une décision de justice.
00:45Ce qui veut dire qu'il va en prison,
00:46et quand il sort normalement, c'est reconduit de frontière.
00:48Sauf que ce qu'on constate,
00:49c'est que pour les OQTF ou pour les ITF,
00:51si pour X raison, le pays d'origine ne le reprend pas,
00:55quand il sort de prison, il ne va pas chez lui,
00:56il va en CRA.
00:57Et nous, en CRA, il y a des délais qui sont maximums,
01:00qui sont trop contraints.
01:01En ce moment, on a l'Union européenne
01:02qui permet d'avoir des largesses par rapport à ça,
01:04de gagner en durée de rétention,
01:06avec le règlement retour.
01:07Ça peut aller jusqu'à deux ans.
01:09Vous noterez que s'il avait fait sa peine de prison
01:11plus les deux ans en centre de rétention administrative,
01:12ça ne se serait pas produit.
01:13Mais parce qu'on ne se saisit pas de ces outils-là,
01:15qu'on a pourtant à disposition.
01:17Donc on voit toutes les lacunes du système,
01:18à la fois sur l'enjeu diplomatique,
01:19sur l'enjeu de sécurité, tout simplement,
01:22sur les capacités de justice,
01:24et sur l'aspect des lacunes procédurales.
01:27Oui, il y a une lacune.
01:28Oui, il y a une erreur de procédure
01:29qui permet, qui contraint même la justice
01:32à relâcher cette personne.
01:33Moi, ce sur quoi je veux insister,
01:34c'est que quand vous avez des collègues
01:36qui sont noyés de dossiers,
01:37quand vous avez une accumulation de procédures,
01:40une complexité, il faut simplifier,
01:42on complexifie.
01:43Quand vous avez un manque d'effectifs à ce point-là,
01:46évidemment, vous avez des gens qui sont essorés,
01:48vous avez des gens qui sont noyés sous les dossiers,
01:50et donc quand vous êtes noyé de procédures,
01:52vous avez un plus grand risque
01:53de commettre des erreurs.
01:55C'est évident.
01:56Je donne un exemple,
01:56vous avez un médecin qui voit 300 patients par jour,
01:58il va faire un loupé à un moment,
01:59il va rater un diagnostic.
02:00Les enquêteurs, c'est la même chose.
02:01Donc oui, vous aurez des erreurs de procédure,
02:03mais elles sont engendrées par un système qui est noyé.
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